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Les dégâts collatéraux de la visite d’Erdogan à Washington
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous livre la traduction de l'article en anglais de PanArmenian parue sur le site de la Fédération Euro-Arménienne pour la Justice et la Démocratie du 20 décembre 2009.










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20 décembre 2009

Traduction Gérard Merdjanian - commentaires du site de la Fédération Euro-Arménienne :


Il a été dit et redit, la normalisation des relations arméno-turques tient au cœur des Occidentaux, mais également de Moscou. Azerbaïdjan mise à part, tous les pays ont encouragé cet événement. Et pour ce faire quelques sacrifices seront nécessaires :
- L’Arménie devra trouver un compromis valable avec l’Azerbaïdjan, surtout avec la validation par plus de 50 Etats du Principe d’Autodétermination des Peuples lors de la session de la 64ème Assemblée Générale de l’ONU, il y a deux jours (18 Décembre 2009) ;
- L’Azerbaïdjan devra se résoudre à perdre le Haut-Karabakh conformément aux principes de Madrid présentés par les médiateurs coprésidents, Américain, Russe et Français ;

- La République du Haut-Karabakh devra probablement ‘rétrocéder’ quelques districts de la zone de sécurité l’entourant, toujours selon les principes de Madrid ;
- La Turquie devra se résoudre à ratifier les protocoles, tout en maugréant sur le lien avec le processus du Karabakh, si elle ne veut pas être montrée du doigt par la communauté internationale qui a applaudi des deux mains lors de la signature des Protocoles le 10 Octobre dernier. Et pire, ce qu’elle craint le plus risque d’arriver : que les Etats-Unis reconnaissent le génocide arménien.

Et cette fois, la diplomatie turque aura du mal à faire passer ses arguments habituels.

***

La visite du Premier ministre turc aux Etats-Unis a eu une conséquence plutôt étrange : l’ambassadeur Nabi Sensoy a présenté sa démission, après avoir représenté son pays à Washington pendant seulement trois ans. L’explication donnée par le ministère turc des Affaires étrangères indiquant que l’Ambassadeur a terminé sa mission diplomatique, n’a convaincu que quelques rares personnes.

L’ambassadeur a manifestement failli à son devoir premier, à savoir : empêcher non seulement la reconnaissance, mais aussi l’audition de la Résolution sur le génocide arménien au Congrès américain. Sans parler du fait qu’il n’a même pas été en mesure de réduire, avec l’aide des membres pro-Turcs du Congrès, l’aide fournie à l’Arménie et au Haut-Karabakh.

Et si l’on ajoute, toujours selon Ankara, que le lobby arménien s’est renforcé avec le changement d’attitude des groupes de pression juifs, tout cela aurait pesé sur la conscience de Sensoy. Ce n’est un secret pour personne que le lobby juif, qui soutenait activement la Turquie, a commencé à traiter son allié plutôt froidement. Il convient de souligner que le gouvernement turc lui-même fait de son mieux pour que le lobby juif soit neutralisé en Turquie et grand est le rôle d’Erdogan sur cette question. Après tout, c’est lui qui a développé une certaine attitude envers les juifs dans son pays, et l’ambassadeur n’y est pour rien là-dedans ...

Sensoy a effectivement torpillé la visite du Premier ministre, qui, pour une raison précise, espérait que toutes ses déclarations faites à Ankara et à Bakou pourraient infléchir Obama. Ainsi, sur une grande échelle, l’ambassadeur n’est pas à blâmer, il paye pour son chef. Disons toutefois, que le prix payé n’est pas si élevé, si on tient compte du fait que le très susceptible Nabi Sensoy sera envoyé comme ambassadeur dans un autre pays ou restera au Ministère des Affaires étrangères. Visiblement, il ne pointera pas au chômage.

Rappelons ici quelques événements récents concernant les relations américano-turques. Pendant des années, l’Association Turco-Américaine (ATA) a été dirigée par Ahmet Ertegun, cofondateur et directeur du Label Atlantic (Maison de disques), signant pour la première fois avec Ray Charles et d’autres étoiles du jazz et du R & B. Ertegun était un grand nom dans le show-business américain et en tant que tel, a habilement représenté les intérêts de la Turquie au Capitole et la Maison Blanche. Après sa mort en 2006, a commencé une période de dépression, qui n’est pas encore terminée.

Aujourd’hui, le président turc se déplace à travers le monde islamique, concluant des contrats pour des raisons de ‘solidarité islamique’, en fait il suit la voie de leadership régional. Ankara, avec cette démarche, peut perdre la confiance des États-Unis et des Européens dans la Turquie, ce qui n’est ni dans l’intérêt de la Turquie, ni dans celui des États-Unis ou de l’UE. La Turquie ne peut pas devenir un leader dans le monde islamique ; il y a suffisamment de candidats, même sans elle, comme l’Arabie Saoudite, l’Iran, le Pakistan, l’Indonésie ...

La visite de M. Erdogan révèle un détail supplémentaire : Ankara est réellement devenu un otage des intérêts de l’Azerbaïdjan, avec l’espoir que Bakou, en utilisant la Turquie comme pays de transit pour ses hydrocarbures, vendrait le gaz à un prix très bas. Ankara s’est engagé lui-même dans une impasse, d’où il peut trouver en sortir que par la ratification des Protocoles. Dans tout autre cas, il aura à subir une défaite. Le Parti Justice et Développement (AKP) n’est pas prêt à accepter ces options.

Il y a aussi le scandale de l’affaire "Ergenekon" liée à l’assassinat de Hrant Dink, qui a été suspendue pour certaines raisons, et enfin les espoirs de plus en plus faibles de l’entrée de la Turquie dans l’UE. Tous ces faits peuvent se révéler comme étroitement liés dans un futur proche, ce qui entrainera la perte de confiance dans l’AKP. Les conséquences sont évidentes : une instabilité, de nouvelles élections et une menace de coup d’Etat militaire, chose connue en Turquie.

Au final, toute cette histoire ne présente qu’un seul point négatif : la question du génocide arménien va redevenir une monnaie d’échange dans les relations américano-turques, et peut de nouveau jouer un rôle ‘fatal’ dans une négociation arméno-turque, sans parler des tentatives pour normaliser les relations.

Karine Ter-Sahakian – PanArmenian - Département Analyse




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Source/Lien : FEAJD



   
 
   
 
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