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Turquie : la continuité génocidaire II
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - LÂ’article en turc dÂ’Engin Erkiner, mis en ligne le 16 novembre 2009 sur le site progressiste turc, Bianet, traite ici des annĂ©es « allemandes » de Onur Ă–ymen, porte-parole du parti kĂ©maliste CHP, ambassadeur de Turquie en Allemagne dans les annĂ©es 90 et qui a rĂ©cemment justifiĂ© les massacres du Dersim. En effet, lors du dĂ©bat Ă  l'AssemblĂ©e nationale du vendredi 13 novembre 2009, Onur Ă–ymen a dĂ©clarĂ©: "AtatĂĽrk n'avait pas pris pour interlocuteurs les rebelles du Dersim, il a utilisĂ© la force pour rĂ©soudre le problème". Cette phrase, applaudie par l'ensemble des dĂ©putĂ©s du CHP, a Ă©tĂ© très vivement critiquĂ©e par le gouvernement et par une majoritĂ© des citoyens du pays, surtout les Kurdes et les AlĂ©vis. Est-ce un hasard ? LÂ’oncle de Onur Ă–ymen, Hıfzırrahman Raşit Ă–ymen, Ă©tait membre du parlement turc en 1937 et avait votĂ© la loi permettant Ă  lÂ’armĂ©e turque de prendre position au Dersim et dÂ’y massacrer 80 000 personnes. Le Collectif VAN vous invite Ă  lire la traduction de cet article en turc d'Engin Erkiner.



Dossier CVAN/Dersim III


Onur Oymen et ses années en Allemagne


Engin Erkiner

16 novembre 2009

Bianet


Onur Öymen, Vice Président du CHP, est un nom familier pour moi… Je ne le connais pas de Turquie mais d’Allemagne…

Au début des années 1990, dans les années où le mur de Berlin est tombé, où l’URSS a été disloquée, Öymen était ambassadeur de Turquie en Allemagne. A l’époque, la capitale de l’Allemagne était Bonn, ils n’avaient pas encore déménagé à Berlin.

L’état de la représentation de la Turquie qui avait un grand nombre de population turque et kurde, était lamentable... Les consulats de l’Etat turc étaient isolés, pas seulement de la population allemande mais aussi des populations turques et kurdes. Les Consuls ne participaient à presqu’aucune activité, personne ne connaissait leur visage.

Onur Öymen est l’architecte de la réorganisation de la Turquie en Allemagne. Par la suite, ce concept d’organisation a été copié par les autres représentants de la Turquie dans les autres pays européens.

Il y a une réunion très connue, organisée par Oymen au consulat de Bonn. A cette réunion, étaient invités les dirigeants des organisations de gauche, les personnes connues par ces milieux gauchistes [Nota CVAN : la plupart de ces militants de gauche étaient des demandeurs d’asile en Allemagne, ils avaient fui en 1980 le putsch militaire d’Evren pour sauver leur vie et ils n’avaient, d’ordinaire, aucun lien avec les consulats turcs]. Certains d’entre eux y sont allés juste pour écouter, certains n’y sont pas allés, d’autres sont allés par curiosité, pour voir ‘comment faire valoir son identité gauchiste’.

Lors de cette réunion, Öymen a d’abord fait une autocritique: d’après lui jusqu’à ce jour, la Turquie avait appliqué une mauvaise politique en Allemagne et cette politique s’était basée sur la population d’extrême droite ‘Ulkucu’ [Nota CVAN : le MHP et ses Loups Gris] et islamique. En vérité, la République de Turquie aurait dû baser son organisation en Allemagne, principalement sur une population parlant l’allemand, s’intégrant dans la vie moderne, et qui a de bonnes relations avec la population allemande. Il n’est par nécessaire de souligner que les personnes possédant ces particularités se trouvaient, dans ces années-là, exclusivement à gauche.

Onur Öymen a invité ces personnes et associations à travailler avec l’Etat de la République Turque. Les soucis politiques, que certains avaient avec la Turquie, ont été résolus. Et une partie de ces personnes acceptant l’invitation d’Öymen a commencé à travailler avec les consulats.

Nous ne connaissons pas le nombre des révolutionnaires qui ont changé de camp devant les opportunités offertes, mais, on le sait, ce n’est pas un nombre négligeable.
Qu’est-ce qu’on demandait à ces gens-là ?

Le président de la République de l’époque, Suleyman Demirel, avait clairement donné le message:
“A condition que vous défendiez l’intégrité de l’Etat indivisible, vous pouvez avoir la vision politique que vous voulez. Cela ne fait rien. Je m’en porte garant !”
En cette année-là, le combat armé du PKK était très intensif. Et la Turquie se trouvait coincée sur le plan diplomatique en Europe et surtout en Allemagne. Les efforts diplomatiques du PKK étaient plus efficaces que ceux de l’Etat turc. La réorganisation de la République de Turquie en Allemagne visait en priorité à corriger cette situation. Pour sa réalisation, il fallait transférer les cadres nécessaires de gauche.

On ne leur ne demandait pas beaucoup. Dans les milieux où ils avaient une influence, ils devaient développer un discours républicain, nationaliste, et anti-kurde…

Si vous prenez en considération les nombreux membres du ‘Turk-Danis’ [Nota CVAN : assistantes sociales turques], les enseignants, les travailleurs des organismes sociaux, il y avait déjà un travail non négligeable dans cette direction.

Ni le PKK, ni la gauche turque n’ont accordé l’importance suffisante aux efforts de réorganisation de la Turquie. Et ils ont payé très cher cette négligence. Ceux qui ne se préoccupaient que des événements de la Turquie, qui n’observaient pas se qui se passait autour d’eux, se sont trouvée surpris, 10 ans après, devant les jeunes cadres, efficaces de la République de Turquie et la force accrue de celle-ci en Allemagne

Les consuls qui ne sortaient pas de leur bâtiment étaient maintenant partout. Aux expositions des peintres turcs, aux matches de foot, aux lectures littéraires, ils participaient à tout. Bien entendu, pas seulement pour se montrer : mais pour parler, pour créer des relations, pour s’organiser et faire de la propagande...

Onur Öymen a été l’architecte de cette réorganisation. Entre temps les cadres envoyés par la Turquie ont changé. Des jeunes gens, avec des apparences modernes, sont venus dans les consulats. Même une partie des fonctionnaires a changé.

Cette nouvelle organisation de la République de Turquie, a porté à l’ordre du jour les politiques orientées vers les trois millions de Turcs, considérés dorénavant comme résidents définitifs [en Allemagne]. La République de Turquie ne considérait plus ces gens-là comme une source de revenus. L’Allemagne était un pays important. Il était possible de devenir une puissance interne dans ce pays, avec des cadres de qualité et les citoyens originaires de Turquie qui avaient pris la nationalité allemande.

La République de Turquie a commencé à encourager le passage à la nationalité allemande. Ils ont même pu dire “S’il le faut, quittez votre nationalité turque et devenez des citoyens allemands” [Nota CVAN : il est d’ordinaire impossible de résilier sa nationalité turque. Ainsi, les citoyens franco-turcs ont la double nationalité : ils sont considérés comme Turcs par la République de Turquie et doivent, pour les hommes, accomplir leur service militaire en Turquie, ou payer pour en être exemptés. Mais l’Allemagne, elle, n’accepte pas la double nationalité]…
Aujourd’hui en Allemagne, il y a environ 700 000 citoyens allemands originaires de Turquie [Nota CVAN : l'Allemagne compte de 3 à 4 millions de Turcs représentant 4 % de la population de la République fédérale.]

Lors des élections générales en Allemagne, les dirigeants du CHP, qui viennent de Turquie, organisent des réunions destinées aux citoyens allemands originaires de Turquie afin qu’ils votent pour le SPD.

Heureusement, les politiques de la République de Turquie en Allemagne, bien qu’améliorées, restent encore au niveau débutant…

Comme les associations kurdes ont mis du temps pour comprendre que les 600 000 Kurdes étaient devenus des résidents permanents dans ce pays et que les organismes révolutionnaires turcs sont restés dans l’expectative, ils ont enregistré un retard considérable.

Au final, il faut dire ceci: l’architecte de la réorganisation de la République de Turquie en Allemagne et en Europe est Onur Öymen. Cette réorganisation visait au début, l’influence diplomatique des organisations kurdes.
De ce fait, je ne suis pas du tout étonné par l’exemple donné par Öymen qui compare les massacres du Dersim à la situation actuelle.


Traduction du turc : S.C. pour le Collectif VAN - 16 décembre 2009 - 09:00 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

Turquie : la continuité génocidaire I

Turquie : 71ème année du génocide du Dersim

Les propos d'Onur Öymen sur Dersim ne sont pas prêts d'être oubliés




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Source/Lien : Bianet



   
 
   
 
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