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Turquie : des dizaines de journalistes poursuivis en justice
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Les organismes de contrôle des médias en Turquie avertissent qu’un nombre croissant de journalistes turcs font face, non seulement à une menace de procès et à des amendes pour leur travail, mais aussi à d’éventuelles peines de prison. Selon le International Press Institute, depuis le 30 septembre 2010, 50 personnes travaillant dans la presse ont été incarcérées dans des prisons turques et au moins 50 pourraient être condamnées à des peines de prison. Le climat d'intimidation a poussé la Commission européenne à accuser la Turquie de ne pas suffisamment garantir la liberté d'expression. Cela n’a pas incité le Conseil de l’Europe à reporter la présidence turque du Conseil de l’Europe à des jours meilleurs. Le 10.11.2010, la Turquie a en effet accédé à la présidence du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe pour les 6 prochains mois : cet organe garantit l'efficacité du système européen de protection des droits de l'homme. Le monde marche sur la tête. Le Collectif VAN vous livre la traduction de cet article en anglais publié sur le site CNN le 10 novembre 2010.



Des dizaines de journalistes poursuivis en justice en Turquie


Ivan Watson et Yesim Comert, CNN

10 novembre 2010

Istanbul, Turquie (CNN) – Le journaliste d’investigation Ismail Saymaz pensait être sous le coup de 10 procès pour les articles qu’il a écrits.

Mais lorsqu’il s’est connecté au site gouvernemental turc pour vérifier son statut juridique, Saymaz a eu une désagréable surprise : deux nouveaux procès lui étaient intentés.
« Ils demandent jusqu’à 95 ans d’emprisonnement pour les 12 [procès] », dit-il.

Les chefs d’accusation contre Saymaz vont de la violation de secret à la tentative d’influencer un procès judiciaire.
Les organismes de contrôle des médias avertissent qu’un nombre croissant de journalistes turcs font maintenant face non seulement à une menace de procès et à des amendes pour leur travail, mais aussi à d’éventuelles peines de prison.

Selon le International Press Institute, depuis le 30 septembre, 50 personnes travaillant dans la presse ont été incarcérées dans des prisons turques et au moins 50 pourraient être condamnées à des peines de prison.

Le climat d'intimidation a poussé la Commission européenne à accuser la Turquie de ne pas suffisamment garantir la liberté d'expression.

« Les préoccupations subsistent en ce qui concerne les attaques politiques contre la presse », a annoncé mardi la Commission européenne, dans son rapport annuel sur l’adhésion de la Turquie, qui serait le premier le pays majoritairement musulman à rejoindre l'Union européenne.

Le rapport européen talonne une décision de l'association Reporters Sans Frontières de dévaloriser l'évaluation de la Turquie sur l’indice des libertés de la presse.

Pour l'association, la Turquie est tombée en deux ans, de l’indice 102 à 138, et elle est maintenant en bas de la liste des 40 pires pays au monde en ce qui concerne la liberté de la presse.

« Cette chute s’explique » a écrit Reporters Sans Frontières, « par la prolifération frénétique des procès, incarcérations et condamnations ciblant les journalistes. »

Lors d’un discours en Angleterre lundi, le Président turc Abdullah Gül a concédé que son pays avait des points faibles en matière de la liberté de la presse.

« Il y a malheureusement certains cas qui ont été portés devant les tribunaux concernant des journalistes et c'est une cause de préoccupation pour nous aussi », a dit Gül. « Certains amendements légaux seront présentés à ce sujet. »

Le parti de Gül, le Parti pour la justice et le développement, ou AKP, a mis en place des réformes historiques depuis son arrivée au pouvoir en 2002. Des tabous stricts imposés par les militaires turcs, qui dominaient la scène politique auparavant, ont été levés.
« Les tabous ont changé. L'armée n'est plus tabou désormais », a dit Mehmet Ali Birand, un journaliste expérimenté qui a été mis sur liste noire et qui a perdu son travail pour son rapport critique sur le régime dominé par l'armée.

Mais comme le pouvoir a changé au cours de la dernière décennie, passant d'un pouvoir militaire à un pouvoir civil, le gouvernement AKP a introduit des lois qui rendent plus facile de poursuivre en justice des journalistes.

En 2005, une modification du code pénal turc a instauré des peines de prison pour les crimes concernant la presse tels que "violation du secret" et "influence d’un procès équitable."
Les lignes rouges journalistiques sont maintenant beaucoup plus difficiles à discerner, dit Mehmet Ali Birand - qui présente le journal du soir en prime-time sur la chaîne Kanal D en Turquie.

« Nous savions ce qu’était la censure militaire », a dit Birand. « Le problème avec le gouvernement civil - vous ne savez pas.... C'est très, très imprévisible maintenant. »

L'année dernière, le gouvernement turc a frappé l'employeur de Birand, le Dogan Media Group, en lui infligeant 2,5 milliards de dollars d’amende pour fraude fiscale.

À l’époque, l’actif du Groupe Dogan, le plus grand conglomérat de médias en Turquie (et partenaire de la société appartenant à CNN, Turner Broadcasting), était estimé à 2,8 milliards de dollars.

Le rapport d'évaluation de la Commission européenne de mardi dernier soutenait que la pénalité infligée au Groupe Dogan équivalait à une attaque politique contre la presse.

Lors de la bataille juridique du Groupe Dogan, qui s’en est suivie au sujet de la fraude fiscale, plusieurs journalistes travaillant pour le conglomérat – s’exprimant sous couvert d'anonymat de crainte de perdre leur emploi - ont dit à CNN qu’ils autocensuraient régulièrement leurs articles pour éviter de soulever davantage la colère du gouvernement.

Mais les journalistes ont déclaré qu'ils sont aussi fréquemment visés par des procédures lancées par l'opposition politique. Le journaliste d'investigation Ismail Saymaz a dit qu’environ la moitié des procès auxquels il fait face sont dus à des articles critiquant le gouvernement AKP, tandis que l'autre moitié est due à des articles critiquant l'établissement laïc en Turquie.

« Dans un pays comme la Turquie, où la polarisation politique s’élargit entre les détenteurs du pouvoir traditionnel des militaires et des kémalistes d'une part et les libéraux conservateurs de l'autre... nous, les journalistes, sommes ceux sur qui on tire en premier », a-t-il dit.

En 2007, l’éditeur du journal arménien, Hrant Dink, a été abattu devant ses bureaux en plein centre d’Istanbul.

L'homme accusé du meurtre de Dink a été filmé par des caméras de surveillance après avoir supposément tué l'éditeur. Trois ans plus tard, il n'a pas été reconnu coupable.

Entretemps, le chroniqueur Nedim Sener a dû se battre devant les tribunaux après la publication d'un livre accusant la police turque de ne pas en faire assez pour arrêter le meurtrier de Dink.

À un certain moment, Sener aurait pu être condamné à 32 ans de prison - une peine plus dure que la peine éventuelle du meurtrier présumé.

L'été dernier, une cour a acquitté Sener. Plusieurs policiers nommés dans son livre essayent de faire appel de la décision, a-t-il dit.

Lors d’une visite officielle en Angleterre, le Président turc Abdullah Gül a vivement exhorté les observateurs à prendre en considération les réformes démocratiques réalisées par son gouvernement au cours de ces neuf dernières années.


©Traduction de l’anglais C. Gardon pour le Collectif VAN – 15 novembre 2010- 07:10 – www.collectifvan.org


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Source/Lien : CNN



   
 
   
 
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