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Turquie/Arménie : Erdogan veut briser les tabous
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La presse allemande se fait l’écho du protocole d’accord conclu entre la Turquie et l’Arménie : selon elle, « certains voient déjà le Premier ministre turc Tayyip Erdogan comme candidat pour le Prix Nobel de la Paix ». Cela laisse songeur… Ainsi donc on récompenserait le Premier ministre d’un pays qui mène une politique négationniste acharnée, qui exerce chantages et menaces à travers le monde pour stopper les reconnaissances internationales du génocide arménien, qui opprime ses minorités, qui mène une répression farouche contre ses opposants, etc. ? Pour mémoire, le prix Nobel de la paix récompense « la personnalité ayant le plus ou le mieux contribué au rapprochement des peuples, à la suppression ou à la réduction des armées permanentes, à la réunion et à la propagation des progrès pour la paix » selon les volontés, définies par testament, d'Alfred Nobel. Cela comprend la lutte pour la paix, les droits de l'homme, l'aide humanitaire, la liberté : des notions qui sont encore très éloignées des standards de la Turquie actuelle. Le Collectif VAN vous livre cette traduction d'un article en allemand paru sur ksta.de du 01 septembre 2009.

Erdogan veut briser les tabous


De Gerd Höhler, 01.09.09, 21:42h

Le Premier ministre turc recherche la réconciliation avec l’Arménie, avec laquelle il n’entretient plus de relations diplomatiques depuis 1993. Économiquement et financièrement les deux pays bénéficieraient d’une nouvelle paix. La nouvelle orientation d’Erdogan inclut aussi un rapprochement avec les Kurdes du pays.

Certains voient déjà le Premier ministre turc Tayyip Erdogan comme candidat pour le Prix Nobel de la Paix. Cela est un peu précipité. Mais si Erdogan réussit les changements qu'il entreprend actuellement en politique intérieure et extérieure, la Turquie marquera réellement un tournant.

Alors que le gouvernement finalise son initiative pour trouver une solution au conflit avec les Kurdes, un nouveau mouvement apparaît dans le conflit qui couve depuis un siècle entre Turcs et Arméniens.

Sous l’égide de la Suisse, les diplomates des deux pays se sont mis d’accord à Berne pour rétablir des relations diplomatiques. Pendant six semaines „des consultations politiques internes“ auront lieu dans les deux pays, avant que les Parlements d’Ankara et d’Erevan ne ratifient les protocoles de normalisation des relations.
La „haine héréditaire“ entre Turcs et Arméniens remonte aux persécutions des Arméniens qui eurent lieu pendant la Première guerre mondiale.

Les Arméniens parlent d’un génocide qui aurait fait environ 1,5 million de victimes entre 1915 et 1923, dans l’Empire ottoman. La Turquie nie le génocide et parle de „troubles de guerre“. Pendant les pourparlers à Berne les deux parties se sont mises d’accord pour exclure cette controverse des discussions politiques. Une commission historique conjointe doit l’examiner. L’écueil est ainsi contourné.

Conflit à long terme et Haut Karabagh

Un autre sujet pourrait devenir difficile, le conflit sur le Haut Karabagh, enclave principalement peuplée d’Arméniens, se trouvant sur le territoire de l’Azerbaïdjan. Après l’invasion par les Arméniens du Haut Karabagh, la Turquie a fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993, rompant ses relations diplomatiques avec Erevan instaurées deux ans auparavant. Les Turcs se sentent proches des Azerbaidjanais, et pas uniquement apparentés ethniquement.

L’Azerbaïdjan qui fournit du gaz à la Turquie a une grande importance pour le pays. Le gouvernement d’Ankara doit donc prendre en considération la susceptibilité de l’Azerbaïdjan. Ce qui rend difficile la réconciliation avec l’Arménie. Mais il existe une chance : une normalisation des relations entre Ankara et Erevan pourrait aider à faire avancer les pourparlers sur le Haut Karabagh.

Ce qui est valable pour le rapport avec l'Arménie s'applique aussi au problème kurde : ce n’est pas d'un jour à l'autre, avec des modifications de loi et des votes au Parlement, que ces conflits se résoudront. Le débat contradictoire actuel sur la nouvelle politique kurde indique combien les fossés sont profonds entre Turcs et Kurdes.

Les discussions désormais proches sur les relations avec l'Arménie pourraient devenir tout aussi difficiles, car elles touchent, du point de vue de beaucoup de Turcs, à un tabou - même si le caractère problématique du génocide reste exclu.

Erdogan ne veut pas se laisser déconcerter par des résistances. Car il le sait : un apaisement des deux conflits donnera des chances immenses à la Turquie. Une ouverture de la frontière turco-arménienne créerait non seulement pour les Arméniens des voies commerciales vers l'ouest, mais ouvrirait aussi de nouvelles routes d'exportation vers l’Asie centrale et l’Extrême-Orient pour la Turquie.

L'économie en Turquie orientale profiterait d'une telle ouverture, de même qu’un règlement du conflit kurde qui a toujours empêché le développement économique de la région ainsi que la démocratisation de la Turquie, au cours des décennies passées.

Diplomatie dans les tribunes du stade

Si les efforts d’Erdogan pour résoudre le conflit kurde et se rapprocher de l'Arménie sont couronnés de succès, la Turquie pourrait avoir un rôle géostratégique tout à fait nouveau. Elle renforcerait aussi en même temps sa perspective européenne. C’est pourquoi Erdogan est pressé.

Il voudrait utiliser la dynamique interne qui s'est développée avec la question kurde comme élément de comparaison avec l'Arménie. Début octobre, il veut présenter son initiative kurde devant le Parlement. En ce qui concerne la politique avec l’Arménie, il faudrait que cela aille vite aussi.

Le délai convenu de six semaines, au terme desquelles les deux parlements doivent ratifier l’établissement de relations diplomatiques n’est pas choisi par hasard.

Un an avant, le président Abdullah Gül turc était allé assister à Erevan au match de qualification pour la Coupe du Monde de football opposant les deux équipes nationales, et il avait ainsi rompu la glace. Dans six semaines, le 14 octobre, le match retour aura lieu dans la ville turque de Bursa. Si tout va bien, alors le Président arménien Serge Sarksian s'assoira dans la tribune d'honneur.

©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN 3 septembre 2009 - www.collectifvan.org





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Source/Lien : ksta.de



   
 
   
 
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