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Rétrospective Gorky : négationnisme à la Tate Gallery
Publié le : 21-04-2010

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La Tate Gallery distribue des tracts aux visiteurs de la rétrospective du peintre américain d'origine arménienne Arshile Gorky, avec un texte qui remet en cause le génocide arménien. Prétextant la non-reconnaissance du génocide par le gouvernement britannique, la Tate Gallery a réécrit les légendes de l'exposition initialement présentée à Philadelphie et avertit le public que « les événements […] de 1915 ne constituent pas un génocide selon la définition juridique ». Les 10 £ de droit d’entrée sont-elles remboursées aux visiteurs qui refusent d’encourager financièrement ce négationnisme rampant qui envahit l’espace public et culturel européen ?






























































































« Des biographes ont grandement éclairé le chaos de l’enfance de Gorky dans l’Arménie turque, précisant avec un souci du détail qui donne le frisson, l’impact du génocide perpétré par la Turquie sur sa famille, en particulier la mort de sa mère, due à la malnutrition et à la maladie, et le départ du jeune Vosdanig Adoian pour l’Amérique en 1920 (il prit le nom d’Arshile Gorky dans les années 1920). Non seulement le cas de Gorky rend tangible l’horreur de ce génocide et des autres qui continuent de façonner notre monde, mais son art demeure une force puissante pour la reconnaissance de la culture arménienne. »[1]

Cet article du Wall Street Journal faisait clairement référence au génocide auquel a échappé le peintre américain d’origine arménienne, Arshile Gorky, en 1915. L’article a été publié il y a quelques mois, à l’occasion de la rétrospective organisée dans le cadre du Philadelphia Museum of Art (USA), qui avait veillé à ce que les œuvres du peintre soient accompagnées de notices relatives à sa vie et au génocide qui l’avait marquée.

Le Sunday Times de Londres, partenaire de la prestigieuse Tate Gallery qui expose à son tour la rétrospective du Philadelphia Museum of Art du 10 février au 3 mai 2010, a fait de même.

Mais la Tate Gallery, elle, a sa vision personnelle de l’Histoire : elle a préféré mettre le génocide arménien à l’index et a émis des réserves sur les légendes initiales qui accompagnaient les œuvres de Gorky.

Ce musée de renom a, de plus, jugé bon de distribuer à tous les visiteurs de son exposition un tract édifiant, visant à minimiser et à mettre en doute – sinon à nier - le génocide, pourtant omniprésent dans la vie du peintre. Le texte litigieux est d’ailleurs également en ligne sur le site http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/arshilegorky/introduction.shtm du Musée, comme avertissement.

Un temple de la culture à leur service : les négationnistes en rêvaient ; avec la Tate, voilà qui est fait.
Car c’est quand même du jamais vu : un musée prestigieux qui distribue des flyers négationnistes aux visiteurs d’une exposition de peinture et qui met une version customisée de l’histoire en ligne sur son site officiel !

Non seulement le tract de la Tate déclare que l’emploi du mot « génocide » à propos de 1915 appelle des « réserves », mais il affirme clairement « les événements […] de 1915 ne constituent pas un génocide selon la définition juridique » . Et ce, pour la bonne raison que le « gouvernement britannique » (tiens, ne fallait-il pas pourtant laisser l’histoire aux historiens ?) « n’a pas trouvé de préméditation » au crime : autrement dit 1 500 000 Arméniens ont été victimes d’une extermination accidentelle ou spontanée.

En revanche, l’auteur utilise sans « réserves » et comme allant de soi - donc comme historiquement et juridiquement exactes - les expressions « pogroms », « événements », et « expériences tumultueuses » (sic) pour désigner ce qu’ont subi la famille d’Arshile Gorky et des centaines de milliers d’autres, jetées sur les routes de la déportation et de la mort, dans l’Empire ottoman.

Si la Tate conclut sa mise en garde en reconnaissant que les faits incriminés sont « largement considérés comme étant un génocide », cela n’efface pas l’impression désastreuse laissée par sa démarche destinée à semer le doute auprès d’un public d’amateurs d’art, pas nécessairement férus d’histoire, ni au courant des efforts colossaux faits par la Turquie pour nier son passé. C’est là l’une des techniques habituelles des négationnistes chevronnés. De là à conclure que la Tate Modern a été inspirée par les réseaux nationalistes turcs qui, partout dans le monde, répandent l’historiographie falsifiée en provenance d’Ankara, il n’y a qu’un pas.

Cerise sur le gâteau, en page d’accueil http://www.tate.org.uk/modern/exhibitions/arshilegorky/default.shtm de l’exposition, selon un autre texte qui ne mentionne pas le lieu de naissance d’Arshile Gorky (Van, en Turquie), « l'artiste d'origine arménienne est arrivé aux États-Unis en 1920 fuyant des persécutions dans son pays d'origine . » En somme, c’est l’Arménie qui l’a persécuté et qu’il a dû fuir. Elle n’est pas belle, « l’Histoire » ?

La vie et l’œuvre d’Arshile Gorky - jusqu’à son suicide -, ont été hantées par l’horreur du crime minimisé par la Tate Gallery. A lui seul, le flyer distribué aux visiteurs constitue une insulte à la mémoire de l’artiste dont la Tate prétend célébrer l’oeuvre.

Plus grave encore : la Tate Gallery pollue l’esprit du public avant même qu’il ne pose son premier regard sur les tableaux. Elle n’expose pas seulement le négationnisme. Elle va au-delà : elle l’impose.

Les 10 £ de droit d’entrée sont-elles remboursées aux visiteurs qui refusent d’encourager financièrement ce négationnisme rampant qui envahit l’espace public et culturel européen ?

Le Collectif VAN vous propose la traduction de la partie biographique de l’introduction, suivie de l’avertissement mis en ligne par la Tate Gallery, ainsi qu’un scan du tract distribué au public.

INTRODUCTION

[…]

Derrière son mystérieux coté bohème, pourtant, se trouve une histoire qui a hanté et inspiré son art. Il est né Vosdanig Adoian, vers 1904 (on ne connaît pas la date exacte), sur les rives du lac de Van, en Arménie turque. Son père part en Amérique alors qu’il est encore petit. Le reste de la famille est chassé de chez elle par les pogroms de 1915, que l’on reconnaît largement comme le premier génocide du siècle.* En même temps que des millions d’Arméniens, sa famille fuit vers l’Arménie russe, où sa mère meurt de faim en 1919. Sa sœur Vartouch et lui commencent un long voyage pour rejoindre leur père aux Etats-Unis, où ils arrivent en février 1920. […]

TEXTE DU TRACT distribué à l’entrée de l’exposition sur Arshile Gorky à la Tate Gallery et de la mise en garde en ligne

*Les textes associés à l’exposition prennent soin d’émettre des réserves sur l’emploi, par rapport aux expériences tumultueuses vécues par Arshile Gorky dans son enfance, du terme « génocide » qui soulève les passions. Nous savons que le gouvernement britannique n’a pas trouvé de préméditation et qu’en conséquence, les événements du temps de la guerre, en 1915, ne constituent pas un « génocide » selon la définition juridique. Cependant, nous savons aussi que d’autres organismes, y compris le Parlement européen, sont arrivés à une conclusion différente. Nous reconnaissons que les manières dont les événements ont été décrits et dont les histoires ont été écrites sont toujours objets de controverses et c’est pour ces raisons que nous les avons décrits comme « largement considérés comme étant un génocide », du fait de leurs différentes interprétations.



Texte original en anglais: Arshile Gorky / Rétrospective

[1] Un regard singulier par Michael Fitzgerald © The Wall Street Journal, 09.12.09 - Traduction : © Georges Festa – 12.2009

Rétrospective Arshile Gorky - Philadelphia Museum of Art, 21.10.09 - 10.01.10




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 Rétrospective Gorky




   
 
   
 
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