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Turquie: Patrimoine arménien inviolable
Publié le : 12-07-2011

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous invite à lire une traduction de Gilbert Béguian d'un article en anglais mise en ligne sur le site de NAM (Nouvelles d'Arménie Magazine) le 7 juillet 2011.


NAM

L’auteur canadien de cet article a tout à fait raison d’insister sur la portée des actes de propriété foncière de l’Eglise arménienne de Turquie. Le permis obtenu pour la restauration de l’Eglise Saint Dominique en démontre la validité dans le droit turc ( et donc, en conséquence, en Droit International). Reste à trouver le financement, en totalité, pour transformer le franchissement de cette étape en succès total. On peut regretter qu’à ce point de ses réflexions, Bedrosyan n’ait pas mentionné les centaines de milliers de citoyens turcs descendants d’Arméniens convertis de force à l’Islam. Ceux d’entre eux qui se disent Arméniens ne sont pas moins Arméniens.

Mais on peut ne pas être d’accord avec lui, lorsqu’il affirme que les actes des ’Bolsahays’ ont plus de portée que les succès obtenus dans les diverses diasporas ; les procès aux USA sur la propriété foncière de la base d’Incirlik, ou sur la restitution des enluminures de la Bible de Zeitoun, la loi française de 2001 sur le Génocide Arménien, la décision du juge argentin incriminant l’état turc en avril 2011, pour ne citer que ceux-là, ont tout autant de portée. "Les Arméniens de Turquie méritent notre soutien". C’est sûr. Mais ce sont tous les Arméniens du monde qui méritent de se soutenir les uns les autres.

Commentaires de Gilbert Béguian pour Nouvelles d'Arménie


L’Evolution des Réalités Arméniennes et l’Eglise Saint Dominique Dikranagerd


USA Armenian Life #1263 — Evolving Armenian Realities and the Surp Giragos Dikranagerd Church

1 juillet 2011

Par Raffi Bedrosyan

Je voudrais partager mes réflexions sur les réalités arméniennes - celles qui évoluent, celles qu’on a oubliées, et celles qui se font jour.

Cette église a en sa possession plus de 200 actes prouvant qu’une partie du centre de la ville de Diyarbekir appartenait à l’église avant 1915. Actuellement, plusieurs immeubles d’appartements, écoles publiques, bureaux et commerces sont situés sur ces terres. Le long et difficile processus a donc commencé, pour obtenir la restitution de ces propriétés foncières à leur propriétaire en droit, l’Eglise Saint Dominique.

Jusqu’il y a 20 ans, la réalité arménienne était essentiellement l’Arménie Soviétique et la diaspora. C’est alors qu’un double miracle s’est produit et que nous avons eu une Arménie et un Karabagh libres et indépendants, créant une nouvelle réalité, le triangle Arménie, Karabagh et diaspora. C’est ainsi, au cours du siècle passé, qu’une réalité a été souvent oubliée ou ignorée - les Arméniens restés en Turquie. Ils constituent une petite communauté d’envrion 60 000 personnes, généralement appelés Bolsahays parce qu’ils vivent essentiellement à Istanbul, qui était le centre intellectuel, culturel, politique, industriel et social pour les Arméniens d’avant Bien qu’appelés Bolsahays, ils sont issus principalement de leur patrie historique, où ils avaient vécu en permanence pendant plus de 3 000 ans. Ces gens ne constituent pas à proprement parler un élément de la diaspora et ne sont pas des Hayasdantsis. Comment alors les définir ? Où les plaçons nous dans le triangle Hayasdan- Artsakh - Spyurk ? Je suggère de les placer au centre, au cœur du triangle. Je vais vous expliquer.

Pendant maintenant presque un siècle, en dépit des épreuves, des douleurs, des reproches infligés par l’état turc, en dépit de la discrimination, du harcèlement, des insultes venues en général de la population turque, ces Arméniens ont continué à garder leur identité et assumé le lourd devoir de protéger l’héritage laissé par leurs ancêtres, au moins à Istanbul, préservant un Patriarchat Arménien vivant et ouvert, plus de 30 églises, près de 20 écoles, et 2 hôpitaux. Jusqu’à récemment, la gestion de leurs efforts était gérée tout à fait défensivement, sur un mode de survie, jusqu’à ce qu’un Arménien, originaire de Malatya, se dresse à Istanbul et appelle les Turcs et l’état turc à faire face à leur passé, à cesser de falsifier les faits historiques, et à parler des Arméniens qui restent. Il s’est levé comme avocat du dialogue et comme un lien entre les Turcs et les Arméniens. Malheureusement, l’énorme impact du message de Hrant Dink et de la nouvelle réalité n’a été compris qu’après son assassinat.

A peu près en même temps, un autre Arménien à Istanbul, cette fois de Digranagerd-Dyarbekir, s’est dressé et a déclaré que l’église historique Saint Dominique devait être reconstruite. Cette église, avec ses sept autels et sa capacité de 3 000 personnes - la plus grande église arménienne du Moyen-Orient - avait été détruite partiellement sous les tirs d’obus en 1915 et laissée en ruines, ses murs seuls debout après l’écroulement de la toiture. Jusqu’à récemment, l’état turc n’a même pas autorisé la moindre réparation pour les écoles et les églises arméniennes d’Istanbul, que dire alors d’une reconstruction complète pour une église en Anatolie. Et cependant, Vartkes Ergun Ayik a persévéré, il a engagé des architectes experts, des historiens, des constructeurs, obtenu les nécessaires permis et approbations, et ce qui est encore plus incroyable, convaincu le conseil municipal de Diyarbékir de prendre à sa charge le tiers du coût de la reconstruction. La construction est maintenant engagée, aux deux-tiers terminée, et avec plus de la moitié de son financement assurée.

Cette église a plus de deux cents actes démontrant qu’une partie significative du centre de la ville de Diyarbékir appartenait à l’église avant 1915. Actuellement, plusieurs immeubles d’appartements, écoles publiques bureaux et commerces sont sur ces terres. Le long et difficile processus a donc commencé, pour obtenir la restitution de ces propriétés foncières à leur propriétaire en droit, l’Eglise Saint Dominique.

C’est la première fois que les Arméniens ont commencé à reconstruire un édifice dans la patrie de leurs ancêtres. C’est la première fois qu’ils ont obtenu la restitution de leurs biens immobiliers dans la patrie de leurs ancêtres, après les avoir perdus en 1915. C’est une réalité nouvelle.

Une autre réalité nouvelle est la façon dont cette église influence l’opinion publique en Turquie. Quiconque voit l’Eglise Saint Dominique, de visu ou dans les médias, interroge systématiquement. "Où sont les gens à qui cette église appartenait ?" " Où s’en sont-ils allés, et pourquoi ?" La dernière et nouvelle version de l’histoire officielle turque est qu’au cours de la Première Guerre Mondiale, les Arméniens s’étaient révoltés sur le front Est pour se joindre aux Russes ; en conséquence, leur déportation temporaire des seules "zones de guerre de l’est", vers le désert syrien du sud avait été décidée par le gouvernement ottoman. Mais Diyarbékir ne faisait pas partie du front est, ni ne faisait partie de la zone de guerre, pas plus qu’il y avait eu de révolte arménienne. Ces faits devenant évidents, les citoyens turcs, c’est-à-dire à la fois les Turcs et les Kurdes - ont commencé à mettre en doute la version falsifiée de l’histoire. Même en pourcentage encore faible, un nombre croissant de citoyens turcs - ceux de la jeune génération en particulier, ont commencé à "rechercher la vérité" et demandé que l’état regarde son passé en face et mette fin à ses politiques négationnistes. Il y a aussi des citoyens turcs qui sont totalement au courant de la vérité, et ont pris conscience des actes commis par leurs ancêtres. Cette année, les événements du 24 avril 1915 ont été commémorés dans cinq villes de Turquie, dont Diyarbékir, ce qui constitue un fait nouveau.

Sa reconstruction achevée, l’église deviendra une destination de pèlerinage pour tous les Arméniens - un monument à la mémoire de la présence passée des Arméniens en Anatolie, et un espoir pour le futur.

Les Arméniens sont peu nombreux, et les Bolsahays encore moins nombreux, mais en engageant un dialogue avec les Turcs et les Kurdes d’esprit libéral, soucieux de la démocratisation en Turquie, et en coopérant avec leur collègues journalistes, universitaires, juristes, constructeurs, financiers et hommes politiques, les quelques Arméniens peu nombreux qui restent en Turquie apprennent comment réparer les erreurs passées beaucoup plus efficacement que la diaspora. Peu importe à quelle fréquence les Arméniens de la diaspora se réunissent pour entendre les discours de leurs leaders demandant la restitution de leurs terres ou que soit mis fin au négationnisme, les actes et les résultats atteints en Turquie portent plus que les mots à l’extérieur. Certes, les efforts de la diaspora sont utiles aux jeunes générations arméniennes pour conserver leur identité, ou aux hommes politiques pour se souvenir des injustices passées, mais s’agissant de réparer ces injustices, les Arméniens qui restent en Turquie commencent à jouer un rôle vital à travers le dialogue et la coopération avec leurs voisins citoyens turcs.

Les Arméniens en Turquie, par conséquent, méritent le plus fort soutien de leurs compatriotes arméniens d’Arménie et de la Diaspora. C’est cela, la nouvelle réalité arménienne la plus importante.

Si vous êtes intéressés au soutien de ce projet, vous pouvez vous adresser à l’Eglise Arménienne de la Sainte Trinité de Toronto, à l’adresse :

Surp Giragos Dikranagerd Church Reconstruction Comittee c/o Raffi Bedrosyan, 40 Strahearn Bldv. Toronto, Ontario, Canada M5P [T].


jeudi 7 juillet 2011,
Jean Eckian@armenews.com

Traduction Gilbert Béguian pour Armenews




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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