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Débat sur le dialogue arméno-turc à Marseille
Publié le :

MARSEILLE

samedi19 septembre 2009, par Krikor Amirzayan/armenews

Mercredi 16 septembre, une foule dense avait rempli la salle de l’Alcazar de Marseille pour le débat entre intellectuels Turcs et Arméniens. Un évènement qualifié d’"historique" par le journal La Provence.

Jean-Claude Gaudin, Maire de Marseille et Président de l’association « Marseille-Arménie » et Didier Parakian Adjoint au Maire et Président-délégué de « Marseille-Arménie » avaient invité le public à une conférence-débat autour du thème « Actualité d’un dialogue contrarié ».

La soirée était animée par Norbert Nourian, Directeur des Etudes de l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence. Les invités au débat étaient Cengiz Aktar (Universitaire-Galatasaray d’Istanbul), Ahmet Insel (Universitaire-Galatasaray d’Istanbul), Raymond Kevorkian (Historien), Michel Marian (Haut-fonctionnaire), Yves Ternon (Historien).

Dans son discours d’ouverture Didier Parakian saluait le public venu en très grand nombre et prenait acte de l’évolution du dialogue entre l’Arménie et la Turquie et saluait les quelques progrès enregistrés dans les débats membre de la société civile turque et arménienne. "Admettre que la société turque évolue en notre faveur constitue un déplacement brusque dans notre système de pensées.

Là où la défiance était la norme, la confiance devient la règle.La où la rigidité était reine, le dialogue devient roi. Après un siècle de soupçons, passer d’un monde d’affrontement à un univers de dialogue, n’est pas un exercice facile à pratiquer." dit Didier Parakian demandant également la « sérénité dans ce débat » avant de donner la parole aux intervenants.

Norbert Nourian invite alors les invités à s’exprimer sur le dialogue arméno-turc. Ahmet Insel, l’un des quatre intellectuels turcs initiateurs de la pétition de « demande de pardon » sur internet en décembre dernier explique les conditions qui poussèrent ces « personnalités ou simples citoyens de la société civile turque » à inscrire leurs noms. « Nous devions faire cette demande de pardon depuis des années déjà » dit Ahmet Insel très proche de « l’ami » Hrant Dink.

Il expliqua la difficulté de préparer la société civile turque à cette vision nouvelle et surtout de s’engager publiquement derrière une pétition. Il a ajouté que le terme « Medz Yeghern » (Grande catastrophe en arménien)reproduisait plus fidèlement l’unicité du génocide arménien. De plus l’emploi du terme "génocide" aurait provoqué une "fermeture" d’une grande partie de la société civile turque dont une partie découvre encore timidement la question.

Raymond Kevorkian, tout en reconnaissant que « les Arméniens sont réticents au dialogue » a dressé l’injustice qui frappe les minorités en Turquie. « Lorsqu’on n’est pas turcophone et sunnite, on est au banc de la société » dit Raymond Kevorkian et d’ajouter « cependant, il ne faut pas avoir peur du dialogue et il ne faut pas croire que l’Arménie va brader le génocide (...) l’Arménie qui est resté ferme et n’a pas dérogé au problème du Haut Karabagh dans les négociations ».

L’historien Yves Ternon avec une précision de spécialiste des génocides a affirmé de son côté « c’est un génocide planifié et exécuté et qui est de la responsabilité de l’Etat turc ». Pour Yves Ternon la question sur la nature des évènements était déjà écartée puisque « le génocide arménien est reconnu par tel au sens juridique du terme ». Une affirmation qui ne provoqua pas de réaction auprès des intellectuels turcs.

Michel Marian fit une analyse très intéressante du dialogue arméno-turc et les perceptions du débat par les parties concernées.

Cengiz Aktar dit « depuis 1983 et l’arrivée des civils en Turquie avec Turgut Ozal, le dialogue arméno-turc a commencé. Ce processus est sans retour, on va vers une direction unique ». Tout comme Ahmet Insel, Cengiz Aktar accuse les itihatistes turcs des crimes de 1915.

« Après le départ des Arméniens, l’économie des régions entières d’Anatolie a souffert » précisent-ils et de voir ses conséquences dans le délabrement économique provoquant les révoltes sociales des années trente à cinquante des populations d’Anatolie de l’Est. « Dans ces régions, les Arméniens produisaient des richesses » dit C. Aktar.

Pour Cengiz Aktar « l’évolution par le dialogue est fondamentale » qui insiste « dans ce dialogue il y a les sociétés civiles de Turquie et d’Arménie, mais il manque un élément important : la diaspora arménienne ».

Selon C. Aktar « la diplomatie civile doit être à l’avant-garde de la diplomatie officielle ». Il précise néanmoins qu’il convient de « faire attention aux attitudes maximalistes et surtout de ne pas mettre la pré condition de reconnaissance officielle du génocide par la Turquie pour amorces le dialogue ».

C. Aktar affirme « il ne faut pas s’arrêter là, il faut avancer (...) après l’indépendance des Etats du bloc soviétique les Turcs ont découvert l’Arménie, il y a aujourd’hui un nombre inimaginable de rencontres entre citoyens de Turquie et d’Arménie ». Et Cengiz Aktar d’interroger « est-ce que la diaspora est prête à faire le pas et de cesser de prendre pour partenaire l’Etat turc ? ».

A l’issue des interventions Norbert Nourian fit une synthèse très précise du débat. Didier Parakian invita le au public à poser des questions qui furent fort nombreuses. Malheureusement, le débat passionné et passionnant et d’un très bon niveau ayant occupé une large partie de la rencontre, les invités répondirent à deux ou trois questions.

L’une de ces questions, très émouvante émanait de la doyenne des Arméniens de Marseille, une dame de 101 ans qui demandait aux intellectuels turcs si de son vivant elle pouvait espérer voir la Turquie reconnaître le génocide arménien. Réponse de Cengiz Aktar « le processus engagé en Turquie est long. Il prendra de nombreuses années. Probablement des dizaines d’années. Mais les choses peuvent évoluer encore plus vite qu’on ne le pense ».

Texte et reportage-photos Krikor Amirzayan à Marseille




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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