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Le « 24 avril 1915» commémoré pour la deuxième année consécutive en Turquie
Publié le :

26 avril 2011
Par Jean Marcou

OVIPOT

Pour la deuxième année consécutive, des manifestations ont commémoré, en Turquie, le «24 avril 1915», début du génocide des Arméniens de lÂ’Empire ottoman. Mais cette année, ces manifestations ne sont pas restées circonscrites à Istanbul, cinq autres villes (Ankara, Bodrum, Bursa, Diyarbakır et Izmir), ont accueilli des commémorations similaires. À Istanbul même, quelques centaines de personnes ont manifesté, Place Taksim, à lÂ’appel notamment dÂ’IDH (Insan Hakları Derneği, lÂ’Association des Droits de lÂ’Homme). Mais un rassemblement sÂ’est tenu également dans le quartier de Sultanahmet, en face du Musée des arts turcs et islamiques, pour rappeler que ce dernier avait été une prison où avaient été incarcérés les intellectuels arméniens dÂ’Istanbul, avant d’être déportés ou envoyés vers la mort. Les militants dÂ’IDH ont expliqué quÂ’il fallait que ce genre de lieux de mémoire cesse d’être couverts par lÂ’ignorance et les tabous officiels. LÂ’un dÂ’entre eux, lÂ’avocat Ahmet Tamer a déclaré notamment : «L’évocation du génocide des juifs ou de celui des autochtones américains ne posent désormais aucun problème. Mais pourquoi hésite-t-on encore à parler du génocide commis sur ces terres ? Je suppose que cÂ’est parce que nous avons du mal à nous confronter à nous-mêmes.»

Comme lÂ’observe Guillaume Perrier dans «Le Monde» (édition du 26 avril 2011), «après un long silence en Turquie sur le génocide dÂ’environ un million et demi dÂ’Arméniens ottomans, les commémorations du 24 avril 1915, date du début du génocide, se banalisent». Le phénomène remonte à 2005, lorsquÂ’une université privée dÂ’Istanbul, lÂ’Université de Bilgi, a accueilli pour la première fois en Turquie, un colloque consacré au sujet, qui venait d’être interdit dans une université publique. Deux ans plus tard, lÂ’assassinat du journaliste turc dÂ’origine arménienne, Hrant Dink, devait provoquer une manifestation de près de 100000 personnes, défilant au cÂœur dÂ’Istanbul, aux cris de «Nous sommes tous des Arméniens !» (cf. notre édition du 30 janvier 2007). En décembre 2008, des intellectuels turcs décidaient de lancer la pétition «Özürdiliyorüz», demandant pardon aux Arméniens, une initiative qui, en dépit des tentatives faites en ce sens, ne fit pas lÂ’objet de poursuites judiciaires (cf. notre édition du 22 janvier 2009). Enfin, lÂ’an dernier pour la première fois des manifestations commémoraient «le 24 avril» à Taksim et devant la gare de Haydarpaşa, à Istanbul (cf. notre édition du 28 avril 2010). On remarque par ailleurs, que depuis ces dernières années, des ouvrages scientifiques sur le génocide, notamment ceux de lÂ’historien turc, Taner Akşam, sont souvent accessibles dans les librairies spécialisées.

Cette évolution est sans doute le résultat des mutations politiques qui se sont produites au cours de la dernière décennie, et qui ont vu la société turque remettre en cause ou tout au moins questionner un certain nombre de tabous de l’Histoire officielle. Cette accentuation de la démocratisation et de la revendication d’un Etat de droit véritable suscite une aspiration de plus en plus forte à connaître le passé et à percer le secret qui entoure un certain nombre d’événements sensibles (massacres de Dersim en 1938, impôt sur l’existence pendant la seconde guerre mondiale, pogroms contre les Grecs d’Istanbul en 1955…). On observe d’ailleurs que la dénonciation de ces tabous est aussi souvent présente dans la production littéraire ou cinématographique en Turquie, ces dernières années.

Ce mouvement nÂ’a toutefois pas fait évoluer la position officielle sur le génocide. Le gouvernement de lÂ’AKP, qui a pourtant joué un rôle non négligeable dans la démilitarisation du système politique et dans lÂ’ouverture de la société turque, que nous évoquions précédemment, a repris, à cet égard, la position de ses prédécesseurs : les massacres, déportations et éliminations systématiques qui se produits en 1915 ne constituent pas un «génocide», mais sont la conséquence regrettable des malheurs endurés par les peuples de lÂ’Empire ottoman pendant le premier conflit mondial. CÂ’est sur ces bases que les autorités turques ont réagi aux propos attendus du président des Etats-Unis sur la question. Bien que Barack Obama nÂ’ait à nouveau pas prononcé le mot de «génocide» cette année, et quÂ’il se soit contenté d’évoquer «la grande catastrophe», le ministre turc des affaires étrangères sÂ’est dit déçu. Observant que la déclaration du président américain avait été faite le 23 avril, Ahmet Davutoğlu a en effet regretté quÂ’elle ait été «partiale» et quÂ’elle ne soit pas souvenu que cette date est aussi en Turquie la fête de la souveraineté et des enfants. Si ce maintien de la position officielle à l’égard du «24 avril» nÂ’est en lÂ’occurrence pas nouveau, en revanche lÂ’attachement à la célébration du «23 avril» exprimé par un ministre de lÂ’AKP peut surprendre, quand on sait quÂ’un certain nombre de municipalités du parti majoritaire ont eu tendance à «snober», ces dernières années, cette fête considérée comme kémaliste, pour lui préférer la célébration de la naissance du prophèteÂ… Mais cÂ’est bien là, la seule innovation qui transparaît dans la réaction officielle du gouvernement turcÂ…

Jean Marcou




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