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La Turquie commémore le génocide des Tutsi…
Publié le : 12-04-2011

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Grande première à Paris et Bruxelles : des représentants de l’Etat turc ont assisté pour la première fois, le 7 avril 2011, aux commémorations du génocide… des Tutsi perpétré en avril 1994 au Rwanda. En ce qui concerne la commémoration parisienne, une conseillère de la délégation de la Turquie (vraisemblablement auprès de l’Unesco) est venue se présenter. Quant à la cérémonie de Bruxelles, elle aurait été suivie par un représentant de l’Ambassade turque en Belgique. Une nouvelle stratégie se dessine donc, destinée à policer l’image d’un Etat fâcheusement négationniste depuis 96 ans envers les génocides et massacres de masse qu’il a commis à l’encontre de ses propres populations arménienne, grecque, assyro-chaldéenne-syriaque, kurde, alévie, sans compter l’antisémitisme récurrent qu’il favorise dans toutes les strates de la société. A moins que ce ne soit un « avertissement » destiné à la diplomatie française : « si vous vous occupez du génocide pour lequel la Turquie est impliquée, on s’occupera de celui des Tutsi dans lequel la France a joué un rôle »… A Paris, la conseillère turque de l’Unesco a écouté les intervenants évoquer, les uns après les autres, le génocide des Arméniens, et s’est éclipsée sans saluer les responsables d’Ibuka France. Et à Bruxelles, le représentant turc aurait quitté les lieux lorsqu’a été mentionné le génocide arménien de 1915. Pour mémoire, le 9 avril 2007, les Nations Unies avaient été obligées de démonter une exposition sur le génocide des Tutsi au Rwanda et de repousser son inauguration par le Secrétaire général Ban Ki-Moon : la mission turque avait émis des objections face aux références au génocide arménien, perpétré en Turquie au cours de la première guerre mondiale. Plusieurs heures après le montage de l'exposition, un diplomate turc avait en effet repéré des mots « offensants » dans une section intitulée « Qu'est-ce qu'un génocide? » et il avait émis des objections. Le passage disait que « à la suite de la première guerre mondiale, pendant laquelle un million d'Arméniens ont été massacrés en Turquie », Raphaël Lemkin, un juriste polonais, à qui on attribue l'invention du terme génocide, « a poussé la Société des Nations à reconnaître les crimes de barbaries comme crimes internationaux ». En avril 2007, l’Etat turc avait donc, par ricochet, porté atteinte à la mémoire des victimes du génocide des Tutsi, mémoire qu’il prétend honorer désormais…

Nota Bene de dernière minute : contactée, l'association Ibuka de Belgique n'a pas confirmé l'information de la présence d'un représentant de la Turquie à Bruxelles, pourtant signalée par un participant.

Légende photo : Marcel Kabanda, Président d'Ibuka France, ouvre la cérémonie de commémoration du génocide des Tutsi (Rwanda), au Mur de la Paix - Paris



Le 7 avril 2011, Ibuka France et l’UEJF avaient organisé un rassemblement au Mur de la Paix (Champ de Mars) à Paris pour commémorer le 17e anniversaire du génocide des Tutsi perpétré en avril 1994 au Rwanda. Le Collectif VAN était, comme à chaque fois, partenaire de cet événement annuel, comme le sont SOS Racisme et le Collectif Urgence Darfour. De nombreux délégués d’associations juives de France étaient présents dont ceux du Mémorial de la Shoah et du Crif. L’UEJF est d’ailleurs moteur depuis plusieurs années, dans le travail de mémoire et de justice autour du génocide des Tutsi. Parmi les diplomates, notons la présence de M. Jacques Kabalé, Ambassadeur du Rwanda en France et de M. Viguen Tchitetchian, Ambassadeur d’Arménie en France, venu témoigner de sa solidarité envers les Tutsi, comme il le faisait à Bruxelles où il était en poste jusqu’en 2009. Du côté des politiques, sont intervenus Pierre Aidenbaum, Maire du 3e arrondissement de Paris, Christiane Taubira, députée de la Guyane et les représentants des jeunesses socialistes et du Modem.

Mais avril 2011 marque un tournant. Car on a assisté à une grande première à Paris et à Bruxelles : pour la première fois, des représentants de l’Etat turc ont assisté aux commémorations du génocide des Tutsi. En ce qui concerne la commémoration parisienne, une conseillère de la délégation de la Turquie (vraisemblablement auprès de l’Unesco) est venue se présenter. Quant à la cérémonie de Bruxelles, elle aurait été suivie par un représentant de l’Ambassade turque en Belgique. Une nouvelle stratégie se dessine donc, destinée à policer l’image d’un Etat fâcheusement négationniste depuis 96 ans envers les génocides et massacres de masse qu’il a commis à l’encontre de ses propres populations arménienne, grecque, assyro-chaldéenne-syriaque, kurde, alévie, sans compter l’antisémitisme récurrent qu’il favorise dans toutes les strates de la société.

Alors, nouvelle stratégie ou « avertissement » destiné à la diplomatie française ? « Si vous vous occupez du génocide pour lequel la Turquie est impliquée, on s’occupera de celui des Tutsi dans lequel la France a joué un rôle »… La France dont il a souvent été question ce 7 avril 2011. Il a été annoncé qu’une loi prévoyant l’établissement d’un Pôle génocide et crimes contre l’humanité au sein de la justice française va être débattu au Sénat le 14 avril. Le pôle génocide permettra de rendre plus rapide et plus efficace les procédures judiciaires engagées en France contre des personnes soupçonnées d’être les auteurs de tels crimes. Bien que le pôle ne voie pas sa compétence limitée à certaines affaires en particulier, l’annonce de sa création fait expressément référence au cas de la quinzaine de ressortissants Rwandais actuellement poursuivis en France pour leur rôle présumé dans le génocide des Tutsi au Rwanda en avril 1994.

A Paris, la conseillère turque de l’Unesco a écouté les intervenants évoquer, les uns après les autres, le génocide des Arméniens, la Shoah et bien sûr, le génocide des Tutsi et elle s’est éclipsée sans saluer les responsables d’Ibuka France. A Bruxelles, le représentant turc aurait, lui, quitté les lieux lorsqu’a été mentionné le génocide arménien de 1915.

Notons pour le rassemblement parisien au Mur de la Paix (Champ de Mars), parmi tous les discours forts et émouvants, celui de Marcel Kabanda (Président d’Ibuka France), de l’écrivain Marek Halter (« Il y a trois génocides au XXe siècle : celui des Arméniens, celui des Juifs et celui des Tutsi »), d’Arielle Schwab, Présidente de l’UEJF sur le partage des mémoires, de Dominique Sopo, Président de SOS Racisme, de Richard Odier, au nom du Centre Simon Wiesenthal et des valeurs de Justice qu’il défend, de Baki Youssoufou de la Confédération étudiante et de Marc Knobel du Crif. Ce dernier a exprimé sa douleur d’être présent à cette commémoration du 7 avril et a, entre autres, fustigé le négationnisme du génocide arménien sur internet (le négationnisme du génocide des Tutsi n’est d’ailleurs pas en reste et fait l’objet d’une grande désinformation sur internet).

Comme l’a souligné Séta Papazian, Présidente du Collectif VAN « Tant que le génocide arménien restera impuni, il y aura toujours un génocidaire, quelque part dans le monde, pour tenter sa chance et se dire ‘moi aussi je vais passer entre les gouttes’ ». En tant que descendante de rescapés du génocide perpétré contre la population arménienne de l’Empire ottoman en 1915, elle a exprimé sa solidarité avec les Tutsi et a rappelé les actions communes menées avec Ibuka France, la prochaine se tenant le lundi de Pâques, 25 avril 2011, sur le Parvis de Notre-Dame de Paris : 25 avril 2011 : Journée de sensibilisation aux génocides et à leur négation.

On retiendra aussi de ce rassemblement, l’émotion palpable de notre ami tutsi Alain Ngirinshuti, d’Ibuka France, rescapé du génocide, en charge de la présentation de la journée et qui a eu du mal à contenir ses larmes après le discours de Marc Knobel.

C’était il y a 17 ans. C’était hier. Cette journée a mis en avant l’universalité des revendications de reconnaissance des génocides. Et la nécessité d’une justice tant attendue par les victimes. Attendue depuis 17 ans pour les Tutsi. Et depuis près d’un siècle par les Arméniens, comme l’a rappelé Richard Odier.

Le négationnisme est protéiforme et commun à tous les génocides. Pour mémoire, le 9 avril 2007, les Nations Unies avaient été obligées de démonter une exposition sur le génocide des Tutsi au Rwanda et de repousser son inauguration par le Secrétaire général Ban Ki-Moon : la mission turque avait émis des objections face aux références au génocide arménien, perpétré en Turquie au cours de la première guerre mondiale. Plusieurs heures après le montage de l'exposition, un diplomate turc avait en effet repéré des mots « offensants » dans une section intitulée « Qu'est-ce qu'un génocide? » et il avait émis des objections. Le passage disait que « à la suite de la première guerre mondiale, pendant laquelle un million d'Arméniens ont été massacrés en Turquie », Raphaël Lemkin, un juriste polonais, à qui on attribue l'invention du terme génocide, « a poussé la Société des Nations à reconnaître les crimes de barbaries comme crimes internationaux ». En avril 2007, l’Etat turc avait donc, par ricochet, porté atteinte à la mémoire des victimes du génocide des Tutsi, mémoire qu’il prétend honorer désormais…

Ce 7 avril 2011, après le rassemblement au Mur de la Paix, les présents se sont dirigés en cortège vers le Parvis des Droits de l’Homme au Trocadéro.

Le soir, une Veillée commémorative a réuni les familles et sympathisants au siège de Médecins du Monde dans le 18e. Devant une salle comble, a été proposé un programme composé de témoignages, de poèmes (avec le talentueux Gaël Faye, membre du CPCR) et d’intermèdes musicaux.
Souhaitons, pour les années à venir, que les Français d’origine arménienne soient plus nombreux à commémorer la douleur de leurs frères tutsi au Mur de la Paix.

Conçu par le peintre Clara Halter, femme de l’écrivain Marek Halter, et réalisé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte, le mur a été érigé pour marquer le passage à l’an 2000, il a été inauguré le 30 mars 2000 par le Président de la République Jacques Chirac. Le monument se compose d’une charpente métallique habillée d’un bois exotique, d’inox et de panneaux de verre sur lesquels le mot paix est écrit en 32 langues différentes, le tout est encadré par autant de colonnes représentant chacune une langue.

L’une des colonnes qui s’élève à la droite de ce Mur est consacré au mot Paix en arménien : « Խաղաղություն » (Khakharoutioun)…


Collectif VAN - 12 avril 2011 - 07:20 - www.collectifvan.org


PETITION

Marcel Kabanda a appelé à signer une pétition en ligne sur :
www.appel.ibuka-france.org. Il importe que cette pétition réunisse le plus grand nombre de signataires :


« Le génocide des Tutsi du Rwanda, perpétré entre avril et juillet 1994, est l'un des plus terribles événements de l'histoire du XXe siècle.

Selon un plan d'extermination systématisé, des milices ont été formées et la population mobilisée pour décimer les Rwandais Tutsi et assassiner tous ceux qui s'opposaient à cet anéantissement. En cent jours, plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants ont été massacrés parce qu'ils étaient Tutsi.

Devant la violence inouïe qui régnait sur les collines rwandaises, les représentants de la communauté internationale ont fui. Les grandes puissances ont refusé de s’interposer entre les bourreaux et les victimes. Elles ont abandonné les populations Tutsi alors qu’elles les savaient condamnées.

Faire mémoire du génocide des Tutsi aujourd’hui relève de la pleine responsabilité de toute l'Humanité. C’est un devoir qui nous incombe à la fois pour restituer une part d’humanité à celles et à ceux qu’une politique génocidaire avait réduit à des « cafards » et prévenir d’autres projets d’extermination de masse, qui profitent de l’oubli des tragédies antérieures. C’est aussi redonner un supplément d'âme à la conscience universelle.
Ainsi, pour marquer avec force le devoir de perpétuer la mémoire des victimes de ce génocide :

- Nous en appelons au Président de la République française pour qu'un mémorial voie le jour dans notre pays en hommage aux victimes du génocide des Tutsi.

Ce lieu de mémoire permettra à tout un chacun de se recueillir, comme il a su le faire au nom du peuple français, au Mémorial de Gisozi à Kigali le 25 février 2010.

- Nous en appelons également au Maire de Paris pour que ce projet de mémorial soit érigé dans la capitale.

- Nous en appelons enfin à tous les maires de France pour que, dans leur circonscription, soient établis des lieux de commémoration qui, en immortalisant la mémoire des victimes, délivreront un message de paix universelle. »







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