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Turquie : « Il nous manque l'énergie d'Hitler »
Publié le : 11-06-2010

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le 5 juin, lors d'une manifestation organisée à Istanbul par le parti islamique Saadet, on a pu voir une pancarte proclamant, en turc : « Légendaire Hitler, nous sommes à bout de patience, nous avons besoin de votre énergie ». Khatchig Mouradian, journaliste de Armenian Weekly, revient dans son éditorial du 7 juin 2010, sur les réactions contestables en Turquie après l'affaire de la flottille de Gaza. Voici une traduction de Hachebé parue le 09/06/2010.


« Il nous manque l'énergie d'Hitler » : les réactions contestables en Turquie après l'affaire de la flottille, par Khatchig Mouradian


Le 5 juin, lors d'une manifestation organisée à Istanbul par le parti islamique Saadet, on a pu voir une pancarte proclamant, en turc : « Légendaire Hitler, nous sommes à bout de patience, nous avons besoin de votre énergie ». [image ci-contre] Il ne s'agissait que d'un des innombrables slogans, affirmations et bannières antisémites qu'on a pu voir ou entendre au cours des manifestations qui se sont tenues en Turquie après l'attaque israélienne sur la flottille qui tentait de franchir le blocus de Gaza. J'ai parlé à des écrivains et activistes turcs à propos des implications d'un tel discours.

« L'acte de violence illégitime et irrationnel d'Israël a entraîné de la part du gouvernement turc une attitude exagérée de défi », constate Ayse Gunaysu, une activiste des droits de l'homme en Turquie. Elle s'inquiète du discours antisémite des manifestants et de la manière dont les intellectuels turcs ont fermé les yeux sur ses dangereux sous-entendus, même avant l'attaque de la flottille. Elle donne l'exemple d'une manifestation du 8 mai, où l'un des orateurs a proclamé : « Désormais, tous les juifs du monde et même tous les juifs de Turquie sont nos cibles » (voir http://fr.video.yahoo.com/watch/7462019/19667659 ).

« Les manifestants ne s'intéressent pas à la paix, explique Gunaysu. Ils appellent à plus de violence et de sang. Et cela – et c'est particulièrement vrai des manifestants islamiques, parfois soutenus par des groupes gauchistes – parce qu'ils ne s'opposent pas à un gouvernement israélien particulier ou à sa politique spécifique mais à l'existence même d'Israël ».

« Il est écœurant de voir le gouvernement endosser soudain le rôle de champion du droit international, alors même qu'en 1974 les forces armées turques ont franchi les eaux internationales pour envahir un pays souverain (Chypre) dont l'occupation se poursuit encore aujourd'hui, ajoute-t-elle. Et cela sans parler des dizaines d'années de guerre en Turquie même [contre les kurdes], responsables de dizaines de milliers de morts, de centaines de disparus et de milliers de villages détruits ou abandonnés ».

Pour Gunaysu, cette hypocrisie est stupéfiante. « Le meurtre de civils par les forces spéciales israéliennes est un scandale. Mais il est tout aussi scandaleux de voir la fureur déclenchée ici à la suite de ce qui est arrivé à des musulmans ailleurs dans le monde alors que la Turquie assume très bien sa négation du génocide de la population chrétienne d'Asie mineure, un héritage sur lequel a été fondée la république turque ».

Le 31 mai, Bilgin Ayata, une universitaire turque, se trouvait place Taksim, où se sont tenues plusieurs manifestations. Elle raconte ce qu'elle a vu : « L'atmosphère était très tendue et pleine d'hostilité, et certains slogans visaient les juifs et non pas seulement l'état israélien. Cette atmosphère hostile trouve confirmation dans la violence des commentaires et de l'attitude du premier ministre [Recep Tayyip] Erdogan, qui alimentent l'hostilité envers Israël.”

Ayata soulève elle aussi la question de l'hypocrisie. « Une étrange schizophrénie s'est installée : Erdogan a qualifié les attaques d'Israël de « terrorisme d'état » et déclaré que le Hamas n'est pas une organisation terroriste. Ce serait bien qu'il applique les mêmes critères à son propre pays. Malheureusement, c'est le contraire qui semble se produire. Le 4 juin, Sevahir Bayindir, un député kurde, a été attaqué par la police et blessé à Silopi au cours d'une manifestation contre les opérations militaires dans les zones kurdes. La veille, Firat Basan, un garçon kurde de 14 ans, avait été tué, écrasé par un char lors d'une manifestation analogue à Sirnak. Le 4 juin encore, Irfan Aktar, un journaliste kurde, a été condamné à un an de prison pour un article qu'il avait écrit dans un magazine sur la question kurde. Plus de 1400 membres du parti kurde DTP sont en prison depuis 2009, dont certains sont des maires élus et des membres éminents d'organisations de défense des droits de l'homme. Plus d'un million de kurdes ont été déplacés en Turquie au cours des dix dernières années, et ils ne peuvent pas retourner dans leurs villages parce que l'état ne procède pas au déminage. Les forces paramilitaires et les opérations militaires entraînent même de nouveaux déplacements ».

« Je condamne fermement la violence utilisée par l'état israélien la semaine dernière, exactement comme je l'avais fait quand je travaillais dans la région et que j'écrivais sur la question palestinienne, écrit Talin Suciyan, une journaliste turque. Mais le climat social et politique créé en Turquie a d'autres dimensions. D'un côté, il y a des journalistes, des artistes et des leaders d'opinion qui parlent de « démolir Israël » par la littérature et les arts, de l'autre certains brandissent des pancartes où ils demandent à Hitler de leur communiquer son énergie. Et il est fréquent que le Tekbir (la psalmodie de « Allah akbar ») les accompagne. Autrefois, ces réactions ont toujours conduit à des attitudes hostiles envers des citoyens turcs – dans le cas présent les juifs turcs. Il faut toujours garder à l'esprit le fait que l'histoire républicaine et prérépublicaine est remplie de telles attaques contre les Arméniens, les Grecs et les juifs, déclenchées dans les suites d'événements internationaux ».

« S'il s'agit de condamner la violence d'état, poursuit-elle, je dois dire qu'à ce jour je n'ai pas observé d'attitudes aussi tranchées quand il s'agit de questions concernant le peuple de Turquie lui-même ».

Ayata est du même avis: « Si le terrorisme d'état pose vraiment un problème au premier ministre Erdogan, il devrait y mettre fin dans son propre pays ».


Traduction par Hachebé


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Source/Lien : Poste de Veille



   
 
   
 
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