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Génocide arménien : un historien turc appelle les USA à le reconnaître
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Selon Harut Sassounian, l’historien turc Taner Akcam a averti les États-Unis que toute politique “qui ignore la moralité et oublie de traiter les méfaits historiques est condamnée à échouer au final.” (…) Une reconnaissance officielle et franche par le gouvernement des États-Unis pourrait obliger la Turquie à comprendre que le chantage et les menaces à l’encontre d’autres pays ainsi que la suppression et la persécution de ses propres intellectuels n’offrent aucune solution aux problèmes historiques et sécuritaires. » Harut Sassounian, journaliste arméno-américain, signe dans The California Courier, le compte-rendu des deux conférences que Taner Akçam a données aux USA et au cours desquelles il a incité les Etats-Unis à changer de politique sur la négation du génocide arménien. Le Dr. Taner Akçam, l’un des premiers historiens turcs à avoir reconnu le génocide arménien, est régulièrement menacé de mort pour ses prises de position en faveur de la vérité historique. Le Collectif VAN vous propose la traduction de cet article en date du 13 mai 2010.






L’historien turc Taner Akcam préconise un changement de politique sur la négation du génocide


De Harut Sassounian
Édité par The California Courier
Éditorial de Sassounian du 13 mai 2010

Le Dr. Taner Akcam, l’un des premiers historiens turcs à avoir reconnu le génocide arménien, a donné deux conférences importantes en Californie du Sud la semaine dernière. Sur la base de recherches historiques, il a analysé les fondements de la négation du génocide arménien par la Turquie et il a proposé des solutions pour sa reconnaissance officielle.

Le Professeur Akcam a fait sa première présentation à Valley Beth Shalom à Encino le 6 mai, avant la diffusion du documentaire sur le génocide du Dr. J. Michael Hagopian “The River Ran Red.” Rabbis Harold Schulweis et Edward Feinstein, la présidente de Jewish World Watch, Janice Kamenir-Reznik, le Dr. Hagopian, 96 ans, survivant du génocide, et l’archevêque Hovnan Derderian ont fait quelques brefs commentaires.

Le Dr. Akcam, Maître de conférence en histoire et directeur des Études du Génocide Arménien à Clark University, a expliqué que la “continuité” de la “bureaucratie militaire et civile” qui a cours en Turquie depuis la fondation même de la République en 1923 est une raison clé de la négation du génocide arménien. “Les fondateurs ont perçu la pluralité ethnico-culturelle de la société de l’époque comme un problème pour la continuité et la sécurité de l’État.”

Le Professeur a en particulier identifié Hasan Fehmi Bey, un leader du Parti Union et Progrès qui a mis en œuvre le génocide arménien, qui a avoué dans un discours au Parlement en 1920 que son groupe savait que la communauté internationale les traiterait de “meurtriers” pour l’élimination des Arméniens. Cependant, il a indiqué que les dirigeants de son parti étaient prêts à accepter d’être traités de “meurtriers” puisque leur objectif était d’assurer la sécurité de la patrie.”

Dans sa seconde présentation le 7 mai, organisée par le Armenian Rights Council of America à Altadena, le Dr. Akcam a révélé que “Ergenekon”, le groupe criminel récemment mis à jour et qui jouit du soutien de l’armée turque, avait préparé une liste noire de cinq individus, comprenant le journaliste Hrant Dink, le Prix Nobel Orhan Pamuk et Akcam lui-même, comme cibles d’assassinats, car ils avaient parlé du génocide arménien. Ils ont été condamnés à mort car considérés comme “traitres à la sécurité nationale.”

Selon Akcam, cette manière de voir les choses n’est pas une simple vue perverse d’un groupe terroriste isolé, mais bien celle de l’establishment juridique de la Turquie. Lors du procès de deux journalistes turco-arméniens en 2007, jugés pour avoir utilisé le terme génocide, le juge a décrété que : “Parler de génocide, tant en Turquie que dans d’autres pays, affecte défavorablement la sécurité nationale et les intérêts nationaux.

La revendication de génocide... fait partie de plans spéciaux et est un moyen utilisé, visant à changer les frontières géographiques et politiques de la Turquie... et une campagne pour démolir sa structure juridique et physique.” Le jugement décrète également que la République de Turquie subit “un siège diplomatique hostile consistant en des résolutions sur le génocide.… L’acceptation de cette revendication pourrait mener dans les siècles à venir à une remise en question de la souveraineté de la République de Turquie sur ses territoires sur lesquels on prétend que ces événements se sont déroulés.”

Selon Akcam, les États-Unis évitent de reconnaître officiellement le génocide arménien en prenant comme excuse une pseudo-inquiétude quant à la sécurité nationale des USA au Moyen Orient. Il a déclaré que la “Moralité est une question très réelle pour que la realpolitik réussisse dans la région ; les valeurs, dans ce cas, et celle plus spécifique de la reconnaissance des méfaits historiques, doivent être intégrées à une politique de sécurité nationale…. Échouer à se confronter à l’histoire honnêtement est l’une des raisons principales de l’insécurité et de l’instabilité dans la région.”

Akcam a révélé qu’après la Première Guerre mondiale, les dirigeants de la Turquie, Mustafa Kemal inclus, ont reconnu les massacres des Arméniens et se sont déclarés en faveur d’un jugement des auteurs des massacres afin de s’attirer le soutien des Alliés pour que l’intégrité territoriale de la Turquie ottomane soit préservée.

Cependant, les espoirs des dirigeants de la Turquie ont été réduits à néant sur les deux fronts. Le Traité de Sèvres en 1920 appelait au démembrement de l’Empire ottoman, tandis que la Cour martiale d’Istanbul condamnait à mort par contumace le leadership national turc, y compris Mustafa Kemal.

Akcam a indiqué que l’approche turque à ce jour considère la “démocratisation, la liberté de penser et la liberté d’expression, un débat franc et ouvert sur l’histoire, [et] la reconnaissance d’une faute historique, comme une menace à la sécurité nationale. Par conséquent, tous ceux qui invitent la société à examiner ouvertement le passé sont qualifiés de ‘traîtres’ et deviennent les cibles de campagnes diffamatoires – ils sont trainés devant les tribunaux et jugés selon l’article 301 du code pénal turc pour ‘insulte à la turcité.’”

Akcam a averti les États-Unis que toute politique “qui ignore la moralité et oublie de traiter les méfaits historiques est condamnée à échouer au final.” Il a suggéré que l’on fasse comprendre à la Turquie que “intimider et menacer n’est pas un comportement digne d’un acteur international. La Turquie ne peut continuer à mener sa même politique intérieure répressive envers sa propre histoire et ses minorités au prétexte de sécurité nationale.

Elle ne peut pas menacer les pays qui expriment leur opinion sur 1915 et dans le même temps prétendre appartenir aux pays démocratiques du monde. Une reconnaissance officielle et franche par le gouvernement des États-Unis pourrait obliger la Turquie à comprendre que le chantage et les menaces à l’encontre d’autres pays ainsi que la suppression et la persécution de ses propres intellectuels n’offrent aucune solution aux problèmes historiques et sécuritaires.”

Lors d’une petite réunion, après la conférence du 7 mai, Akcam a révélé pour la première fois un incident alarmant qui a eu lieu en 1995, suite à un discours qu’il avait fait à Erevan sur le génocide arménien. Au dernier moment, il avait décidé par prudence de donner une version atténuée du discours qu’il avait préparé.

À son retour à Istanbul, il a eu un choc en voyant à l’aéroport que la police turque l’attendait avec la version originale de son discours. Il avait remis cette version originale aux responsables arméniens -- les organisateurs de la conférence sur le génocide. Quelqu’un en Arménie a dû remettre ce texte aux autorités turques. Le Dr. Akcam a pu sauver sa peau en montrant aux agents des services secrets turcs la copie de sa version atténuée du discours qu’il avait effectivement délivré !

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN – 13 mai 2010 - 07:23 - www.collectifvan.org





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