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Turquie/Gaza : dommages collatéraux pour les Arméniens
Publié le : 17-06-2010

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le journaliste arméno-américain Harut Sassounian analyse, dans son éditorial hebdomadaire, l’influence grandissante de la Turquie au Moyen-Orient, influence qui conduit à une restriction des droits des Arméniens dans les pays arabes. Il « craint que le récent conflit de Gaza, qui a catapulté le Premier ministre Erdogan à un rang de héros dans tout le monde islamique, n’aboutisse à de nouvelles limitations des activités arméniennes considérées comme "antiturques". » Il souligne au passage que l’alliance israélo-turque n’a jamais cessé dans les faits et dénonce le « spectacle hypocrite de solidarité avec les Palestiniens » que l’Etat turc donne à voir. Le Collectif VAN vous propose la traduction de cette chronique hebdomadaire éditée par The California Courier, en date du 17 juin 2010.






L’influence grandissante de la Turquie au Moyen-Orient conduit à des restrictions des droits des Arméniens


De Harut Sassounian
Édité par The California Courier
Éditorial de Sassounian du 17 juin 2010

L’influence grandissante de la Turquie, avant même la confrontation navale d’Israël au sujet de Gaza, a incité certains pays arabes à restreindre les droits des communautés locales arméniennes.

On craint que le récent conflit de Gaza, qui a catapulté le Premier ministre Erdogan à un rang de héros dans tout le monde islamique, n’aboutisse à de nouvelles limitations des activités arméniennes considérées comme "antiturques".

Ces derniers mois, la Jordanie, le Liban et la Syrie, inquiets d’une réaction de la Turquie, ou sous la pression directe des autorités turques, ont pris des mesures spécifiques pour placer quelques restrictions contre les activités de leurs citoyens arméniens.

Un exemple en est l'annulation par le gouvernement jordanien du Forum des Jeunes Professionnels du Moyen-Orient de l’UGAB qui devait avoir lieu à Amman du 3 au 6 juin. Talin Suciyan a annoncé dans The Armenian Weekly que les autorités jordaniennes avaient exprimé des réserves sur la réunion de 150 jeunes Arméniens venant de diverses parties du monde. Suciyan, qui a été invitée à parler de "l'Héritage de Hrant Dink" et de la communauté arménienne en Turquie, a déclaré que les organisateurs avaient été informés la nuit précédente que le forum était annulé sur des ordres venant "d'en haut."

Certains observateurs ont attribué l'annulation du forum de l’UGAB à l'accord visant à fonder une Zone de Libre Échange, accord qui devrait être signé entre la Jordanie, le Liban, la Syrie et la Turquie, le 10 juin. Un commentateur a indiqué l'ironie de la situation, des conférences arméniennes étant autorisées à avoir lieu en Turquie, mais pas en Jordanie !

Plus tôt dans l'année, alors qu’une équipe de télévision libanaise était sur le point d'entrer en Syrie pour enregistrer la séquence sur "les charniers arméniens" de Deir-es-Zor, les gardes-frontières ont refusé de les laisser passer, bien qu'ils aient obtenu à l’avance des autorités syriennes, les permis de tournage nécessaires.
Cet incident a eu lieu peu de temps après la diffusion de l’émission de CBS "60 Minutes" sur le génocide arménien. L’émission a montré les os des victimes du génocide arménien, sortant du sable du désert de Deir-es-Zor. Les responsables turcs se sont plaints auprès du gouvernement syrien d’avoir permis à CBS de filmer une émission "antiturque" dans son pays.

Le troisième incident, étonnamment, a eu lieu au Liban, patrie de l’une des communautés arméniennes les plus influentes de la diaspora. Par une réaction surprenante, les représentants gouvernementaux ont interdit la diffusion de la vidéo musicale d'Eileen Khatchadourian, "Zartir Vortyag," une chanson datant de l’époque du génocide appelant à la résistance contre l'oppression. Bien que la chanson ne fasse aucune référence à la Turquie, les autorités libanaises ont craint que cela affecte négativement les relations libano-turques.

Ce sont quelques exemples troublants d'interférence flagrante avec le droit de liberté d'expression des citoyens arméniens. Dans les trois pays, les Arméniens entretiennent depuis longtemps des relations très cordiales avec leurs gouvernements respectifs qui les considèrent comme des citoyens loyaux. Les responsables des communautés arméniennes locales doivent protester vigoureusement contre de telles violations arbitraires de leurs droits fondamentaux en tant que citoyens de ces pays. Ils devraient envisager d'effectuer une campagne pour instruire leurs concitoyens sur les vastes dégâts que la Turquie a causés aux intérêts arabes pendant des décennies, en tant que proche allié militaire d’Israël.
Les Arméniens devraient montrer que malgré la rhétorique anti-israélienne féroce d'Erdogan, il n'a annulé aucun des 16 accords avec Israël, y compris l'échange de renseignements, selon le journal Zaman d'aujourd'hui.
Sedat Laciner, le chef de l'Organisation pour la Recherche Stratégique Internationale, basée à Ankara, a dit à Hurriyet que les leaders militaires des deux pays avaient également signé plusieurs accords secrets. Selon le magazine Middle East, les services secrets d'Israël et de la Turquie ont coopéré "depuis les années 1950 dans la lutte contre des groupes islamistes radicaux et des opérations clandestines iraniennes dans la région."

En outre, on a annoncé que la Turquie aurait permis à Israël "de contrôler des manœuvres militaires syriennes à partir du territoire turc." De plus, la Turquie a alloué 1.8 milliard de dollars à des contrats militaires avec les sociétés israéliennes. Le chiffre d'affaires commercial total entre les deux pays a atteint 2.5 milliards de dollars en 2009. Plus de 900 grandes sociétés israéliennes ont opéré en Turquie et plus de 1 000 petits exportateurs israéliens ont établi des liens commerciaux avec elle.

Erdogan a intelligemment capitalisé sur le vide politique créé par l’inaction des dirigeants arabes sur la situation critique des Palestiniens, augmentant ainsi sa propre cote ainsi que celle de son parti politique en prévision du référendum du 12 septembre concernant les amendements constitutionnels, et les élections parlementaires cruciales de l'an prochain. Il est regrettable que les dirigeants arabes aient totalement abdiqué leur propre responsabilité, permettant à un étranger de revendiquer le rôle de leadership arabe !

Avant la visite prévue du Premier ministre Erdogan au Liban le mois prochain, où certains Libanais pourraient lui réserver un accueil héroïque immérité, les Arméniens doivent révéler son spectacle hypocrite de solidarité avec les Palestiniens et convaincre leurs concitoyens qu'il agit pour son propre intérêt, plutôt que pour celui du Liban.

©Traduction de l'anglais: C.Gardon pour le Collectif VAN – 17 juin 2010 - 07:17 - www.collectifvan.org




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