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La Turquie épinglée par Human Rights Watch
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - La Turquie n’est pas au niveau en matière de défense des droits de l’homme, indique un rapport produit par Human Rights Watch. HRW a identifié comme secteurs problématiques récurrents : la détention arbitraire, l'accusation et la condamnation selon les lois anti-terroristes ainsi que des restrictions à la liberté de parole et d'expression. Le rapport 2011 ajoute que la Turquie avait réalisé "peu de progrès concrets concernant la réalisation de son plan de 2009 visant à améliorer les droits humains des Kurdes en Turquie." Et signale qu’„Un trop grand nombre de gouvernements ont tendance à accepter les prétextes et arguments fallacieux avancés par des gouvernements répressifs, préférant adopter des stratégies complaisantes basées sur le « dialogue » privé ou sur la coopération, au lieu d'exercer de réelles pressions visant à assurer le respect des droits humains.“ Le Collectif VAN vous propose la traduction d'un article en anglais du journal turc Hürriyet Daily News publié le 24 janvier 2011.


La Turquie n’est pas au niveau en matière de défense des droits de l’homme, indique un rapport


Lundi 24 janvier 2011

ERISA DAUTAJ ŞENERDEM
ISTANBUL

Hürriyet Daily News

Le comportement de la Turquie en matière de protection de droits de l'homme a été mitigé en 2010, avec des détentions arbitraires et des restrictions de la liberté de parole ; autant de mauvais points, selon un nouveau rapport d’un observateur international des droits de l'homme.

Si la Turquie a fait des progrès sur certaines questions des droits humains, avec des amendements constitutionnels ouvrant la voie à de nouvelles réformes, elle n’est pas au niveau sur d'autres questions, selon le rapport produit par Human Rights Watch. (Pour téléchargez le PDF du rapport complet, cliquez ici.)

Le groupe a identifié comme secteurs problématiques récurrents : la détention arbitraire, l'accusation et la condamnation selon les lois anti-terroristes ainsi que des restrictions à la liberté de parole et d'expression. Il a ajouté que la Turquie avait réalisé "peu de progrès concrets concernant la réalisation de son plan de 2009 visant à améliorer les droits humains des Kurdes en Turquie."

"Les principaux domaines d’inquiétude sur la question kurde demeurent" a déclaré lundi, Öztürk Türkdogan, le président de l'Association des droits de l'homme de Turquie, à Hürriyet Daily News & Economic Review.

Selon Türkdogan, les amendements constitutionnels récents n'ont apporté aucun changement à cet égard et la Turquie ne respecte pas un certain nombre de principes défendus dans les conventions internationales. La question de l'impossibilité de pouvoir parler sa langue maternelle dans les tribunaux, dans les contrats commerciaux et dans les pratiques religieuses est particulièrement gênante, a-t-il dit.

"En réalité, c’est peu clair, car TRT Kürtçe [le diffuseur public TRT 6] diffuse des émissions en langue kurde, mais les institutions publiques empêchent les citoyens turcs d'origine kurde d’utiliser leur propre langue", a dit Türkdogan. Il a ajouté que le gouvernement n’avait pas tenu sa promesse de 2009, d’installer des panneaux de signalisation dans les provinces du sud-est de la Turquie en turc et en kurde.

Le rapport de Human Rights Watch indique également que : “Des personnes continuent d’être accusées et condamnées pour des discours non-violents, des écrits et pour leur participation à des manifestations”, ce qui restreint considérablement la liberté d’expression, de rassemblement et d’association dans la société turque.

“Je pense que les médias ou les personnes travaillant dans les médias doivent être sanctionnés par des amendes [sÂ’ils ont abusé de leurs droits de manière disproportionnée] au prorata de leurs actes”, a déclaré lundi Durmuş Tezcan au Daily News, un avocat qui a représenté la Turquie à la Cour européenne des droits de lÂ’homme, et professeur à lÂ’université Kültür dÂ’Istanbul. Tezcan dit que continuer à garder des journalistes en détention était contre les principes établis par la Convention européenne pour les droits de lÂ’homme, qui considère quÂ’infliger une amende aux journalistes, serait une sanction bien plus appropriée dans les cas où il nÂ’y a eu ni violence verbale ni violence physique.

Türkdoğan a également dit que la législation et son application par les tribunaux sont problématiques pour les procès des journalistes, ajoutant que les juges turcs prennent normalement des décisions qui ne sont pas conformes aux principes établis par les conventions internationales, en particulier la Convention européenne des droits de lÂ’homme.

Le rapport dit aussi que les restrictions de longue durée d'accès aux sites tels que YouTube représentaient une restriction extrême de la liberté de parole. Il a aussi dit que : "Les journaux politiques de gauche et pro-kurdes étaient soumis à des fermetures arbitraires."

Le droit de rassemblement est un autre sujet dÂ’inquiétude soulevé par le rapport : “Des centaines de responsables et de militants du parti pro kurde, le DTP [Parti de la société démocratique] et son successeur le BDP [Parti de la paix et de la démocratie], ont été condamnés pendant lÂ’année, y compris pour [avoir] des liens avec lÂ’Union des communautés kurdes, ou KCK, un organisme associé au Parti des travailleurs du Kurdistan, ou PKK, déclaré illégal. Sept maires, sept avocats et militants sont parmi les 151 personnes qui ont été jugées à Diyarbakır pour séparatisme présumé et appartenance au KCK.”

“La pratique de garder en détention provisoire des suspects accusés de délits non-violents pour une période prolongée avant le procès continue d’avoir lieu”, ajoute le rapport.

“Et même des représentants des militants des droits humains et des ONG, qui ne sont en aucune manière liés à la violence, sont placés en détention”, a déclaré Türkdoğan, ajoutant que ceci est une violation de leurs droits à un procès équitable. “La différence entre ceux qui utilisent la force et ceux qui ne lÂ’utilisent pas nÂ’existe pas encore. Notre Constitution [et les lois inhérentes] doivent aussi être amendées en ce sens.”

Quelques progrès ont été faits

Cependant, le rapport indique que la Turquie a fait quelques progrès en matière de protection des droits humains par le biais d’amendements constitutionnels récents. Elle a travaillé à supprimer l’immunité judiciaire des responsables politiques et des fonctionnaires d’Etat pour les crimes commis pendant et après le coup d’État du 12 septembre 1980, à réduire le rôle des tribunaux militaires turcs, à modifier les nominations judiciaires, à donner le droit de déposer une pétition individuelle auprès de la Cour constitutionnelle et elle a créé des institutions de médiation.

"Bien que la législation turque soit de meilleure qualité que celles de nombreux autres pays, il reste beaucoup à faire dans sa mise en œuvre", a dit Tezcan.

L’une des conclusions les plus saisissantes du rapport complet 2011 de Human Rights Watch est le fait que : „Un trop grand nombre de gouvernements ont tendance à accepter les prétextes et arguments fallacieux avancés par des gouvernements répressifs, préférant adopter des stratégies complaisantes basées sur le « dialogue » privé ou sur la coopération, au lieu d'exercer de réelles pressions visant à assurer le respect des droits humains.“

Bien que Tezcan ait reconnu que la CEDH avait insisté sur les progrès importants réalisés dans le domaine des droits de l'homme en Turquie, qui a passé des lois contraignantes, il a dit que la plupart des réformes ont été achevées en termes de législation et que par conséquent il fallait faire plus attention à leur mise en œuvre.

"Il est maintenant temps pour les grands pays d’étendre leurs politiques [de relations internationales] aux droits de l'homme", a déclaré Türkdogan.

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 9 février 2011 – 07:15 - www.collectifvan.org




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Source/Lien : Hürriyet Daily News



   
 
   
 
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