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Turquie : dÂ’autres Dogan Akhanli dans les prisons
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Albrecht Kieser a été, en Allemagne, l’un des artisans du Comité de soutien à Dogan Akhanli, l’écrivain turco-allemand emprisonné en Turquie depuis le 10 août 2010, sous le prétexte d’une prétendue implication dans l’attaque d’un bureau de change d’Istanbul en 1989. Dogan Akhanli était guide dans un ancien bâtiment de la Gestapo transformé en musée de la Shoah (Musée de l'Histoire du national-socialisme, à Cologne en Allemagne) où il avait à cœur de prendre sa responsabilité, en tant que citoyen allemand d’adoption, pour les crimes de l’Allemagne à l’encontre de 6 millions de juifs. Par ailleurs, son courageux travail sur la nécessaire reconnaissance par la Turquie du génocide arménien de 1915, était bien sûr en lien direct avec son arrestation. Régulièrement informé de la situation de Dogan (Erdogan) Akhanli par Albrecht Kieser et par Tessa Hofmann (AGA), le Collectif VAN a été, en France, le relais de son Comité de soutien.

Le Collectif VAN a été, à ce titre, destinataire de ce mail d’Albrecht Kieser décrivant les conditions de la libération de l’intellectuel turc. En voici la traduction, avec l’autorisation des responsables allemands du Comité de soutien, accompagnée d’une photo illustrant la joie immense de Dogan (Erdogan) Akhanli et de ses proches, enfin réunis à Istanbul quelques heures après le verdict. Dogan est heureux parce qu’il vient d’échapper à la perpétuité, malgré le chagrin d’avoir perdu son père, mort quelques jours avant sa libération, sans qu’il ait pu le revoir une dernière fois (Dogan Akhanli avait quitté la Turquie depuis 1991 et vivait à Cologne où il était devenu citoyen allemand en 2001).

Comme il est indiqué ci-dessous, la libération de lÂ’auteur ne doit pas faire oublier que de nombreux cas similaires existent en Turquie : il semblerait que lÂ’Etat turc ait décidé dÂ’inculper ses opposants sur des motifs de droits communs, afin de désamorcer les soutiens des associations internationales de Droits de lÂ’Homme. Et ces détenus ne bénéficient pas du réseau politique et littéraire de l’écrivain turco-allemand qui a été soutenu par des noms illustres tels que Günter Grass, Günter Wallraff, Mikis Theodorakis, Edgar Hilsenrath, Yaşar Kemal, Orhan Pamuk, Zülfü Livaneli et Taner Akçam.

N’oublions pas non plus qu’une poursuite de l'action judiciaire à l’encontre de Dogan Akhanli est encore prévue le 9 Mars 2011…



Légende : Istanbul, le 9 décembre 2010. Quelques heures après l’annonce de sa libération, Dogan Akhanli trinque à la liberté retrouvée, accompagné de sa sœur (à gauche), de sa fille (à droite), heureux parce qu’il vient d’échapper à la perpétuité, malgré le chagrin d’avoir perdu son père. Sur la droite : son avocat et ami, Haydar Erol. Photo Copyright Albrecht Kieser.


Mail d’Albrecht Kieser, du comité de Soutien à Dogan Akhanli

From: RJB Albrecht Kieser
Sent: lundi 13 décembre 2010 14:50
To: RJB Albrecht Kieser
Subject: Dogan Aghanli est libre et le reste

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

La nouvelle de la libération de Dogan Akhanli s'est répandue mercredi soir [Nota CVAN : mercredi 8 décembre 2010] comme un feu de forêt. Nous voulons la confirmer de manière un peu plus détaillée, puisqu'elle est peut-être arrivée parmi les nombreux messages et informations :


La onzième chambre de première instance a levé la détention préventive contre Dogan. Il n'est soumis à aucune mesure de limitation de résidence, il peut aussi quitter le pays [la Turquie] et revenir comme il le souhaite.

Une poursuite de l'action judiciaire est prévue le 9 Mars 2011.
C’étaient là les simples faits. Maintenant, voici les particularités de l'ordonnance du tribunal :

1 – Le tribunal n'a pas partagé sa décision mercredi soir avec le public, à savoir les présents lors du procès et pas même avec l'accusé. La décision a été plutôt distribuée sur support écrit par l'huissier à ceux qui attendaient devant la salle d'audience. A ce moment, l'accusé se trouvait déjà sur le chemin du retour en prison. De telles pratiques judiciaires sont encore monnaie courante en Turquie, bien que la justice turque ait déjà été fréquemment réprimandée par la cour de justice européenne.

2 - Dans le cas de Dogan, c'était particulièrement cruel, car seule la deuxième partie de la décision lui a été communiquée dans le bus de la prison, c'est-à-dire en fait la poursuite de l'action judiciaire. Ainsi, il a cru pendant le voyage de deux heures, qu'il serait détenu en prison jusque-là, et en était d'autant plus désespéré.

3- Avec cette décision, le tribunal a essayé de « sauver la face » dans deux directions. Bien que le procureur d'Etat n’ait pas pu apporter lors de l'audience le moindre commencement d'indice pour étayer ses affirmations, le tribunal ne met pas fin à cette farce. Ainsi, il «a sauvé » la face vis-à-vis des cercles nationalistes qui veulent faire condamner chaque critique contre la Turquie pour « hostilité à la Turquie » et qui sont même prêts, pour cela, à attribuer n'importe quel crime à ceux qu'ils persécutent, comme par exemple Dogan Akhanli. Le tribunal se trouve lui-même dans cette position pour ce qui concerne les droits politiques. Et de même pour le procureur.

4 – Vis-à-vis du public critique, turc et international, le tribunal a sauvé « la face » en remettant Dogan en liberté. La pression sous laquelle se trouvaient la onzième chambre de première instance et le juge qui la présidait, était perceptible lors de l'audience. Le tribunal a accepté sans les contredire les affirmations courageuses présentées de manière offensive par la défense - une procédure rare au plus au haut point pour les tribunaux turcs - et a également accepté la présence d'environ 100 spectateurs dans la salle d'audience, bien que celle-ci n'ait pas été conçue pour pouvoir accueillir plus de 40 personnes.

C’est d’abord dans la prison de Tekirdag que Dogan a été informé qu'il était un homme libre. Des amis l'ont alors ramené à Istanbul, où il est arrivé peu après minuit et où il a pu fêter sa liberté avec de nombreux autres amis. Il va rester encore quelques jours en Turquie, entre autres pour visiter son village sur la côte de la Mer Noire (c'est aussi de là-bas que de nombreuses personnes avait mis en route le processus pour le soutenir). Dogan sera de retour en Allemagne avant Noël.

Seule la grande solidarité internationale, à laquelle tant de personnes et de groupes ont collaboré, a permis d'atteindre la fin effective de ce mauvais jeu mené au détriment de Dogan Akhanli. C'est pourquoi Dogan a adressé de sincères remerciements à tous.

Dogan nous a hier rapporté qu'il a connu lorsqu'il était à Tekirdag beaucoup de codétenus, qui sont maintenus en détention pour les mêmes raisons futiles que lui-même, et qui sont malheureusement peu ou pas du tout connus. Il espère que sa libération sera l'étincelle qui mettra en route la fin du délit d'opinions en Turquie et que les nombreux détenus politiques seront enfin libérés. Notre regard critique sur le travail de la justice d'opinions turque est également nécessaire au-delà de la journée d’hier. Nous devrons dans les prochaines semaines mettre à disposition sur notre page d'accueil les informations en relation avec cela.

Pour l'heure, nous voudrions aussi témoigner notre gratitude pour la grande solidarité et la si fructueuse collaboration avec beaucoup, beaucoup de personnes, qui ont coopéré dans cette campagne et qui ont aidé à la libération de Dogan.

Au nom de notre cercle de soutien,
Albrecht Kieser


Traduction Collectif VAN - 17 décembre 2010 - 07:10 - www.collectifvan.org


Spiegel N°49 de décembre 2010

Le Collectif VAN vous propose également en téléchargement ci-dessous l’article de deux pages, publié dans la version papier du Spiegel N°49 de décembre 2010, paru juste avant son procès, et son résumé que voici :

"Kafka à Tekirdag" (nom de la prison de haute sécurité où Akhanli était détenu)

L’article revient sur l'attaque dont Dogan Akhanli a été accusé concernant l’époque où il était militant de gauche. Il y est dit que son arrestation est un scandale : le dénommé Kopal, qui a donné son nom en l’impliquant dans l'attaque, avait été torturé et s'est rétracté depuis.

Selon l’article, ce procès n'est pas le procès d'un crime (attaque de la banque) mais c'est une démonstration revancharde de la puissance des Kémalistes (le procureur est kémaliste) : il avait déjà relaxé des officiers accusés d'avoir préparé un plan de coup d'Etat contre Erdogan.

L'écrivain du Pen, Alil Ibrahim Oscan, dit : « les putschistes et leurs partisans veulent ainsi démontrer qu'ils possèdent toujours le pouvoir/puissance juridique et qu'ils peuvent juger les gens comme ils le veulent ».

L’avocat de Dogan Akhanli dit que maintenant il ressent colère et tristesse. Le juge a refusé l'autorisation pour que Dogan assiste aux obsèques de son père.

Dogan Akhanli dit que, pour lui, s'il y a tant de tortures, de violence et d'arbitraire en Turquie, c'est à cause de la négation et de l'élimination du génocide des Arméniens. Dans sa trilogie « Le juge du jugement denier », il décrit le premier génocide du 20e siècle, brisant ainsi un tabou.

A noter : le journaliste utilise bien le mot génocide en allemand.


Traduction résumée de l’allemand C.Gardon pour le Collectif VAN - 17 décembre 2010 - 07:10 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

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Turquie – Arrestation de l’écrivain Dogan Akhanli

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TÉLÉCHARGER :
 Spiegel N°49 de décembre 2010




   
 
   
 
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