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Azerbaïdjan : le pogrom anti arménien de Soumgaït
Publié le : 26-02-2010

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Il y a 22 ans, les 27, 28 et 29 février 1988, en réponse aux manifestations pacifiques qui se déroulaient à Erevan et à Stepanakert, et qui avaient pour revendication le « transfert de la région autonome du Haut-Karabagh de la République Soviétique d’Azerbaïdjan à la République Soviétique Socialiste d’Arménie », la population arménienne de la ville de Soumgaït en Azerbaïdjan a été victime de pogroms de la part des milices azéries, avec la complicité criminelle des autorités azerbaïdjanaises de l’époque et dans une atmosphère d’hystérie anti arménienne qui a embrasé tout l’Azerbaïdjan. Le Collectif VAN diffuse le communiqué de la Représentation de la République d'Artsakh en France, suivis d’autres informations sur ces massacres oubliés.


Communiqué de la Représentation de la République d'Artsakh en France


Les 27, 28 et 29 février 1988, en réponse aux manifestations pacifiques qui se déroulaient à Erevan et à Stepanakert, avec comme revendication le « transfert de la région autonome du Haut-Karabagh de la République Soviétique d’Azerbaïdjan à la République Soviétique Socialiste d’Arménie », la population arménienne de la ville de Soumgaït fut victime de pogroms de la part des milices azéries, avec la complicité criminelle des autorités azerbaïdjanaises de l’époque et dans une atmosphère d’hystérie anti arménienne qui embrasait tout l’Azerbaïdjan.

Monstrueux crime contre l’humanité, les massacres des Arméniens de Soumgaït feront dire aux intellectuels soviétiques épouvantés : « depuis les atrocités staliniennes, il ne s’est rien passé dans notre pays qui nous ait rejetés aussi loin en arrière, de la civilisation à la sauvagerie ».

L’indifférence générale des autorités soviétiques et de la communauté internationale face à ce crime a conduit à un véritable nettoyage ethnique à Gandzak (Kirovabad), à Bakou et à Chahoumian, où l’élimination totale de la population arménienne n’a été évitée que grâce au mouvement d’autodéfense du peuple du Haut-Karabagh, dont la victoire sur le champ de bataille a permis la signature d’un cessez-le-feu en mai 1994.

Il est déplorable de constater toutefois que Bakou officiel persiste dans sa propagande anti arménienne et ne cesse de mettre en avant la solution militaire pour régler le conflit du Karabagh. Loin de s’engager sur la voie de la réconciliation et encore moins sur celle du repentir, les autorités azéries sont allées jusqu’à élever au rang des héros les auteurs de la barbarie anti arménienne.

Aussi, afin de faire face à cette propagande, afin de rappeler au monde le caractère abject et immoral des événements de Soumgaït et ceux qui les ont suivis et garder vivante la mémoire des victimes innocentes de ces événements tragiques pour l’ensemble de l’humanité, la Représentation du Haut-Karabagh, avec le soutien de l’Ambassade d’Arménie, appelle toutes les organisations arméniennes de France à commémorer la date du 28 février par diverses manifestations publiques, publications dans la presse locale et nationale, émissions radio et autres actions commémoratives, et aux Eglises Arméniennes de France à célébrer des messes et des cultes à travers la France, en hommage aux victimes.

Bien entendu, la Représentation du Haut-Karabagh demeure à l’entière disposition des éventuels initiateurs de ces manifestations pour leur fournir la documentation nécessaire sous forme de posters, films documentaires, photographies ou archives d’articles et de reportages.

Représentation de la République d'Artsakh en France
10, rue Degas 75016 Paris
Tél : 01 53 75 17 40
Fax : 01 53 75 17 41
Courriel : eurnkr@aol.com
Web : www.haut-karabagh.com

Nota CVAN : Le tableau atroce de la sauvagerie des pogroms de Soumgaït, avait été présenté d'après les récits des survivants dans le livre "LA TRAGEDIE DE SOUMGAIT" paru en 1991 au Seuil, présenté par Bernard Kouchner, actuel ministre des Affaires étrangères de la France, et préfacé par Elena Bonner, la veuve du scientifique Andreï Sakharov.

Rappel des faits :

SOUMGAÏT


Les événements tragiques qui eurent lieu dans la ville azerbaïdjanaise de Soumgaït furent précédés d'une vague de manifestations anti-arméniennes et de rassemblements à travers tout l'Azerbaïdjan en février 1988. Les pogroms, et massacres des Arméniens de Soumgaït eurent lieu en plein jour.

Les crimes commis par les autorités azerbaïdjanaises atteignirent leur paroxysme entre les 27 et 29 février 1988. La quasi-totalité de la ville se transforma en arène des massacres impunis de la population arménienne. Des pogroms firent irruption dans les appartements des Arméniens avec à la main la liste des habitant arméniens qu'ils avaient établi préalablement. Ils étaient armés de barres de fer et de pierres.

Des haches, des couteaux, des bouteilles et des bidons de combustible furent également employés. Selon de nombreux témoins, environ 50 à 80 personnes participaient à la mise à sac d'un seul appartement. Des foules similaires répandaient la terreur dans les rues. Des centaines de personnes innocentes furent blessées à divers degrés et devinrent invalides. Plus de 200 appartements furent saccagés, de nombreuses voitures furent détruites et brûlées, des dizaines d'ateliers, de magasins et de kiosques mis à sac. Les pogroms se soldèrent par des milliers de réfugiés.

Il n'y a pas d'autre terme pour qualifier les pogroms anti-arméniens de Soumgaït que celui de génocide organisé. Les événements tragiques qui eurent lieu à Soumgaït à la fin du mois de février 1988 n'ont jamais bénéficié d'une évaluation politique et ses organisateurs et principaux exécutants n'ont pas seulement échappé au châtiment, mais leurs noms demeurent inconnus du monde.

Toutefois, les documents, témoignages et autres faits dont on dispose permettent de tirer une conclusion claire : les pogroms ont été imaginés et mis en œuvre à un haut niveau de direction et ses principaux organisateurs et exécutants étaient les dirigeants de l'Azerbaïdjan soviétique de l'époque et étaient liés à divers cercles nationalistes pro-turcs. Cette idée fut émise dans le magazine moscovite Znamya (n 6, 1989) par George Soros, personnalité très renseignée, qui était d'accord sur le fait que les premiers pogroms anti-arméniens en Azerbaïdjan avaient été inspirés par la mafia locale dirigée par l'ex président d'Azerbaïdjan, Heydar Aliev.

Un témoin azerbaïdjanais, S. Gouliev, rapporte la réaction des autorités : « Près des fenêtres d'un commissariat un homme se faisait passer à tabac. La police a livré la ville à la destruction. La police n'était pas en ville. Je ne l'ai pas vue. »

« La police savait tout » affirme le témoin D. Zarbaliev, fils du responsable des forces de l'ordre locales. Selon le témoignage d'Arsen Arakelian, il aurait téléphoné à la police plusieurs fois (les téléphones des Arméniens avaient été coupés) pour supplier d'épargner sa mère, Assia Arakelian…Elle fut brûlée et ne survécut que par miracle ; les vauriens s'en allèrent en la laissant pour morte.

Extrait du rapport du Centre des Droits de l'Homme de Moscou « Mémorial » : « Du 27 au 29 février 1988 ont eu lieu à Soumgaït, ville qui se trouve sur le territoire de l'Azerbaïdjan, près de Bakou, des pogroms anti-arméniens accompagnés de violence massive, de pillages et de massacres se traduisant par un flux de réfugiés en provenance de Soumgaït vers Stépanakert et l'Arménie. Aucune enquête sur les circonstances des pogroms pour les punir les coupables n'a été menée, ce qui s'est traduit par une escalade du conflit. »

A. Sakharov, qui avait été choqué par les événements de Soumgaït, écrivit : « Aucune demi-mesure, aucun discours sur l'amitié entre les peuples ne peut calmer la population arménienne. Si quelqu'un en doutait encore avant Soumgaït, après cette tragédie plus personne n'a le droit moral d'insister sur le maintien du Haut-Karabagh sous juridiction territoriale de l'Azerbaïdjan. »

Bon à savoir :

Les Azéris et leurs relations avec les Loups Gris du MHP de Turquie

Extraits de l'analyse de Stéphane Topalian
"Le meurtre de Hrant Dink : un révélateur de la nébuleuse ethno nationaliste autour et au coeur de l'État turc", parue dans le n° 6 de la Revue Arménienne des Questions Contemporaines (Août 2007) publié par l'UGAB.

"Les Loup Gris ont également été très actifs lors de l'élection à la présidence de l'Azerbaïdjan, le 4 juin 1992, d'A.Eltchibey, chef du Front populaire d'Azerbaïdjan (FPA). Ils ont participé à la guerre contre les Arméniens du Karabagh. (...)

Désoeuvrés et retranchés dans le réduit du Nakhitchevan, certains militants des Loups Gris de Turquie et d'Azerbaïdjan semblent s'être réorientés vers des activités mafieuses entrecoupées « d'opérations spéciales » pour le compte de la police et de l'armée."

"Cette information est confirmée en 2005 par l'agence de presse Mesopotamian au travers d'une interview d'un azéri réfugié en Suisse affirmant que le MHP et Veli Küçük avaient organisé au Nakhitchevan des cercles nationalistes dont les membres s'entraîneraient dans des camps militaires à « tuer des Arméniens »."

Derniers développements 2008 : les membres du gang Ergenekon (récemment arrêtés en Turquie) et en particulier Veli Kuçuk seraient liés au clan des Azéris du Nakhitchevan ("Naxçývan" en azéri), c'est-à-dire le clan d'Abulfaz Elchibey.

2009 : campagne de propagande anti-arménienne

En 2009, lors des commémorations du 21e anniversaire des pogroms de Soumgaït, l'Azerbaïdjan avait lancé une nouvelle campagne de propagande anti-arménienne, s'appuyant sur des événements postérieurs survenus les 25-26 février 1992, dans la localité de Khodjalou.

Cette campagne de désinformation, devenue récurrente, s'appuie sur la manipulation d'une photo diffusée sur le site Internet de la Fondation Haïdar Aliev, montrant des corps de civils, sur fond d'une zone de peuplement en arrière plan, photo censée confirmer la version de Bakou sur les meurtres massifs d'Azéris, à Khodjalou, par les forces arméniennes.

Il s'agirait en réalité d'une photo prise au Kosovo que l'on peut d'ailleurs trouver sur bien d'autres sites Internet serbes, albanais, allemands ou encore sur celui du célèbre journal New York Times.

Les événements de Khodjalou avaient comme objectif le désenclavement de l'unique aéroport de la République du Karabagh (à population arménienne) situé près de la localité de Khodjalou.. De nombreux témoignages, y compris les pouvoirs azéris et en particulier le président de l'époque Ayaz Moutalibov, avaient confirmé que les forces arméniennes avaient ouvert un corridor humanitaire pour l'évacuation des civils azéris dont le déplacement aurait été entravé par les soldats azéris eux-mêmes. Le Président azéri de l'époque, Moutalibov, avait attribué cet acte à l'opposition de son pays, cherchant, selon lui, à l'éliminer du pouvoir.

Les incidents de Khodjalou sont manipulés à des fins de propagande par le pouvoir azerbaïdjanais pour nier les progroms de Soumaït de 1988 ainsi que le génocide arménien commis par la Turquie (alliée actuelle de l'Azerbaïdjan) en 1915.


(D'après la Lettre de la Représentation du Haut-Karabagh en France).


Lire aussi:

Le procès des crimes de Soumgaït (Février 1988)

Après Soumgait et Kirovabad

Azerbaïdjan: nouvelle campagne de propagande anti-arménienne

Arménie : La longue marche

Sumgait February 27-29 1988

Ethnic Cleansing in Azerbaijan

Sumgait pogrom

Black January of 1990 in Baku. Anti-Armenian pogroms and massacre

Incomplete list of innocent victims of Sumgait

Les réfugiés et l'action humanitaire en Transcaucasie post-soviétique




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