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Zarakolu : les limites de la liberté d’expression
Publié le : 17-01-2012

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - « Dans un long article qu’il a écrit de prison pour le journal turc Radikal, Ragıp Zarakolu a abordé le sujet de l’hystérie turque entourant la proposition de loi du Parlement francais de sanctionner la négation du génocide (la proposition de loi a été adopté par l’Assemblée Nationale ; elle doit encore être entérinée par le Sénat afin de devenir une loi . » Rappelons que l’éditeur turc, journaliste, et militant des droits de l’homme a été arrêté à Istanbul en octobre 2011 au motif ‘d’appartenance à un groupe terroriste’. En guise de matériel « terroriste », les forces de l’ordre n’ont saisi chez lui que des manuscrits sur le génocide arménien. Il est toujours en détention dans une prison de haute sécurité. Le Collectif VAN vous livre la traduction de cet article en anglais paru sur le site gitamerica, le 10 janvier 2012, qui présente des extraits de l’article original en turc de Zarakolu.


GIT-North America

Groupe International de Travail pour la liberté de recherche et d’enseignement en Turquie »

Mardi 10 janvier 2012

Ragıp Zarakolu écrit de prison : sur les limites de la liberté d’expression


Dans un long article qu’il a écrit de prison pour le journal turc Radikal, Ragıp Zarakolu a abordé le sujet de l’hystérie turque entourant la proposition de loi du Parlement francais de sanctionner la négation du génocide (la proposition de loi a été adopté par l’Assemblée Nationale ; elle doit encore être entérinée par le Sénat afin de devenir une loi ; en lire plus BBC).

Zarakolu commence par rappeler aux lecteurs l’expérience de la Deuxième guerre mondiale vécue en Europe, qui incluait non seulement l’holocauste, mais également la mort de 50 millions de personnes. C’est pourquoi le racisme et la xénophobie sont considérés comme une menace à la démocratie en Europe ; c’est également la raison pour laquelle il y a des cours sur le génocide dans les écoles.

Selon Zarakolu, il existe des différences entre les approches américaine et européenne sur la liberté d’expression. La liberté d’expression aux USA, en principe, n’est pas limitée.

C’est pourquoi le livre d’Hitler, Mein Kampf, a pu être publié aux USA, mais pas en Europe. Zarakolu explique cette différence par le fait que les États-Unis n’ont pas vécu de destruction lors des guerres mondiales.

Malgré des cours de sensibilisation au génocide et au discours de haine dans les écoles européennes, le racisme et la xénophobie augmentent en Europe, ce qui est en partie dû aux crises économiques et à la perte de certains droits sociaux. Selon Zarakolu, c’est dans ce contexte élargi qu’il faut comprendre la criminalisation de la négation du génocide.

La montée du racisme, qui est évidente dans les élections européennes, les meurtres systématiques perpétrés par les néonazis en Allemagne, le récent massacre raciste en Norvège, ont conduit l’Europe à reconnaître que des actes tels que la négation d’un génocide ne sont pas uniquement des questions d’opinion, mais qu’ils comprennent une dimension “d’action.” Tout ceci, déclare Zarakolu, a conduit à la nécessité d’avoir une réglementation juridique sur la négation du génocide en Europe ; d’où la proposition de loi française.

Pour autant que Zarakolu ait pu suivre l’affaire de prison, le texte intégral de la proposition parlementaire sur la négation du génocide en France a été publié par le journal turc Milliyet uniquement. Tous ceux qui ont un tant soit peu de bon sens, ont pu voir que le texte ne comprenait pas le mot "arménien", ajoute-t-il.

***

« En 2006, Hrant Dink m'avait persuadé – ainsi que Etyen Mahçupyan - de signer une déclaration avec nos trois noms, s'opposant au passage de cette loi », déclare Zarakolu faisant référence au projet de loi pénalisant la négation du génocide arménien adopté par le Parlement français en 2006, mais rejeté ensuite par le Sénat français. « Je briserai cette loi en France », avait déclaré Hrant Dink, alors qu'il commençait à utiliser le terme "génocide" plus souvent en Turquie.

« Et Hrant n'est plus avec nous. Et après que nous l'avons perdu, notre glorieuse justice l'a condamné pour avoir qualifié 1915 de "génocide"…Lors des conférences auxquelles j'ai participé après la mort de Hrant, j'ai déclaré que j’étais venu pour comprendre en quoi la négation [du génocide] est une menace matérielle. »

En résumé, Zarakolu affirme que la liberté d’expression ne couvre pas l’apologie des crimes contre l'humanité. Et le génocide est l’un d'entre eux. Sa négation peut avoir d’horribles conséquences, particulièrement si elle mène au discours de haine, comme cela a été le cas en Turquie les jours et les mois qui ont précédé l'assassinat de Hrant Dink.


Pour le texte complet de cet article en turc, publié le samedi 7 janvier, voir Radikal.


©Traduction de l’anglais C.Gardon pour le Collectif VAN – 12 janvier 2012 – 07:26 - www.collectifvan.org


Lire aussi:

le Dossier Ragip Zarakolu en cliquant ICI




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Source/Lien : Gitamerica



   
 
   
 
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