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L'initiative contre-productive est dénoncée par les Turcs europhiles et la communauté arménienne
Publié le :

Les Turcs europhiles et la communauté arménienne dénoncent une initiative contre-productive

LE MONDE | 11.10.06 | 15h14 • Mis à jour le 11.10.06 | 15h14
ISTANBUL CORRESPONDANTE

A la veille de l'examen du texte pénalisant le déni du génocide arménien, les dirigeants turcs, qui nient celui-ci, mais aussi les intellectuels de Turquie qui le reconnaissent, et la communauté arménienne du pays, ont multiplié les mises en garde. Selon un porte-parole du ministère turc des affaires étrangères, son adoption serait considérée comme un "acte hostile" et nuirait aux relations de la Turquie avec la France et l'Union européenne (UE).

Le texte français criminalise la liberté d'expression, au moment où cela est reproché à la Turquie par l'UE, qui peut perdre encore plus en crédibilité auprès des Turcs, a-t-il estimé. Quant à la France, "elle perdra ses privilèges et son influence en Turquie". Les sociétés françaises seront exclues des appels d'offres, notamment pour la construction de centrales nucléaires, a précisé le porte-parole. La presse estime à 14 milliards d'euros le montant des projets auxquels la France est intéressée, dont 4 milliards de contrats militaires.

L'affaire a donné lieu à une surenchère des nationalistes turcs, qui ont le vent en poupe depuis la montée d'une "turcophobie" en Europe. Les rétorsions proposées vont du boycottage des produits français au "renvoi des 70 000 citoyens d'Arménie qui travaillent illégalement en Turquie", comme l'a suggéré un député du CHP, principal parti d'opposition, dont une aile vire de la "gauche laïque" à l'ultranationalisme.

Autre proposition, examinée, mercredi 11 octobre, en commission parlementaire : une loi pénalisant le déni du "génocide algérien" par la France...

Les voix se multiplient aussi pour mettre en garde contre de tels excès. Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan a écarté tout recours à la loi du talion. "On ne nettoie pas la saleté avec la saleté", a-t-il déclaré, mardi, devant son groupe parlementaire AKP (islamiste-conservateur). Mais il n'a pas manqué de récuser les "trois conditions" soumises par Nicolas Sarkozy pour un abandon du projet français, en soulignant que la France était mal placée en la matière, en raison de son passé colonial. Concernant l'abrogation de l'article 301 du code pénal turc (visant les "insultes à l'identité turque" comme l'usage des mots "génocide arménien"), M. Erdogan, qui a tenté de le soumettre pour révision au Parlement, a répondu que le projet français était tout aussi "liberticide".

"ECLIPSE DE LA RAISON"

Concernant l'ouverture de la frontière avec l'Arménie, il a demandé que celle-ci fasse d'abord preuve de bonne volonté. Au sujet de la troisième condition - élargir à d'autres que des historiens turcs et arméniens une commission chargée d'étudier les faits en question -, M. Erdogan a répondu qu'il s'agissait d'une initiative turque, à laquelle Erevan s'était opposée. Le commissaire européen à l'élargissement Olli Rehn l'avait qualifiée de "pas importante".

Lundi, M. Rehn a mis en garde Paris contre l'adoption d'une loi aux "effets contraires à ceux recherchés", qui bloquerait tout dialogue et "mettrait en danger les efforts de tous ceux qui, en Turquie, veulent ouvrir un débat sérieux et honnête, sans tabous, sur cette question". Ceux-ci, dont les représentants de la communauté arménienne, espéraient que l'UE ferait obstacle à "l'éclipse de la raison" qui frappe, selon M. Erdogan, les partisans du projet français. " Si cette loi passe, j'irai en France et, bien que ce soit contraire à mes convictions, je dirai que non, il n'y a pas eu de génocide", a déclaré Hrant Dink, un journaliste arménien de Turquie, où il est poursuivi pour avoir affirmé la réalité de ce génocide.

Sophie Shihab
Article paru dans l'édition du 12.10.06



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Source/Lien : Le Monde



   
 
   
 
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