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Israël et le génocide arménien
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Yossi Sarid, homme politique et journaliste israélien, jette un pavé dans la mare. Il signe dans le quotidien israélien Haaretz, un article où il critique avec force la moralité à géométrie variable de l’Etat d’Israël qui utilise la « menace » de la reconnaissance du génocide arménien au gré de ses relations fluctuantes avec la Turquie. Yossi Sarid termine avec ce constat amer : « Supposons que la Turquie renoue ses liens avec Israël comme par le passé. Et ensuite ? Ensuite quoi ? Est-ce que nous renouvellerons notre contribution à la négation du génocide arménien ? ». Le Collectif VAN vous propose la traduction de cet article paru le 24 janvier 2010.

















LĂ©gende photo: Yossi Sarid

Haaretz

Dimanche 24 janvier 2010

Vous vous en souvenez maintenant ?

De Yossi Sarid


Le ministre de la Défense s’est rendu en Turquie cette semaine. Ils ont dit que c’était un succès. Si c’est le cas, il est possible de renouer avec la conspiration du silence, et d’empêcher les gens de parler.

Voici ce qu’il s’est passé il y a quelques mois, lorsque Recep Tayyip Erdogan s’est encore une fois répandu en mots amers sur nous. Une personnalité israélienne importante m’a téléphoné et m’a dit ceci : "Tu dois à présent répondre aux Turcs, les dénoncer pour les crimes qu’ils ont commis envers les Arméniens. Toi, Yossi, tu as le droit de le faire. Aujourd’hui, tu es un citoyen comme les autres, mais même quand tu étais une personnalité publique, tu ne te retenais pas. Tu t’es exprimé si souvent, par écrit et oralement, contre la façon dont ils esquivent le génocide."

J’étais rempli de dégoût et mon âme avait envie de vomir. La personne qui m’a téléphoné est l’exemple même de l’Israélien déplaisant qui, honteusement, s’était placé aux premiers rangs de ceux qui niaient le génocide arménien. Celui qui s’est joint à ceux qui ont fustigé le ministre de l’Education de l’époque, lorsqu’il avait déclaré, en visitant une église à Jérusalem il y a dix ans : "La valeur d’une vie humaine, que cet être humain soit juif, arabe, arménien, bohémien, bosniaque, albanais, rwandais – c’est la valeur que je veux inculquer à nos élèves. Dans le nouveau programme d’histoire, je veux inclure un chapitre central sur le génocide, et dans ce cadre, il y aura une grande référence au génocide arménien. C’est notre devoir envers vous, c’est notre devoir envers nous-mêmes."

Le pays était en émoi, et les ministres ont commencé à transpirer. Ehud Barak et Shimon Peres ont été les premiers à émettre des réserves. Cette déclaration, ont-ils rapidement annoncé, n’était pas due à une initiative gouvernementale; c’était uniquement l’initiative du ministre de l’Éducation et sa seule responsabilité. J’ai eu honte.

Récemment, d’autres sons de cloches se sont fait entendre à Jérusalem : "Les Turcs sont les derniers à avoir le droit de nous donner des leçons d’éthique."
Il serait intéressant de savoir qui sont les premiers. Il n’y en a manifestement aucun lorsque l’on se réfère à l’Etat le "plus moral" et à l’armée, la plus morale, "dans le monde." Si les Turcs veulent nous donner des leçons, nous les giflerons – et fort.

Je n’ai jamais compris pourquoi la jeune Turquie, qui n’a pas de sang sur les mains, persiste à défendre le sang de ses ancêtres. Une exploration un peu trop profonde du passé révèle-t-elle les signes du présent ? Lorsque quelqu’un tente aussi vigoureusement d’effacer l’histoire, cette histoire persiste généralement à être réécrite, et dans le sang.

Mais il nÂ’y a pas que les hommes politiques. Les experts en affaires publiques et politiques clament Ă©galement quÂ’il faut sortir les squelettes du placard turc, plus dÂ’un million de squelettes, pour ĂŞtre exact.

Ceux qui n’avaient jamais dit un mot sur le premier génocide du 20e siècle, s’en sont subitement souvenus. C’est ce génocide qu’Henry Morgenthau définissait comme "le plus grand crime de l’histoire moderne." Il était l’Ambassadeur américain à Ankara* lors de ces années noires, et il était juif.

Je vais vous révéler la réponse que j’ai donnée à mon interlocuteur excité. "Vous vous en rappelez maintenant ? Uniquement maintenant, lorsqu’ils vous attribuent des crimes comme si vous étiez Turcs ? Je ne crois pas à un peloton d’exécution, alors traitez avec Erdogan vous-mêmes; vous le méritez. Comme il est triste que vous ayez adopté une position morale pour d’autres intérêts provoqués par les circonstances et qui prendront également fin avec les circonstances."

Et à présent, j’ai quelque chose à ajouter à ma réponse : supposons que la Turquie renoue ses liens avec Israël comme par le passé. Et ensuite ? Ensuite quoi ? Est-ce que nous renouvellerons notre contribution à la négation du génocide arménien ?

*Nota CVAN : En 1915, Ankara n’était pas encore la capitale de la Turquie, les ambassades étaient donc à Constantinople, l’Istanbul d’aujourd’hui.

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN – 29 janvier 2010 - www.collectifvan.org



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Biographie :

Yossi Sarid, né le 24 octobre 1940, est un homme politique et journaliste israélien.

Membre du parti Meretz, un parti de gauche laïc, dont il prendra la tête en 1996, il a siégé plusieurs fois à la Knesset depuis 1973. Il a été ministre de l'Environnement dans le gouvernement de coalition formé par Yitzhak Rabin en 1992 puis ministre de l'Éducation dans le gouvernement de coalition formé par Ehud Barak, malgré sa forte réticence à siéger avec des membres du parti Shas.

Avant les élections de 2006, il a annoncé son intention de ne pas se représenter à la Knesset et son retrait de la politique. Il préconise la fusion de son ancien parti avec le Parti travailliste.

Diplômé en sciences politiques de The New School de New York, il écrit des éditoriaux pour le journal Haaretz, commentant la vie politique israélienne.


Yossi Sarid




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Source/Lien : Haaretz



   
 
   
 
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