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Turquie : Aghtamar doit retourner au Patriarcat arménien
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Le gouvernement turc n’a pas réussi à attirer la foule escomptée de milliers de fidèles venus du monde entier, pour la première messe qui s'est tenue depuis près d'un siècle, à l'église Sainte-Croix dans l'île d’Aghtamar, le 19 septembre. Seules quelques centaines d'Arméniens sont venus, pour la plupart d'Istanbul. » « La seule annonce qui intéresse les Arméniens est d’apprendre de la part d'Ankara le retour de l'église Sainte-Croix au Patriarcat arménien de Turquie. » Le journaliste arméno-américain Harut Sassounian analyse dans son dernier éditorial les retombées politiques et médiatiques de la première messe arménienne dans l’Eglise d’Aghtamar (Lac de Van), depuis le génocide de 1915. Le Collectif VAN vous propose la traduction de sa chronique parue dans The California Courier le 23 septembre 2010.


Qui a gagné la guerre de propagande d’Aghtamar : les Arméniens ou les Turcs ?


Par Harut Sassounian
The California Courier
Editorial de Sassounian du 23 septembre 2010

Le gouvernement turc n’a pas réussi à attirer la foule escomptée de milliers de fidèles venus du monde entier, pour la première messe qui s'est tenue depuis près d'un siècle, à l'église Sainte-Croix dans l'île d’Aghtamar, le 19 septembre. Seules quelques centaines d'Arméniens sont venus, pour la plupart d'Istanbul.

La Turquie a lamentablement échoué dans sa tentative de tromper l'opinion mondiale en lui faisant croire qu'elle est tolérante envers les Arméniens. Finalement, il est devenu évident que les dirigeants turcs étaient plus intéressés par la mise en place d’un spectacle politique plutôt que par le fait de permettre une cérémonie religieuse dans une église arménienne vieille de mille ans.

J'ai écrit un éditorial il y a trois ans critiquant le gouvernement turc pour avoir converti l'église de la Sainte-Croix en un musée d'Etat. À l'époque, j'ai demandé instamment aux autorités turques de 1) mettre une croix sur le dôme de l'église; 2) la désigner comme une église plutôt que comme un musée et permettre la célébration régulière de la Divine Liturgie, et de 3) rendre la propriété de l'église au Patriarcat arménien d'Istanbul au lieu de la placer sous la tutelle du ministère turc de la Culture et du Tourisme.

Un peu plus tôt cette année, le gouvernement turc avait promis de mettre une croix sur le dôme de l'église et de permettre la tenue d’un office religieux le 19 septembre. J'avais exhorté les Arméniens à ne pas participer, sachant que l'intention réelle des fonctionnaires turcs était de mettre en scène un spectacle politique sous le couvert de cérémonies religieuses.

Un débat intense s'est engagé entre Arméniens sur l'opportunité de boycotter ou de participer à la messe. Les articles exposant les sinistres plans de la Turquie ont peu fait pour calmer la controverse. Pire encore, le Saint-Siège d'Etchmiadzine et le Patriarcat arménien de Jérusalem ont annoncé leur intention d'envoyer des représentants à l'église d’Aghtamar, bien que le Catholicossat de Cilicie ait refusé de participer [à la messe].

Mais enfin, un coup de chance ! Le gouvernement turc est venu à la rescousse. Quelques semaines avant la cérémonie prévue, un responsable turc a annoncé qu'il ne serait pas possible de placer la croix promise au sommet de l'église, sous le prétexte ridicule de «difficultés techniques».

Le Premier ministre Erdogan était pris dans un dilemme. S’il avait permis le placement de la croix sur le dôme, il aurait marqué des points dans l'opinion publique mondiale, mais il aurait perdu des votes cruciaux dans le référendum très disputé du 12 septembre sur les réformes constitutionnelles.

La croix a finalement sauvé la journée! Le Saint-Siège d'Etchmiadzine a annulé ses plans prévoyant d’envoyer des représentants à Aghtamar. Le Patriarcat arménien de Jérusalem a fait de même. Les tour-opérateurs ont annulé leurs dispositions visant à amener un grand nombre de fidèles arméniens au lac de Van. En conséquence, la Turquie a perdu la campagne de propagande ainsi que des revenus considérables.

Dans un ultime effort pour accroître la fréquentation, quelques jours avant le 19 septembre, le bureau du Premier ministre Erdogan a envoyé des invitations aux médias d’Arménie, offrant toutes dépenses payées, des visites à Aghtamar, y compris les billets d'avion aller-retour gratuits, les chambres d'hôtel et les repas. Cinquante autres éditorialistes et analystes arméniens ont reçu des invitations similaires. Tous ont décliné l’invitation du fait du refus de la Turquie d’installer la croix.

Sans faire exprès, les Turcs ont forcé la plupart des Arméniens à faire la bonne chose et à annuler leur visite à l'église Sainte-Croix. Fait intéressant, le gouvernement turc s'est comporté de la même façon quand il a refusé de ratifier les protocoles arméno-turcs, protégeant ainsi les intérêts de l'Arménie.

Alors que la population arménienne, des groupes de la société civile, et certains partis politiques se sont opposés aux plans turcs d’Aghtamar, le gouvernement arménien est resté remarquablement silencieux. Pour des raisons inconnues, la Turquie n'a pas invité les autorités arméniennes à la cérémonie de la Sainte-Croix. Au vu des jeux embarrassants qu’Ankara a joués avec les protocoles arméno-turcs et l'effondrement de la diplomatie du football, il semble que les dirigeants de l'Arménie ne soient pas trop pressés de suivre les Turcs dans un autre stratagème.

Malheureusement, les Arméniens ont gaspillé beaucoup trop de temps et d'énergie à discuter les uns avec les autres sur le fait d'aller à Aghtamar. Cette diversion les a empêchés d'organiser des manifestations dans les grandes capitales pour informer le monde sur la longue histoire des atrocités turques, la destruction de milliers d'églises, et l'occupation des terres arméniennes historiques.

Cependant, le boycott de la cérémonie en raison de la croix manquante, a attiré l'attention des médias internationaux. Ironiquement, les autorités turques ont également contribué à saper leur propre cause, en plaçant la croix sur le sol à côté de l'église Sainte-Croix, à la vue du public et des caméras de télévision.

Le gouvernement turc a promis de mettre la croix au sommet de l'église dans six semaines. Indépendamment de ce que la Turquie décide de faire avec la croix, les Arméniens doivent poursuivre leur propre stratégie d'action, plutôt que de simplement réagir aux petits jeux des officiels turcs.

À ce stade, la seule annonce qui intéresse les Arméniens est d’apprendre de la part d'Ankara le retour de l'église Sainte-Croix au Patriarcat arménien de Turquie.


Traduction Collectif VAN - 23 septembre 2010 - 07:10 - www.collectifvan.org





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