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Turquie : Sevan Nisanyan, un journaliste iconoclaste
Publié le : 19-01-2010

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Sevan Nisanyan, journaliste arménien de Turquie, raconte sur son blog pourquoi il arrête sa chronique « Kelimebaz » (le jongleur des mots), qui paraissait dans le journal progressiste turc Taraf. Peu connu en Europe, Sevan Nisanyan a une réputation d’iconoclaste brillantissime, électron libre de l’intelligentsia de Turquie. Ses chroniques ironiques font grincer des dents et lui valent des menaces de mort dont il n’a cure. Impossible de ne pas faire un parallèle, en ce 19 janvier, au sort tragique d’un autre journaliste arménien, Hrant Dink, exécuté à Istanbul, il y a tout juste 3 ans aujourd’hui. Le Collectif VAN vous livre la traduction de cet article en anglais, d’après la version turque parue sur le blog de Sevan Nisanyan le 08 janvier 2010.











Ce qu’il est arrivé à Kelimebaz*


Ma position au journal Taraf a été un pis-aller dès le premier jour. C’était comme si on me permettait avec réticence d’écrire. L’attitude prédominante était : Sevan Nisanyan est un sujet d’aversion publique, il faut être sûr qu’il ne nuise pas au journal. Mon nom n’apparaissait jamais sur la liste des journalistes, bien que je l’aie fait remarquer quelques fois. Mon nom n’était jamais mentionné non plus sur la première page. Ahmet Altan (rédacteur en chef de Taraf) " ne l’estimait pas nécessaire."

Pendant quatorze mois, j’ai tout d’abord écrit quotidiennement, puis six fois par semaine plus tard. Au lieu de me répéter jour après jour, j’ai essayé d’écrire des articles qui nécessitaient des recherches et une pensée analytique. Je n’ai pas reçu un centime pour ce travail. Pas plus qu’une excuse du genre "désolé, on te paiera plus tard" ou "désolé, on ne peut pas se permettre de te payer". Finalement, l’argent n’est pas très important. Mais j’aurais été plus heureux, si on avait tenté de me remercier, même sans enthousiasme. Ce ne fut pas le cas.
Suite à la publication de mon article sur la religion, le 21 septembre, l’attitude envers moi a franchi une ligne, et s’est transformée en impolitesse.

On m’a plusieurs fois ouvertement passé un savon. Mes articles étaient coupés au hasard ici et là, sans aucune explication ou tentative de me convaincre de cette nécessité. Le journal restait complètement muet sur les deux livres que j’ai écrits et qui ont été publiés en octobre. L’excuse officielle était que "mes écrits sur la religion" étaient "nuisibles au journal." On m’a notifié que le journal s’abstiendrait de me soutenir "pendant quelques temps." On m’a conseillé de rester à l’écart des questions politiques, et à la place, de me concentrer sur les "mots".

Je recevais chaque jour des dizaines de menaces de mort. La police, les gendarmes et le bureau du procureur les ont prises au sérieux. Je ne peux pas dire que je les ai prises très au sérieux. Mais je vois clairement que le journal ne me soutient pas sur cela non plus, et il ne me soutiendra pas, même si une infime fraction de ces menaces se concrétisait. Et ceci, c’est compréhensible, n’est pas un sentiment agréable.
Je suis désolé de dire qu’à mon âge je n’ai pas la patience de m’occuper de ce genre de conneries. Tous ces Kelimebaz suffisent.

C’était agréable d’écrire Kelimebaz. Pour vous, je ne sais pas, mais quant à moi, j’en ai beaucoup appris lors de ce processus. J’ai eu de merveilleux feedback (quel est le mot turc pour "feedback“ ?). Des lecteurs ont communiqué avec amour et amitié. Certains sont devenus des amis au-delà de la communication virtuelle. Je les remercie tous.
Écrire est une drogue. Manifestement, j’y succomberai. Mais où et comment, je ne le sais pas pour le moment."

* Nom de la chronique de Nisanyan, signifiant "jongleur des mots")

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN - 18 janvier 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org


Lire aussi :

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Istanbul : le schisme dans la gauche turque

Turquie : un intellectuel turc parle du génocide

Turquie : Ahmet Altan inculpé pour insulte à la nation turque


Bibliographie :

Sevan Nisanyan a publié en juin 2008 un livre sur le Kémalisme, „République faussée : 51 questions sur Atatürk et le Kémalisme“, considéré comme un chef d'œuvre. L’auteur y révèle les mensonges relatifs à la laïcité, au modernisme, à l‘abolition du califat, etc., chez Mustafa Kemal et ses collaborateurs. Dans cet ouvrage de plus de 430 pages, Sevan Nisanyan explique comment Mustafa Kemal a fondé l'identité turque sur l'Islam sous contrôle de l'Etat totalitaire. Pour être Turc, la condition sine qua non est d'abord l'Islam sunnite. mais un Islam sous contrôle des "laïcs" turcs.



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Sevan Nişanyan





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Source/Lien : Sevan Nisanyan



   
 
   
 
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