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ACORT : Soirée en Hommage à Hrant Dink
Publié le : 11-01-2012

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - A l’occasion du cinquième anniversaire de l'assassinat du journaliste arménien de Turquie Hrant Dink le 19 janvier 2007 à Istanbul, l’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT) organise le lundi 30 janvier à 20h une projection-débat du film « Affaire criminelle-HRANT DINK ». Cette soirée se tiendra en présence du réalisateur Osman Okkan et de Markar Esayan, éditorialiste du quotidien Taraf et de l'hebdomadaire arménien en langue turque, Agos (fondé par Hrant Dink en 1996). Il sera intéressant de découvrir, à l'occasion de cette projection, si l'association Acort a évolué dans ses prises de position. Jusqu'à présent, ses dirigeants évacuaient la question du génocide perpétré dans l'Empire ottoman en 1915 contre les Arméniens, les Assyro-chaldéens-syriaques et les Grecs en privilégiant un "dialogue fraternel" fondé sur le non-dit et le tabou, au nom de la recherche historique à respecter. C'est très à la mode, ça, la recherche historique, près de 100 ans après les faits. Ca évite de nier clairement le génocide arménien et ça permet de donner une bonne image de soi. Curieusement, ce sont les Turcs et les Kurdes de Turquie, qui émettent sur place, à Istanbul ou Ankara, les prises de position les plus courageuses en faveur de la reconnaissance du génocide arménien, et ce malgré les menaces de mort et d'emprisonnement qu'ils y subissent. En ce qui concerne Markar Esayan, romancier arménien de Turquie, certains de ses écrits ne nous incitent pas à penser qu'il sera un ardent défenseur de la mémoire du génocide arménien, mais vu les risques encourus en Turquie par les Arméniens, il serait difficile de le lui reprocher. Une soirée à suivre donc, ne serait-ce que pour le film projeté qui, selon l'annonce, met en lumière les événements qui ont conduit à l’assassinat de Hrant Dink. En espérant une bonne surprise concernant le débat.

ACORT

A l’occasion du cinquième anniversaire de la disparition de Hrant DINK

Rémi Féraud, Maire du 10ème arrondissement et L’Assemblée Citoyenne des Originaires de Turquie (L’ACORT)


ont le plaisir de vous inviter

Le lundi 30 janvier à 20h

à la projection-débat du film « Affaire criminelle-HRANT DINK »

En présence du réalisateur Osman Okkan et de Markar ESAYAN, romancier turco-arménien, éditorialiste du quotidien Taraf, ainsi que de l'hebdomadaire turco-arménien Agos (fondé par Hrant Dink en 1996).

« Affaire criminelle-HRANT DINK » Un film par OSMAN OKKAN et SIMONE SITTE. ARTE/WDR TV 2009

Ce film passionnant de 80 minutes, œuvre des réalisateurs Osman Okkan et de son épouse Simone Sitte, aujourd’hui disparue, met en lumière les événements qui conduisirent à l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink en janvier 2007. Ce documentaire, produit en 2009 en Allemagne, aborde aussi les relations malaisées entre Arméniens et Turcs et le procès en cours, qui a révélé les agissements criminels d’Ergenekon, cet « Etat profond » de la Turquie

Mairie du 10ème
Salle des Fêtes – 2ème étage
72, rue du Faubourg Saint Martin -75010 Paris
Métro : Château d’Eau

Soirée en Hommage à Hrant DINK


Pour mémoire, Acort avait organisé le 27 janvier 2007, une manifestation silencieuse en hommage à Hrant Dink, avec des panneaux "Nous sommes tous Arméniens", "Nous sommes Tous Hrant Dink". A cette occasion, le Collectif VAN avait publié cette lettre envoyée aux organisateurs (Acort) par une Française d'origine arménienne :

Paris, le mardi 23 janvier 2007

Monsieur,
Votre appel pour samedi a été diffusé.
Je m'exprime ici à titre personnel, mais il est vraisemblable que d'autres seront du même avis.

J'étais présente lors de la soirée fertile organisée autour de l'expérience d'une université d'été pour étudiants arméniens et turcs, et je pense aussi que le dialogue est important.

Cependant, les circonstances ne sont pas les mêmes aujourd'hui : il y a eu assassinat, pas de n'importe qui, pas n'importe où, et pas par n'importe qui, et maintenant que la victime a été portée en terre, dans un pays, la France, où le contexte est différent de celui de la Turquie, il me semble qu'un rassemblement silencieux est bien léger. Au contraire, l'heure est venue pour les hommes et les femmes de justice de crier.

Nul doute que vous ayez du coeur et des désirs de démocratie pour votre pays d'origine. Mais non, nous ne sommes pas tous des Hrant Dink : lui il est mort, et pour le moment nous sommes vivants. Et nous ne sommes pas tous des Arméniens : c'est nous et nous seuls qui sommes les enfants d'une extermination, pas vous. C'est nous qui avons été spoliés de tout, seulement nous, et c'est un fait.

Votre douleur par rapport à ce crime, c'est une vraie douleur, mais ce n'est pas la même que la nôtre, et la nôtre n'est pas la même que celle de la famille. Hrant Dink n'a pas été poursuivi, condamné et exécuté parce qu'il prônait le dialogue et l'amitié, il a été tué parce qu'il était arménien, et sutout pour faire taire la vérité qu'il énonçait, comme l'a dit le patriarche ce matin pendant les funérailles, que j'ai suivies intégralement (on a pu remarquer d'ailleurs que l'officiel du premier rang, trouvant le temps long, regardait sa montre). Et la télévision arménienne a rediffusé aujourd'hui une des conférences de Dink, où celui-ci insistait fermement sur le fait que même en Turquie, on ne lui ferait pas dire que ce n'était pas un génocide.

Alors, si vous ne voulez pas que nous pensions que ce qui motive ce rassemblement de samedi à la mémoire de cet homme, c'est la crainte des conséquences politiques de cet assassinat (candidature à l'UE freinée, vote par le Sénat de la pénalisation de la négation du génocide, vote d'une résolution par le Congrès américain), par respect pour lui, inscrivez-vous vous aussi dans la démarche de vérité qui était la sienne.

Vous voulez nous tendre la main? Alors dites que ce qui l'a tué, c'est le négationnisme d'Etat, c'est ce qu'on enseigne dans les écoles turques aux enfants turcs avec le contenu des manuels turcs et à coup de dissertations de négationnisme (également rappelé par le patriarche, devant des ministres turcs), dites qu'en Turquie, n'importe quelle figure abjecte, meurtrier, terroriste ou autre, jusqu'à Ali Agça et à l'assassin même de Dink, se voit immédiatement attribuer une origine arménienne, dites que vous ne voulez plus de l'article 301, que vous ne voulez plus de mensonges sur ce qui s'est passé entre 1894 et 1896 puis en 1915 et dans les années qui ont suivi, dites que vous ne voulez plus de Comités Talaat en Europe ou ailleurs, que vous ne voulez plus d'un mausolée de Talaat, d'un boulevard Talaat, de sites internet comme tetedeturc et dites que la Turquie ne peut pas se prétendre européenne en traitant ainsi ses "restes de l'épée", et en continuant à nier l'extermination programmée d'un peuple. Dites maintenant, sans attendre dix ans de conversations, que ça suffit!

Ne le dites pas dans un tract (le vôtre n'est pas mal, mais quand on voit le nom de l' association de Valentigney, on se rappelle surtout ce qui y est arrivé à une exposition de photos d'A. Agoudjian), engagez-vous à le dire samedi publiquement et devant les caméras. Et pourquoi ne pas finir la manifestation au monument du génocide, place du Canada?

Partout dans le monde, on dit qu'il est la dernière victime en date de ce génocide. Si dès samedi - et pas après-demain - vous allez partager avec nous le combat éthique pour la vérité, alors je viendrai, et j'amènerai du monde avec moi. S'il s'agit seulement de se tenir en silence les uns à côté des autres sous une pancarte gentillette, je ne méprise pas le geste de solidarité, mais c'est un peu juste, je regrette.

Pour ma part, je n'ai pas besoin qu'un Turc ou une Turque se dise arménien(ne) pour prouver que ce mot a cessé d'être une insulte du fait que Hrant Dink a été assassiné. J'ai juste besoin qu'il ou elle nous demande, comme un être humain soucieux d'un autre être humain dont l'histoire a peut-être un jour croisé la sienne, comment nous avons vécu nos enfances, ce que nous ressentons depuis que nous sommes nés, et ce que nous ressentons aujourd'hui, les vieux et les jeunes, et aussi ce qu'il ou elle pourrait faire pour nous.

J'ai juste besoin qu'il ou elle reconnaisse la vérité avec des mots tout simples, et qu'il ou elle se dise désolé(e) tout aussi sobrement, comme on le fait quand on a marché sur le pied de quelqu'un. Alors, nous ne serons ni frère, ni soeur - pas besoin de cela non plus - mais nous deviendrons de vrais, de solides amis unis par des liens très forts.

Moi, j'ai besoin d'autres Ayse Gunaysu.

Signé : Une Française d'origine arménienne


Lire aussi :

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Arméniens et Turcs de France : que faire ensemble et comment ?

Instrumentalisation de la mort de Hrant Dink : interrogations au sujet d'une curieuse manifestation




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Source/Lien : ACORT



   
 
   
 
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