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Sirma Oran contre Jean-Paul Bret : le "racisme" à toutes les sauces
Publié le :

Villeurbanne

mercredi4 novembre 2009, par Ara/armenews

Une "tête de liste" à une élection municipale fait-elle acte de discrimination raciale en interrogeant un de ces colistiers d’origine turque sur son positionnement par rapport au génocide arménien ?

C’est cette thèse pour le moins tirée par les cheveux qu’a essayé de défendre la militante verte Sirman Oran-Martz,le 3 novembre devant la 6e chambre du tribunal correctionnel de Lyon devant lequel elle assignait Jean-Paul Bret, Maire de Villeurbanne. Le procès s’est déroulé devant une salle d’audience pleine et électrique, de nombreux Arméniens étant venus témoigner leur solidarité envers celui qui a été l’un des principaux initiateurs de la loi de reconnaissance du génocide de 1915 par la France.

Au cours des trois heures de débats suivi également par des personnalités pro-turques, dont M.Maxime Gauin, l’un des rédacteurs, entre autres, du site négationniste Turquie-news, il est apparu que la militante verte avait elle-même préféré se retirer de la liste conduite par Jean-Paul Bret et qu’elle n’en avait pas été exclue. Ce qu’à confirmé Béatrice Vessiller, chef de file des Verts à Villeurbanne, citée pourtant à la demande de Sirma Oran. La responsable locale du parti de Cécile Duflot a de plus estimé « légitimes » les interrogations de Jean-Paul Bret a l’endroit de sa colistière. D’autant plus que sa participation au rassemblement négationniste du 18 mars 2006 à Lyon a été par la suite rendue publique.

Pour mémoire, cette manifestation avait été organisée par une coordination d’associations turques de France pour protester contre l’édification du monument lyonnais de la place Bellecour, en hommage aux 1500000 morts du génocide des Arméniens. A ce propos, M° Charles Morel, avocat de Sirma Oran-Martz a tenté d’expliquer que sa cliente avait participé à cette manifestation pour protester contre la mention « génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeune Turc » figurant sur la stèle, au motif que cette inscription pouvait susciter un amalgame avec la jeunesse turque !

Jouant la carte de la victimisation de sa cliente, expliquant que cette « discrimination » l’avait conduite à la dépression, l’avocat a également longuement plaidé le droit à l’ignorance et même le droit à l’indifférence... Et ceci en proclamant que les Turcs d’aujourd’hui, et à fortiori les Français d’origine turc, n’ont ni à répondre des crimes de l’Etat turc à l’égard des Arméniens ni à se positionner à leur endroit. Pourtant, aurait-on pu lui répondre, si on est pas responsable de ses origines, le fait de revendiquer son appartenance à une identité collective n’implique-t-il pas d’en assumer l’actif comme le passif ? A fortiori quand des crimes contre l’humanité sont commis au nom de cette identité ou du drapeau qui la représente ?

L’avocat a conclu en demandant 5000 euros de dommages et intérêts pour sa cliente.

Jean-Paul Bret a quant à lui évité les méandres de la discussion philosophique de comptoir pour recentrer le débat sur le contexte politique de l’affaire. Réaffirmant l’importance de son engagement en faveur de la reconnaissance du génocide des Arméniens, toujours nié par la Turquie, il a expliqué que c’était la moindre des choses pour lui de s’assurer que les personnes se présentant au suffrage des électeurs sur sa liste partagent ses valeurs les plus fondamentales et soient sans ambigüités sur cette question.

D’autant que le conseil municipal est appelé chaque 24 avril dans sa ville à commémorer le génocide des Arméniens. Il a notamment déclaré que sa démarche n’avait rien d’inquisitoriale et que c’est bien l’engagement revendiqué de Sirma Oran-Martz dans le monde associatif franco-turc - et non ses origines - qui l’avait amené à lui poser la question sur le génocide, sachant que nombre de ces associations nient sa réalité historique. Il aurait pu ajouter, mais il ne l’a pas fait, qu’il n’existe à ce jour -hélas !- pas une association turque de France, d’aucune sorte, ni de femmes, ni de jeunes, ni de vieux, à reconnaître officiellement le génocide arménien. Et encore moins à le commémorer. C’est un fait.

Se défendant de tout racisme, Jean-Paul Bret a en outre fait savoir aux juges qu’il avait fait nommer le ressortissant turc Ragip Zarakolu,militant des droits de l’homme, citoyen d’honneur de Villeurbanne.

Son avocat à quant à lui plaidé sur la dimension juridique de l’affaire, en démontrant que l’infraction n’était pas constituée et qu’elle ne reposait que sur le témoignage unique et la sensibilité particulière de Sirma Oran-Martz sur ce dossier. Il a ajouté qu’il était grave que sa subjectivité l’aie amené à traduire son client devant une cour correctionnel pour discrimination, alors qu’il est un militant antiraciste irréprochable. Ajoutant que ce problème aurait pu se régler autrement, et notamment par le dialogue que Sirma aime à préconiser, par ailleurs, dans les relations arméno-turques... Il a conclu en ressituant cette affaire dans le contexte du combat électoral, lequel repose sur des batailles d’idées et exige à ce titre de ses acteurs une véritable transparence quant à leur conviction et une certaine cohérence par rapport aux idéaux de leurs écuries politiques.

L’affaire a été mise en délibéré jusqu’au 5 janvier 2010.

A.T.




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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