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Comparer la diaspora et lÂ’ultranationalisme turc
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Une à une, des voix courageuses s’élèvent en Turquie pour condamner l’amalgame fait dans la presse, entre l’ultranationalisme turc et la diaspora arménienne. Après Ayse Gunaysu, c’est Talin Suciyan, journaliste arménienne d’Istanbul, qui critique avec force le journal Taraf pour un article paru en Une, le 14 octobre 2009, sous le titre ‘Bahçeli ou Diaspora, même combat’. Le quotidien turc publie néanmoins - et c’est un point positif non négligeable - ce présent article en date du 20 octobre. Souhaitons que la rédaction de ce journal progressiste comprenne le message désespéré lancé par une citoyenne arménienne de Turquie : « Le quotidien Taraf, qui qualifie 1915 de génocide, montre, en réduisant la diaspora à la même mentalité que celle de Bahçeli, que le quotidien ne comprend rien, ni de 1915, ni du génocide. » Un message que la diaspora arménienne dans son ensemble pourrait relayer, tant l’équation « diaspora + demande de reconnaissance du génocide = nationaliste » est récurrente dans les articles et dépêches des agences de presse internationales. Est-ce si difficile d’appréhender l’horreur que représente pour un descendant de rescapé du génocide arménien, le fait d’être comparé à Bahçeli, actuel président du parti ultranationaliste turc MHP, et descendant plus que virtuel, des bourreaux de 1915 ?

Légende : Bahçeli, actuel président du parti ultranationaliste turc MHP, fait le signe des Loups Gris.

Qui est la Diaspora ?

Taraf - Istanbul - 20.10.2009

TALİN SUCİYAN* / Mercredi dernier, le quotidien Taraf est sorti avec en Une, le titre ‘Bahçeli ou Diaspora, même combatÂ’, mettant ainsi en évidence, la profondeur et le poids des critiques dont il est capable, voir même mettant en évidence la nature de la mentalité quÂ’il représente. De toute façon, ce n’était pas la première fois.

La semaine dernière, nous avons compris les limites de la sympathie que le quotidien Taraf porte aux Arméniens. Taraf qui s’est donné l’image d’un journal qui ne craint pas de critiquer, qui lance ses flèches critiques ciblant le cœur du système politique, a mis en évidence encore une fois, en mettant mercredi dernier la manchette ‘Bahçeli ou Diaspora, même combat’ [Nota CVAN : Bahçeli est l'actuel président du parti ultranationaliste turc MHP], la profondeur et le poids des critiques dont il est capable, voire même, a mis en évidence la nature de la mentalité qu’il représente. De toute façon ce n’était pas la première fois (qu’il le montre). C’était encore Taraf qui avait dit que Giro Manoyan [Nota CVAN : l'un des leaders de la FRA Dachnaktsoutioun en Arménie] était le ‘Bahçeli d’Arménie’, ou encore, c’était Taraf qui avait été capable de dire ‘Bakou et la Diaspora ont perdu la tête’.

Le quotidien Taraf, qui qualifie 1915 de génocide, montre, en réduisant la diaspora à la même mentalité que celle de Bahçeli, que le quotidien ne comprend rien, ni de 1915, ni du génocide. On peut supposer que la raison pour laquelle l’ignorance et l’indifférence sont exposées courageusement d’une façon si flagrante, est que, là où la justice n’existe pas, la conscience ne peut pas exister non plus. On ne peut avoir un tel comportement insouciant que lorsque la justice n’est pas rendue. Car rendre la justice signifie que le coupable porte la culpabilité dans sa conscience durant toute sa vie, cela signifie aussi que le poids de ses actes et de ses crimes pèsent lourd. En enjambant un crime nié, barrer les victimes par un coup de crayon signifie qu’on n’a pas vraiment cherché à rendre justice avec franchise.

La mentalité qui est capable de mettre cette manchette en première page, a une telle vision étroite du monde et une telle pauvreté d’esprit qu’elle n’est pas capable de voir ni de comprendre quelle est la raison de l’existence de la diaspora, comment est-ce que ces gens-là vivent depuis cinq générations, que les discours de négation les condamnent à une telle impasse d’impuissance, parce qu'on les oblige à raconter, à prouver ce qu’ils avaient vécu et ce qu’ils avaient subi, que peu importe pourquoi et comment, ils vivent aujourd’hui au cœur d’une destruction irrémédiable.

Non seulement, elle [la mentalité] n’est pas capable de comprendre tout ceci mais, mais elle ne peut pas voir non plus que les Arméniens de Turquie font partie de la Diaspora. Il faut rappeler à ces gens-là que la presque totalité de ce qu’ils appellent si facilement ‘nos Arméniens’ est exclusivement diasporique. Il en reste en tout 40 000 ou 50 000 et ce sont les gens qui sont venus à Istanbul en étant obligés de quitter leurs terres [d'Anatolie] durant la période de la République Turque à cause de l’insécurité, des privations de leurs droits légitimes d’existence culturelle, du manque d’écoles, etc… Je ne sais pas s’il est vraiment nécessaire de le rappeler. En outre, Messieurs les directeurs en chef de Taraf , les gens que vous ‘excluez’ [Nota CVAN : que vous pointez, que vous discriminez] si facilement dans ce titre, sont tous nos sœurs, nos tantes, nos oncles, nos cousins, c’est-à-dire qu'ils sont nos proches les plus chers. S’il faut le dire plus clairement, la diaspora dont vous parlez : c’est nous, c’est nous tous.

Ceux qui sont capables de mettre cette manchette ne sont même pas aptes à comprendre que dans cette période de signature de protocoles, les réactions des Arméniens vivant en Europe ou aux Etats-Unis sont contre l’Arménie et non contre la Turquie. Ils ne sont même pas conscients que cette crise vécue est la plus profonde des crises observées dans les 50 dernières années entre les Arméniens de la Diaspora et l’Arménie. On suppose que ce que le Président d’Arménie a ressenti le jour où il a déposé la gerbe devant la statue de Komitas, n’est pas quelque chose pouvant être accepté facilement. On suppose encore que ceux qui ont mis cette manchette n’ont pas réfléchi à sa signification non plus…

Pour quÂ’on ne se donne pas la peine de penser et de se demander qui est la Diaspora, pour quÂ’on prenne le raccourci en taxant de nationalisme la totalité de la Diaspora, qui plus est, le nationalisme représenté par Bahçeli, cela nécessite une auto-satisfaction suprême. Allez-y, visitez Van, Diyarbakır, Kastamonu, Sivas, Afyon, Antakya, Bingöl, Erzurum, Elazığ, Kars, Mardin, visitez dÂ’autres villes et villages innombrablesÂ… Marchez dans les cours des églises pillées, marchez sur les ossements dans les cours creusées, fouillées au centimètre près*. Marchez et pensez-y encore une fois ‘qui est la diaspora ?Â’. Si comme vous le dites « penser, cÂ’est prendre parti », alors pensez un peu... [Nota CVAN : « Taraf » signifie « parti, camp » et le slogan de ce quotidien est « Düsünmek taraf olmaktir » qui peut être traduit par « penser, cÂ’est prendre parti »].

* Nota CVAN : Les Turcs y cherchent encore des ‘trésors arméniens’ : les habitants d'Anatolie cherchent toujours les jarres remplies de pièces d’or, supposées avoir été enterrées par les Arméniens déportés vers les déserts. Ces derniers ignoraient qu’ils ne pourraient jamais plus revenir…


Traduction du turc : S.C. pour le Collectif VAN - 07:16 - 27 octobre 2009 - www.collectifvan.org

Lire aussi, des articles de Talin Suciyan, ou à son sujet (à l’époque de l’assassinat de Hrant Dink, Talin Suciyan écrivait, dans le journal turc Nokta, des articles courageux qui lui ont coûté sa place au sein de la rédaction. Souhaitons que depuis deux ans, les choses aient évolué favorablement, et que Taraf saura, lui, accepter la critique et continuer à ouvrir ses colonnes aux démocrates turcs ou issus des minorités non-turques.) :

Turquie : les journalistes d'origine arménienne dans la ligne de mire des nationalistes

Pourquoi ai-je été licenciée ?

« La grande illusion des Arméniens » par Talin Suciyan

Turquie : Charniers arméniens et syriaques à Mardin

Le nationalisme turc favorable à la politique génocidaire

Une étude apporte un éclairage nouveau sur l’impôt ottoman sur le sang

Est-ce que la navette diplomatique* aidera à déterrer la vérité en Asie Mineure ?

Lire sur le même sujet :

Les relations arméno-turques, la diaspora et la presse



Lire également l’article de Ayse Gunaysu qui conclut par ces mots :

« Sans se cacher derrière la tranquillité d’esprit procurée par le statut d’« opposant », il faut avoir la curiosité d’apprendre par où sont passés le peuple arménien et ses dirigeants politiques pour arriver à nos jours, il faut un travail laborieux et du temps à consacrer, il ne faut pas se contenter de ce qu’on connaît déjà, il ne faut jamais oublier qu’il y a encore tant à apprendre »

Les Dachnaks ont-ils tort ne pas faire confiance aux Turcs ?




Tous les démocrates turcs ne sont pas aptes à faire ce ‘travail laborieux’.

CÂ’est le cas malheureusement de ORHAN KEMAL CENGİZ :


"Maudit" Turc ! (I)

"Maudit" Turc ! (II)



LÂ’article de Taraf du 14/10/2009 :

Ha Bahçeli ha diaspora







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Source/Lien : Taraf



   
 
   
 
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