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Négation du génocide : une pratique acceptable
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Premier ministre turc Recep Erdogan a tenu des déclarations négationnistes sur le génocide arménien lors de sa visite à Washington les 6 et 8 décembre 2009 : « Je peux déclarer très clairement que nous n’acceptons pas le génocide. C’est un mensonge total. J’invite les gens à le prouver…. Une telle chose n’est vraiment pas possible, et ne contient aucune vérité. » Le journaliste arméno-américain, Harut Sassounian, revient sur cette visite, dans son éditorial du 17 décembre, et conclut : « À Washington, Erdogan aurait dû être confronté à des manifestations et à des protestations massives ! Tristement, le silence fait de la négation du génocide une pratique acceptable ! ». Le Collectif VAN vous propose la traduction de cette chronique.


Le négationniste Erdogan à la Maison Blanche : un invité indigne !


De Harut Sassounian
Édité par The California Courier
Éditorial de Sassounian du 17 décembre 2009

Le Premier ministre turc Recep Erdogan a fait des déclarations insultantes sur le génocide arménien lors de sa visite à Washington les 6 et 8 décembre. Plutôt que de l’accueillir à la Maison Blanche, le Président Obama aurait dû le déclarer “persona non grata” – individu indésirable !

Le Président Obama aurait-il accueilli le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad à la Maison Blanche et chanté ses louanges, considérant ses vues négationnistes sur l’holocauste ? Inviter Erdogan aux U.S.A, c’est aussi offensant que de recevoir un dirigeant allemand qui nie la Shoah !

Erdogan a fait toute une série de remarques scandaleuses et de commentaires négationnistes lors de ses cinq apparitions publiques à Washington : à PBS, au Willard Hotel, à la Johns Hopkins University School of Advanced and International Studies, au groupe de réflexion turc SETA-DC et au German Marshall Fund.

Lors de sa longue interview du 8 décembre à PBS TV par le journaliste Charlie Rose, Erdogan a évoqué la question arménienne en affirmant que son gouvernement avait récemment restauré “une église arménienne” à Van, sans mentionner le fait que l’Église de la Sainte Croix située sur l’île d’Aghtamar sur le lac de Van, était rouverte, non pas en tant que lieu de culte, mais comme un site culturel destiné à attirer les touristes ! De fait, les autorités turques ont refusé l’autorisation de d’apposer une croix sur le dôme de l’église !

Les commentaires vantards d’Erdogan ont conduit Charlie Rose à soulever la question du génocide arménien de manière passive, en lui demandant : “Qu’est-il nécessaire, de quelle preuve de plus l’histoire a-t-elle besoin en ce qui concerne le génocide ?”

La question a enragé Erdogan, le faisant vomir des phrases haineuses sur le génocide arménien : “Je peux déclarer très clairement que nous n’acceptons pas le génocide. C’est un mensonge total. J’invite les gens à le prouver…. Une telle chose n’est vraiment pas possible, et ne contient aucune vérité.” Des mots honteux venant de l’homme qui prétend qu’il n’y a pas eu de génocide au Darfour, puisque il n’a vu aucune trace d’un tel crime lors de sa visite au Soudan !

Lorsque Charlie Rose lui a demandé si le Président Obama avait évoqué la question du génocide arménien lors de leur entrevue à la Maison Blanche, Erdogan a dit oui, ajoutant que c’était dans le contexte de la normalisation des relations avec l’Arménie : “C’est la Turquie qui a initié le processus de normalisation. C’est la Turquie qui a pris le risque. Nous croyons en nous-mêmes.

Ce que nous aimerions voir, c’est une avancée du processus de normalisation. Et en cela, il est important que nous nous impliquions et que la question du Karabagh soit résolue entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Il y a une occupation. Nous devons résoudre ce problème. … Et si les développements positifs que nous aimerions voir ne survenaient pas, alors je ne crois pas que notre Parlement prononcera un résultat positif après ses délibérations.”

Lors de sa venue à l’Université Johns Hopkins, Erdogan a fièrement affirmé que ses “ancêtres n’avaient jamais commis de génocide.” La vraie question n’est pas de savoir si ses grands-parents ont participé au génocide arménien, puisqu’il ne manquait pas de Turcs pour le faire. Ce qui est plus important, c’est que le Premier ministre a choisi de devenir un complice de ces crimes haineux en participant à leur camouflage !

Malgré les plaisanteries diplomatiques échangées entre Erdogan et Obama, il y a des indications montrant que la rencontre entre les deux dirigeants a été tendue. Selon les rapports des médias, confirmés par des sources de la Maison Blanche, le Président Obama a franchement dit à Erdogan que si le Parlement turc ne ratifiait pas les protocoles Arménie-Turquie dans un délai raisonnable, le Congrès américain pourrait bien adopter une résolution sur le génocide arménien.

Les deux dirigeants ont également eu des différends en raison de leurs vues divergentes sur plusieurs questions clés : la réticence de la Turquie à envoyer davantage de troupes en Afghanistan, son refus de soutenir une récente résolution de l’AIEA visant à censurer le programme nucléaire iranien, la signature d’un contrat en matière d’énergie avec l’Iran, portant sur des millions de dollars, un réel défi aux sanctions américaines, l’aggravation des relations avec Israël, la continuelle occupation de la partie nord de Chypre et le mépris manifeste des droits des minorités en Turquie.

Au beau milieu de la visite cruciale d’Erdogan, l’ambassadeur turc à Washington, Nabi Sensoy, a soudainement remis sa démission inattendue, après une dispute avec le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, concernant la logistique de la visite d’Erdogan à la Maison Blanche. Ce développement choquant a dû être hautement embarrassant pour le Premier ministre !

À son retour en Turquie, Erdogan a été confronté à une crise politique majeure, et des affrontements sanglants ont eu lieu dans les rues des villes peuplées de Kurdes, déclenchés par l’interdiction du Parti Démocratique Kurde (DTP), prononcée par la Cour Constitutionnelle. La Cour a expulsé du Parlement deux membres du DTP, tandis que 19 autres démissionnaient en signe de protestation.

Il est fort dommage que les dirigeants arméniens, au lieu de désavouer les déclarations offensantes d’Erdogan sur le génocide arménien, aient continué à parler de normalisation des relations avec la Turquie ! Les Arméniens américains ont été tout aussi négligents, n’exprimant pas leur outrage. À Washington, Erdogan aurait dû être confronté à des manifestations et à des protestations massives ! Tristement, le silence fait de la négation du génocide une pratique acceptable !

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN - 17 décembre 2009 - 07:12 - www.collectifvan.org






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