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Atmosphère anti-française à Ankara
Publié le : 11-10-2006

Atmosphère anti-française à Ankara à propos du vote à Paris d'une loi sur le génocide arménien

Jérome Bastion, à Istanbul
Mis en ligne le 11/10/2006
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Le Premier ministre Erdogan menace Paris de mesures de rétorsion.

La France aurait-elle "perdu la raison" ? C'est en tout cas l'avis du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui a exprimé mardi de vives critiques à l'égard de Paris lors d'un discours devant les membres de son groupe parlementaire.

"Utiliser à des fins de politique intérieure des contre-vérités sans rapport avec la réalité historique est incompréhensible [...] de la part d'un pays membre aussi important pour l'Union Européenne", a-t-il martelé, appelant les 25 à "réagir" contre un projet de loi qui doit être discuté jeudi à l'assemblée nationale française, punissant le négationnisme au sujet du génocide arménien survenu en Turquie entre 1915 et 1917, qu'Ankara ne reconnaît pas.

Le projet de loi français est, selon M. Erdogan, "contraire aux valeurs fondamentales de l'Union, au premier des critères politiques de Copenhague qui est la liberté de pensée et d'expression". Et de prévenir : "L'initiative qui sera prise le 12 octobre ne changera rien pour la Turquie, mais changera beaucoup de choses pour la France".

Le Premier ministre turc s'appuie sur un soutien plutôt inattendu, celui du Commissaire européen à l'Elargissement, le Finlandais Olli Rehn, qui appelait lundi les parlementaires français à faire preuve de ''responsabilité" et à ''prendre en compte les conséquences de leur geste''. Le ton adopté ces jours derniers en Turquie tant par les responsables politiques que par les intellectuels, les acteurs économiques ou les représentants de la société civile est vif et amer. Il illustre un fort sentiment de désillusion vis-à-vis des partenaires européens de la Turquie, que ce soit dans le cadre du processus d'adhésion à l'Union ou dans un contexte d'islamophobie croissante, Ankara étant appelé à devenir, un jour, le seul pays à majorité musulmane de l'Europe politique. L'insistance avec laquelle le ministre de l'Intérieur français et président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, rejette le projet européen des Turcs ne fait que renforcer ce ressentiment.

Mesures de rétorsion

Appelé au téléphone le week-end dernier par Tayyip Erdogan pour qu'il intervienne contre un vote favorable de ses députés, M. Sarkozy lui a répondu en posant trois conditions, rapportait, indignée, la presse turque : l'abrogation de l'article 301 du code pénal turc (permettant de poursuivre des intellectuels "insultant l'identité nationale turque "), la mise en place d'une commission devant statuer sur la réalité du génocide mais dont la composition échapperait à Ankara, et l'ouverture de la frontière terrestre entre Turquie et Arménie. "Depuis quand la France est-elle investie de la mission de régler les problèmes entre la Turquie et l'Arménie ?", se demande le chef du gouvernement turc, qui a opposé une fin de non-recevoir au "marchandage" du ministre français. "Que la France regarde ce qu'elle a fait tout au long du XXe siècle au Sénégal, en Tunisie, en Algérie, au Cameroun, à Djibouti, en Guinée et au Ghana", recommande-t-il. Aussi le Parti de la justice et du développement, au pouvoir, a-t-il décidé de soumettre un projet de loi (discuté ce mercredi) prévoyant de pénaliser la négation du "génocide français en Algérie" et d'élever un monument à ses victimes algériennes.

Mais ce sont surtout les relations économiques florissantes entre les deux pays, qui frôlaient les 10 milliards d'euros d'échanges l'an dernier, qui risquent d'être durement touchées. Hormis les appels au boycott des produits français, les entreprises françaises risquent d'être écartées de projets et appels d'offres portant sur la construction de centrales nucléaires et de tunnels ferroviaires, la fourniture d'hélicoptères d'assaut et de sous-marins de sauvetage, l'équipement d'un tramway à Istanbul et d'un métro à Izmir, le tout pour une valeur totale d'une vingtaine de milliards d'euros.

© La Libre Belgique 2006 - - - - - - - - - - -



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Source/Lien : La Libre Belgique



   
 
   
 
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