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Erdogan et les relations arméno-turques
Publié le : 10-12-2009

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous livre la traduction des extraits d'articles en anglais d'Armenialiberty et de Radio publique d’Arménie parue sur le site de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie du 9 décembre 2009.






***

9 décembre 2009

Traduction Gérard Merdjanian - commentaires du site de la Fédération Euro-Arménienne :


Comme on dit familièrement : ‘plus clair, tu meurs’.

Maintenant, comme d’ailleurs avant, il y a deux manières d’aborder le sujet.

Soit on considère que la Turquie a une réelle intention de nouer des liens avec l’Arménie, auquel cas tout cela est de la poudre aux yeux, notamment envers les Azéris, et au printemps prochain les protocoles seront ratifiés et la frontière sera ouverte cet été. Le tout moyennant quelques ‘sacrifices’.

Soit on finit par prendre au sérieux les conditions posées par Ankara, les mêmes qu’il y a vingt ans. Et dans ce cas, le délai ‘raisonnable’ deviendra ‘déraisonnable’ et l’Arménie en sera quitte à retourner à la case départ.

Quand Erevan comprendra que la Turquie n’a que faire de l’Arménie, qu’elle s’en est passée jusqu’à présent et qu’elle compte bien s’en passer pour l’avenir, et les accords qu’elle a signé, de mauvaise grâce d’ailleurs, c’est sur l’insistance de l’Oncle Sam ; il sera peut-être un peu tard pour se lamenter, le mal sera fait.

Le mal à la Cause arménienne, le mal aux revendications du peuple arménien et le mal irréversible à la population du Haut-Karabakh.

***

* Extrait de ‘armenialiberty’ et de la ‘Radio publique d’Arménie’

*

Le rapprochement, appuyé par les Etats-Unis, entre les deux ennemis historiques a été parmi les sujets d’intérêt mutuel discutés par les deux hommes. Obama a exhorté Ankara à poursuivre l’établissement de relations diplomatiques avec Erevan et à rouvrir la frontière turco-arménienne.

(…)

Le premier ministre turc a été encore plus explicite sur la relation entre les deux processus dans une interview accordée à la télévision Azerbaïdjanaise ANS, avant son départ aux États-Unis. "Nous avons déclaré aux représentants des États-Unis dès le début que si vous voulez résoudre le problème arméno-turc, vous devrez également résoudre le conflit du Karabakh. Sinon, vous ne parviendrez à aucune résolution."

Son ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a également souligné l’importance d’une paix au Karabakh pour la réconciliation turco-arménienne lorsqu’il s’est adressé au Conseil ministériel de l’OSCE, la semaine dernière à Athènes. Les dirigeants arméniens ont implicitement menacé de se retirer de l’accord récemment signé si Ankara ne parvenait pas à les faire ratifier au printemps prochain.

Rappelons que ce week-end :

- L’ANCA, qui est très critique sur l’accord turco-arménien, a déclaré qu’Ankara exploite avec succès le processus de rapprochement pour inciter Obama à ne pas qualifier les massacres de masse des Arméniens dans l’Empire ottoman de 1915 comme étant un génocide et à repousser sa reconnaissance de 24 Avril en 24 Avril.

- L’AAA, plus modérée, qui a largement approuvé les protocoles, a également lancé un appel à Obama disant : "C’est une occasion importante de tenir le gouvernement turc responsable à l’égard de ses obligations internationales de lever son blocus de l’Arménie et de normaliser ses relations sans conditions préalables, ainsi que de se réconcilier avec son passé génocidaire."

Prenant la parole lundi à Washington, M. Erdogan a réitéré la ligne officielle de la Turquie à savoir : que les massacres des Arméniens ottomans lors de la Première Guerre Mondiale ne constituaient pas un génocide. Selon l’agence de presse officielle Anatolie, il a aussi rappelé sa proposition de 2005 de mettre en place une commission turco-arménienne d’historiens qui se pencherait sur les événements de 1915.

L’un des deux "protocoles" signé à Zurich le 10 Octobre prévoit la création d’une telle Commission.

* L’ANCA analyse la conférence de presse d’Erdogan

"Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, après avoir obtenu au moins temporairement, le silence de l’administration américaine sur le génocide arménien, a utilisé sa visite des Etats-Unis pour continuer de profiter des avantages accordés à la Turquie - poursuivre sa rhétorique de négation du génocide, renforcer les conditions préalables des "Protocoles" pour la levée son blocus de l’Arménie, et essayer d’utiliser le levier ‘New Found’ d’Ankara dans le processus de paix sur le Haut-Karabakh pour aboutir à un règlement du conflit pro-azerbaïdjanais," a rapporté le Comité National Arménien d’Amérique (ANCA).

"Aujourd’hui, après plus de sept mois de silence de l’Administration, une nouvelle fois les États-Unis se sont tus sur le génocide arménien, il est douloureusement clair que M. Erdogan ne s’est pas, comme le président Obama l’avait espéré, dirigé vers une complète, franche et juste reconnaissance des faits - mais plutôt a sprinté exactement dans la direction opposée, avec des variations spectaculaires dans sa rhétorique négationniste et en insistant plus agressivement contre la reconnaissance de ce crime par les Etats-Unis," a déclaré Aram Hamparian, le directeur exécutif de l’ANCA. "Comme nous l’avons dit dès le premier jour concernant M. Erdogan et son gouvernement, les protocoles ne n’ont pas été signés pour établir paix. Ils représentent tout simplement une autre tactique de la Turquie pour étendre la complicité des États-Unis dans les refus de la Turquie d’un 24 avril à l’autre," a-t-il ajouté.

En plus de l’escalade de ses exigences de négation du génocide arménien, M. Erdogan a également précisé que son gouvernement ne respecterait pas les deux priorités américaines pour la normalisation des relations Turquie-Arménie : 1- pas de conditions préalables, 2- dans un délai raisonnable.

Il a continué à insister sur les deux conditions préalables mises par Ankara dans les protocoles, à savoir la ‘Commission’ d’historiens et la confirmation de la frontière actuelle, ainsi que sur une troisième condition, non écrite, liée au conflit du Haut-Karabakh qui doit être réglé à la convenance de l’Azerbaïdjan. Dans le même temps, il est clairement établi que la Turquie ne se sent pas obligée d’aller de l’avant dans le délai imparti.

Sous des apparences réfléchies, le Premier ministre Erdogan a pontifié - souvent comme un cours magistral et avec un ton posé - sur un large éventail de sujets allant de la politique étrangère au changement climatique ou à la pauvreté dans le monde.

Les formats de ces présentations, qui sont judicieusement contrôlées avec la participation de tiers, se prêtent à ce type de communication à sens unique. Les seules exceptions sont les quelques questions, présentées par écrit, qui traitaient du génocide arménien et de la liberté d’expression en Turquie. Ces deux sujets ont suscité des réponses coléreuses et non scénarisées par Erdogan.

Interrogé, lors de la présentation de Johns Hopkins, par la Directrice de Communications de l’ANCA, Elizabeth Chouldjian, sur son avis des déclarations répétées du président Obama que son opinion n’avait pas changé sur les ‘événements de 1915’, Erdogan s’est lancé dans une diatribe stridente de négation du génocide arménien, avançant que durant des décennies des bourses d’études ont été octroyées pour travailler sur les documents concernant la destruction systématique de la population arménienne de 1915-1923. Conclusion : "Mes ancêtres n’ont jamais commis de génocide," a affirmé M. Erdogan. "C’est, à mon avis, pas possible ... Ces gens qui parlent de génocide, je ne sais pas sur quels documents ils se fondent."

Concernant sur les récents reproches du Congrès sur la répression des médias en Turquie, le Premier ministre a nié qu’il existe des restrictions sur la presse en Turquie, déclarant que "la presse en Turquie est peut-être plus libre que la presse aux Etats-Unis - beaucoup plus, à mon avis."

Au SETA, en réponse à une question sur la date limite pour la ratification des protocoles turco-arméniens, Erdogan a déclaré : "Il y a certains éléments, qui doivent être pris en considération, le premier d’entre eux étant les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Il y a pour le moment cette préoccupation au sein du Parlement et c’est pourquoi nous avons appelé le Groupe de Minsk - États-Unis, Fédération de Russie et France – à progresser dans ce domaine.

Si ils peuvent travailler sur le conflit du Haut-Karabakh entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie, qui a éclaté depuis une vingtaine d’année et si des progrès peuvent être faits en vue d’une solution au problème du Haut-Karabakh, alors non seulement les problèmes entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie seront résolus, mais cela contribuera positivement au processus entre la Turquie et l’Arménie, alors les parlements avanceront dans leurs travaux. De la bonne volonté et des progrès sur le problème du Haut-Karabakh, voilà ce que nous voudrions voir se produire."


* Extrait de ‘armenialiberty’ et de la ‘Radio publique d’Arménie’





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Source/Lien : FEAJD



   
 
   
 
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