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Relations internationales : l’expérience turque
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le 16 février 2011, Namik Tan, ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis, a donné une conférence au sein d’une université californienne. Le sujet en était l’expérience turque dans les relations internationales. Le journaliste arméno-américain Harut Sassounian a posé à Namik Tan des questions embarrassantes, concernant les églises et les biens spoliés aux Arméniens de Turquie en 1915. Il a également demandé si M. Tan qualifierait le président des États-Unis de menteur, Obama ayant déclaré le 24 avril 2010 : "Il y a 95 ans, 1.5 million d’Arméniens a été massacré et envoyé dans des marches de la mort, lors des derniers jours de l’Empire ottoman." L’ambassadeur turc a répondu en parlant de haine (des Arméniens) et de commission d’enquête historique indépendante. Sassounian a rappelé à Namik Tan que les Arméniens ne sont pas aveuglés par la haine, mais qu’ils demandent simplement justice. Le Collectif VAN vous propose la traduction de la chronique hebdomadaire du journaliste arméno-américain, Harut Sassounian, éditée par The California Courier le jeudi 24 février 2011.

Légende : Namik Tan, ambassadeur de Turquie aux Etats-Unis

Trois questions auxquelles l’ambassadeur de Turquie n’a pas voulu répondre...

De Harut Sassounian
Édité par The California Courier
Éditorial de Sassounian du 24 février 2011

Le 16 février, l’ambassadeur de Turquie aux États-Unis, Namik Tan, s’est exprimé au Centre de Public Diplomacy* de l’Université Southern California (USC). Son sujet était : "Public Diplomacy : l’expérience turque."

L’ambassadeur turc a pris ses fonctions à Washington en février dernier [2010], mais peu de temps après son arrivée, il a été rappelé à Ankara, lorsque la Commission des Affaires étrangères de la Chambre a adopté une résolution reconnaissant le génocide arménien.

L’ambassadeur Tan n’est pas un inconnu à Washington : il a été conseiller de l’ambassade de 1991 à 1995 et premier conseiller de 1997 à 2001. Au cours de sa longue carrière diplomatique, il a également été ambassadeur en Israël, deuxième secrétaire de l’ambassade de Turquie en Russie et sous-secrétaire adjoint au ministère des Affaires étrangères à Ankara.

Lors de sa visite à Los Angeles ce mois-ci, l’ambassadeur enjôleur a réussi à rencontrer le maire Antonio Villaraigosa, il a parlé au World Affairs Council et a organisé des rencontres avec le Comité juif américain, des responsables de la communauté turque et le comité éditorial du Los Angeles Times.

Avant son arrivée, l’Association des Turcs américains de Californie du Sud a posté une note sur son site, exhortant les Turcs de la région à venir assister aux apparitions publiques de l’Ambassadeur et à "montrer un soutien visible… surtout face à ses détracteurs habituels attendus."

Courant le risque d’être traité de "détracteur", j’ai décidé d’assister à un discours de l’ambassadeur, qui, ironiquement, avait lieu au Ronald Tutor Campus Center de l’USC– qui porte le nom de son bienfaiteur arménien, le fils d’Al Tutor (Varjabedian), un survivant du génocide. Je me suis frayé un chemin parmi une multitude d’agents secrets américains, d’agents de sécurité du campus et de gardes du corps turcs, qui étaient presque plus nombreux que les invités. Fait encore plus surprenant, il n’y avait qu’une poignée d’Arméniens et de Turcs parmi les participants qui étaient principalement des étudiants et des professeurs de l’USC.

L’ambassadeur Tan, qui a parlé dans un anglais parfait pendant une demi-heure, a présenté son pays sous le meilleur jour possible. Puisqu’il n’a pas abordé les questions arméniennes, j’ai décidé de lui poser les trois questions interdépendantes suivantes :

Le gouvernement turc a récemment fait restaurer quelques églises arméniennes. Il existait des milliers d’églises et de monastères arméniens en Turquie avant le génocide, mais la plupart de ces monuments ont été convertis en mosquée, en entrepôts et en étables, et nombreux sont ceux qui furent détruits. N’est-il pas temps pour le gouvernement turc de restituer ces églises arméniennes au patriarcat arménien d’Istanbul ? De même, après la déportation et le massacre des Arméniens, leurs biens sont restés, leurs maisons, leurs terres et tout ce qui leur appartenait. N’est-il pas temps pour le gouvernement turc de restituer ces biens aux héritiers des propriétaires arméniens initiaux ? Pour finir, en ce qui concerne la question du génocide arménien, le président Obama a dit dans sa déclaration du 24 avril : "Il y a 95 ans, 1.5 million d’Arméniens a été massacré et envoyé dans des marches de la mort, lors des derniers jours de l’Empire ottoman." Si vous dites que ce n’est pas vrai, qualifieriez-vous le président des États-Unis de menteur ?

Voici la réponse de l’ambassadeur Tan :

"Cette haine devrait cesser. Nous devrions tourner la page le plus vite possible. C’est pourquoi nous essayons de tendre la main à nos amis arméniens et nous avons signé les protocoles [Arménie-Turquie]. Dans ces protocoles, l’une des propositions que nous avons faite est que nous voulons qu’une commission d’enquête historique indépendante soit établie, qui comprendrait des représentants de tous les pays, des USA, de France ou de tout autre pays. Cette commission étudierait ces revendications et nous examinerions sa décision ensemble. Mais on ne peut pas légiférer avec l’histoire. Ce n’est pas de cette façon que l’histoire peut être jugée. Donc, je pense que ceci a créé beaucoup de mauvais sentiments dans nos sociétés. Les Arméniens ont grandement contribué historiquement à notre vie sociale. Par conséquent, nous avons besoin de continuer dans ce genre d’engagements, mais cette haine devrait cesser."

J’ai poliment rappelé à l’ambassadeur Tan qu’il n’avait pas répondu à mes questions. Il m’a répondu en disant : "Ceci est ma réponse." Il n’était sans doute pas préparé à des questions politiques aussi sensibles. En esquivant les miennes, il a laissé une impression négative au public, malgré ses hautes références diplomatiques.

À la fin, l’ambassadeur Tan est venu vers moi, il m’a serré la main et m’a remercié pour mes questions. Je lui ai dit que son évaluation était inexacte, car la question arménienne n’avait rien à voir avec la "haine." J’ai expliqué qu’un grand crime avait été commis par les Turcs contre la nation arménienne, et que les Arméniens ne sont pas aveuglés par la “haine”, mais qu’ils demandent simplement "justice." L’ambassadeur s’est retourné et est parti, avec un mystérieux sourire aux lèvres !

Bien que l’ambassadeur Tan ait évité de répondre à mes questions, notre échange public a eu l’effet bénéfique de révéler à l’audience de l’université, à l’ambassadeur et à son entourage, les réclamations équitables du peuple arménien pour les crimes commis par la Turquie. De fait, il est impératif de défier les responsables turcs en toute occasion, afin que ni eux ni leur public ne puissent ignorer les griefs des Arméniens.

*Terme non traduit en français : Dans le domaine des relations internationales, la public diplomacy est une expression ayant émergé au milieu des années 1960 pour décrire la conduite d’une politique extérieure par la communication avec les peuples étrangers (source Wikipedia).

©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 24 février 2011 – 07:40 – www.collectifvan.org


Lire aussi :

La réponse en anglais de l'Ambassadeur de Turquie, Namik Tan, dans le Washington Times (2 pages)




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