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Le nouveau profil politique de Christoph Blocher
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Christoph Blocher joue au voltairien au service du négationnisme

Le conseiller fédéral Christoph Blocher a constitué un groupe de travail pour étudier la possibilité de modifier ou de supprimer la norme antiraciste.

Hier matin, à son retour d'Ankara, Christoph Blocher s'offre un nouveau profil politique, celui du voltairien au service du révisionnisme. Face à une cinquantaine de journalistes, rassemblés à l'aéroport de Kloten, le conseiller fédéral invoque ainsi la liberté d'opinion pour justifier le droit de nier les pires génocides et l'abolition de la norme antiraciste helvétique.

Le défi peut paraître dérisoire. Ou abominable! Mais cela ne change rien. Le magistrat zurichois assume. Il semble même savourer ses attaques contre l'article 261 bis du code pénal suisse, disposition condamnant depuis onze ans le racisme, la xénophobie et le négationnisme: «Je déplore les génocides et les déportations. Mais je veux que, dans ce domaine comme dans d'autres, il soit possible de prendre des positions qui ne conviennent pas à tout le monde.»

Sans le moindre émoi

Sans le moindre émoi, le guide de l'UDC (Union démocratique du centre) revient ensuite sur les reproches dirigés contre lui. Des parlementaires de tous bords ne lui pardonnent pas ses critiques contre la loi de son propre pays, formulées lors de sa visite officielle en Turquie.

Christophe Blocher réfute ainsi toute immixtion de sa part dans deux procédures judiciaires en cours. Elles visent un politicien et un historien turcs (un procès devrait s'ouvrir contre le premier en mars prochain à Lausanne). Ils sont accusés d'avoir nié la réalité du génocide arménien lors de conférences publiques.

«Depuis son entrée en vigueur, l'article 261 bis a suscité des développements insatisfaisants. Dans un tel contexte, mes fonctions me donnent le devoir de le réévaluer. Un groupe de travail a d'ailleurs été constitué à cet effet au sein de l'Office fédéral de la justice», prévient Christoph Blocher.

Le Zurichois balaie avec autant d'énergie l'idée qu'il puisse ne pas respecter la volonté populaire (lors du référendum du 25 septembre 1994, le projet de norme antiraciste, soutenu par l'UDC, avait été approuvé par 54,7% des votants et la participation avait atteint 45,3%): «Au moment du scrutin, le peuple s'était prononcé en fonction de l'holocauste.»

Les victimes d'un génocide et leurs descendants mériteraient-ils donc plus de respect que ceux d'un autre? La réponse à cette question trouve peu de place dans les discours de Christoph Blocher. Son éminence grise, Christoph Mörgeli, pousse lui-même la revendication de la liberté d'opinion jusqu'au bout de l'absurdité: «Dans un état libéral, il doit être possible de tenir aussi des propos insensés et d'affirmer des choses fausses.»

Le droit à la sottise

L'avocat genevois Charles Poncet, cheville ouvrière de la norme antiraciste lorsqu'il était conseiller national, ne nie pas l'existence de ce droit à la sottise, même grave: «Un orateur qui nie, minimise ou cherche à justifier des crimes contre l'humanité, sans intention de porter atteinte à la dignité de personnes en raison de leur race, appartenance ethnique ou religion, ne tombe pas sous le coup de l'article 261 bis.» Le système suisse s'avère ainsi beaucoup plus libéral que le Français.

A ce jeu-là Christoph Blocher risque-t-il de perdre son siège dans le gouvernement? La question fait sourire. Les radicaux ont besoin du soutien de l'UDC pour garder leurs deux représentants. Les démo-chrétiens ne veulent se fâcher avec personne dans l'espoir de reconquérir au plus vite leur second siège. Ces deux partis ne tenteront donc pas une alliance contre nature avec la gauche pour virer Blocher.

Ultime gourmandise pour l'UDC. Les déclarations de son conseiller fédéral peuvent susciter des effets fort appréciés en dehors de l'arène politique. Economiesuisse se félicite ainsi de toute amélioration des relations avec la Turquie, «un partenaire commercial considérable».



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Source/Lien : 24 heures



   
 
   
 
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