Aujourd'hui : Samedi, 21 septembre 2019
 Veille Media Contact



 
 
 
 

 
 
 
Dossier du Collectif VAN - #FreeOsmanKavala ! Liberté pour #OsmanKavala !
PHDN
Rejoignez le Collectif VAN sur Facebook
Cliquez pour accéder au site Imprescriptible : base documentaire sur le génocide arménien
Observatoire du NĂ©gationnisme
xocali.net : La vérité sur Khojali !
Cliquez ici !

Imprimer dans une nouvelle fenętre !  Envoyer cette page ŕ votre ami-e !
 
Maraghar : 18 ans après, des massacres oubliés
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - 18 ans ont passé. Mais qui se souvient des massacres de Maraghar ? Maraghar était l’un des plus grands villages arméniens du Nagorno-Karabakh. Le 10 avril 1992, les forces de l’armée azérie ont envahi le village et massacré la population en la soumettant à des actes de barbarie. Les scènes d’horreur décrites dans les témoignages que le Collectif VAN a fait traduire ici, hanteront longtemps les survivants de Maraghar, village qui est toujours, à l’heure actuelle, sous contrôle azéri : « Je frissonne d'horreur quand je me souviens de ces jours épouvantables ; comment nous nous sommes enfuis... en rangs, comme dans les films sur les massacres de 1915. Exactement les mêmes images que le génocide : les gens debout en rangs sur leur chemin pour échapper à la mort. » [Nota CVAN : le village est nommé Maraghar ou Maragha suivant les sources.]

Maraghar. Le nom vous dit à peine quelque chose, bien que vous ayez eu l’occasion d'entendre le nom de "Nagorno-Karabakh" de façon récurrente depuis 1988. Maraghar était l’un des plus grands villages du Nagorno-Karabakh. Il ÉTAIT, parce que le 10 avril 1992, la force azérie "Omon" a envahi le village et y a mis le feu, brûlant et torturant sa population paisible, certains ont été pris en otage et ne sont jamais revenus ! Tandis que ceux qui ont survécu ont laissé leurs affaires derrière eux et se sont éparpillés dans le monde entier. Aujourd'hui, Maraghar reste toujours sous contrôle azéri. Ce Projet, qui vous est présenté, est une tentative pour montrer l'histoire réelle de Maraghar, espérant qu'avec notre lutte unifiée nous ne laisserons jamais de telles tragédies se reproduire.

TĂ©moignages

Vladik Avagyan:
mon nom est Vladik Avagyan.

Commandant adjoint de la brigade de Maraghar : pouvez-vous nous dire, s'il vous plaît, ce qui est arrivé dans le village de Maraghar ?

Je vais vous dire en quelques mots ce qui est arrivé à Maraghar à 5h30 le 10 avril 1992. Le 10 avril à 5h30 une lourde canonnade contre notre village a commencé... Ils tiraient de différents types de chars : les chars "grad" et les blindés....

Tous les membres des détachements dans les tranchées ont participé à la défense du village, se battant ainsi jusqu'à midi, c'est-à-dire pendant environ 6 heures. Alors, nous avons réalisé l'inégalité des forces : ils avaient environ 20 chars, tandis que nous avions seulement un VFI [Véhicule de Forces d'Intervention], il était impossible de résister à l'ennemi avec cela. Nous avons demandé l'aide du centre, ce qui était un peu tard. Quand nos forces sont venues à notre aide, c'était trop tard, parce que les Azéris avaient déjà envahi le village. Nos forces ont dû partir car il était impossible de défendre le village avec 150 hommes seulement. Mais bientôt les brigades d'aide du centre ont réorganisé leurs forces et ont repoussé l’ennemi en 4 ou 5 heures. Je pense que si les Azéris avaient attaqué seuls, je veux dire avec seulement leur propre infanterie et leurs chars, ils n’auraient pas pu envahir le village.

Tous les commandants des chars étaient des officiers russes et les blindés ont sans aucun doute été envoyés par eux. Ainsi, nous avons vu un officier russe regarder en-dehors de son char : il a confondu nos gars arméniens avec des "oignons" [Nota CVAN : « sokh » en arménien, nom donné par les Arméniens aux Russes] et a crié en russe "Rebiata, idite syuda, les gars, venez ici!" Dès qu'il s'est rendu compte qu’ils étaient Arméniens - puisqu’ils ont immédiatement ouvert le feu -, il a dit aux Azéris : "Vet armyane, strelyayte!" - Ce sont des Arméniens, tirez dessus -. Donc, cela prouve que le VSFI [Véhicule Spécial de Forces d'Intervention] était rempli d'officiers russes. Les chars ont afflué, suivis par "les oignons" et les groupes de pilleurs avec des pick-up. Ils étaient sans pitié ; ils abattaient tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin - des hommes âgés, des enfants et des femmes. Nous avons tout vu. Ils ont taillé des enfants en quartiers, ils en ont pris d’autres en captivité...

Je n'ai jamais vu de telles atrocités semblables à celles qu’ils ont commises... Bien sûr, nous avons entendu parler de choses similaires dans les journaux etc. Mais c'était la première fois, que je voyais des gens décapités et les têtes jetées tellement loin de leurs corps..., des yeux arrachés, des nez et des oreilles coupés... Tout ceci s’est déroulé devant nos yeux. Les maisons ont été entièrement pillées ; ils prenaient tout qu'ils voyaient. Ils ont pris le bétail, y compris 500 têtes de bétail de la ferme. Ils ont pris tous les animaux domestiques, même des lapins. Ils ont pillé ma propre propriété aussi. 70% des maisons de village ont été pillées et brûlées. Je ne sais pas pourquoi, mais après tout, nous nous défendons toujours. Il n'y a cependant personne ici, je pense, pour défendre le village.

Des mesures cruciales doivent être prises. Je ne sais pas qui devrait le faire. Nous avons besoin d'obus et d'équipement militaire. Je veux dire que nous avons besoin de VFI pour se défendre contre les VFI et pas seulement d’armes. Si l'aide devait venir, nous protégerions, peut-être pas les maisons, mais au moins notre patrie qui resterait arménienne. Je demande juste au gouvernement d'Arménie, aux autorités Karabakhtsi locales et aux autorités militaires de notre région de traiter cette question très sérieusement. La même situation peut tout à fait se reproduire n'importe quand maintenant. Nous devons l'empêcher. C'est de la folie de permettre que la patrie soit abandonnée.

Vazgen Baghdassarian (RĂ©sident de Maraghar)

"Des corps tailladés et défigurés, des douzaines de victimes innocentes ... ils étaient mes parents, amis et voisins. Ils étaient ceux avec qui j'ai grandi à Maraghar. Borik Vardanian... Il était responsable de la distribution d'eau pendant les travaux d'irrigation à Maraghar et dans les terres azéries voisines. Les Azéris lui ont coupé la tête et l'ont prise avec eux. Ils ont écrit les mots suivants sur son corps: "En distribuant l'eau, vous luttiez pour la justice et maintenant vous avez obtenu ce que vous méritiez".

La mère de Borik, Parandzem âgée de 80 ans et sa femme Zara ont été prises en otages. Aliosha Osipian, sa femme Raya et sa mère Ersela ont été découpés ainsi que la famille de Rima Vardanian (elle et son fils de 26 ans, Karo) qui ont été cruellement assassinés. Pendant plusieurs années Nora Stepanian a dû rester couchée. Les Azéris lui ont brisé la tête (en fait, elle avait 70 ans).

Shura Babayan, âgé de 52 ans, a été tué et sa femme Varja a été brûlée. Leur fille, Laura de 25 ans a été tuée avec sa belle-mère Lena, tandis que ses fils de 4 et 6 ans Mher et Gevorg ont été emmenés en otages. Gurgen Barseghian a été tué dans sa propre maison et sa femme dans la cave. Ruben et Amasia Hakobian ont été aussi assassinés. Izabela Bairamian, âgée de 66 ans, est morte écrasée sous les roues d'un char. Seriozha Badalian a été découpé en morceaux et sa femme Assya a été tuée. Edik Badalian et sa femme Ofelia ont été soumis à la torture à un point tel que plus tard leur fille pouvait à peine reconnaître leurs cadavres. Leur fils de 28 ans, Sassun, a été pris en otage puis ensuite tué. Les Azéris connaissaient très bien Hamo Arakelian : pendant plusieurs années il avait réparé le matériel agricole des Azéris à Mirbashir. Cependant, cela ne l’a pas aidé : il a été décapité.

Lena Barseghian:

"Ma voisine de 70 ans, Vardanush, et moi-même nous nous sommes cachées au sous-sol. Les Azéris ont commencé à tirer sur la porte fermée du sous-sol. Nous avons été blessées et nous étions terrifiées. Alors, nous avons commencé à crier. Les Azéris sont entrés dans le sous-sol, ils nous ont battues et nous ont emmenées. Perdant beaucoup de sang, Vardanush est tombée et elle a perdu connaissance. À ce moment-là un char est apparu et l’a écrasée, laissant une scène sanglante derrière lui. Je ne peux que trembler en me rappelant ces événements. Avec d'autres, j'ai été forcée d'enlever mes vêtements et on nous a emmenées à Mirbashir. Là, le pouvoir était aux mains du chef adjoint de la milice. Il nous a vendues à d'autres Azéris.

D'abord j'ai été emmenée à Mingechaur, et de là à Kirovabad et ensuite à Bakou. Nous avons été traitées comme si nous étions des choses, vendues à n’importe qui. Il est dur de dire ce que nous avons subi pendant ces jours-là. Grâce aux efforts de mon fils Valter (il a payé environ trois millions de roubles pour moi) j'ai été libérée en échange d'un soldat de l’OMON. Zhenja Isahac Gazarian :"Parmi les otages, il y avait Razmik Ervand Movsissian et sa femme Sucia Suren Movsissian. Le directeur adjoint de la prison de Mirlxislnr les a traités comme s'ils étaient des chiens. Ils ne les ont pas laissés se lever ou parler. Ils ont été enchaînés et n'ont reçu aucune nourriture. Quelque temps plus tard, Sveta a été tuée et son mari, qui avait complètement perdu sa dignité humaine à ce moment-là, a été nourri de sa chair. Ensuite, il a aussi été assassiné.

APPENDICE

APPEL

Au Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies

A qui de droit

Le 10 avril 1992 l’armée azérie a envahi le village de

Maraghar dans la région de Mardakert au Nagorno-Karabakh


Pendant l’offensive 49 personnes ont été prises en otage et 51 ont été massacrées.

Ma parenté comprenait:

Père - Hambartsoumian Yasha Avancsovich, 1928

Frère -- Hambartsoumian Karo Yashayevich, 1959

Cousins -- Badalian Sassoun Edicovich, 1964, et Avagian Kamo Aleksandrovtch 1963, ont aussi été pris en otage.

Je ne sais toujours pas ce qu’il leur est arrivé. Que quelqu’un m’informe de leur destin. Chaque homme a le droit de vivre et le droit à l’auto-détermination.
Sur les 49 personnes otages 18 ont été échangées dont 4 enfants âgés de 1, 5 et 6 ans
Signature: Hambartsoumian Vagif Yashayevich
Date: 22/07/96

Traduit en anglais par Emil Sahakian

©Traduction en français C.Gardon pour le Collectif VAN – 9 avril 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org

Mileta Gabrielyan:

Le 10 avril à 6h00 les Azéris ont ouvert le feu dans le village. A 3h00 nous avons vu les villageois de Maraghar : l’un avec un enfant dans les bras, un autre avec ses affaires, le troisième avec une vieille mère ou un père sur ses épaules, s'enfuyant. Nous avons pris notre fille de 2 ans sur les épaules et nous nous sommes échappés à Levonarkh.

Ils ont coupé le nez et les oreilles du beau-fils de l'oncle de mon mari... ils l'ont alors emmené hors de la maison et ils sont partis... Ils ont tué mon beau-frère aussi. Les forces de défense ont décidé d'entrer au village pour le libérer, mais ils ne savaient pas que les Azéris étaient toujours là. Mon beau-frère les a avertis : 'Ce sont des Azéris, retournez, partez !" Nos forces ont reculé pour se préparer à une autre attaque de défense. Les Azéris ont tué mon beau-frère ; ils l'ont jeté sous un char. Nous n’avons même pas pu l’enterrer dans un cercueil, nous avons juste creusé un trou et nous l’avons allongé comme il était. De Hasanghaya, nous sommes allés à Levonarkh, de Levonarkh à Magavouz, et ensuite vers Mets Shen, Haterk et Stepanakert, Arménie.

Pendant cette période, mon mari a été blessé et emmené à l'hôpital où il est décédé. Notre fils est retourné à Maraghar avec nos forces de défense. Le 15 août, il a été tué dans la défense du village de Mets Shen. Je frissonne d'horreur quand je me souviens de ces jours épouvantables ; comment nous nous sommes enfuis... en rangs, comme dans les films sur les massacres de 1915. Exactement les mêmes images que le génocide : les gens debout en rangs sur leur chemin pour échapper à la mort.

Alaverdyan Gavrush:

Nous sommes restés dans notre village, nous ne nous sommes pas échappés, on en a entendu parler trop tard. Ils ont pris ma femme et mon fils et les ont tués dans le centre du village à 10h ou 11h. Le matin suivant, nos forces sont venues pour soutenir Maraghar à temps, elles ont rejeté l’ennemi, sont allées au village de Hasandagha et ont demandé s'il y avait quelqu'un de Maraghar pour les informer que le village avait été libéré. Je suis revenu à pied, il y a environ 4 ou 5 km jusqu’à Maraghar et j’ai vu les gens de Maraghar massacrés et mon fils et ma femme étaient étendus morts. Nous les avons enterrés…

Barseghyan Vladik:

Les Azéris ont envahi, nous ne pouvions pas, quand je suis revenu, j'ai vu mon papa et ma maman massacrés... Ils ont même tué une femme : ils avaient attaché ses mains et ses pieds et ils l’ont jetée dans le feu de la haie du voisin. Ils ont même décapité notre voisin et ont coupé ses pieds… ils l’ont massacré vivant...

Gabrielyan Elmira:

Je travaillais à l'hôpital. En raison du bombardement, l'hôpital avait été déplacé au sous-sol. Le 10, à 5h00 du matin nous avons entendu des tirs. En route, juste avant d’arriver à Maraghar, nous avons vu un char avec son canon pointé vers les gens... Alors j'ai vu ma fille debout près du poteau (à ce moment-là elle était petite, maintenant elle a 23 ans) et je lui ai demandé, "Arminé, pourquoi tu n’es pas partie avec grand-mère ?" Et elle a dit, "Maman, je ne partirai pas sans toi."

J'ai pris la main de ma fille et nous sommes allées jusqu’à la porte du voisin et puis je me suis soudainement rappelée que mon fils était à la maison avec un voisin. J'ai demandé : "Arminé, où est Ararat ?" Elle a dit, "Maman, il est à la maison, allons-y". Nous sommes retournées à la maison, l'oncle Stepan et un voisin étaient là. J'ai dit : "Oncle Stepan, les Azéris sont entrés à Maraghar, c'est fini." L'oncle Stepan a pris son manteau et il est sorti. Et tandis que mon fils mettait ses chaussures, les Azéris sont arrivés à la maison de l'autre voisin. Nous sommes passés par les maisons et nous nous sommes enfuis. Alors que nous courions, j'ai été frappée dans le dos par un éclat d'obus. Quand j'ai été frappée, j'ai crié, "Oh, je meurs, je meurs." Mes enfants pleuraient et je leur ai dit : "Arrêtez de pleurer, tout ira bien." Nous sommes arrivés à la barrière, nous sommes passés entre les barres et nous sommes partis.

Alors j'ai dit : "Aro, tu peux retirer l'éclat, il me fait mal." Je saignais et j'avais ma combinaison d’infirmière sur moi, toute blanche. Il a dit : "Maman, qu’est-ce que je dois faire ?" J'ai dit "Déchire la combinaison et mets-la sur la blessure." Il l’a fait et nous avons continué à marcher. Alors ma fille m'a demandé : "Maman, et pour papa, et mes frères ?" Je lui ai dit : "Qu’est-ce que je peux faire ? Je ne peux pas vous laisser ici et retourner au village." Nous avons atteint la grande route, près du bâtiment administratif du village. En chemin, nous avons rencontré Alik Avagimyan. Je lui ai dit : "Alik, mon cher, les Azéris sont entrés à Maraghar, où vas-tu- avec ton fusil à l’épaule ? Repars, les Azéris te tueront aussi." Il a dit : "Non, ma mère et mon père sont restés à la maison." Il m'a dit ça et il s'est mis en route. Il a marché et quelques maisons plus bas les Azéris l'ont tué.

Nous avons marché sans nous arrêter jusqu’à ce que nous arrivions à Hasanghaya. Nous avons vu que les gens avaient abandonné Hasanghaya aussi. Il y avait une femme âgée, appelée Parandzem. Elle était vendeuse dans le magasin. J'ai dit : "Tante Parandzem, que vais-je faire avec les enfants ?" Elle a dit, "N’aie pas peur, n'aie pas peur, n'aie pas peur !" J'ai dit : "Tante Parandzem, prends un couteau, s'il y a quoi que ce soit, tue mes enfants. Je ne veux pas que les Azéris les tuent." Elle a dit : "Ne t'inquiète pas. Je vais vous sortir d’ici." Quand je suis arrivée au bâtiment, j'ai vu qu’il était en feu, il brûlait. Si nous allions par là, il n'y aurait aucune sortie possible, et que ferions-nous ? "

J’ai fait des allers-retours et j'ai vu un char venir de Shahumian. Un garçon, je ne me rappelle pas de son nom, a arrêté le char et a donné du pain à mes enfants. Ils ont donné un morceau de pain à un enfant et un autre morceau à l'autre. Ils leur ont donné du fromage aussi. Nous l'avons pris et nous avons continué de marcher, il faisait déjà déjà sombre. Nous avons marché vers Maghavouz.
Le chef de la communauté de Maghavouz nous a acceptés avec bonté. Il a dit : "Ne pleure pas, ne pleure pas, tout ira bien." J'ai dit : "J'ai laissé mes enfants là-bas, comment ne pas pleurer ?" À 5h00 du matin, j'ai réveillé les enfants et je leur ai dit que nous allions à Maraghar. Quand nous sommes arrivés là, nous avons vu des corps, couchés sur la route. Le sang coulait. Je suis allée jusqu’à Maraghar et j’ai vu que le sang coulait comme une rivière ; les cadavres jonchaient le sol. Puis j'ai vu Alik, je lui avais dit de repartir, il a été abattu aussi...

J'ai continué et j’ai vu un tas près de notre maison et un de mes fils était assis dessus. Je lui ai crié : "Artak !" Il m'a dit en réponse : "Maman, ne pleure pas, nous avons enveloppé le corps de papa dans un sac en plastique, il est à l'école." Je lui ai demandé : "Où est Armen ?" Il a répondu : "Maman, ne dis rien à Armen, il pleure." Notre maison a été complètement brûlée, il n’est rien resté… Ils ont tué notre voisin et ils ont ensuite brûlé son corps. Mon beau-père a aussi été tué ; ils l'ont abattu dans sa maison, ils ont pris son cadavre et l’ont jeté. Il avait dit : "Je n'irai nulle part, je ne quitterai pas Maraghar."

"Le 10 avril suite aux opérations militaires à Agdara (région de Mardakert) quatre opérateurs de blindés (APC) ont été touchés, vingt Arméniens ont été capturés, plus de cent d'entre eux ont été tués." ("Chronique de Guerre" Bakou, "Azadlyg", le 14 avril 1992)

Traduit en anglais par Robert Gasparian.

©Traduction en français C.Gardon pour le Collectif VAN – 9 avril 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

Maraghar : Avril, le mois des génocides…

Maraghar : Caroline Cox parle du Golgotha contemporain




Retour Ă  la rubrique


Source/Lien : MARAGHA



   
 
   
 
  Collectif VAN [Vigilance Arménienne contre le Négationnisme]
BP 20083, 92133 Issy-les-Moulineaux - France
Boîte vocale : +33 1 77 62 70 77 - Email: contact@collectifvan.org
http://www.collectifvan.org