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USA : interdiction de signaler des sites internet « douteux »
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Aux Etats-Unis, tout un chacun défend avec ténacité la liberté d’expression tant que cela ne lui coûte pas d'argent. Car la tradition américaine de liberté d'expression est battue en brèche par une autre tradition locale : celle de la menace d’avoir à débourser de grosses sommes d'argent suite à des poursuites judiciaires lancées par des adversaires politiques qui veulent vous intimider. Ceux qui travaillent à faire progresser la négation du génocide arménien aux Etats-Unis, usent de plus en plus de ce levier juridique et financier. Et pour cause : ils en ont les moyens. Après l’affaire du Southern Poverty Law Center (voir nos liens plus bas), voici celle de l'Université du Minnesota qui - sous peine d’être exposée à des poursuites aux retombées financières très lourdes - a été contrainte d’enlever des pages internet de son « Centre de recherches sur l’holocauste et le génocide », une liste de sites qualifiés de « douteux », parmi lesquels figurait le site de la Coalition turque d’Amérique : turkishcoalition.org.

Ce n’est sans doute pas un hasard si la cible est le « Centre de recherches sur l’holocauste et le génocide » qui a accueilli comme enseignant, l’historien turc Taner Akçam, l’un des rares Turcs à reconnaître sans ambiguïté le génocide des Arméniens, perpétré par l’Empire ottoman en 1915.

Cerise sur le gâteau, c’est le Fonds d'enseignement du génocide arménien, décrit comme "soutenant la création et la distribution de ressources, de programmes d'études et d’ateliers pour instruire la communauté sur le génocide arménien de 1915" qui est accusé d’endoctriner les étudiants. Pourtant, les finances de ce centre de recherche n’ont rien de comparable avec les moyens colossaux dont dispose un Etat (la Turquie) pour financer aux Etats-Unis (et ailleurs) des Chaires et des études destinées à nier le génocide arménien. L’affaire Quataert est là pour nous le rappeler : en 2006, Donald Quataert, alors Président du Conseil de l’Institut des Études Turques basé à l’Université de Georgetown (Washington D.C), avait été contraint, par l’Ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis, de démissionner après avoir qualifié de génocide les massacres perpétrés contre les Arméniens en 1915 dans l’Empire ottoman. Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article en anglais publié sur le site TwinCities le 19 novembre 2010.




L’université ôte son avertissement sur les sites 'douteux'


De Doug Belden
dbelden@pioneerpress.com
19/11/2010 09:30:27 PM CST

L'Université du Minnesota a enlevé une liste de sites "douteux" de l'une de ses pages internet vendredi, prévenant un procès fédéral potentiel pour diffamation présumée, ce qui a soulevé des inquiétudes quant à la liberté de l'enseignement.

C'est la deuxième fois cet automne que l’université est confrontée aux allégations qu’elle musèle une enquête, par complaisance envers les donateurs selon certains, une accusation que les responsables nient.

Jusqu'à vendredi, le site du Centre de recherches sur l’holocauste et le génocide de l’université avait posté une liste de sites internet que les étudiants ne devraient pas utiliser dans leurs recherches, les qualifiant de "douteux".

Cela ne s’est pas bien passé avec l’un des sites de la liste, la Coalition Turque d'Amérique, ou avec l’étudiant de première année, Sinan Cingilli, qui a qualifié l'avertissement comme étant "presque une insulte aux étudiants, indiquant qu’ils n'ont pas la capacité mentale de penser de façon critique."

Les avocats de la coalition et de Cingilli avaient préparé une plainte déposée vendredi devant la cour fédérale.

Le procès n'a pas eu lieu, car l’université a enlevé le message offensant vendredi et l'a remplacé par un avertissement aux chercheurs indiquant "qu’ils fassent preuve de prudence" dans l'évaluation des sources et des documents de référence recommandés.

Le conseiller général de l’université, Mark Rotenberg, a dit que les changements sur le site étaient le résultat d'un examen qui était déjà en cours, bien que le fait d’enlever immédiatement le message ait été une réponse aux préoccupations soulevées par les plaignants potentiels.

Rotenberg a dit que le message original n'était pas une menace à la liberté de l'enseignement parce qu'il ne limitait pas le discours de quiconque, et les étudiants et la faculté étaient libres de visiter les sites sans crainte d’être pénalisés. Ce n'était pas diffamatoire non plus, a-t-il dit, car cela reflétait simplement les opinions des membres de la faculté sur les sites mentionnés comme étant douteux.

"Le département est de cet avis", a-t-il dit.

Rotenberg a dit que le directeur du Centre de l’holocauste, Bruno Chaouat, avait décidé que le message "douteux" n’était simplement pas nécessaire.

Rotenberg a dit qu'il n'avait pas vu de messages semblables postés par d'autres départements à l'université et les avocats de Cingilli et de la Coalition turque ont dit qu'ils n'en avaient pas trouvé dans d'autres universités.

C'est bien que des universités fassent des choix sur ce qui est approprié pour l'éducation, a dit Bruce Fein, l'avocat de la coalition à Washington, mais "vous devez gérer cela équitablement", avec des critères clairs et une occasion de faire appel.

Étant donné les changements effectués sur le site, si l'université confirme par écrit sa promesse de ne pas poster ce genre de liste de nouveau, le procès n’aura pas lieu et l’accusation de diffamation sera levée, a dit Larry Frost, le conseiller local travaillant avec la Coalition. Ce qui reste à négocier, c’est une déclaration commune potentielle de l'université et des avocats sur la question et de déterminer qui paiera les honoraires des avocats.

Mais même si le procès n’a pas lieu, l’action du Centre de l’Holocauste, ainsi que l’épisode récent sur le film "Troubled Waters", soulève la question de savoir si les donateurs influencent le contenu universitaire à l'université, a déclaré Frost.

Les responsables de l’Université avait bloqué la diffusion du film documentaire "Troubled Waters: A Mississippi River History" en septembre, pour ensuite changer de cap - après le tumulte suscité par cette décision et des suggestions indiquant que l'université se préoccupait des grands intérêts agricoles qui auraient pu être contrariés par le film.

Dans le cas du Centre de l’Holocauste, un des donateurs est le Fonds d'enseignement du génocide arménien, décrit comme "soutenant la création et la distribution de ressources, de programmes d'études et d’ateliers pour instruire la communauté sur le génocide arménien de 1915."

Les décès d’Arméniens lors de la Première Guerre mondiale constituent-ils un "génocide", est un sujet de débat brûlant entre Turcs et Arméniens et le site de la Coalition turque prend comme position de dire qu’un acte de "génocide" n'a pas été établi.

La question que l’université devrait poser à ses donateurs est : "Cet argent est-il accompagné de conditions ?" a dit Frost. S'il en est ainsi, "cela transforme le destinataire de l'argent en quelqu’un qui endoctrine. Les professeurs de l’université devrait être des personnes qui interrogent, et non qui endoctrinent."

Quand on lui a demandé si le fait que les donateurs influencent le matériel documentaire universitaire était un problème à l'université, Rotenberg a dit : "Je ne le pense pas."

"Il n'y a aucune preuve dans le cas de "Troubled Waters" que les agissements de quelqu'un à l'université ont été motivées par une donation, a-t-il dit.

Rotenberg a référé les questions sur le montant des donations du Fonds pour l’enseignement du génocide arménien et toute influence sur le contenu, à Chaouat qui n'a pas répondu.

"Nous sommes très concernés par le maintien de la liberté de l'enseignement," a dit Rotenberg. Lui-même ainsi que le doyen ont des réunions prévues avec le Sénat de la Faculté sur cette question.

Cingilli a dit que lorsqu’il a exprimé ses préoccupations sur le message quant aux sites "douteux" au personnel du Centre de l’Holocauste, on lui a demandé pourquoi il voudrait utiliser des sites "marqués d’une lettre écarlate" et on lui a dit qu’il existait beaucoup d'autres sources fiables.

Cingilli est né en Turquie, mais cet héritage "n’a absolument rien à voir" avec sa plainte a-t-il dit.

La question est que : "on décourage les étudiants de penser de façon critique quant à ce qui est une source fiable à utiliser et ce qui ne l'est pas", a-t-il dit, et pour une université ceci est "très franchement assez perturbant."

Doug Belden peut être joint au 651-228-5136.

Jusqu'à vendredi, le Centre d’études de l'Holocauste et du génocide de l'Université du Minnesota avait posté une liste de sources sur son site avec le titre "Sites web douteux" et le message disait : "Nous ne recommandons pas ces sites. Il convient d’avertir les étudiants qu'ils ne devraient pas utiliser ces sites à cause du négationnisme[…]

Pour voir le site de la Coalition turque d’Amérique, qui était dans la liste des sites "douteux" : turkishcoalition.org.


©Traduction de l’anglais C. Gardon pour le Collectif VAN – 25 novembre 2010 – 08:00 – www.collectifvan.org

Centre de ressources :

Center for Holocaust and Genocide Studies

Lire aussi :

USA : diffamation et négation du génocide arménien

USA/Turquie : l’état du négationnisme (I)

USA/Turquie : l’état du négationnisme (II)

USA/Turquie : l’état du négationnisme (III)

Génocide des Arméniens : Le négationniste Guenter Lewy porte plainte contre le Southern Poverty Law Center

USA : le déni du génocide arménien

La Turquie bâillonne les historiens




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Source/Lien : TwinCities



   
 
   
 
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