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Les Turcs et les Kurdes à la recherche de leur héritage arménien
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La première cérémonie religieuse arménienne célébrée depuis le génocide arménien de 1915 dans une église arménienne située dans l’est de la Turquie, le 19 septembre dernier, aura, selon les Arméniens, des effets à long terme : ils pensent que davantage d’églises seront restaurées et que davantage de Turcs et de Kurdes rechercheront leur identité ethnique. “Je suis kurde. Mais tous les voisins de mon père étaient arméniens,” a déclaré Aziz Aykaç, propriétaire de deux journaux de la ville de Van. “Il y a ici beaucoup de familles qui ont des parents arméniens. Ils le savent, tout le monde le sait, mais personne n’en parle.” Kerim, quant à lui, a dit que lorsque son père est mort, il lui a laissé le terrain d’un monastère, lui disant qu’il devait protéger l’église à tout prix, au nom du Christ : “Son souhait m’a surpris. Nous étions musulmans et je ne comprenais pas pourquoi il voulait que je protège l’église au nom du Christ”, a dit Kerim, ajoutant qu’il avait appris que la famille était en fait arménienne, en posant des questions insistantes à des parents plus âgés. Le Collectif VAN vous propose la traduction de cet article paru dans le journal turc de langue anglaise, le Hurriyet Daily News, le 24 septembre 2010.



Le service religieux à Aghtamar suscite une recherche de l’héritage arménien dans la Turquie orientale


Vendredi 24 septembre 2010
De VERCİHAN ZİFLİOĞLU
VAN - Hürriyet Daily News

Nota CVAN : le journaliste du Hürriyet Daily News utilise le nom turc d’Akdamar en lieu et place du nom arménien d’Aghtamar. Nous avons volontairement rectifié toutes les occurrences.

La cérémonie religieuse historique qui a eu lieu le 19 septembre dans une église arménienne située dans l’est de la Turquie aura des effets à long terme selon les Arméniens qui pensent que davantage d’églises seront restaurées et davantage de personnes rechercheront leur identité ethnique.

“Des familles de tous les coins de la Turquie viennent nous voir, car elles recherchent les racines de leurs familles. Des membres de ma famille ont fait changer leurs cartes d’identité pour être enregistrés en tant que chrétiens”, a déclaré l’archevêque Aram Atechian, patriarche adjoint du Patriarcat arménien d’Istanbul, au Hürriyet Daily News & Economic Review. “De nombreux individus, dont les cartes d’identité portent la mention ‘musulmane’ dans la section religion, avouent qu’ils sont des Arméniens cachés.”

Suite aux massacres des Arméniens, survenus à la chute de l’Empire ottoman, nombreux sont ceux qui, restés sur place, ont changé leurs noms et pris des identités de Kurdes musulmans. Selon Atechian, le processus de démocratisation qui a cours en Turquie élimine lentement les peurs et conduit les gens à prendre ce type de mesures.

À ce jour, la manifestation la plus spectaculaire de ce processus est peut-être le service religieux en l’église Sourp Khatch sur l’île d’Aghtamar, dans la province orientale de Van, le premier service religieux de ce genre à avoir lieu en 95 ans. Bien que l’église ait fait l’objet d’une attention médiatique intense, c’est une église parmi divers églises et monastères arméniens dans la province, où un certain nombre de villages portent toujours leurs noms arméniens. Les résidents locaux disent que de nombreux bâtiments ont été démolis, surtout depuis le milieu des années 1990.

Dans le village de Nareg, à 40 kilomètres au nord de Van, il ne reste que quelques pierres du complexe monastique de Naregavank. Un homme qui se fait appeler Mahmet a dit que les habitants du village avaient reçu l’ordre de le démolir en 1990.

Des maisons ont été construites sur l’ancien site à Nareg, un village qui porte le nom du philosophe du 10e siècle Grégoire Naregatsi, que l’on considère comme étant le plus grand poète de la nation arménienne. Mahmet, 95 ans, qui se dit d’origine kurde, a également affirmé que le bâtiment du Gouverneur, situé au centre de Van, a été construit avec des pierres prises sur le site du monastère de Naregavank.

Le monastère de Varagavank sera restauré

Le Monastère de Varagavank dans le village de Yukarı Bakraçlı également connu sous le nom de “Sept Églises” est dans un état un petit peu meilleur que celui de Nareg. Il ne reste quÂ’un étage de ce monastère qui fut un jour majestueux, construit en 1003 par le roi arménien Senekerim. Tous les manuscrits inestimables que sa bibliothèque contenait ont été perdus.
Le bureau du Gouverneur de Van a déclaré au Daily News en août, que le monastère serait bientôt restauré, ainsi que le monastère de Ktuts Anapat [Nota CVAN : en arménien Կտուց Անապատ – Guedouts Anabad] sur l’île de Çarpanak, lac de Van. Ceci fait partie des efforts visant à transformer Van en centre touristique et culturel de la Turquie orientale.

Le propriétaire et gardien du monastère disparu de Varagavank est un Arménien qui cache son origine ethnique. Kerim a évité de révéler son nom de famille et il s’est présenté comme un Kurde musulman. Kerim a dit que lorsque son père est mort, il lui a laissé le terrain du monastère, lui disant qu’il devait protéger l’église à tout prix, au nom du Christ.

“Son souhait m’a surpris. Nous étions musulmans et je ne comprenais pas pourquoi il voulait que je protège l’église au nom du Christ”, a dit Kerim, ajoutant qu’il avait appris que la famille était en fait arménienne, en posant des questions insistantes à des parents plus âgés.

Kerim a dit qu’il avait été l’iman du village toute sa vie et qu’il vivait en pieux musulman. Il a toujours laissé le monastère fermé et il contrôle attentivement les visiteurs qui ont le droit d’y entrer. Il a lui-même nettoyé l’intérieur et a déposé toutes les pierres dans un coin, en ordre numérique, dans l’espoir qu’un jour il serait restauré. En raison de son influence dans le village, personne n’interfère dans ses efforts, mais Kerim dit avoir expérimenté beaucoup de difficultés dans sa vie.

“Ce n’était pas facile de protéger ce lieu”, a-t-il dit.

Craintes et espoirs de découvertes

Les petits pas faits pour revendiquer lÂ’arménité de Van ont soulevé une certaine controverse et des spéculations. Mehmet Tuncel Ağa, le guide qui a accompagné le Daily News dans les villages de la région, a dit que les terres que les Arméniens avaient laissées en 1915 étaient à présent sous le contrôle de son clan, le clan Büriki, lÂ’un des plus grands de lÂ’Anatolie orientale et du sud-est. Le fils de Fariz Ağa, le chef du clan, Tuncel Ağa, a dit que les membres des tribus turkmènes qui se sont installées dans les résidences abandonnées par les Arméniens avaient peur que les Arméniens venus assister au service religieux à Aghtamar ne réclament leurs maisons.

Selon Tuncel Ağa, il régnait une grande gêne parmi eux avant la cérémonie et de nombreuses personnes sont venues partager leurs craintes avec les chefs de tribus. “Nous avons dit que les craintes étaient infondées et que les Arméniens venaient juste pour la cérémonie”, a-t-il dit, ajoutant quÂ’il avait fait tous les efforts possibles pour que les Arméniens venus dÂ’Istanbul pour lÂ’occasion, soient logés à Van.

Tuncel Ağa a également dit que Victor Bedoyan, un entrepreneur arménien-américain qui avait tenté de monter une affaire à Van en 2002, avait été injustement traité. “Il avait ouvert un hôtel qui sÂ’appelait Vartan, mais certains ne voulaient pas quÂ’un Arménien dirige un hôtel. Il a été fermé par le Ministère de la Culture. Nous ne nous y sommes pas opposés. Nous avons fait une erreur. Nous nÂ’avions pas prévu la situation actuelle”, a dit Tuncel Ağa.

Si l’on n’avait pas empêché Bedoyan d’ouvrir un hôtel, il y aurait plus de touristes dans la région aujourd’hui, a-t-il ajouté.

Il existe aussi une croyance omniprésente dans certains villages : les Arméniens auraient cachés leurs objets précieux avant de fuir la région, ce qui suscite un certain intérêt dÂ’où les fouilles sauvages récentes près des cimetières. Arşo Ağa, un villageois membre du clan Büriki, dit quÂ’il fouille dans lÂ’espoir de trouver un trésor.

Il y a un grand changement, affirme un journaliste local

Alors que les hôtels de Van tentaient d’héberger les milliers de visiteurs venus assister au service religieux à l’église Sourp Khatch le 19 septembre, certains visiteurs ont logé chez l’habitant.

L’idée d’héberger les visiteurs chez l’habitant provient d’Aziz Aykaç, propriétaire de deux journaux locaux, dont l’un d’eux est le Van Times, publié en turc, anglais, kurde et persan. Il a dit que plus d’un millier de familles avaient déposé un dossier. “Bien évidemment, nous les avons chassés (les Arméniens), c’est pourquoi nous les accueillons chaleureusement.”

“Je suis kurde. Mais tous les voisins de mon père étaient arméniens,” a-t-il dit au chercheur Baskın Oran, qui a noté ses impressions dans leur interview au journal Radikal. “Il y a ici beaucoup de familles qui ont des parents arméniens. Ils le savent, tout le monde le sait, mais personne nÂ’en parle. Ils en parleront uniquement lorsque ce sera le bon moment”, a-t-il dit.

Aykaç pense que le subconscient des gens de la région est quelque peu blessé. “Nous avons massacré, nous avons expulsé. Tout le monde devrait savoir le nom de son village en arménien”, a-t-il dit.

Aykaç a dit qu’il y a eu un grand changement. “Il y a une transformation (qui se déroule en ce moment). Je ne sais pas comment la décrire.”

Aykaç a dit qu’il s’est rendu au bureau du Gouverneur de Van avec deux propositions supplémentaires visant à élargir la conscience locale sur l’héritage culturel arménien de la région : que des cérémonies de mariage et de baptême aient lieu dans l’église. “Son approche a été positive”, a déclaré Aykaç.


©Traduction de l’anglais C. Gardon pour le Collectif VAN – 30 septembre 2010 – 08:30 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

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Source/Lien : Hurriyet Daily News



   
 
   
 
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