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Déportations : la Turquie doit 20M$ à la Bulgarie
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La Bulgarie a menacé de bloquer l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE), à moins qu’Ankara ne paie des milliards de dollars de compensation aux Bulgares qui ont été déplacés de force à l’époque de l’Empire ottoman. Devant la réaction de l’Etat turc, le gouvernement bulgare a fait temporairement machine arrière, mais sa démarche devrait, selon le chroniqueur arméno-américain, Harut Sassounian, inspirer les Arméniens pour leurs demandes de reconnaissance et de réparations du génocide arménien de 1915. Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’éditorial de Sassounian, en date du 14 janvier 2010.


Les Arméniens, comme les Bulgares, devraient exiger des compensations de la Turquie


De Harut Sassounian
Édité par The California Courier
Éditorial de Sassounian du 14 janvier 2010

Bojidar Dimitrov, le ministre bulgare en charge de l’Agence pour les Bulgares de l’Étranger, à ouvert la boîte de pandore au début de l’année, en menaçant de bloquer l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne (UE), à moins qu’elle ne paie des milliards de dollars de compensation aux Bulgares qui ont été déplacés de force à l’époque de l’Empire ottoman.

Dimitrov a dit que la Turquie devait à la Bulgarie 20 milliards de dollars pour avoir expulsé des centaines de milliers de Bulgares en 1913. La République de Turquie, qui a été fondée en 1923, a assumé les obligations de l’Empire ottoman et a convenu d’effectuer des dédommagements dans un traité de 1925. Cependant, à ce jour, la Bulgarie n’a reçu aucune compensation de la part du gouvernement turc.

"La Turquie est certainement capable de payer cette somme, après tout, c’est la 16e puissance économique mondiale", a dit Dimitrov, tirant avantage d’une déclaration que les responsables turcs font souvent, se vantant de la force économique de leur pays !

Dimitrov a révélé que le paiement des compensations, comme exigé dans le traité de 1925, est l’une des conditions préalables pour que la Bulgarie n’appose pas son veto à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Les deux autres conditions préalables concernent des questions énergétiques et de gestion de l’eau.

Veselin Ninov, un porte-parole du gouvernent bulgare, a confirmé à l’observateur de l’Union européenne le 4 janvier, que l’annonce de Dimitrov représentait la politique officielle de l’État. Il a révélé que ce conflit était géré par un "groupe de travail intergouvernemental bulgare-turc" et que le Premier ministre Boyko Borissov soulèverait la question des compensations lors de sa prochaine visite en Turquie.

Les responsables turcs ont rapidement réagi et durement ! Le ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, répétant les mêmes accusations non fondées que les dirigeants turcs font souvent à l’égard du génocide arménien, a prétendu que les Turcs avaient autant souffert que les Bulgares pendant cette période. Selon le journal Zaman, Davutoglu a prévenu la Bulgarie que les demandes de compensations de la Bulgarie pourraient endommager leurs relations bilatérales, bien qu’il ait confirmé que les deux pays avaient discuté des "questions pertinentes des transferts de masse des Turcs et des Bulgares lors des derniers jours de l’Empire ottoman."

Les responsables bulgares ont immédiatement reculé, comprenant qu’une confrontation ouverte avec la Turquie sur cette question pourrait ne pas être aussi bénéfique que des négociations tranquilles à huis clos. Le ministre bulgare adjoint des Affaires étrangères, Marin Raykov, a cherché à minimiser les exigences de Dimitrov en déclarant que son pays n’avait pas fait de la résolution du problème des compensations des personnes déplacées une condition préalable pour l’adhésion de la Turquie à l’UE. Entre temps, le Premier ministre Borissov a réprimandé Dimitrov, le menaçant de le renvoyer s’il refaisait une déclaration de ce genre à l’avenir sans d’abord le consulter.

Le ministre Dimitrov s’est rapidement excusé afin de ne pas perdre son poste. Mais le représentant de la presse officielle, Veselin Ninov, cependant, n’a pas eu autant de chance. Il a été renvoyé pour avoir donné son aval à la première déclaration de Dimitrov.

Pour l’instant, les dirigeants de la Bulgarie trouvent peut-être prématuré de relier publiquement leurs demandes de compensation avec l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, même si de nombreux Bulgares ont obstinément demandé depuis des décennies que ces compensations aient lieu. Par conséquent, cette question va sûrement rester à l’ordre du jour des deux pays, ébranlant la déclaration que la Turquie fait souvent, savoir, qu’elle a zéro problème ou zéro conflit avec ses voisins.

Malgré le démenti du Premier ministre Borissov, la Bulgarie à présent, a ajouté encore une nouvelle ride à la candidature de la Turquie à l’UE, qui devient de plus en plus inaccessible. Plusieurs pays européens, tels que la France, l’Allemagne, la Hollande et l’Autriche s’opposent déjà à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne.

La Grèce et Chypre ne permettront pas à la Turquie de rejoindre l’Union européenne, à moins qu’elle ne retire ses troupes du nord de Chypre. En outre, il serait impossible pour la Turquie d’entrer dans l’UE sans satisfaire à l’une des exigences clés de l’UE – ouvrir ses frontières avec tous les États voisins. La Turquie, ainsi donc, ne peut devenir membre de l’UE, à moins qu’elle n’ouvre ses frontières avec l’Arménie, indépendamment du sort des protocoles Arménie-Turquie.

Au-delà des obstacles qui existent pour rejoindre l’UE, la Turquie est submergée par un vaste nombre de procès engagés à son encontre auprès de la Cour Européenne des droits de l’homme (CEDH). Si elle devait refuser de dédommager la Bulgarie pour les réfugiés de 1913, il est fort possible qu’elle soit confrontée à davantage de problèmes juridiques.

Cependant, le passé de la Turquie sur les procès qu’elle a gagnés auprès de la CEDH n’est pas brillant. Elle a déjà perdu plusieurs procès importants pour son occupation du nord de Chypre. De même, les fondations des minorités grecque et arménienne en Turquie ont réussi à recouvrer, grâce à la Cour européenne, certains de leurs biens fonciers qui avaient été confisqués il y a des décennies.

Encouragés par ces procès gagnés, les Arméniens vivant en Turquie et dans toute l’Europe devraient demander des réparations juridiques par le biais de la Cour européenne des droits de l’homme pour les pertes innombrables qu’ils ont subies pendant le génocide. Les réclamations pourraient être enregistrées pour la perte des biens personnels, des comptes en banque, des biens mobiliers, des monuments et des églises.

Pas de paix sans justice !
Pas de réconciliation sans restitution !

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN - 14 janvier 2010 - 08:29 - www.collectifvan.org




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