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Turquie et Arménie, sortir de l'impasse
Publié le :

Alors que Turquie et Arménie entament un semblant de rapprochement, deux essais tentent de poser les conditions du dialogue entre deux voisins qui ne se connaissent pas.

Le 17 décembre 2009 - par Elisabeth Philippe

"Nous sommes tous des Hrant Dink”. C’est sous ce slogan que plus de cent mille Stambouliotes manifestèrent quelques jours après l’assassinat du journaliste Hrant Dink, Arménien de Turquie tué de trois balles dans la nuque par un ultranationaliste turc, le 19 janvier 2007.

Fondateur du journal bilingue Agos, “Sillon” en arménien, Hrant Dink a inlassablement creusé le sillon de la réconciliation entre Turcs et Arméniens, “deux peuples proches, deux voisins lointains” séparés par un gouffre : le génocide arménien de 1915, qui a coûté la vie à 1,2 million d’Arméniens et que les autorités turques nient toujours. Il voulait convaincre son pays de regarder autrement cet épisode du passé, avec pour seul résultat celui de subir les procès pour “insulte à l’identité turque”. Ironie tragique, sa mort, qui a soulevé une très vive émotion aussi bien du côté turc que du côté arménien, a amorcé un changement inédit dans les mentalités.

En décembre 2008, des intellectuels ont publié une pétition d’excuses turques aux Arméniens pour “la Grande Catastrophe” de 1915 et, le 10 octobre dernier, les deux pays ont signé deux protocoles visant à rétablir leurs relations diplomatiques et à ouvrir la frontière arméno-turque, une esquisse du rapprochement pour lequel Hrant Dink s’est battu toute sa vie, à travers ses articles et ses livres.

Avec Deux peuples proches, deux voisins lointains, essai posthume, il analyse les racines de l’absence de relations entre Arménie et Turquie, malgré une histoire com­­mune millénaire. Pour Dink, le dialogue est impossible tant qu’il est pris en étau entre le traumatisme arménien et la paranoïa turque. Il ne juge pas ces deux “cas pathologiques”, mais les examine avec soin, tentant d’en sonder tous les symptômes : pourquoi les Arméniens, et notamment ceux de la diaspora, sont-ils si “obstinés à revendiquer la vérité”, allant jusqu’à confondre cette revendication avec l’identité arménienne ?

Pourquoi les Turcs vivent-ils dans la peur irrationnelle de se voir voler leurs terres par les Arméniens ou d’avoir à payer d’éventuelles réparations ? Pourquoi un tel déni de l’autre et de son histoire ?

Opérant sans cesse des allers-retours d’un point de vue à l’autre, Hrant Dink, parce qu’il combine “les deux parties du problème dans une même identité”, fonde son approche sur l’empathie, tout en faisant preuve d’une vigilance redoublée. Son écriture, travaillée par la recherche du mot juste, traduit son souci permanent de poser les termes d’un dialogue qui ne pourra se nouer, selon lui, que si la peur cède la place au désir, aux champs d’intérêts communs.

Cette pensée humaniste irrigue aujourd’hui celle de ses “héritiers”. Comme Ahmet Insel, intellectuel turc, et Michel ­Marian, universitaire français d’origine arménienne, coauteurs du récent Dialogue sur le tabou arménien, un livre d’échanges offrant une approche sensible de cette question, qui n’aurait jamais vu le jour sans la mort de Hrant Dink. “Meurs et nous t’aimerons”, dit un proverbe arménien. Une épitaphe pour Hrant Dink.




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Source/Lien : Les Inrocks



   
 
   
 
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