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Le chef dÂ’Ă©tat-major perd patience, et alors ?
Publié le :

jeudi 28 janvier 2010

La révélation du plan Balyoz par «Taraf» a provoqué un véritable séisme politique et médiatique en Turquie, depuis une semaine. Les réactions des autorités militaires ayant été tout sauf convaincantes, le chef d’Etat major a essayé de reprendre les choses en main, en tapant du point sur la table, lundi dernier.

Au moment oĂą le cerveau de lÂ’affaire, le gĂ©nĂ©ral Çetin Doğan, admettait que la principale voix figurant sur les enregistrements du sĂ©minaire ayant dĂ©battu du fameux plan, Ă©tait bien la sienne, le gĂ©nĂ©ral Başbuğ a plutĂ´t Ă©vitĂ© de revenir sur le contenu de ce projet de coup dÂ’Etat militaire, en tentant de renvoyer la rĂ©vĂ©lation de Balyoz aux oubliettes de lÂ’histoire.

«Ces coups dÂ’Etat appartiennent au passĂ©. Nous estimons que lÂ’important est la dĂ©mocratie, qui voit le pouvoir alterner par le biais dÂ’Ă©lectionsÂ… », a dĂ©clarĂ© le chef de lÂ’armĂ©e turque de plus en plus contestĂ©. Autrement dit : «cessez de nous embĂŞter avec ces vieilles histoires et fermez le ban !». La dĂ©claration du gĂ©nĂ©ral Başbuğ aurait presque prĂŞtĂ© Ă  sourire, si elle ne sÂ’Ă©tait assortie de menaces. «Comment peut-on imaginer que les forces armĂ©es turques projettent des attentats Ă  la bombe contre la maison de Dieu ?

C’est injuste. La patience de l’armée, aussi, a ses limites», a ajouté le chef d’état-major, prenant une posture martiale, qui en d’autres temps aurait peut-être fait rentrer tout le monde dans le rang, mais qui, de nos jours, n’impressionne plus personne et qui n’a fait que mettre un peu plus en lumière la faiblesse pathétique qui est devenue celle de l’armée. Car, à l’issue des menaces du général, qui a également annoncé que ses services avaient engagé une campagne pour enrayer les fuites qui donnent lieu à ces révélations médiatiques fracassantes, beaucoup de commentateurs et d’observateurs ont pris un malin plaisir à lui demander ce qu’il pourrait bien advenir si les critiques ne cessent pas et si le scandale continue à prendre de l’ampleur…

Au lendemain de ce nouveau «coup de gueule» dÂ’İlker Başbuğ, Ă  lÂ’occasion de la traditionnelle rĂ©union de leurs groupes parlementaires du mardi, les principales forces politiques turques, se sont largement exprimĂ©, Ă  leur tour, sur le plan Balyoz.

Recep Tayyip Erdoğan avait dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© plusieurs fois cette affaire au cours du week-end, en rappelant les basses manÂśuvres politiques dont avaient Ă©tĂ© victimes, en leur temps, Adnan Menderes ou Turgut Ă–zal. Il a de nouveau sonnĂ© la charge en dĂ©nonçant cette nouvelle atteinte Ă  la dĂ©mocratie, et en la reliant Ă  une certaine conception de lÂ’exercice du pouvoir, illustrĂ© notamment par les cĂ©lèbres assassinats inexpliquĂ©s de journalistes.

Cela l’a conduit à s’écrier : «L’histoire révèle les faits et la vérité apparaît progressivement. Nous sommes en train de lever les mystères entourant la mort des journalistes Dink, Ipekçi et Mumcu. En faisant la lumière sur ces événements, nous agirons pour qu’ils ne se reproduisent plus. » Faisant allusion par ailleurs à une déclaration de Deniz Baykal, dans laquelle ce dernier avait affirmé qu’il était l’avocat d’Ergenekon, le leader du parti majoritaire s’en est pris aussi aux partis d’opposition, en s’étonnant de leur complaisance à l’égard des complots et de l’illégalité ambiante.

Cela l’a amené à rejeter encore une fois l’accusation de «dictature civile», qui est devenue le leitmotiv des chroniqueurs hostiles à son gouvernement, depuis quelques semaines. Dénonçant cet argument comme un procédé qui vise, selon lui, à déstabiliser le pays, le premier ministre a ironisé sur ces journalistes qui parlent de dictature, alors que, huit ans bientôt après l’arrivée de l’AKP au pouvoir, ils n’ont toujours pas été empêchés d’écrire…

En tout Ă©tat de cause, les autoritĂ©s militaires nÂ’ont pas trouvĂ© de soutien efficace du cĂ´tĂ© des partis dÂ’opposition qui ont suivi la ligne hĂ©sitante, qui avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© la leur par le passĂ©, Ă  propos dÂ’affaires similaires au plan Balyoz. Tout en dĂ©nonçant la campagne de presse qui est, selon lui, engagĂ©e contre lÂ’armĂ©e, Devlet Bahçeli, a estimĂ© que les explications du gĂ©nĂ©ral Başbuğ sur le plan Balyoz nÂ’Ă©taient pas satisfaisantes.

Il appelé les militaires à faire la clarté, non seulement sur ce dernier scandale, mais aussi sur les autres affaires dans lesquelles l’armée est impliquée actuellement, en s’interrogeant toutefois sur le fonctionnement interne de celle-ci, et notamment sur la fiabilité de sa chaine de commandement.

Quant Ă  Deniz Baykal, il a estimĂ© que si les rĂ©vĂ©lations concernant le plan Balyoz Ă©taient vraies, le chef dÂ’Ă©tat major, İlker Bağbuğ, devait immĂ©diatement ĂŞtre relevĂ© de ses fonctions par le gouvernement. Mais le leader kĂ©maliste a aussi fortement mis en cause la vĂ©racitĂ© du plan en question, en dĂ©nonçant ce quÂ’il considère comme le dernier avatar dÂ’une suite de rĂ©vĂ©lations de coups dÂ’Etat «bidon». «Tout le monde parle de coups dÂ’Etat.

Vous voyez des coups d’Etat à la une des journaux, sur les écrans de télévision. Et le premier ministre ne parle que de ça sans arrêt.», a déclaré Deniz Baykal, en exprimant la crainte, que toute cette agitation, ne soit en fait que la parade trouvée par le gouvernement pour endiguer la défiance et l’impopularité dont il serait l’objet.

Cela a amené le leader du CHP à noircir encore le tableau, en évoquant la situation délétère dans laquelle serait plongée la Turquie aujourd’hui, citant pêle-mêle, l’ouverture kurde qui diviserait le pays, les institutions publiques qui se contrediraient, et bien sûr l’armée qui serait victime de campagnes de dénigrement. «Nous en sommes arrivés là !», a conclu Deniz Baykal au terme d’un constat dont on se demande, si a défaut de refléter vraiment la situation politique du pays, il n’évoquerait pas plutôt les difficultés du CHP dont la ligne est décidément de plus en plus périlleuse et de plus en plus difficile à suivre.

JM




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Source/Lien : OVIPOT



   
 
   
 
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