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USA : l’enseignement des génocides menacé ?
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - L’Université du Minnesota [USA] fait face à un procès fédéral. Son crime ? Avoir publié sur le site de son Centre d’études de l'holocauste et du génocide, une liste de sites « douteux » précédée des avertissements suivants : "Les étudiants ne devraient pas utiliser ces sites en raison de [1] négationnisme, [2] soutien d’une organisation inconnue, ou [3] les contenus qui sont un étrange mélange de faits et d’opinions." Le premier de ces sites était celui de la Turkish Coalition of America qui n’a pas apprécié d’être désigné sur cette « liste noire » en raison de ses « vues sur le génocide arménien » : « La TCA [Turkish Coalition of America] et Sinan Cingilli, étudiant en première année, ont intenté un procès à l'université du Minnesota, au Président Bob Bruininks et au directeur Bruno Chaouat. » Bruno Chaouat, qui enseignait à l’Université du Minnesota depuis 2002 en tant que professeur agrégé de français, fait face à ce procès, alors qu’il vient d’être nommé le 1er juillet 2010 à la tête du Centre d’études de l'holocauste et du génocide de l’Université. Il a également travaillé sur les débats concernant les Juifs en France, la mémoire et la représentation de la Shoah, ainsi que sur l'impact du conflit au Moyen-Orient dans la littérature et la théorie. Bruno Chaouat collabore avec la revue l’Arche, dirigée par Meir Waintrater. En juillet 2006, il avait co-organisé le Colloque « Penser la terreur » au cours duquel était intervenue Janine Altounian avec son texte « Hériter de la terreur des survivants ». Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article en anglais publié sur le site du Minnesota Daily le 1er décembre 2010.

Légende : Bruno Chaouat, Directeur du Centre d’études de l'holocauste et du génocide de l’Université du Minnesota [USA]

Un groupe turc intente un procès à l’université pour sa liste de sites ‘douteux’

Le groupe poursuit l’université en justice bien qu’elle ait effacé du site le label : sites “douteux”.

Minnesota Daily
Date 01/12/ 2010
Section News > Campus
De Laura Sievert

L'université du Minnesota fait face à un procès fédéral après l'affichage sur l’un de ses sites d’une liste de sources considérées comme "douteuses."

Jusqu'au 18 novembre, la liste de sources qualifiées de "douteuses" en raison de leurs vues sur le génocide arménien, pouvait être consultée sur le site du Centre d’études de l'holocauste et du génocide. La Turkish Coalition of America était le premier site de la liste.

Le gouvernement turc nie que les massacres des Arméniens en Turquie orientale, qui ont débuté en 1915, sont un génocide. Une vingtaine de pays dans le monde entier reconnaissent ces massacres comme étant un génocide.

À 13h00, mardi (dernier), la TCA [Turkish Coalition of America] et Sinan Cingilli, étudiant en première année, ont intenté un procès à l'université, au Président Bob Bruininks et au directeur Bruno Chaouat.

Ce procès contient sept chefs d’accusation, chacun touchant à la liberté d’expression, à une procédure régulière ou à la diffamation.

Il y a de nombreux points de violations de procédure régulière, les demandeurs indiquant qu’ils ne savaient pas, ni comment ni pourquoi ils ont été placés dans la liste.

Une accusation en diffamation supplémentaire a été ajoutée, en réponse à une lettre de Chaouat, publiée lundi sur le site du CHGS, défendant l'école et le centre.

L’administrateur général de l’université, Mark Rotenberg, a déclaré que ces accusations n'avaient aucun fondement et que les défendeurs chercheront à les faire annuler.

La TCA a d'abord envoyé une lettre à l'université il y a un an, demandant que la liste soit enlevée du site, mais, selon le conseil juridique du plaignant, Larry Frost, l'université a refusé.

Cet automne, Frost a été chargé par Bruce Fein, l'avocat du Turkish American Legal Defense Fund, de commencer à travailler sur une plainte contre l'université en cas de procès fédéral.

Lorsqu’une copie de cette plainte a été envoyée à Bruininks, la liste a été enlevée. Chaouat a affirmé qu'il avait eu l'intention de l’enlever avant de recevoir la lettre.

Rotenberg a dit la semaine dernière, que la liste avait été supprimée pour des raisons universitaires, et non pas juridiques.

"D’un point de vue légal, nous n'avons trouvé rien de diffamatoire ou en contradiction avec la liberté de l'enseignement dans ce petit message" (sur le site), a-t-il dit. "Il n'y avait aucune restriction de la liberté d’expression."

Cingilli et la TCA n'ont pas été satisfaits de cette réponse et ont donc décidé de déposer quand même la plainte.

Rotenberg a dit qu'il était "perplexe" quant à la raison pour laquelle les plaignants continuaient à porter plainte, alors que les informations avaient été enlevées du site comme ils le désiraient.

"Cette organisation tente de transformer un débat universitaire, politique et historique en un procès", a-t-il dit "et cela n'est pas correct."

Après avoir refusé de parler aux journalistes, Chaouat a publié une lettre sur la page d'accueil du site, en réponse aux allégations.

La lettre réaffirmait l'intention de Chaouat d'enlever la liste avant même qu'on le menace d’un procès. Ceci, ainsi que l’affirmation de Chaouat indiquant avoir été menacé de procès, a conduit à une accusation de diffamation supplémentaire de la part des plaignants.

"On pourrait croire à de l'intimidation si nous étions une grande corporation et s’il était un petit gars perdu, mais le fait est que [Chaouat représente] une université d'État importante", a dit Frost. "En matière de loi, vous ne pouvez pas être accusé d’intimidation en intentant un procès ; c'est le droit légal de tout un chacun."

"Nous prenons la liberté de l'enseignement et la liberté d’expression très au sérieux ici, sur le campus", a dit Rotenberg, "et la faculté et l'université ont le droit d'exprimer leurs avis sur la fiabilité des sources sur Internet."

Chaouat a été nommé directeur en juillet 2010, il ne peut donc pas avoir été celui qui a approuvé la publication originale de la liste. Les deux parties impliquées dans le procès ne savent pas avec certitude qui a généré la liste.

Cingilli a dit que la liste l'a offensé, avant même qu'il n’arrive à l'université. Ainsi, lorsque Fein s’est mis à rechercher un étudiant qui se joindrait au procès, il a désiré s’impliquer.

Cingilli, qui est originaire de Turquie, dit que son origine n’a pas affecté sa position et sa passion dans cette affaire.

"Le nerf de cette affaire est d'enlever les obstacles, pour libérer la pensée critique", a-t-il dit.

L'avertissement original publié indiquait : "Les étudiants ne devraient pas utiliser ces sites en raison de [1] négationnisme, [2] soutien d’une organisation inconnue, ou [3] les contenus qui sont un étrange mélange de faits et d’opinions."

Ce point de vue, selon la plainte déposée mardi (dernier), pourrait aussi s’appliquer à n'importe quel journal respectable, comme le New York Times.

Les plaignants s’en sont pris particulièrement à la partie qualifiant leur site "d’étrange mélange de faits et d’opinions" à cause de son opinion sur le prétendu génocide arménien, un conflit que l'organisation appelle "la Révolte arménienne."

Les évaluations du nombre d’Arméniens morts pendant le premier conflit du 20ème siècle et les déportations varient radicalement. Certaines sources turques ont affirmé que seuls 200 000 Arméniens ont été tués, tandis que des sources arméniennes ont estimé le nombre jusqu’à deux millions.

"Les règlements de l'université spécifient le droit de faire des recherches et d’écrire à partir de n'importe quelle source", a dit Frost, "et mettre des sources sur liste noire n’est pas en conformité avec le règlement."

Fein a aussi suggéré que les donateurs du centre ont influencé sa décision d’afficher la liste, car il est financé par quelques organisations arméniennes locales.

Dans sa lettre, Chaouat a nié cette énonciation de suppositions, "Insinuer que la mission de la CHGS est, d'une façon ou d'une autre, influencée ou biaisée par l'argent des donateurs, est incorrect."

Les plaignants n’exigent pas une somme précise de compensation financière. À la place, ils demandent que le juge évalue la somme qui serait appropriée, puisqu'il est difficile de prouver le dommage subi légalement, a dit Frost.

"Quand à l’origine, nous avons proposé de trouver un accord avec l'université, nous avons offert de tout abandonner, y compris la plainte pour diffamation", a-t-il dit. "C'est la preuve objective que nous ne faisons pas cela pour de l'argent."

L'université a 20 jours pour répondre à la plainte. Jusque-là, on ne sait pas vraiment comment le processus se déroulera, mais selon Frost, il se passe en moyenne 18 mois entre le dépôt de plainte et le procès devant une cour fédérale.

©Traduction de l’anglais C. Gardon pour le Collectif VAN – 6 décembre 2010. – 07:40 - www.collectifvan.org

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Source/Lien : Minnesota Daily



   
 
   
 
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