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Génocide arménien : un historien israélien critique Israël
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le journaliste arméno-américain Harut Sassounian revient dans son éditorial hebdomadaire, sur le colloque organisé à Paris par le Bureau français de la Cause Arménienne (FRA), sur le thème “Arménie-Turquie : comment normaliser les relations”. De nombreux intervenants de qualité y ont pris part (dont lui-même). Pour sa part, il tient à souligner la déclaration du Dr. Yair Auron, Professeur d’histoire à l’Université Libre, Israël, qui a notamment déclaré : « D’un côté l’État d’Israël continue de lutter contre la négation de l’holocauste, et de l’autre, il participe à la négation d’un autre génocide. Ceci nuira très probablement à la lutte contre la négation du génocide juif à l’avenir. On peut considérer cette attitude comme un échec moral. » Le Collectif VAN vous propose la traduction de cette chronique parue dans The California Courier en date du 22 avril 2010.

LĂ©gende:
Harut Sassounian et Yair Auron

Un historien israélien attaque la négation du génocide arménien pratiquée par Israël

De Harut Sassounian
Édité par The California Courier
Éditorial de Sassounian du 22 avril 2010

Le 14 avril, un important symposium international intitulé “Arménie-Turquie : comment normaliser les relations”, s’est tenu à Paris. Il était organisé par le Bureau français de la Cause Arménienne et le Comité de Défense de la Cause Arménienne.

Les participants étaient : le Dr. Yair Auron, Professeur d’histoire à l’Université Libre, Israël; le Dr. Israël Charny, Directeur exécutif de l’Institut de l’Holocauste et du Génocide, Jérusalem ; Ali Ertem, historien turc et Président de l’Association de lutte contre le Génocide, Allemagne ; Dogan Ozguden, journaliste turc et Président de la Fondation “Info-Turk”, Belgique ; Dr. Alfred de Zayas, Professeur de Droit international, Genève ; Dr. Yves Ternon, historien, Paris (liaison vidéo) ; Frédéric Encel, géopolitologue, maître de conférence, Institut des Études Politiques de Paris ; Giro Manoyan, porte-parole du bureau politique et de la Cause Arménienne du bureau mondial de la FRA, Arménie ; et Harut Sassounian, éditeur en chef du California Courier, Los Angeles.

Étant donné les récents échanges houleux entre les responsables turcs et israéliens et le débat prévu à la Knesset sur le génocide arménien le 28 avril, le public a été très attentif aux remarques franches et candides du professeur Auron. Depuis des années, il soutient ardemment la reconnaissance du génocide arménien, et il critique fortement la négation du génocide arménien par le gouvernement israélien.

Le professeur Auron a débuté sa présentation en citant un article écrit en 1918 par Shmuel Talkowsky, le secrétaire de Chaim Weitzmann, qui est devenu plus tard le premier président d’Israël. Talkowsky a déploré le “martyre” des Arméniens et il a suggéré “qu’une Arménie libre et heureuse, une Arabie libre et heureuse et une Palestine juive libre et heureuse sont les trois piliers sur lesquels reposent la paix et le bien-être au Moyen Orient.” Le professeur Auron a déclaré qu’il regrettait que la politique de l’État d’Israël aujourd’hui soit si éloignée des principes énoncés par Talkowsky en 1918.

Tout en critiquant l’opposition d’Israël à la reconnaissance du génocide arménien, le professeur Auron a donné la liste qui suit, des actions spécifiquement anti arméniennes : “En 1978, un film sur le quartier arménien de Jérusalem a été interdit de diffusion. En 1982, le gouvernement israélien est intervenu lors d’un congrès international sur le sujet de la Shoah et du génocide, exhortant les organisateurs à supprimer les discours sur le génocide arménien. En 1989, Israël a été impliqué dans le blocage d’une mention du génocide arménien dans un programme américain. D’une façon ou d’une autre, Israël et les juifs se sont immiscés également dans le débat aux États-Unis en 1985, 1987, 1989, 2000, 2007 et 2010. En 1990, la diffusion du film ‘Armenian Journey,’ un film télévisé produit aux États-Unis, a été interdite.”

Auron a également raconté que le 24 avril 2000, lorsque Yossi Sarid, le ministre israélien de l’Éducation, a suggéré qu’il faudrait inclure le génocide arménien dans le programme d’enseignement supérieur, le gouvernement israélien a rejeté la proposition.

Un an plus tard, le 10 avril 2001, le ministre des Affaires étrangères de l’époque (Président à présent), Shimon Peres, a été cité affirmant : “Nous regrettons les tentatives visant à créer une similitude entre l’holocauste et les allégations arméniennes. Il n’y a rien de comparable à l’holocauste qui a eu lieu. C’est une tragédie, mais ce n’est pas un génocide.”

Rappelant à son public que l’ambassadeur d’Israël en Arménie, Rivka Cohen, avait fait des remarques négationnistes semblables en février 2002, le professeur Auron a considéré ces déclarations “comme étant pour Israël une escalade d’un négationnisme passif à un négationnisme actif, d’un négationnisme modéré à un négationnisme avéré.” Il a déclaré qu’un ami arménien lui avait dit “avec justesse” : “Je ne connais aucun politicien éclairé dans un Etat démocratique qui ait fait de tels commentaires ; vous, les juifs, parmi tous les autres peuples !”

Le professeur Auron a également parlé des discussions qui ont eu lieu au Parlement israélien sur le génocide arménien en 2007, 2008 et 2009. À chaque fois, le gouvernement israélien s’est opposé à cette question. Il pense qu’un rejet semblable aura lieu ce moi-ci, lorsque le thème sera abordé à la Knesset encore une fois.

Le professeur Auron a spécifiquement souligné le double standard appliqué par Israël : “D’un côté l’État d’Israël continue de lutter contre la négation de l’holocauste, et de l’autre, il participe à la négation d’un autre génocide. Ceci nuira très probablement à la lutte contre la négation du génocide juif à l’avenir. On peut considérer cette attitude comme un échec moral. Nous devons nous rappeler que les revendications morales ne peuvent avoir de l’influence que si elles sont conséquentes…

Tout le monde devrait être d’accord avec le fait qu’Israël n’a aucunement le droit de faire du marchandage avec la mémoire de l’holocauste. Mais, encore plus, Israël n’a pas le droit – en aucune façon, dans aucune circonstance, et encore moins que tout autre pays– de faire du marchandage avec la mémoire d’un autre groupe victime. Et pourtant, c’est exactement ce qu’Israël a fait avec le génocide arménien. Israël contribue au processus de négation du génocide et en agissant ainsi, il trahit aussi la mémoire et l’héritage de l’holocauste.”

Le génocide arménien a été presque universellement reconnu par des douzaines de pays, des organisations internationales et d’éminents chercheurs. Les Arméniens n’ont pas besoin de supplier Israël de le reconnaître. En niant le génocide arménien, Israël sape moralement sa propre crédibilité et son standing dans le monde !

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN – 22 avril 2010 - 12:23 - www.collectifvan.org





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