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Tentatives génocidaires de la Turquie au Karabagh
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous livre une traduction de Gilbert Béguian de cet article mise en ligne sur le site de NAM (Nouvelles d'Arménie Magazine) le 4 décembre 2011.















NAM

Les tentatives génocidaires de la Turquie contre les Arméniens du Karabagh

20 mai 2011

Par Hayk Demoyan

Directeur de l’Institut du Génocide Arménien

A au moins à trois reprises dans l’histoire, la Turquie a commis sur la région arménienne du Karabagh des actes de nature génocidaires qui relèvent d’une politique d’extermination et de déportation de sa population arménienne. Sa posture actuelle qui conditionne tout processus de normalisation de ses relations avec l’Arménie à des préalables relatifs à des concessions sur le Karabagh, procède de cette même logique qui plonge ses racines dans l’histoire.

La première tentative

L’expansion des frontières de l’Empire Ottoman dans le Caucase remonte au 16ème siècle. Sur le chemin des côtes de la Mer Caspienne, les armées turques se sont heurtées à une forte résistance des Arméniens de l’Artsakh (Karabagh) et ont eu à subir de nombreuses défaites face à la résistance des Arméniens du Karabagh. En 1725, le sultan Ahmet III (1703-1730) a prononcé une fatwa spéciale pour exterminer les Arméniens du fait de leur résistance effective contre les Ottomans, en ordonnant de les tuer tous, pour avoir attiré les Russes dans le Caucase et barrer ainsi la route aux Turcs qui voulaient accéder à Bakou. La confession du général turc Saleh, qui avait été capturé par les Arméniens au Karabagh, confirme que le projet du Sultan était l’extermination totale des Arméniens. Il disait : ’le sultan a donné l’ordre d’exterminer les Arméniens et les Perses (les Shia’s, note de HD), après que les troupes du Tsar russe aient occupé ces côtes de la mer (la Mer Caspienne), et c’est ainsi que nous devions les attaquer. Nous devions éliminer les Arméniens, enfoncés entre nous comme un coin. Nous devrions détruire tout obstacle se trouvant sur notre chemin et ouvrir la route. Si ce n’était à cause de vous (les Arméniens), nous serions déjà entrés à Derbend et à Bakou qui sont à nous depuis les temps anciens.“ - Relations Arméniens-Russes, Erevan, 1967, vol. II, partie II, document 315 (n russe).

Ce document du 18ème siècle révèle l’approche turque de la ’non-obédience’ des Arméniens, lesquels, selon les propres termes des Turcs, étaient comme un coin enfoncé entre Istanbul et les régions turcophones de l’est. Ayant subi au Karabagh des pertes par milliers, soldats et officiers, les tentatives du sultan d’annexer ela région et d’y maintenir les troupes turques se sont soldés par un échec. Il s’agissait de la première tentative de génocide contre les Arméniens du Karabagh. Elle n’a pas réussi, mais ce n’était qu’un début...

La Deuxième Tentative

La deuxième tentative de destruction de la population arménienne du Karabagh s’est déroulée lorsque les troupes ottomanes envahirent le Caucase pendant la Première Guerre Mondiale, puis créèrent artificiellement un état qu’elles baptisèrent ’Azerbaidjan’ du nom d’une province du nord de l’Iran, avec le projet d’annexer cette dernière à la Républiqe d’Azerbaidjan nouvellement créée. Mais cela n’aura pas été le seul exemple des manoeuvres turques pour construire cet état.

La proclamation de la ’République d’Araz’ et de la ’République du Caucase du Sud-Est’ a suivi la création de l’Azerbaidjan avec l’intention de soutenir l’expansionnisme turc (Il existe un exemple moderne de cette politique avec la création de la République de Chypre du Nord turque après l’invasion de Chypre en 1974). La campagne caucasienne de l’armée ottomane a eu pour résultat la prise de Bakou et l’horrible massacre de la population arménienne en septembre 1918. Ayant pris Bakou, les forces ottomanes lancèrent une nouvelle campagne militaire contre la cette fois ’facile’ résistance arménienne au Karabagh. Le ministre de la défense Enver, qui était l’un des architectes du génocide des Arméniens en 1915, donna l’ordre à son cousin Nouri, commandant des forces en Azerbaidjan, “de nettoyer l’Azerbaidjan des Russes et des Arméniens, de façon à assurer la continuité des territoires Turcs-turcophones“ ( !) - FO 371/3388, dossier 1396, n° 173495, le Directeur du Renseignement militaire n° B. I/565 (MI2), secret, au Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères, daté du 18 octobre 1918, voir Jacob Landau, Pan-Turquisme, de l’Irrédentisme à la Coopération, Londres, 1995. P.55.

Une semaine après cet ordre, la Turquie reconnaissait avoir perdu la Première Guerre Mondiale. Une défaite qu’elle a précisément subi au Karabagh, quand un détachement de l’armée ottomane chargée d’une expédition punitive vers des villages du sud de cette zone tombèrent dans une embuscade de villageois arméniens qui coûta la vie à 400 de ses soldats. La fin de la Grande Guerre et le retrait des Turcs ont donc empêché le deuxième acte du Génocide. Plus tard, grâce à l’entente entre Bolchéviques et Kémalistes, le Karabagh fut annexé à l’Azerbaïdjan soviétique en 1921.

La Troisième Tentative

Nous ne soutiendrons pas que la troisième tentative était le résultat direct d’une politique d’extermination des Arméniens du Karabagh. Mais le fort soutien des Turcs à l’Azerbaïdjan dans ses actes de déportation et de crime contre l’humanité nous autorise à soutenir qu’Ankara s’est directement impliquée dans une nouvelle tentative de génocide contre les Arméniens du Karabagh. Elle n’a pu cependant cette fois que prendre acte des défaites humiliantes de Bakou de 1992-1994.

L’ingérence de la Turquie dans le conflit du Karabagh, son soutien ouvert à la guerre menée par l’Azerbaïdjan, a positionner ce pays comme partie au conflit plutôt qu’à sa solution. L’implication turque dans le conflit comprend les éléments suivants : menaces d’intervention militaire, pression par la démonstration de ses forces armées, blocus des transports et de l’énergie imposé à l’Arménie ; soutien militaire fourni à l’Azerbaïdjan ; développement d’initiatives tendant à former une coalition anti-arménienne et isolement de l’Arménie au plan de l’information ; action des groupes de pression en faveur de l’Azerbaïdjan auprès des organismes internationaux. (Voir Hayk Demoyan : Turkey and Karabagh Conflict. Erevan 1995).

La permanence des menaces militaires et des tentatives d’extension du conflit, le blocus de l’Arménie et les actes pour l’isoler des politiques régionales et internationales ont engendré un danger réel pour elle comme pour le Karabagh. Faisons un bilan. Il ressort des faits historiques rappelés ci-avant que le Karabagh a donc constitué à plusieurs reprises le réceptacle et la cible d’une politique génocidaire poursuivie successivement par les Sultans, les Jeunes Turcs et les Kémalistes-Républicains. De plus, il apparaît que l’état azerbaïdjanais, créé de toutes pièces par la Turquie ottomane, a fait sien le modèle turc de gestion démographique. Celui-ci consiste à résoudre les problèmes des minorités par les déportations, les tueries de masse. Des méthodes susceptibles d’apporter l’homogénéisation ethnique nécessaire à la formation d’Etat-nation jugé “plus sûrs“. Les états nations turcs et Azerbaïdjanais se sont selon cette doctrine construits sur l’extermination d’autres nations, les minorités ayant toujours été appréhendée comme une menaces pour le futur de ces deux états.

Des réalités décrites dans ce qui précède il ressort que 1. La Turquie est à l’origine de l’apparition de la question du Karabagh par ses tentatives de créer un état azerbaïdjanais tout en s’efforçant d’y inclure cette région peuplée d’Arméniens 2. La Turquie est l’une des parties au conflit et soutient ouvertement l’Azerbaïdjan.

Les actes génocidaires à trois reprises et l’échec de la Turquie au Karabagh face aux Arméniens qui le peuplent constituent un messge clair à Ankara : la Turquie doit reconnaître le Génocide commis contre les Arméniens et beaucoup d’autres nations avec sa “pax ottomanica“, et donc la réécriture de l’histoire est nécessaire si l’on veut ’zéro problème’ avec sa propre histoire et sa mémoire, la realpolitk n’étant d’aucune aide dans la crise d’identité nationale actuelle.

Traduction Gilbert Béguian

http://www.armenianlife.com/2011/05/20/karabakh-and-turkeys-genocidal-attempts/

dimanche 4 décembre 2011,
Stéphane ©armenews.com




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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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