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Turquie : renouer avec les Justes turcs
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - LÂ’historien turc Taner Akçam, adresse dans le journal turc Taraf, une lettre ouverte au Premier ministre turc et à Bülent Arınç, vice-Premier ministre de Turquie. Taner Akçam est le premier historien turc à s’être courageusement attaqué au tabou du génocide arménien qui hante la société turque. Son ouvrage « Un acte honteux. Le génocide arménien et la question de la responsabilité turque » a été publié en français aux éditions Denoël en 2008. Souvent menacé de mort, lÂ’historien turc qui vit aux Etats-Unis, signe ici un appel fort à lÂ’Etat turc, afin que celui-ci rompe avec la politique négationniste qui perdure en Turquie depuis 95 ans, et quÂ’il renoue avec les Justes Turcs et musulmans, qui, en 1915, ont sauvé des familles arméniennes au péril de leur vie. Ceux-là même qui criaient à l’époque : « « Il nÂ’y a pas de place dans le Coran pour le meurtre d'innocents ! » QuÂ’il nous soit permis ici de noter quand même avec étonnement, lÂ’optimisme de Taner Akçam concernant la fin de « 95 ans de politique mensongère de l’État à propos des Kurdes ». NÂ’en déplaise à lÂ’historien turc, Erdogan est loin dÂ’avoir résolu le problème kurde. Il y a actuellement, environ 4000 enfants kurdes de moins de 18 ans détenus dans les prisons turques, parfois avec des adultes, parfois depuis plus dÂ’un an, en vertu de la loi anti-terroriste. Ils sont ramassés dans les rues, et pas seulement celles de lÂ’Est anatolien, pour être soumis aux tortures, et aux interrogatoires musclés. La récente répression envers les députés kurdes du DTP nÂ’est pas pour nous rassurer sur la volonté de lÂ’AKP et du Premier ministre turc de résoudre pacifiquement la question kurde.


Légende photo: Bülent Arınç, vice-Premier ministre de Turquie

Taner Akçam

Lettre ouverte au Premier ministre et à Bülent Arınç


Publié par Taraf
Samedi 13 mars 2010

Il y a une chose que j’ai du mal à comprendre. Vous, qui avez mis fin à 95 ans de politique mensongère de l’État à propos des Kurdes : "Il n’y a pas de Kurdes, ce sont juste des Turcs qui errent dans les montagnes" ; vous qui avez supprimé la tutelle de l'armée sur la politique, cette même armée qui, depuis le début de cette République, a décidé de qui a vécu et de qui est mort et qui a initié des coups [d’Etat] pour un oui ou pour un non. Comment se fait-il que vous, qui avez effectué de telles percées importantes dans cette démocratie, puissiez persister à poursuivre 95 ans de politique négationniste quand il s’agit de 1915 ?

Nous avons tous cru, lorsque vous avez signé ces protocoles avec l'Arménie en octobre 2009, que les 95 ans de mensonge concernant 1915 allaient prendre fin, comme ce fut le cas pour la question kurde. Se pourrait-il que lorsque vous avez signé ces protocoles, vous pensiez obtenir une solution perpétuant 95 ans de politique négationniste ? Cela ne semble pas possible.

Auriez-vous pu trouver une solution au problème kurde en continuant à dire :"Il n'y a pas de Kurdes, ce sont juste des Turcs qui errent dans les montagnes" ? Si vous étiez restés loyaux à la logique des méthodes de l’Armée pour résoudre un problème quand il s’agit des Kurdes, qui ont été assimilés à des organisations terroristes, traitant les Kurdes de "clous" et elle-même de "marteau", auriez-vous trouvé une sortie à cette impasse ?

Eh bien, il semble que vous pensez sérieusement trouver une solution au problème arménien en continuant le mensonge vieux de 95 ans. Quiconque s'oppose à cette opinion sur la question arménienne est "le clou" et vous "le marteau"… essayant d’intimider les États-Unis, prenant des airs de brute… Est-ce ainsi que vous allez supprimer une gangrène de 95 ans ? M. le Premier Ministre et M. Arinç, si le problème avait pu être résolu de cette façon, ne pensez-vous pas que cela aurait été fait depuis longtemps ? Zut, qui a besoin de vous… Sükrü Elekdag l'aurait résolu ; Veli Küçük aurait trouvé une solution claire… n’est-ce pas ?

Alors, que se passera-t-il demain si Obama décide de vous prendre au mot et vous rend la monnaie de votre pièce ? Que se passera-t-il s’il fait une déclaration disant : « Vous voulez me bâillonner ou me faire dire un mensonge en me menaçant ! Vous essayez de m’obliger à nier ce que je pense être vrai, avec des menaces ! Honte à vous ! N’êtes-vous pas un tant soit peu gênés de me menacer ainsi ? Je ne vais plus mentir… Je vais dire ce que je pense au sujet de 1915. C’était un génocide”. » Qu’allez-vous faire alors ?

Lorsque les protocoles ont été signés en Suisse, nous avons cru que cela marquerait la fin de 95 ans dÂ’une politique de mensonges et sonnerait le glas de l’époque des Gündüz Aktan, ŞÃ¼krü Elekdağ et Yusuf Halaçoğlu. Non seulement la frontière devait être rouverte, mais des commissions vouées à faire des recommandations sur la manière de résoudre les questions historiques devaient être mises en place. Il est probable que pendant sa médiation pour l'accord, la Suisse ait essayé de convaincre tant vous-mêmes que l'Arménie en vous citant "la Commission Bergier" qu'elle avait établie en 1996, comme un exemple de "Commission Indépendante dÂ’Experts".

Cette commission avait été formée pour faire des recherches sur le rôle que la Suisse avait joué dans l'holocauste juif. Après cinq ans de travail, elle a présenté en 2001 un rapport final, mais pendant ces cinq ans, 25 articles de recherches ont été publiés, couvrant presque 11 000 pages d'informations.

Cependant, il existe un fait encore plus important que cela. Un an avant que la commission n'ait été formée, en 1995, le gouvernement suisse a fait des excuses à tous les juifs du monde pour sa politique menée pendant la Seconde Guerre mondiale. En réalité, la commission a été formée suite à cette excuse. Il est impossible que vous n’ayez pas su que l'une des conditions pour l'établissement de la commission était de s’excuser auprès des juifs. Même si la Suisse ne vous l'avait pas mentionné, c'était de notoriété publique et nous avons cru que vous aviez signé les protocoles sachant cela, annonçant le début d’un changement de 95 ans de politique négationniste.

"Une excuse auprès des Arméniens est proche", avons-nous donc pensé. Apparemment ce n'était pas le cas ; au lieu de cela, on a eu droit à une bonne dose "d’impénétrabilité orientale." Vous alliez poursuivre 95 ans de politique négationniste tout en fabriquant une solution aux problèmes qui ont infesté notre relation avec l'Arménie. C'est difficile à croire, mais c’est ce qui ressort de tout ce que vous avez fait jusqu’à présent.

M. le Premier ministre et M. Arinç, je vous demande de classer cette information dans un coin de vos cerveaux : vous ne résoudrez jamais le problème de 1915 en répétant un mensonge rabâché pendant 95 ans. Si le problème avait pu être résolu en rabâchant, ceux qui vous ont précédés, et qui étaient bien plus bruyants, l'auraient fait. On a marqué d’une tache noire le front de la nation turque en 1915. Ceux qui l’ont fait étaient les meurtriers unionistes. Si vous n'identifiez pas cette tache et si vous ne mettez pas une certaine distance entre vous et ceux qui ont marqué de noir le front de la nation turque, vous ne pourrez pas prendre une seule mesure sur cette question. Ne vous donnez même pas la peine d’essayer.

M. le Premier ministre, vous avez qualifié ce qu’il s’est passé à Dersim en 1938 de massacre. Il est vrai que nous ne connaissons pas le nombre exact de morts, mais vous agissez comme un tyran envers ceux qui condamnent ce qu’il s’est passé en 1915, un événement dans lequel sont impliqués 10 à 15 fois plus, au moins, d’êtres humains que ceux qui ont péri à Dersim.

En ce qui concerne les crimes de guerre commis par Israël envers les habitants de Gaza, vous avez montré votre déplaisir et vous avez fait entendre votre voix, vous opposant à ces crimes, ce qui était justifié. Mais lorsqu’il s’agit du sujet de 1915, un événement qui a impliqué des tueries à un niveau que l’on ne peut pas commencer à comparer aux violations des droits de l’homme à Gaza, vous avez fait des remarques absurdes telles que : « Personne ne peut me forcer à admettre que des musulmans ont commis des meurtres. Mes ancêtres n’étaient pas des meurtriers. » Ne pensez-vous pas que d’aucuns diront en écoutant cela : « De qui se moque-t-il ? »

Vous êtes ceux qui ont changé la ligne traditionnelle suivie pour la question kurde, qui se sont battus pour écarter l’armée de la vie politique. Pourquoi répétez-vous comme un perroquet les mêmes mensonges de 95 ans énoncés par cette armée et cette bureaucratie ? Laissez-moi vous donner un exemple. Vous n’avez pas pu faire de progrès sur les questions kurde et militaire en vous mettant du côté de ceux qui ont qualifié les personnes impliquées dans les événements de Semdinli comme étant l’"un de nos gars". [1] Vous n’avez pu faire de progrès qu’après de nombreuses expériences douloureuses, une fois que vous vous êtes distancés de ces "bons gars". Le sujet de 1915 n'est pas différent.

« Nos gars » sont ceux qui continuent à nier que les Arméniens ont été exterminés en 1915 ! Ce sont ceux qui forment les Comités Talat Pacha et qui organisent des réunions pour commémorer Kemal, le maire assassin de Boğazlayan. Et nÂ’oublions pas, ce sont les mêmes qui ont planifié de vous assassiner et qui ont essayé de renverser votre gouvernementÂ… Ne comprenez-vous pas que vous serez incapables de résoudre quoi que ce soit au sujet de 1915 en gardant la même position que ceux qui veulent creuser vos tombes ?

M. Premier ministre et M. Arinç, les réponses aux problèmes hérités de 1915 ne peuvent pas être trouvées dans les politiques négationnistes de Veli Küçük, Dogu Perinçek, Sükrü Elekdag et Yusuf Halaçoglu. N’y cherchez pas les réponses. Vous n'obtiendrez rien en répétant les refrains qu'ils ont chantés pendant 95 ans.

Ils sont vos adversaires sur la question de 1915, de même qu'ils le sont quand on en vient à la question kurde et la place des militaires en politique. Vous ne pouvez pas construire votre réponse sur 1915 en vous plaçant sur le même pied d’égalité que ceux qui veulent entraîner le pays dans le chaos; qui ont assassiné Hrant Dink, qui ont planifié des massacres contre des chrétiens et qui comploté des coups contre vous.

Si vous voulez apporter une réponse à 1915, vous devez chercher cette réponse ailleurs que dans les réponses données par Ergenekon ou par ceux qui ont comploté les coups. Pour cela, vous devriez suivre vos racines musulmanes en Anatolie, celles qui ont un pris un essor parallèlement à votre parti et regarder de plus près ce que ces racines ont fait en 1915.

M. Arinç, ces mots sont pour vous. Vous avez été irrité à juste titre par la façon dont les femmes du CHP ont déchiré le voile musulman [2] à Mersin. Comprenez-vous cependant, qu'avec la position que vous vous avez prise, vous avez déchiré le tissu profond de l'Islam anatolien, brisé en morceaux l'héritage culturel des musulmans anatoliens qui peuvent marcher la tête haute pour défier bravement les meurtres de 1915 ?

Savez-vous que lorsque les gangs des Unionistes assassinaient des Arméniens en 1915, ceux qui ont mené le plus grand combat, qui les ont le plus défiés, étaient les musulmans de l'Anatolie ? Aviez-vous la moindre idée du fait que c'était la communauté musulmane de Kastamonu qui s’est rendue au bureau du Gouverneur pour dire : "Nous n’acceptons pas que nos voisins soient assassinés" ?

Ou que ce c'étaient les musulmans de Yozgat qui se sont opposés au Tueur Kemal de Bogazlayan en hurlant « Il n’y a pas de place dans le Coran pour le meurtre d'innocents ! » ? N'avez-vous jamais entendu parler du rôle important joué dans la pendaison du Tueur Kemal, selon le témoignage écrit du Grand Muphti de Bogazlayan, d’Abdullahzade Mehmed ? Savez-vous qu’en s’opposant aux meurtres commis par le Tueur Kemal, ce Mufti musulman a dit "Allah est au-dessus de nous tous. Je crains sa colère" ? M. Arinç, êtes-vous conscients de l'ordre donné par le Commandant Kamil Pasha de la Troisième Armée, en 1915 ?

Il a déclaré : « Quiconque tentera de cacher des Arméniens chez lui sera exécuté devant sa porte d'entrée et sa maison sera entièrement brûlée. » Malgré cet ordre, savez-vous que Haji Halil, un musulman d'Ourfa, a caché une famille arménienne de huit personnes dans le grenier de sa maison, située dans le marché d'Ourfa, pendant toute une année, malgré les menaces de mort et de destruction de sa maison ? Allez en Anatolie orientale et demandez aux membres du Parlement de votre propre parti. Ils vous raconteront des douzaines, des centaines d'histoires similaires.

Je n’ai pas besoin d’expliquer que lorsque les Unionistes massacraient les Arméniens en Anatolie, de pieux musulmans s’opposaient à ce qui arrivait et disaient que le meurtre d'innocents n'a aucune place dans le Coran. Quelle que soit la conférence à laquelle j’assiste et à chaque fois que je parle avec des Arméniens, ils me disent : « Si nous sommes vivants aujourd'hui, c’est sans aucun doute grâce à l'aide de quelques musulmans. » Mais ils ajoutent aussi : « A cause de la politique négationniste de votre gouvernement, nous ne pouvons pas en parler ouvertement. »

M. Arinç, vous ne pouvez pas construire un avenir en vous appuyant sur des meurtriers. Vous pouvez construire un avenir en vous appuyant sur ces musulmans justes en Anatolie qui ont défié les meurtriers. De la même manière que vous ne pouvez pas résoudre des problèmes d'aujourd'hui en soutenant les meurtriers de Hrant, les "Samast" et "Veli Küçük", vous n'obtiendrez rien en soutenant des meurtriers des Hrant du passé.

Les réponses à 1915 ne peuvent pas être trouvées dans les réponses de Dogu Perinçek ou de Veli Küçük. Ils sont les membres du gang Ergenekon qui a tué Hrant Dink ; il est naturel qu'ils défendent les meurtriers des Hrant du passé. Laissez les "Veli Küçük" défendre le meurtrier Samast d'aujourd'hui et les meurtriers Talat, Enver et Kemal d'hier. Votre place n'est pas aux côtés de Veli Küçük. Votre devoir est d'être aux côtés des "Haji Halil", de soutenir ces musulmans qui ont pris des risques pour eux-mêmes et leurs familles en s'opposant aux massacres.

J’aimerais que vous reconnaissiez encore une chose. D’un point de vue international, à cause des 95 ans de politique négationniste et de la défense de meurtriers, il y a une deuxième tache sur le front de la turcité et de l'Islam, à côté de celle créée en raison de 1915. À cause de la politique suivie par Sükrü Elekdag et Veli Küçük, les Turcs sont perçus comme les gens qui aiment assassiner et qui défendent les meurtres.

Nous devons sauver la turcité et l'Islam des Talat et Enver d'hier et des Samast d'aujourd'hui et ne pas permettre à Elekdag et Küçük de la définir. Le fait d'être turc et l'Islam sont des identités qui sont bien trop honorables pour être abandonnées aux mains des meurtriers et de leurs défenseurs. J'ai un ami arménien et il m'a dit : « Jusqu'à hier, lorsque j’entendais parler turc, je ressentais une haine pour cette langue. Je l’appelais la langue de mon ennemi. Mais depuis que je te connais, j'ai commencé à dire que c'est la sonorité de mon ami, un Turc. »

Nous avons besoin du cri honnête et honorable de la turcité et de l'Islam. Laissez Dogu Perinçek, Veli Küçük et ceux qui ont planifié votre assassinat défendre les meurtriers d'hier et d’aujourd'hui. Vous devez voir à présent que ceux qui ont défendu Talat, Enver et Dr Nazim dans le passé sont les mêmes personnes que celles qui défendent Ogün Samast aujourd'hui.

Si nous pouvons marcher avec un tant soit peu de respect de soi-même et la tête haute aujourd'hui, c'est parce que nous pouvons désigner le tueur de Hrant et le qualifier de ce qu’il est. Vous devez comprendre qu'une fois que nous reconnaitrons les meurtriers des Hrant de 1915, nous marcherons la tête haute, et avec un respect de soi qui restera intact. Nazim Hikmet a les meilleurs mots pour décrire ce qu’il faut faire en ce qui concerne 1915. Je voudrais conclure cette lettre avec lui.

Les lumières de l'épicier Garabed sont allumées

Il n'a pas pardonné, ce citoyen arménien,

La façon dont son père a été massacré dans les montagnes kurdes

Mais il vous aime, parce que vous n'avez pas pardonné non plus

La marque qui a été imprimée sur le front du peuple turc

M. le Premier Ministre, je sais que vous aimez lire de la poésie. Les Turcs et les musulmans du Moyen-Orient veulent vous entendre réciter ces vers !

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[1] Ceci fait référence à un incident dans lequel une librairie d’une ville kurde a été bombardée. Les officiers de l’armée turque ont été soupçonnés d’avoir planifié et/ou exécuté cet acte. Le chef de l’état-major a été cité disant que les officiers étaient “nos bons gars”.
[2] Ceci fait référence à un incident lors de la “Journée international des femmes” : des femmes membres du CHP (Parti républicain du peuple) ont déchiré le voile d’une femme musulmane.

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN – 22 mars 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org






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Source/Lien : 7th Rangers Articles



   
 
   
 
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