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Commémoration du Génocide des Arméniens : Intervention de Jean-Paul Bret
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous soumet ici le discours de Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, prononcé le 23 avril 2011 à l'occasion de la commémoration du Génocide des Arméniens.













Intervention de Jean-Paul Bret

samedi 23 avril 2011

Reconnaissance du génocide arménien de 1915

Mesdames et messieurs,

Lorsqu’il y a quelques années nous avons choisi d’organiser cette veillée en souvenir du génocide des Arméniens, nous avions l’ambition de faire vivre la culture arménienne, de la faire découvrir à ceux qui ne la connaissaient pas, de la révéler quand les organisateurs du génocide avaient, au contraire, choisi de la faire disparaître 90 ans plus tôt, dans l’Empire ottoman. Ce faisant, nous voulions également porter la parole de la reconnaissance sur la place publique afin de dire notre indignation à ceux qui doutent, à ceux qui nient, donc à la Turquie d’aujourd’hui.

Si la société turque évolue, si elle aspire à entrer dans l’Europe, elle persiste dans son mensonge sur l’histoire arménienne, mensonge qu’elle diffuse par ses diplomates, par ses universitaires, par ses intellectuels. Certes, il existe aujourd’hui des historiens et des artistes, comme le prix Nobel de littérature Oran Pamuk, qui exigent de sortir la question arménienne du silence, mais ils n’en demeurent pas moins une minorité.

C’est mieux que rien. Toutefois, leurs prises de position, encore trop isolées, restent insuffisantes. Depuis 96 ans, le génocide arménien demeure le très grand tabou de la Turquie et de ses autorités. Comment accepter qu’en Turquie, le nom des principaux responsables du génocide, qu’ont été Talaat Pacha, Enver Pacha, Djemal Pacha soit donné à des espaces publics et même à des écoles, c’est-à-dire là où s’apprend l’histoire, là où se construit la citoyenneté ?

Accepterions-nous qu’à Berlin ou à Munich, les noms des artisans de la Solution finale, comme Himmler ou Eichmann s’affichent dans les rues et les établissements scolaires ? Cela scandaliserait le monde, quand à l’égard de la Turquie, le monde se tait et manque d’exigences.

A quelques jours du vote probable par les sénateurs français de la loi visant à condamner la négation du génocide arménien, comme cela est le cas depuis longtemps pour la Shoa, les tergiversations sur la réalité du génocide n’ont pas lieu d’être. Tout a été dit. Tout a été prouvé, ce qui n’empêche pas le travail des historiens. Le génocide des Arméniens ne souffre d’aucune contestation, répondant point par point à la définition de Raphaël Lemkin, adoptée par l’Onu et qui a servi à qualifier tous les génocides dignes de ce nom. Oui, il y a eu un plan visant l’extermination des Arméniens. Oui, quand ils n’étaient pas immédiatement tués, les Arméniens ont été soumis à des conditions de vie insoutenables qui ne pouvaient qu’entraîner leur mort. Des femmes enceintes ont été exécutées pour ne pas qu’elles perpétuent leur peuple. Des enfants et des femmes ont été déplacés dans des familles turques ou kurdes, définitivement arrachés à leur culture. Des enfants ont été poursuivis jusque dans les orphelinats pour être déportés puis tués. Il faut le répéter inlassablement.

Car ce qui se joue ici, dans ce combat sans fin, ce n’est pas seulement la mémoire. C’est l’avenir. Un génocide ne naît pas de rien. Des signes l’annoncent. Il se voit venir. Les textes de Jean Jaurès, que Marcel Maréchal, va nous lire dans quelques instants, ne concernent pas le génocide de 1915. Ils ont été écrits vingt ans plus tôt pour être prononcés à la Chambre des députés et pour défendre la cause des Arméniens que le Sultan fait exécuter, comme le dit Jean Jaurès, par «grandes masses de 3000 à 4000 victimes en un jour» face à une Europe indifférente. Ce que dénonce le député français, c’est le silence, ce silence assourdissant de l’opinion internationale, ce silence complice. C’est aussi la complaisance avec le Sultan et avec ses crimes. Tout déjà laissait présager de ce qu’il adviendrait. Les germes du malheur, qui atteindrait son paroxysme vingt ans plus tard, avaient été semés en ces ultimes heures d’un XIXe siècle sanglant. Il faut sauver les Arméniens, disait Jean Jaurès, à l’époque.

Il faut aujourdÂ’hui leur rendre leur histoire.
C’est parce qu’il combattait pour ce droit que le journaliste Hrant Dink a été assassiné par un extrémiste turc devant son journal à Istanbul.

Je voudrais remercier tout particulièrement Marcel Maréchal d’avoir accepté notre invitation, portée par Sonia Bove. Je voudrais remercier aussi les musiciens, Raphaël Youssoufian au piano, Leonor Pineyro au violon, Quentin Degeorges à la clarinette, tous trois élèves de Didier Puntos à l’Ecole nationale de musique. A tous, merci très chaleureusement de faire de votre art la voix de nos engagements.

Jean-Paul Bret
maire de Villeurbanne





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TÉLÉCHARGER :
 Discours de Jean-Paul Bret




   
 
   
 
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