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Turquie : le plan de Davutoglu envers la diaspora arménienne
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu cherche à impliquer la diaspora arménienne, voyant là un moyen de gagner du temps vis-à-vis de sa campagne négationniste. Il a ordonné à ses ambassadeurs et consuls généraux en Amérique du Nord de tendre la main à la diaspora arménienne. Ils ont scindé la diaspora en trois groupes : “ceux qui tirent des bénéfices des revendications [de génocide], ceux qui ont émigré de Turquie, mais qui y ont toujours des contacts, et ceux qui sont au milieu. Cherchant le moyen d’établir le dialogue avec ces groupes, les ambassadeurs et consuls généraux vont particulièrement cibler le second groupe (celui du milieu).” » Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’analyse de Ara Nazarian, parue sur Armenian Weekly, le Vendredi 16 avril 2010.

Nazarian: le plan tordu de Davutoglu pour impliquer la diaspora arménienne

De: Ara Nazarian

Armenian Weekly

Vendredi 16 avril 2010

Pendant des années, la politique officielle turque a été de semer les graines de la division entre les Arméniens qui résident toujours en Turquie, ceux qui vivent en Arménie, et les Arméniens de la diaspora, en les rangeant dans des catégories, les bons, les exploitables et les méchants.

Le gouvernement turc savait parfaitement que les Arméniens de Turquie devaient faire très attention dans leur manière de s’exprimer, car leurs vies et celles de leurs familles, ainsi que leurs emplois et leurs biens pouvaient être mis en danger très facilement. Donc, ces Arméniens et les responsables de la communauté ont dû parfois répéter la propagande officielle turque afin de rester en sécurité, d’où le label de “bons” Arméniens.

Le groupe des “exploitables” se référent aux Arméniens d’Arménie, que l’on a poussé à croire que les problèmes financiers de leur pays sans accès à la mer, seraient diminués au moment où la frontière turco-arménienne serait ouverte et que l’activité économique abonderait entre les deux nations.

(Dans un cas semblable, la Turquie a promis l’Union européenne d’ouvrir la frontière de Chypre il y a des années, et pourtant cela n’a pas encore eu lieu). Si le gouvernement turc était si préoccupé par le bien-être financier de ces Arméniens, pourquoi a-t-il fermé la frontière dans un premier temps ? Et pourquoi a-t-il besoin de deux protocoles pour l’ouvrir à présent ?

Enfin, le groupe des “méchants” se référent aux Arméniens de la Diaspora, qui sont en majorité les descendants directs des survivants du génocide arménien, dont les racines millénaires se trouvent en Arménie Occidentale (Anatolie orientale), et qui ont des revendications tant territoriales que financières.

Après l’échec des récents efforts de “rapprochements”, au moyen de protocoles, directement dû à la nature peu sincère de la politique de la Turquie dans ce domaine, le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu cherche à impliquer la diaspora arménienne, voyant là un moyen de gagner du temps vis-à-vis de sa campagne négationniste.

Par conséquent, il a ordonné à ses ambassadeurs et consuls généraux en Amérique du Nord de tendre la main à la diaspora arménienne. Ils ont scindé la diaspora en trois groupes : “ceux qui tirent des bénéfices des revendications [de génocide], ceux qui ont émigré de Turquie, mais qui y ont toujours des contacts, et ceux qui sont au milieu. Cherchant le moyen d’établir le dialogue avec ces groupes, les ambassadeurs et consuls généraux vont particulièrement cibler le second groupe (celui du milieu).”

Le double jeu de Davutoglu n’est pas une coïncidence, pas plus que ne l’est la cible réelle de ces derniers efforts de “dialogue”. Il est bien conscient de la corde raide sur laquelle doit marcher un Arménien qui vit à Boston, mais qui est originaire d’Istanbul et qui a toujours des amis et de la famille en Turquie, afin d’engager un “dialogue” avec le gouvernement turc.

Ce gouvernement est à mille lieues de reconnaître les péchés de ses ancêtres, comme le démontrent douloureusement les remarques faites par le patron de Davutoglu, le Premier ministre turc. Davutoglu sait que les archives turques ont été nettoyées des preuves incriminantes au cours de ces 95 ans passés. Davutoglu sait que son patron vient de menacer de déporter 100 000 Arméniens de Turquie, qui y travaillent illégalement (un chiffre scandaleusement gonflé, mais qui résonne douloureusement aux oreilles des Arméniens de la diaspora dont les familles ont goûté aux réalités turques des efforts de “déportation”).

Davutoglu sait que son patron a catégoriquement nié le génocide arménien et il a dit que l’Empire ottoman a même donné de l’argent de poche aux déportés pour les aider durant leur voyage. Davutoglu sait que son patron a embrassé le Président Bachir du Soudan et a déclaré pendant sa visite au Soudan qu’il n’avait vu aucun génocide s’y dérouler. Et Davutoglu sait que son patron a crié au génocide en Israël (victimes: les Palestiniens) et en Chine (victimes: les Ouïghours) l’année dernière, alors qu’il n’y en avait pas eu.

Alors, Davutoglu, dont le Ministère pourrait tout aussi bien s’appeler le Ministère du Contrôle des Dégâts, se raccroche à tout ce qu’il peut pour faire disparaître son problème arménien. Il tente d’impliquer le gouvernement arménien avec ses efforts non sincères, ce qui semble s’être retourné contre lui à présent. Il s'est engagé dans des crises de colère et de chantage quand des amis et des alliés ont osé parler de cette question. Et maintenant il essaye d’impliquer la diaspora, dans un effort ultime pour sauver quelque chose des protocoles acculés à une impasse.

Ceci est très important pour le gouvernement turc, puisque son Parlement ne va probablement pas ratifier les protocoles qui ont été fortement soutenus par le gouvernement américain. La Turquie est contre des sanctions contre l'Iran, autre point de conflit avec le gouvernement américain, et elle a manifestement accru son hostilité vers Israël, l'allié le plus important du gouvernement des États-Unis.

Par conséquent, il est tout à fait probable que les États-Unis décident finalement de reconnaître officiellement le génocide arménien pour montrer son mécontentement à la Turquie, et dans le même temps, refassent des plans pour contourner la base d'Incirlik en Turquie, comme voie d'approvisionnement, puisqu’il y a de fortes chances que la Turquie bloque l'accès à Incirlik, même si cela était temporaire.

Si la reconnaissance est un grand pas pour l’humanité, ce serait une reconnaissance faite pour toutes les mauvaises raisons, et le gouvernement américain, le soi-disant champion des droits de l’homme dans le monde, aurait dû avoir reconnu le génocide arménien il y a des décennies, cela à son mérite, comme il a reconnu l’holocauste, le génocide cambodgien, le génocide rwandais (bien que tardivement), et le génocide au Darfour.

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN – 3 mai 2010 - 12:23 - www.collectifvan.org





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Source/Lien : The Armenian Weekly



   
 
   
 
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