Aujourd'hui : Samedi, 24 août 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du Négationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenêtre !  Envoyer cette page à votre ami-e !
 
« Nous sommes tous des Arméniens »
Publié le :

Idées - Tribune libre - Histoire - Article paru le 14 janvier 2010

tribunes & idées. Géopolitique.

Deux peuples proches, deux voisins lointains, Arménie-Turquie, d’Hrant Dink. Essai traduit du turc par Emere Ülker et Dominique Eddé. Actes Sud, 2009, 200 pages 19 euros.

Ce livre posthume publié en novembre 2009 est un plaidoyer pour la réconciliation entre deux peuples dont lÂ’histoire a fait des ennemis que lÂ’on pensait irréductibles  : les Turcs et les Arméniens. Un plaidoyer dÂ’autant plus saisissant et émouvant quÂ’il a été écrit par un descendant des victimes du génocide arménien, Hrant Dink, lui-même assassiné le 7 janvier 2007 par des nationalistes turcs dont le procès se poursuit aujourdÂ’hui encore à Istanbul.

Hrant Dink, né en 1954 à Malatya dans une famille arménienne pauvre, élevé dans un orphelinat et marié à une autre orpheline, Rakel, a consacré sa vie à cette réconciliation. Il sÂ’estimait dÂ’autant mieux placé pour cela quÂ’il se sentait porteur dÂ’une identité qui lui imposait une triple solidarité  : avec la Turquie, son pays de naissance et de citoyenneté, celui où il avait choisi de rester pour vivre et lutter, avec lÂ’Arménie voisine, nouvellement indépendante, et avec la diaspora arménienne où quÂ’elle soit dans le monde.

Son arme dans cette lutte, ce fut sa plume. Journaliste, il a été le premier à publier à Istanbul un journal arménien bilingue, en turc et en arménien  : Agos. Pour lui, Agos devait être un « outil d’éducation et de dialogue » afin de permettre aux deux peuples de se connaître, ou plutôt de se reconnaître et dÂ’en finir avec ce quÂ’il considérait comme une « pathologie », une « paranoïa », née dÂ’une histoire traumatisante. Sortir les Turcs de leur paranoïa et les Arméniens de leur traumatisme, telle était la tâche immense à laquelle il s’était attelé.

Le texte publié par Actes Sud a été écrit en 2005, mais en le lisant, on a le sentiment que son auteur était un visionnaire, tant il semble avoir senti le sens de l’histoire en marche. « Le premier code du cadenas, écrivait-il, c’est l’ouverture des frontières et l’établissement de relations diplomatiques entre la Turquie et l’Arménie. »

Or, quatre ans plus tard, les deux pays viennent de signer, en Suisse, un accord en ce sens. Entre-temps, Hrant Dink, poursuivi à plusieurs reprises pour insulte à lÂ’identité nationale turque, nÂ’avait pas cessé le combat, malgré les menaces de mort dont il était lÂ’objet. « Le pigeon a beau avoir peur, disait-il, il veut quand même sa liberté. » Et à ceux qui lui conseillaient de quitter la Turquie, il répondait  : « JÂ’ai le droit de mourir dans le pays qui mÂ’a vu naître. »

Ce quÂ’il nÂ’avait sans doute pas prévu cÂ’est que cette mort annoncée allait secouer le pays et faire avancer dÂ’un grand pas la cause quÂ’il défendait. Pour la première fois, lors de ses obsèques, on a vu des dizaines de milliers de Turcs défiler aux cris de  : « Nous sommes tous des Arméniens, nous sommes tous Hrant Dink. » Son livre est aussi une fine analyse de l’évolution de la société turque et un remarquable plaidoyer pour lÂ’adhésion de la Turquie à lÂ’Union européenne.

Françoise Germain-Robin




Retour à la rubrique


Source/Lien : Humanité



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org