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Une rencontre vraiment historique !
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Hasan Cemal [Djemal] - qui se trouve être le petit-fils de Djemal Pacha, l’un des leaders du Comité Union et Progrès qui a planifié et mis en œuvre le génocide arménien de 1915 - s’est adressé à la communauté arménienne de Watertown aux USA le 17 novembre 2009. Khatchig Mouradian signe un éditorial dans The Armenian Weekly (Boston) dans lequel transparaît sa déception : Cet événement était annoncé comme étant une “rencontre historique.” Cemal a parlé de Turcs et d’Arméniens mangeant des dolmas, il a répété comme un mantra, une dizaine de fois les mots de Hrant Dink : “Tout d’abord, respectons la peine de l’autre”, et il a dit : « Les Turcs aussi ont souffert. Il y a eu la douleur de l’expulsion des Balkans, le Caucase, et la douleur subie en Anatolie pendant les guerres ». Et Hasan Cemal a conseillé aux Arméniens de faire attention lorsqu’ils parlaient de 1915 aux Turcs, car un manque de tact pourrait prendre ces derniers à rebrousse-poil et tous les efforts visant à les éduquer seraient anéantis…  « Le chemin qui mène à l’enfer est pavé de bonnes intentions… » conclut l’éditorialiste arméno-américain. Le Collectif VAN vous soumet la traduction de cet article en anglais paru sur le site Armenian Weekly le 18 novembre 2009.



Éditorial : ‘Historique’, en effet : le petit-fils de Djemal Pacha à Watertown


De Weekly Staff • le 18 novembre 2009

Dans un monde où l’Allemagne est sortie relativement indemne de la Seconde guerre mondiale, a forgé des alliances avec d’autres pays occidentaux, a réussi à échapper aux responsabilités des horreurs de l’holocauste, et a, pendant plus de 60 ans, continué de nier la destruction des juifs d’Europe, une conférence est organisée pour la communauté juive dans une ville du Massachusetts ; le petit-fils de l’un des plus importants leaders nazis de la Seconde Guerre mondiale doit s’y exprimer.

Cet événement est annoncé comme étant une “rencontre historique.” Le petit-fils du haut responsable nazi parle du genre de nourriture que les juifs et les Allemands partageaient, déclare que “Les Allemands ont souffert aussi, tant sur le front est que sur le front ouest » , et il répète la phrase : “Respectons la douleur de l’autre” une dizaine de fois. Il dit : “Il ne faudrait pas que nous devenions captifs de notre histoire, prisonniers de nos douleurs et de nos souffrances, … on ne peut pas établir des lendemains pacifiques en restant prisonniers du passé.” Certains membres du public sont émus ; ils applaudissent avec enthousiasme. Une rencontre historique, en effet !

***

Revenons dans notre monde à nous ; la communauté arménienne de Watertown, Massachusetts, a vécu une expérience similaire le 17 novembre, lorsque l’éminent journaliste turc Hasan Cemal - qui se trouve aussi être le petit-fils de Djemal Pacha, l’un des leaders du Comité Union et Progrès qui a planifié et mis en œuvre le génocide arménien de 1915 - s’est adressé à elle.

La table ronde, organisée par les Amis de Hrant Dink et à laquelle participait Cemal, a été annoncée comme étant une “rencontre historique” avec la communauté arménienne. Et historique, cette rencontre l’a été, pour toutes les mauvaises raisons. Les asymétries historiques entre Turcs et Arméniens en matière de pouvoir ; la pratique historique consistant à relativiser la souffrance, la destruction, et la spoliation de la nation arménienne, tous ces éléments ont été utilisés par Hasan Cemal pendant son discours.

Cemal a parlé des Turcs et des Arméniens mangeant des dolmas, il a répété les mots de Hrant Dink : “Tout d’abord, respectons la peine de l’autre” comme un mantra, une dizaine de fois, et il a dit : “Les Turcs aussi ont souffert. Il y a eu la douleur de l’expulsion des Balkans, du Caucase, et la douleur subie en Anatolie pendant les guerres. Les Kurdes aussi ont souffert, ils ont souffert de se voir privés de leur langue et de leur identité même. Je sais parfaitement qu’une telle douleur ne peut être mesurée, ou comparée ou être mise en équation avec une autre douleur. Ce serait un tort de le faire. La douleur d’un peuple ne peut être comparée à celles d’autres peuples.” Il ne voulait pas du tout dire, bien sûr, que la douleur et la souffrance des Arméniens, pourraient, juste pourraient, avoir été un tout petit peu plus grandes que celles des Turcs. Ou que la douleur d’avoir subi une extermination dans sa propre patrie est différente de la perte d’un empire, et que les Arméniens n’avaient rien à voir avec les souffrances turques dans les Balkans.

Cemal a également a plusieurs fois conseillé aux Arméniens d’être patients (comprenez : cela ne fait que 92 ans, les gars. Soyez patients !). Cela prendra du temps d’éduquer les Turcs et de faire changer les choses, a-t-il dit. Cet éminent journaliste a également mentionné le fait qu’il lisait les livres de Taner Akcam depuis le début des années 90. Quelques minutes plus tard cependant, il a fait remarquer qu’il ne savait pas grand-chose sur 1915 !

Cemal a bien essayé - et il a échoué - de montrer une empathie sincère, parce que son discours était très semblable à celui utilisé pour les publics turcs. De plus, il a conseillé aux Arméniens de faire attention lorsqu’ils parlaient de 1915 aux Turcs, car un manque de tact - à Dieu ne plaise! - pourrait prendre les Turcs à rebrousse-poil et tous les efforts visant à les éduquer seraient anéantis ! Après tout, nous devrions être très sensibles aux sentiments des Turcs (mais nous pouvons dire tout ce que nous voulons aux Arméniens !). Cemal, en répétant le mantra “Comprenons la douleur de l’autre”, a prouvé qu’il n’avait même jamais envisagé ce que pourraient ressentir des Arméniens en entendant une telle déclaration, et il a semblé ne pas avoir la moindre idée du fait que Hrant Dink lui-même - dont il a constamment évoqué le nom et l’amitié - essayait “de faire preuve de tact” vis-à-vis des Turcs en prononçant cette phrase, mais qu’il ne tenait jamais le même discours quand il s’adressait à des Arméniens !

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN - 23 novembre 2009 - 12:00 - www.collectifvan.org




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Source/Lien : Armenian Weekly



   
 
   
 
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