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Les Massacres d’Adana de 1909 : Thème d’une conférence à Istanbul
Publié le :

TURQUIE

vendredi27 novembre 2009, par Stéphane/armenews

Les 6 et 7 novembre 2009, l’Université Sabanci (Istanbul) a accueilli une conférence internationale appelée "Adana 1909 : histoire, mémoire, et identité à un siècle de distance". L’atelier comprenait des experts venus des USA, du Canada, du Royaume Uni, de France, d’Italie et de Turquie.

L’événement était financé par le Gomidas Institute (Londres), l’Université Sabanci, le département d’histoire de l’Université Bilgi d’Istanbul, la Fondation Internationale Hrant Dink, et le département d’histoire de l’Université Bogazici. La salle était comble et l’audience composée de professeurs, d’étudiants, des journalistes ainsi que des particuliers. La traduction simultanée entre l’anglais et le turc était disponible et les papiers présentés seront publiés en anglais et en turc.

Dans leur discours d’ouverture, Cengiz Aktar et Ara Sarafian ont accueilli les participants et mentionné les possibilités nouvelles en Turquie pour organiser de telles réunions. Ils ont expliqué que l’atelier Adana 1909 était organisé pour marquer le centenaire des massacres d’Adana. Il avait été commencé par un appel à communications en turc, en arménien et en anglais, et les présentations de l’atelier ont reflété les différents intérêts des participants.

La première communication était inhabituelle, ayant pour sujet les Turcs qui sauvèrent des Arméniens en 1909. Le fait que des Arméniens étaient massacrés était une donnée, et l’auteur a présenté une description convaincante des fonctionnaires turcs, les justes , qui ont sauvé des victimes potentielles. L’auteur a employé les documents d’archive ottomans montrant la façon dont des Arméniens ottomans ont réclamé à l’état qu’il reconnaisse tel ou tel fonctionnaire turc pour son rôle dans le sauvetage d’une entière communauté.

Cette première communication a quelque peu détendu l’atmosphère de la conférence, dans la mesure où la salle pouvait sympathiser avec les victimes arméniennes de 1909 tout en évitant d’accuser les "musulmans" ou " les turcs" dans leur ensemble. Les exposés qui ont suivi se sont déroulés dans le même esprit.

Chaque session était présidée par un expert reconnu et était suivi d’une discussion. L’atelier a ainsi bénéficié de la présence d’autres experts réputés tels que Selim Deringil, Caglar Keyder, Mete Tucay et Hulya Adak.

Les organisateurs ont considéré que la conférence avait été un succès.

Les communications présentées pourraient être résumées comme ci-dessous (dans un ordre différent de celui des présentations).

Quelques nouvelles perspectives

Abdulhamid Kirmizi a présenté un papier bien nuancé discutant le fait que quelques musulmans ont sauvé des Arméniens pendant les massacres de 1909. Le rôle joué par ces musulmans a été reconnu en réalité après 1909. L’intérêt de l’intervenant s’est concentré sur Hadji Mehmet Effendi et ses hommes qui défendirent Sis, le siège du Catholicossat arménien de Cilicie, contre les attaques des tribus et villages environnants. Kirmizi a utilisé la documentation ottomane pour décrire ces musulmans, dont beaucoup ont été décorés par le gouvernement ottoman.

Les actions de ces fonctionnaires se sont opposées à celles d’autres fonctionnaires qui ont encouragé les réels massacres. Un autre papier bien nuancé et convaincant concernait un ensemble complexe de divers facteurs liés aux massacres d’Adana. L’accent était mis sur le fait que quelques uns de ces facteurs, bien qu’étayés, ne pouvaient être mentionnés que de façon spéculative à ce stade des débats. L’un de ces facteurs était attesté par la présence de dizaines de milliers de travailleurs immigrés qui ne pouvaient trouver d’emploi à Adana en 1909.

Sinan Dinçer (Université de la Ruhr, Bochum), a discuté la présence de ces travailleurs migrants dans la province d’Adana de cette saison et suggéré qu’ils auraient pu être enrôlés dans le combat dans le seul but de piller et voler les biens arméniens. L’intervenant a déclaré qu’il ne prétendait pas que cela pouvait être un facteur important expliquant les massacres, mais bien un facteur significatif qui a pu y contribuer.

Le point de vue de lÂ’Europe

Deux présentations ont discuté les enregistrements d’archives françaises et allemandes se rapportant aux massacres d’Adana. Vincent Duclert (EHESS) opposa les positions du gouvernement français relatives aux massacres hamidiens, à ceux d’Adana et au Génocide Arménien.

Il nota que le gouvernement français renâclait à faire pression sur les autorités ottomanes après les massacres d’Adana parce que beaucoup de dirigeants français supportaient le gouvernement Jeune Turc . Au contraire, les dirigeants français passèrent la question sous silence en France. Dilek Guven (Université Sabanci) discuta les enregistrements d’archives allemands, et aussi ceux de la compagnie Baghdad Railways.

Ces enregistrements attestent des terribles souffrances des Arméniens en 1909. Elle nota que la politique allemande vis à vis de la Turquie était incertaine à ce moment là, spécialement parce que les massacres de 1909 étaient rapportés par des partisans d’Abdul Hamit II - que les Allemands soutenaient depuis la révolution de 1908. Benedetta Guerzoni (chercheuse indépendante) discuta de la façon dont l’imagerie des massacres d’Adana était constituée dans les journaux de l’ouest, en particulier en Italie et en France.

Quelques sources arméniennes

Ara Sarafian (Gomidas Institute) et Zakarya Mildanoglu (chercheur indépendant) discutèrent les enregistrements d’archive arméniens sur les événements de 1909. Sarafian présenta Hagop Terzian, qui publia un rapport marquant en 1912 sur les événements de 1909.

Terzian y inclus son propre témoignage à Adana- ville avec les témoignages d’autres en communautés plus petites. Sarafian a soutenu que le texte de Terzian comportait une force populaire par rapport à des textes officiels qui essayaient de minimiser les incidents.

Sarafian cita Terzian pour insister sur le rôle dévastateur du journal "Itidal" dans l’agitation et l’incitation à la violence contre les Arméniens. Zakarya Mildanoglu présenta les massacres d’Adana à travers des périodiques arméniens avec beaucoup d’illustrations issues de différents journaux. Sa contribution comprenait une satire comme un outil puissant pour informer de ce qui est arrivé aux Arméniens (Mildanoglu était en même temps responsable d’une exposition de photos décrivant les massacres d’Adana. Ces images et ces textes étaient montrées au cours de l’atelier).

Témoignages Américains

Le rôle de témoins des missionnaires américains a été discuté par Lou Ann Matossain (Fondation Famille Cafesjian) et Barbara Merguerian (Association Internationale des Femmes Arméniennes), avec des papiers marquants relatifs aux événements dans les villes d’Adana et de Tarse. Oral Calistar s’est concentré lui aussi sur Tarse ; Oral Calistar qui est un journaliste bien connu de Turquie, présenta le témoignage de Helen Davenport Gibbons dans son livre, "Red Rugs of Tarsus" (Les Tapis Rouges de Tarse) dont il a publié une traduction en turc. Il a également décrit sa réflexion personnelle relative à Tarse où il est né. L’Institut Gomidas vient d’ailleurs de publier une édition critique anglaise de ’The Red Rugs of Tarsus".

Les Pertes Humaines et Matérielles

La réalité des pertes arméniennes a été mise en relief par Osman Koker, qui a donné un papier fascinant sur les communautés arméniennes de la province d’Adana, illustré de photographies et de cartes postales. Il y a jooint des images d’Antioche, Alexandrette, Marach, Beylan, Sis, Adana, Tarse et Koz Olouk.

Sait Cetinoglu (Belge Uslurarasi Yayincilik) a fait une présentation forte de l’organisation et du pillage des biesn arméniens en 1909, tandis qu’Asli Comu (Université de Cambridge) a fait une solide présentation basée sur les enregistrements fonciers de la région d’Adana dans les années 1920.

Ces enregistrements donnent un éclairage nouveau sur la façon dont les terres arméniennes furent morcelées et cédées aux réfugiés musulmans. Le nombre réel des victimes durant les massacres a été discuté par Fuat Dundar, qui releva quelques questions sur la démographie des massacres d’Adana basées sur ses travaux sur les massacres d’Abdul Hamid II et le Génocide Arménien.

Le sort des orphelins arméniens des massacres d’Adana devint un problème majeur pour les dirigeants de la communauté arménienne. Nazan Maksudyan a fait un exposé émouvant sur le sort de ces orphelins, en particulier dans les orphelinats "étrangers". Un souci fondamental des orphelinats d’état était l’assimilation et l’instruction se faisait en turc et non en arménien.

Réponse Littéraire aux Massacres

L’héritage des massacres de 1909 ne peux se décrire simplement par un nombre de victimes et les pertes de biens. La littérature était un moyen puissant pour traduire le sentiment de violence, de perte et de traumatisme qui accompagna les événements et ont marqué la vie des survivants.

Marc Nichanian (Sabanci University) et Rita Soulahian (McGill University) ont discuté la réponse littéraire aux massacres d’Adana, avec une référence particulière à Arshagouhi Teotig, Taniel Varoujan et Zabel Yessayan. (malheureusement, NIchanian ne pouvait être présent et son papier a très bien été présenté par Hulya Adak (Sabanci University).

Parlement Ottoman

Anastasia Iliena Moroni (EHESS et Panteion Univ., Athènes) a discuté la façon dont les massacres d’Adana ont été présentés au Parlement ottoman.

Par Roland Mnatsakanyan

Traduction Gilbert BĂ©guian




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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