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La Turquie et l’Arménie signent un accord historique
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Les protocoles arméno-turcs vus par la presse turque. Le Collectif VAN vous propose la traduction de cet article en anglais du Today's Zaman, paru le 11 octobre 2009.












11/10/09

AP WITH TODAY'S ZAMAN ZURICH


La Turquie et l’Arménie ont signé samedi un accord visant à établir des relations diplomatiques après un siècle d’animosité - la Secrétaire d’État américaine Hillary Rodham Clinton a aidé les deux parties impliquées à éviter un clash de dernière minute.

"On en était à deux doigts", a déclaré un haut responsable américain.

Les ministres des Affaires étrangères turc et arménien ont signé un accord à Zurich en Suisse, après un problème concernant leur discours. Finalement, la signature a eu lieu avec trois heures de retard et il n’y a pas eu de discours.
Les responsables ont dit que Clinton et les médiateurs suisses sont intervenus pour trouver une solution.

L’accord doit être ratifié par les Parlements des deux nations et pourrait mener à la réouverture de la frontière qui est fermée depuis 16 ans.

Mais les nationalistes des deux côtés cherchent toujours à faire dérailler la mise en place de cet accord.

Les officiels américains ont dit que Clinton, le diplomate américain pour l’Europe, Philip Gordon, et la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, ont engagé des discussions diplomatiques acharnées avec les délégations turques et arméniennes pour résoudre le différend.

Les diplomates ont dit que les Arméniens étaient inquiets de la formulation du discours turc qui devait être prononcé après la cérémonie de signature à l’Université de Zurich et qu’ils avaient exprimé ces inquiétudes « à la dernière minute » juste avant l’heure prévue pour la signature.

Clinton était déjà arrivée sur les lieux de la cérémonie après avoir rencontré séparément les Turcs et les Arméniens dans un hôtel, mais elle est repartie brusquement sans sortir de sa voiture, lorsque le problème est survenu.

Elle est revenue à l’hôtel où, du parking, elle a parlé au téléphone, trois fois avec les Arméniens et quatre fois avec les Turcs. À un moment donné, une voiture de police suisse, gyrophare allumé et toute sirène hurlante, a amené un diplomate turc à l’hôtel - en provenance de l’Université - il avait avec lui le brouillon d’un autre discours.

Environ deux heures plus tard, Clinton et le ministre arménien des Affaires étrangères Edward Nalbandian se sont rencontrés en personne à l’hôtel et de là ils se sont rendus en voiture à l’Université où les négociations ont continué. On ne savait pas encore si le problème serait résolu.

Pour finir, Turcs et Arméniens ont signé un accord pour établir des relations diplomatiques dans l’espoir de voir la frontière rouverte et de mettre fin à un siècle d’acrimonie sur leur histoire. Les deux Parlements doivent ratifier l’accord, mais les nationalistes des deux pays cherchent à faire dérailler cet accord.

Les protestations ont été particulièrement virulentes dans la diaspora arménienne.

Cependant, les principaux pays ont manifesté leur soutien à cet accord, avec les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, de la Russie de la France et de l’Union européenne présents dans la salle pour assister à la signature retardée.
"Pas de problèmes, ils ont signé," a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.

En Turquie, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a dit que le pays faisait preuve de "bonne volonté" pour restaurer les liens avec l’Arménie. Mais il a dit que la Turquie espérait voir l’Arménie retirer ses troupes du Nagorno-Karabakh, une enclave occupée par l’Arménie en Azerbaïdjan, qui a été le centre de tensions régionales.

"Nous essayons de booster nos relations avec l’Arménie d’une manière qui ne heurtera pas l’Azerbaïdjan", a déclaré Erdogan aux journalistes.

Le Président arménien Serge Sarkisian a dit que son pays prenait des "décisions responsables" en vue de normaliser les relations avec la Turquie, en dépit de ce qu’il appelle les blessures inguérissables du génocide.

L’accord prévoit la mise en place d’une Commission chargée de discuter de la "dimension historique" des incidents de la Première guerre mondiale. La discussion doit comprendre "une étude impartiale et scientifique des archives et des documents pour définir les problèmes existants et formuler des recommandations."

Cette clause est considérée comme une concession à la Turquie qui nie un génocide et qui soutient que le nombre de morts est exagéré et que ceux qui sont morts ont été les victimes de la guerre civile.

"Il n’y a pas d’alternative à l’établissement de relations avec la Turquie sans conditions préalables", a dit Sarkisian. "C’est un impératif."

Clinton, Kouchner et le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov étaient parmi les dirigeants qui assistaient à la signature.

De meilleures relations avec la Turquie, un poids régional important, une Arménie pauvre et sans accès à la mer, sont les priorités du Président Barack Obama. Cela pourrait aider à réduire les tensions régionales dans le Caucase et faciliter son rôle croissant de voie d’acheminement des ressources énergétiques pour l’Occident.

Javier Solana, le responsable de la politique étrangère de l’Union européenne, a remercié la Turquie qui est candidate à l’Union européenne.

"C’est une coopération importante, sans nul doute, de la part de la Turquie pour résoudre un problème qui perdure dans une région qui nous est voisine," a déclaré Solana à AP Television News après son arrivée à Zurich.

La Suisse, qui a joué le rôle de médiateur pendant les six semaines de discussions entre la Turquie et l’Arménie pour conclure l’accord, est le pays hôte de la signature.

Necati Çetinkaya, un parlementaire du Parti Justice et Développement (AKP), a défendu l’accord en affirmant "que des mesures sincères sont prises qui seront bénéfiques à la Turquie." Il a dit que la Turquie voulait avoir des relations amicales avec tous ses voisins et que des liens commerciaux avec l’Arménie lui seraient profitables.

Mais Yılmaz Ateş, du principal parti d’opposition, le Parti Républicain du Peuple, a dit que la Turquie devrait éviter de faire des concessions.

"Si l’Arménie désire réparer les relations... alors elle devrait mettre fin à l’occupation du Nagorno-Karabakh. C’est tout," a dit Ates samedi.

Environ 10 000 manifestants se sont rassemblés vendredi dans la capitale arménienne pour s’opposer à la signature, et la visite de Sarkisian dans les communautés arméniennes a déclenché des manifestations au Liban et en France : à Paris, les manifestants ont crié "Traître !"

En ce qui concerne la question du Nagorno-Karabakh, les Turcs ont des liens culturels et linguistiques avec l’Azerbaïdjan qui presse la Turquie de l’aider à récupérer ses terres. La Turquie a fermé sa frontière avec l’Arménie pour protester contre l’invasion par l’Arménie du Nagorno-Karabakh en 1993.

La Turquie veut que l’Arménie retire ses troupes de l’enclave pour montrer sa bonne volonté et accélérer l’ouverture de la frontière commune, mais l’Arménie doit encore donner son accord, a dit Ömer Taşpınar, directeur de projet au Brookings Institution à Washington.

"Nous pourrions nous retrouver dans une situation bizarre où il y aurait des relations diplomatiques mais la frontière resterait fermée", a dit Taşpınar.


©Traduction C.Gardon pour le Collectif VAN - 12 octobre 2009 - 08:30 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

Les relations arméno-turques, la diaspora et la presse




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Source/Lien : Today's Zaman



   
 
   
 
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