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A la Une - Istanbul : Exposition sur la Mémoire arménienne
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Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le photographe Antoine Agoudjian exposera à Istanbul au surlendemain des commémorations internationales du génocide arménien. Du 26 avril au 5 juin 2011, son exposition « Les Yeux Brûlants » sera accueillie en Turquie par le centre Culurel Anadolu Kültür. « Antoine Agoudjian est français, né de parents arméniens, petit-fils de rescapés du génocide de 1915 ; rien de ce qui touche à l’histoire tragique de l’Arménie et de son peuple ne lui est indifférent ou lointain. La photographie est, selon son propre aveu, la manière la plus radicale d’être tout à la fois au plus près d’un peuple dispersé, déchiré, par les affres de l’histoire moderne, et au cœur de son propre questionnement » constate Benoît Rivero. C’est le riche mécène turc Osman Kavala, Directeur du DEPO, et fondateur d’Anadolu Kültür, qui va accueillir l’exposition photo d’Antoine Agoudjian : « Agoudjian reflète de manière frappante le vécu douloureux des Arméniens dans ses portraits d’aujourd’hui. Pour cette raison, l’exposition a la faculté de transmettre aux visiteurs de Turquie l’histoire de l’Anatolie et les drames de l’humanité vécus sur ces terres. Anadolu Kültür est convaincu que jouer un rôle d’intermédiaire pour assurer cette transmission est une fonction essentielle de l’art et des institutions culturelles et artistiques. » Une belle leçon en direction des autorités municipales de la ville de Valentigney en France et de la communauté turque du Doubs : le 17 juin 2006, Antoine Agoudjian, connu pour son travail sur la communauté arménienne, y avait été victime de censure. Invité par la ville de Valentigney (Doubs), il avait vu son exposition décrochée après les vives réactions de la communauté turque, forte de plusieurs milliers de personnes en pays de Montbéliard, choquée par deux légendes mentionnant le mot "génocide". Souhaitons que le travail de mémoire qui traverse la société civile de Turquie agisse comme un salutaire électrochoc sur la communauté issue de l’immigration turque, établie en France. Mais pour cela, encore faudrait-il que les autorités de la République ne faillissent pas à leur mission et ne fassent plus étalage de complaisance envers des pratiques négationnistes. Comme l’indique Agoudjian : avec Osman Kavala, « nous avons spontanément éprouvé l’envie d’agréger nos énergies, rejetant délibérément nos appréhensions, ayant pour seule motivation le vœu d’ouvrir une brèche face au rempart sectaire de l’obscurantisme pour enfin devenir les initiateurs d’un dessein utopique, celui de rendre pas à pas audible une voix qui ne l’était plus depuis 96 ans en Turquie. »


Les Yeux Brûlants

Exposition des photographies dÂ’Antoine Agoudjian
Istanbul, du 26 avril au 5 juin 2011
Depo, tĂĽtĂĽn deposu lĂĽleci hendek caddesi no.12
Tophane 34425 Istanbul
ouvert tous les jours de 11 h à 19 h – fermé le lundi

« Instantané »… Nulle part mieux que devant ces œuvres rassemblées ne se dévoile l’ambivalence d’un vocable familier et qui peut se faire si trompeur. Il n’est pas, en vérité une seule de ces photographies qui ne démontre, dans l’ordre du beau comme du juste, l’efficacité d’une irruption de la longue durée, tendre ou brutale, au cœur de tout moment spécifique et qui est de la sorte immobilisé. La force en naît, en chaque occurrence, à la rencontre de l’immédiat de la scène saisie et de la longue durée dont elle nous parle si fort. Et telle est bien la source d’une séduction sans pareille.

Cet équilibre fragile et savant, on considérera peut-être qu’il est incarné, métaphoriquement, par le personnage, en costume ancien, qui progresse en balance sur son fil, devant l’église immuable de l’arrière-plan. Quête obstinée d’une mémoire : l’artiste ne cache pas son jeu, en refus affiché de toute gratuité de l’image. La prégnance du martyre arménien est obsédante, parmi l’omniprésence du deuil, entre la barbarie des hommes et les violences de la terre qui tremble.

Mais voici que tout-à-coup se rencontre l’oiseau lumineux qui protège, in extremis, du désespoir. Comme le fait aussi l’enfance, en intimité avec les anciens, dans le chagrin obsédant, mais aussi dans la détermination d’une survie, d’un courage, d’une fidélité. Les noirs en aplat, les blancs en taches soudaines, les gris dans les incertitudes des combats dont l’énergie se reflète et déborde au dehors d’elle-même, tout un dégradé maîtrisé confère leur pleine intensité à l’humanité des visages marqués par les épreuves qui ont labouré les vieillards, en contraste avec l’ingénuité du jeune âge –mais non pas avec ses larmes.

Pas trace, ici, d’un didactisme ; mais le talent rare d’offrir au regard et à la pensée la trace indélébile d’un passé torturé –un passé qui pourtant laisse ouvert le chemin d’une paix rêvée, du côté des champs, de la mer et du bitume. Les peuples que l’Histoire a martyrisés viennent ainsi, selon l’intention dont l’artiste, sans rien en dissimuler, a choisi d’éclairer sa création, nous parler, grâce à lui, de ce que la suite des temps arrachera –peut-être- aux fatalités de la douleur perpétuée. Et de cette lumière aussi on lui est reconnaissant.

Jean-Noël Jeanneney Historien, Président des Rencontres d’Arles


Les Yeux Brûlants

La photographie m’a permis d’ouvrir la boîte de pandore d’une mémoire qui clandestinement habitait en moi. Aussi loin que je puise dans mes souvenirs, j’ai toujours subi cette intense pression dans ma poitrine qu’il me faut aujourd’hui encore contenir. J’ai dans la pénombre, débuté il y vingt ans cette quête vers la lumière et cherché à mettre en images les récits oniriques que les réfugiés arméniens m’ont légués.


Exil.

J’ai puisé ces allégories dans mon imaginaire. Loin de constituer une étude scientifique, elles s’appuient sur les métaphores qui hantent mon esprit. Mon œuvre ne repose pas exclusivement sur un accouchement introspectif puisé dans l’héritage de mon histoire. Elle est par-dessus tout torturée par les fantômes qui peuplent ma mémoire.


DĂ©niÂ…

Ces symboles habitent à l’intérieur de moi, ils me dévorent et j’éprouve le besoin irrépressible de les faire émerger de mon âme et de me rendre dans l’antre informe de cette histoire afin que le miracle photographique se produise, exhumant les vivants des ténèbres. Ainsi l’arôme des parfums disparus se libère de l’amphore. Sur cette terre sacrée j’ai découvert des pièces secrètes enfouies dans mon inconscient où des visages inconnus mais étrangement familiers apparurent. Certains m’ouvrirent le livre secret, d’autres le tinrent fermement clos. Tous pourtant me donnèrent le sentiment de savoir pourquoi j’étais là…

Antoine AGOUDJIAN


Rarement l’identité, le destin et le travail d’un photographe se seront à tel point confondus avec celui de la communauté humaine dont il est issu. Antoine Agoudjian est français, né de parents arméniens, petit-fils de rescapés du génocide de 1915 ; rien de ce qui touche à l’histoire tragique de l’Arménie et de son peuple ne lui est indifférent ou lointain.

La photographie est, selon son propre aveu, la manière la plus radicale d’être tout à la fois au plus près d’un peuple dispersé, déchiré, par les affres de l’histoire moderne, et au cœur de son propre questionnement : “Au départ, la photographie était une alliée de second plan, mais elle s’est très vite transformée en véhicule essentiel de mes émotions […]. Ma rencontre avec la photographie a été une planche de salut, elle s’est imposée à moi comme moyen d’expression de ma sensibilité artistique”.

C’est en 1989, un an après le terrible tremblement de terre qui ravagea l’Arménie, qu’il réalise ses premières images au cours d’une mission humanitaire qui lui fait concrètement découvrir les terres sinistrées de ses ancêtres. De cette expérience fondatrice naît un projet de longue haleine : dresser l’inventaire des lieux de la mémoire arménienne et rendre compte de la diversité géographique et humaine de ceux et celles qui s’en réclament. Les Yeux Brûlants est le fruit de cette immersion dans les grandes diasporas arméniennes d’Irak, de Jordanie, du Liban, de Turquie ou de Jérusalem, dont la population dépasse celle des Arméniens d’Arménie. En découvrant ces images fortes et subtiles au noir et blanc parfaitement maîtrisé, on mesure la richesse d’une culture, la profondeur de ses racines, la force du rêve plurimillénaire de ses acteurs.

Benoit RIVERO


Anadolu Kültür a été créé en 2002 pour contribuer à la vie culturelle et artistique dans les régions hors Istanbul.

L’institution a organisé des expositions, projections de cinéma, ateliers et différentes activités avec la participation des artistes stambouliotes et européens. Des centres culturels ont été ouverts à Diyarbakir, dans le sud-est du pays, et à Kars, situé à la frontière du nord-est. Anadolu Kültür a également commencé à mettre en œuvre des collaborations avec des artistes et institutions culturelles d’Arménie à partir de 2005. Des expositions d’art contemporain ont été réalisées avec la participation des artistes des deux pays, une plate-forme commune de cinéma a été créée et des recherches en histoire orale ont été menées. En été 2010, des jeunes musiciens de deux pays ont créé ensemble un orchestre symphonique et ont donné un concert a Istanbul.

Plusieurs activités ont été organisées en automne 2010 dans le cadre de la commémoration du 75ème anniversaire de la mort du célèbre musicien arménien Gomidas qui a mené des recherches précurseurs sur la musique en Anatolie. Anadolu Kültür a également coproduit le film d’animation Chienne d’Histoire primée au Festival de Cannes en 2010 du réalisateur franco-arménien Serge Avédikian. Dans ce contexte, accueillir l’exposition photo d’Antoine Agoudjian à partir du 26 avril prochain marque une étape importante pour nos activités.

Les photographies noir et blanc d’Agoudjian, qui peuvent être qualifiées d’être hors du temps, seront encore plus fascinantes lors de leur exposition à l’ancien Dépôt du Tabac qui fonctionne désormais comme un centre culturel. En organisant cette exposition, notre objectif n’était pas seulement artistique. Agoudjian reflète de manière frappante le vécu douloureux des Arméniens dans ses portraits d’aujourd’hui. Pour cette raison, l’exposition a la faculté de transmettre aux visiteurs de Turquie l’histoire de l’Anatolie et les drames de l’humanité vécus sur ces terres. Anadolu Kültür est convaincu que jouer un rôle d’intermédiaire pour assurer cette transmission est une fonction essentielle de l’art et des institutions culturelles et artistiques.

Osman Kavala Directeur du DEPO Istanbul Janvier 2011


La genèse du Projet

J’ai conçu cette exposition, comme je l’ai fait à chaque fois, en accord avec le caractère du lieu d’accueil, en tenant compte de la surface d’exposition offerte et de son architecture, un lieu possède toujours une âme, c’est une méprise de composer sans lui. Des colonnes immuables étaient présentes au centre de l’espace, « Le Depo », ce qui pouvait contrarier les distances et la visibilité. J’ai donc décidé d’en faire des atouts qui contribuent à la narration. Ainsi, durant plusieurs mois j’ai élaboré une scénographie avec le parti pris d’utiliser les images comme des mots, qui assemblées les unes aux autres constituent mon récit.

Je me savais limité dans mes choix sémantiques, certains thèmes ou leur simple évocation étant passibles de condamnation en Turquie, Dans mon cas le principal risque que je voulais à tout prix éviter était d’élaborer un projet mort-né… La genèse de ce projet d’exposition a pris naissance il y a plus d’un an, lorsque la Fondation Calouste Gulbenkian me proposa de financer une exposition de mon travail sur Paris. Je savais que cette exposition dans la capitale allait offrir à mon travail une meilleure visibilité, mais certains obstacles offrent les clefs pour comprendre qu’il existe une perspective encore meilleure. C’est alors qu’un matin j’eu cette idée folle d’envisager cette exposition au cœur même du lieu, du site historique où la polémique tire sa substance.

J’ai trouvé des interlocuteurs courageux qui très vite ont exprimé le désir de m’accompagner dans cette aventure inédite, ambitieuse et périlleuse. Je fis alors la rencontre d’Osman Kavala président du « Depo » qui connaissait déjà mon travail. En effet, en 2009, le journal Agos créé par le journaliste turc d’origine arménienne Hrant Dink, assassiné en 2007, a publié sur chaque hebdomadaire (52 numéros/ an) un quart de page avec une image tirée de mon livre Les Yeux Brûlants paru dans la collection Photo poche - Ed. Actes Sud.

Nous avons spontanément éprouvé l’envie d’agréger nos énergies, rejetant délibérément nos appréhensions, ayant pour seule motivation le vœu d’ouvrir une brèche face au rempart sectaire de l’obscurantisme pour enfin devenir les initiateurs d’un dessein utopique, celui de rendre pas à pas audible une voix qui ne l’était plus depuis 96 ans en Turquie.

Antoine Agoudjian Janvier 2011



Biographie dÂ’Antoine Agoudjian

1961 Naissance le 6 Février à St. Maur, en France, de Clément et d’Ankiné Agoudjian ouvriers dans le textile.
1989 A la suite du tremblement de terre en Arménie, il part deux ans avec une ONG comme logisticien et interprète. Il commence ses premières images quand son travail d’aide humanitaire le lui permet.

1990 De retour en France publication de son premier livre aux Editions Parenthèses : Le Feu sous la Glace préfacé par Alberto Moravia. La Fnac Galerie organise une exposition itinérante pour le lancement de son livre.
1991 Débute un projet sur les indigents et contacte les Restos du Cœur afin de compléter son travail au sein d’une structure humanitaire.

1992-2003 Travaille Parallèlement dans le laboratoire Photographique professionnel de renom où il devient un expert en développement des films et en tirage argentique noir & blanc. 1992 Rencontre Robert Doisneau qui l’aidera à mettre en forme son deuxième livre édité par Calmann Levy : Portraits des Restos du Cœur. Il expose au Tapis Rouge à Paris pour le lancement de son livre et l’exposition circulera dans toute La France avec la Fnac Galerie. Il entre à l’Agence Rapho sous l’impulsion de Robert Doisneau.

1996 Commande par les Editions Parenthèses d’un regard sur Istanbul pour la publication de son troisième livre : « Istanbul peut-être », chez Parenthèses préfacé par Michée Jacobi.

1999 Exposition sur le toit de la Grande Arche de la Défense et publication de son quatrième ouvrage regroupant dix années de reportage sur les Arméniens du Caucase : Rêves Fragiles, chez Actes Sud, préfacé par Gérard Guéguan; l’exposition circulera en France et en Europe.

1999-2006 Débute son projet sur la mémoire par la vieille ville de Jérusalem. Il poursuit au Liban, en Syrie, en Anatolie, en Asie Mineure, en Irak sous le chaos, en Iran, en Géorgie et en Arménie.

2003 Il se consacre entièrement à son projet sur les empreintes de la mémoire.

2005 Exposition lors de l’inauguration du premier Centre Européen du Patrimoine Arménien à Valence.

2006-2007 Publication de son cinquième livre dans la mythique collection Photo Poche dirigée par Robert Delpire : Les Yeux Brûlants, préfacé par le cinéaste canadien Atom Egoyan et édité par Actes Sud.

2007-2011 Il expose ses œuvres dans de nombreux espaces dédiés : galerie, musées, bibliothèques à l’occasion notamment de l’Année de l’Arménie en France ; expositions programmées sous le label : Arménie mon amie. Nombreuses parutions sur son travail dans la presse nationale et internationale.

Aujourd’hui Antoine Agoudjian poursuit son aventure et nourrit son œuvre photographique sur les empreintes de sa mémoire…





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 Dossier de Presse Exposition Agoudjian Istanbul




   
 
   
 
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