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Mémoire, citoyenneté et géopolitique à l’ESG
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN était présent, aux côtés du Mémorial de la Shoah, de la Licra, de SOS Racisme, de RCJ, lors des 8e Entretiens de l’ESG Management School qui se sont tenus à Paris le dimanche 30 janvier 2011 de 9h30 à 18h, sur le thème "Comprendre et combattre le négationnisme", proposé par Frédéric Encel, géo-politologue et professeur dans cet établissement supérieur. Le Collectif VAN propose ici un résumé (non officiel) qui est loin d’être exhaustif mais qui donne une idée de quelques-unes des interventions qu’il sera possible de retrouver dans leur intégralité, lorsque l’ESG publiera les actes du Colloque.


Malgré un sujet aride, l’Amphithéâtre de l’ESG a fait salle comble toute la journée, de nombreux sièges devant même être rajoutés pour répondre à l’affluence. Dans l’assistance, de nombreux étudiants de l’ESG et un public varié.

Dès la veille, le Collectif VAN avait installé dans les locaux de l’ESG, son exposition de sensibilisation au génocide et au négationnisme : 4 grandes stèles de 3 mètres de haut étaient dressées dans le hall d’accueil, et 5 autres dans l’espace-rencontre devant l’Amphithéâtre. Le stand du Collectif VAN proposait également une vaste documentation sur le négationnisme et a attiré de nombreux visiteurs.
Par ailleurs, les Editions Autrement et lÂ’Institut Tchobanian proposaient leurs ouvrages Ă  la vente.

Armand Derhy, directeur de l’ESG Management School, et Frédéric Encel, politologue, professeur à l’ESG Management School, ont lancé le Colloque à 10h00. Armand Derhy a insisté sur les valeurs de l’ESG, « école citoyenne » qui vise à « impliquer les élèves sur d’autres disciplines que le management », avec « des valeurs d’ouverture, de responsabilité, d’audace et de passion ».

Frédéric Encel a commencé son discours par la célèbre phrase d’Hitler "Qui se souvient encore du massacre des Arméniens ?" et a souligné la concordance de la date du colloque avec 3 événements majeurs : le 30 janvier 1933, la prise de pouvoir d'Adolf Hitler, le 27 janvier 1945, la libération du camp d'Auschwitz, le 29 janvier 2001, la promulgation de la loi par laquelle « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 ».

Frédéric Encel a inscrit ce « colloque à thème humaniste » dans la « mémoire, la citoyenneté et la géopolitique » avant de laisser la parole à l’historien Yves Ternon, chargé de l’ouverture officielle des travaux et de l’introduction des trois intervenants qui siégeaient à ses côtés (Antoine Vitkine, Valérie Igounet et Raymond H. Kévorkian).

Yves Ternon (né en 1932 à Saint-Mandé) est docteur en histoire et titulaire d’une habilitation à diriger des recherches. Il travaille dans le cadre de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, au sein de la Commission Histoire de l’antisémitisme et de la Shoah, dirigée par André KASPI, Professeur émérite d’histoire à la Sorbonne. Yves Ternon est l’un des grands spécialistes du génocide arménien de 1915.

Yves Ternon a introduit son intervention en rappelant l’origine du mot « négationnisme », destiné à « centrer le concept de négationnisme » et dont le propos était de « mettre un terme à l’entreprise révisionniste internationale », de « stigmatiser les falsificateurs », dont les « Faurisson et sa bande ». Ternon a rappelé que si la « définition initiale suppose qu’on se limite à ceux qui nient la fonction criminelle des chambres à gaz à Auschwitz », elle s’est depuis centrée sur « la négation des génocides avérés : la Shoah, le génocide arménien, le génocide des Tutsi au Rwanda », « les trois génocides affirmés, au-delà d’un doute raisonnable ». Yves Ternon a estimé : « Il faut s’en tenir là ». Il a précisé : « D’autres événements ont déjà pu rentrer dans le cadre du crime de génocide : le massacre des Hereros, la famine en Ukraine, le crime des Khmers rouges. Mais là, on est dans le contexte de la controverse ».

L’historien a ensuite détaillé le mécanisme négationniste : « le négationnisme est tissé avec le génocide, il est préparé par la focalisation sur le groupe victime » et a précisé que si chaque génocide a sa particularité et sa singularité, « les mécanismes [du négationnisme] sont communs. »

Il a listé quatre mécanismes.

1) Rationalisation : Trouver une brèche dans le mur de la preuve. Utiliser l’hyper criticisme.
2) Recherche du nombre des victimes
3) Retournement victimaire : les victimes ne sont pas des victimes mais ce sont des coupables. Ce sont elles qui ont créé les causes du génocide.
4) Reconstruire l’imaginaire de ce discours en une histoire totalement fabriquée pour une mise en structure du négationnisme.

Yves Ternon fait remonter la véritable apparition de la négation du génocide arménien « à partir de 1965 ». Il précise que la République de Turquie est fondée sur le génocide des Arméniens : « l’évacuation des Arméniens des sept provinces anatoliennes a permis à la Turquie de fixer des frontières à l’Est ». Et l’historien précise que les « principaux collaborateurs de Mustafa Kemal sont les organisateurs du génocide. » Yves Ternon décrit la double face de la Turquie actuelle avec l’AKP et les militaires, pour expliquer que la Turquie « n’est pas en mesure de reconnaître le génocide arménien ». L’historien estime que « la clé du négationnisme est aux Etats-Unis » et que « c’est dans l’éventualité de la reconnaissance du génocide arménien [par les USA] que se pose la question du négationnisme du génocide arménien ».

Concernant le négationnisme du génocide arménien, Yves Ternon a conclu son exposé en estimant que le législatif devait prendre position et ratifier la loi acceptée à l’Assemblée nationale.

Valérie Igounet, historienne, a succédé à Yves Ternon et fait un exposé très complet sur le négationnisme de la Shoah, en décrivant les cinq âges du négationnisme qui a débuté dès 1948 avec la création de l’Etat d’Israël, pour en venir à la 5ème étape actuelle du négationnisme d’Etat de l’Iran, et de l’alliance Faurisson/Dieudonné en France. L’historienne, auteur de L'Histoire du négationnisme en France, a terminé par le cas de Vincent Reynouard, membre du Parti nationaliste français et européen (PNFE), emprisonné actuellement en France pour ses opinions négationnistes [Nota CVAN : le 9 juillet 2010, Vincent Reynouard a été incarcéré à la prison de Forest (Bruxelles). Le 19 août 2010, le militant d’extrême-droite a été extradé vers la France et incarcéré à Valenciennes.]

Raymond H. Kévorkian est intervenu sur le négationnisme de la Turquie, en soulignant la responsabilité de l’éducation et de l’enseignement, et le poids de l’Armée et de ses réseaux.

L’historien a rappelé les récentes déclarations du Président turc Abdullah Gül devant l’APCE (Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe) à Strasbourg : « Il est impossible dans l’Histoire turque, que se produise un génocide ». [1]

Raymond H. Kévorkian a fait état d’un véritable réseau universitaire aux USA et en France pour investir le terrain de la recherche grâce à des financements de l’Etat turc.

Lors du deuxième panel consacré aux négationnismes d’Etat, le journaliste Patrick de Saint-Exupéry est revenu longuement et avec force sur la complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.

Richard Prasquier, ancien délégué de Yad Vashem-France et Président du CRIF, aurait reçu des pressions de l’Ambassade turque pour ne pas participer à ce colloque. Il a axé son exposé sur le négationnisme d’Etat de l’Iran, dirigé contre l’existence d’Israël.

Le jeune chercheur à l’Institut français de Géopolitique (Paris 8), Julien Zarifian, a lui, consacré son exposé au négationnisme d’Etat des USA concernant le génocide arménien, en concluant que si le lobby juif pro-israélien se rapprochait des Arméniens aux USA, le génocide arménien serait reconnu par Washington.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme a, comme à l’accoutumée, brillamment dominé son sujet, introduisant dans le club des Etats négationnistes – en plus de la Turquie et de l’Iran -, le Soudan avec les massacres à caractère génocidaire qui continuent au Darfour. Il a également noté que la Turquie est « très active dans le financement d’instituts universitaires américains négationnistes ». Dominique Sopo a aussi rappelé « la façon dont les autorités turques traitent la question kurde » ainsi que l’Article 301 et l’assassinat de Hrant Dink, accusé d’atteinte à l’identité turque. Le président de SOS Racisme a souligné que cette « logique très active est incompatible avec une démocratie pleine et entière » avant d’aborder le négationnisme de l’Iran et celui de la France au Rwanda. Une dénonciation implacable du discours négationniste d’Etat.

Lors du 3ème panel « Des lois, pour quoi faire ? », Alain Jakubowicz, président de la Licra a conclu son exposé par une phrase restée en suspens : « Je ne veux pas limiter le débat à la seule loi Gayssot » en rappelant que l’on fêtait les 10 ans de la loi de reconnaissance du génocide arménien. Relancé par la modératrice Ilana Cicurel, journaliste à radio RCJ, qui lui a demandé plus de précisions sur le sujet, Alain Jakubowicz reprendra la parole à la fin de la 3ème session. Il ajoutera alors : « Je suis contre les lois déclaratives parce qu’elles ne servent à rien […]. Pour en revenir à la question arménienne, je suis évidemment pour les lois répressives à partir du moment où on a des personnes qui viennent dire que le génocide arménien est un leurre, est un mensonge. Effectivement, il faut protéger la mémoire des descendants des rescapés du génocide arménien ».

L’historien André Kaspi a défendu la position de la Pétition Liberté pour l’Histoire (Appel de Blois), pétition qu’il n’a cependant pas signée « parce qu’il s’agissait de rejeter toutes ces lois que l’on qualifie de mémorielles ». Il a été difficile, malheureusement pour le public, de suivre la pensée de cet historien renommé qui a indiqué, concernant la loi déclarative sur le génocide arménien, qu’il l’« approuve entièrement en tant que citoyen » tout en se prononçant - dans le même temps - pour le seul maintien de la loi Gayssot au motif qu’elle pénaliserait aussi l’antisémitisme. André Kaspi a affirmé : « Les négationnistes ne sont pas des historiens ». Cela montre hélas une méconnaissance du phénomène de la négation du génocide arménien. Le public a vivement exprimé sa désapprobation et l’historien a précisé qu’il était venu dire ce qu’il pensait et non pas ce qu’on voulait lui entendre dire.

André Kaspi a été interrogé à sa sortie par la présidente du Collectif VAN. Elle lui a indiqué la dimension haineuse et raciste des écrits négationnistes du génocide arménien. L’historien a estimé qu’il s’agissait là de « l’œuvre de fous ». Le Collectif VAN lui a alors demandé si les fous n‘étaient pas dangereux et André Kaspi a reconnu que oui, ils l’étaient. Séta Papazian l’a ensuite informé que le génocide arménien n’avait été inscrit dans les programmes scolaires de l’Education nationale française, qu’après la promulgation de la loi du 29 janvier 2001. L’historien a alors admis que c’était effectivement une erreur.

A la suite d’André Kaspi, le jeune avocat Patrick Klugman, a plaidé avec fougue la cause des lois réprimant la négation des génocides. Il a notamment déclaré : « La loi sur le génocide arménien est tout à fait nécessaire et bienvenue. Il y a sur le génocide arménien un négationnisme quasi-étatique avec des relais très virulents ». Patrick Klugman a également dénoncé le négationnisme du génocide des Tutsi du Rwanda, en France.

Le quatrième panel de la journée (Les voix de la France ») verra la défection, sans explication, de François Hollande, député, ancien Premier secrétaire du PS et celle du modérateur Ivan Levaï, journaliste, remplacé au pied levé par Frédéric Encel.

Patrick Devedjian, député, président Conseil Général des Hauts-de-Seine, recadrera le débat très clairement : « Il faut essayer de clarifier les choses. J’ai écouté Monsieur Kaspi qui a eu le mérite d’exprimer des sentiments qui sont exprimés par beaucoup de gens ». « La loi Gayssot fait encore l’objet de débats et on comprend que la loi sur la négation du génocide arménien vienne déranger à un moment où la Loi Gayssot n’est pas si bien acceptée que ça ».

Selon Patrick Devedjian, les historiens ont cru à « une atteinte à leur liberté d’expression ». Mais il a relevé que s’agissant du génocide arménien, il était quand même singulier que les historiens s’estiment aujourd’hui brimés dans leur liberté d’étudier un génocide auquel ils avaient accordé si peu d’attention pendant 80 ans. Le député a d’ailleurs rendu hommage aux rares historiens qui avaient consacré leur vie à cette étude, à « ceux qui n’ont pas eu la notoriété qu’ils méritaient, en particulier à Yves Ternon ». Avant de poursuivre que sur le terrain de la recherche concernant le génocide arménien, « les historiens ont été étrangement inertes » et que « la contestation des historiens estimant que la loi les empêcherait de travailler est mal venue de la part de gens qui ont si peu travaillé jusqu’à la loi ».

Patrick Devedjian a estimé que la communauté des historiens ne pouvait pas être « solidaire de ce qui représente une malhonnêteté intellectuelle. »

L’ancien avocat a rappelé qu’au plan civil le négationnisme, y compris du génocide arménien, était, dans son essence, condamnable et il rappelé la condamnation au civil de Bernard Lewis.

Patrick Devedjian a noté que « le négationnisme d’Etat de la Turquie à l’égard des Arméniens était le fondement du nationalisme turc et sans doute aussi, une expression du racisme » et il a conclu en déclarant que la voix de la France doit être universelle.

Le dernier intervenant François Zimeray, ambassadeur de France pour les Droits de l’Homme a eu une position ambiguë sur la responsabilité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda et même sur le génocide des Tutsi en le replaçant dans le contexte global des massacres des Grands Lacs.

Après une attente d’une demi-heure, le public a été récompensé de sa patience avec l’arrivée de Claude Lanzmann, Grand témoin et réalisateur du documentaire Shoah.

Présenté par Frédéric Encel sous l’appellation de Ministre de la Mémoire, Claude Lanzmann a fait remarquer que « Le Grand Témoin arrive après la bataille et doit conclure une discussion à laquelle il n’a pas assisté ». Il a fait remarquer que « la posture négationniste demande des preuves : de leur examen minutieux et de l’impossibilité de les fournir, elle conclut que la Shoah n’a pas existé ». Claude Lanzmann a rappelé le principe de base : « Ne jamais discuter avec les négationnistes. On peut à la rigueur parler sur eux, mais pas avec eux ».

Il est revenu sur la genèse de son film avec lequel il a imposé l’usage du mot Shoah et est revenu sur sa démarche originale : l’ancien résistant a déclaré que si jamais on lui avait, à l’époque, soumis des images d’archives du camp d’Auschwitz pour les incorporer dans son documentaire, il les aurait détruites.

Concernant cette journée dédiée au négationnisme des trois génocides (Shoah, génocide arménien, génocide des Tutsi), il a déclaré « Je n’aime pas beaucoup qu’on mélange les mots et les concepts » avant de conclure : « Le génocide arménien a été obligé de se contenter d’un nom commun [génocide]. Il faudrait que les Arméniens inventent un nom ». Frédéric Encel l’a alors informé que ce mot existait en arménien « Medz Yeghern » [« Grand Crime », souvent traduit à tort par « Grande Catastrophe »].

Au final, une journée intense qui n’a pas laissé le public indifférent et qui a permis de multiples contacts avec les chercheurs présents. Le Collectif VAN remercie Frédéric Encel et l’ESG pour cette initiative éthique et tous les participants pour leurs interventions.

Laissons le mot de la fin à un membre de l’assistance qui a envoyé mardi un mail au Collectif VAN : « J'ai rencontré votre association lors d'une conférence donnée par l'ESG dimanche dernier sur le thème du négationnisme. Elle présentait un stand complet avec de nombreuses tracts et dépliants, dont l'un portant sur l'ampleur du négationnisme du génocide arménien par l'Etat turc. Ce qui paraît le plus inquiétant, et en tout cas cela m'a inquiété, c'est de voir comment ce discours se diffuse à travers de nombreux pays, dont la France...et ce y compris jusque dans la pensée d'un jeune collégien de Pont-à-Mousson qui déclarait..."Il n'y a pas eu de génocide, et même s'il a eu lieu, ils l'avaient mérité."

Le message est passé. Même s’il y a encore beaucoup à faire pour faire obstacle aux négationnistes que ce colloque gênait, au vu des pressions turques et faurissonniennes…


Collectif VAN - 02 février 2011 - 07:30 - www.collectifvan.org


[1] Nota CVAN : Selon le Président turc Abdullah Gül « Il est impossible dans l’Histoire turque, que se produise un génocide ». Effectivement, il ne s’en est pas produit un seul mais plusieurs, si l’on fait remonter le processus génocidaire aux grands massacres anti-Arméniens de 1895/96, aux massacres de la population arménienne d’Adana en 1909 et bien sûr à la période 1915/1922 qui vit non seulement la déportation et l’extermination des Arméniens mais aussi celle des autres populations chrétiennes de l’Empire ottoman (Grecs, Assyro-chaldéens-syriaques). Mustafa Kemal, lui-même, a parachevé l’œuvre génocidaire en nettoyant la Cilicie de sa population arménienne, avant de s’en prendre aux Kurdes et aux Alévis du Dersim dans les années 1937/38.]


Lire aussi:

Agenda - Paris : "Comprendre et combattre le négationnisme" à l'ESG


Voir les photos:

Mémoire, citoyenneté et géopolitique à l’ESG (1ère partie)

Mémoire, citoyenneté et géopolitique à l’ESG (2ème partie)

Mémoire, citoyenneté et géopolitique à l’ESG (3ème partie)



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