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RSF/Turquie: 138 sur 178 dans le dernier classement
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Le Collectif VAN vous invite à lire ce rapport des Reporters Sans Frontières sur le classement mondial de la liberté de la presse 2011/2012. Dans la dixième édition du classement de la liberté de la presse Turquie est classée en 138ème sur 178 dans le dernier classement mondial. "À l’heure où elle s’affiche comme un modèle régional, la Turquie (148e, -10 places) opère un grand retour en arrière. Loin des réformes promises, la justice a lancé des rafles de journalistes d’une ampleur inédite depuis le régime militaire."




Reporters Sans Frontières

Classement de la liberté de la presse 2011/2012

Turquie

138 sur 178 dans le dernier classement mondial

Superficie :
774 820 km2
Population : 73 922 000
Langue : turc
Chef du gouvernement : Recep Tayyip Erdogan (depuis mars 2003)

À la 148e place (-10), la Turquie poursuit sa descente aux enfers. Malgré le pluralisme et la vivacité de la presse turque, l’année 2011 marque une brutale escalade dans le harcèlement judiciaire dont les journalistes sont l’objet. Au nom de l’argument « antiterroriste », des dizaines d’entre eux ont été jetés derrière les barreaux avant même d’être jugés, notamment dans le cadre des affaires Ergenekon et KCK. L’élargissement inédit du spectre de ces arrestations, les écoutes téléphoniques massives et le mépris du secret des sources contribuent à réintroduire un certain climat d’intimidation parmi les professionnels des médias.

Au terme d’une décennie de progrès démocratiques, la Turquie est à la croisée des chemins. L’emprise de l’armée sur la vie politique et les médias a sensiblement décru et un certain nombre de tabous liés à l’idéologie kémaliste commencent à se fissurer. Mais la pratique judiciaire est encore largement répressive. Les journalistes débattent aujourd’hui de la question kurde, des minorités nationales ou des affaires judiciaires en cours. Mais à leurs risques et périls : les poursuites pleuvent, les peines sont lourdes et le recours à la détention provisoire est massif. Plus inquiétant encore, la lutte pour le pouvoir en cours dans toutes les instances de l’Etat s’accompagne d’une nouvelle crispation contre la presse et de l’apparition de nouveaux tabous.

BAROMÈTRE DE LA LIBERTÉ DE LA PRESSE 2012

Journalistes tués
0 Collaborateurs tués
6 Journalistes emprisonnés
0 Collaborateurs emprisonnés
0 Net-citoyens emprisonnés

(Fiche mise à jour en novembre 2011)

L’arrestation d’Ahmet Sik et de Nedim Sener, en mars 2011, a provoqué une vaste levée de boucliers et propulsé la liberté de la presse en tête de l’agenda politique turc à quelques mois des élections législatives. Les deux journalistes d’investigation ont reçu de nombreuses récompenses professionnelles en Turquie comme à l’étranger. Ils ont largement contribué à révéler les visées putschistes d’une nébuleuse ultra-kémaliste bien implantée dans l’armée, connue sous le nom d’« Ergenekon ». Pourtant, c’est sous l’accusation absurde d’en faire partie qu’ils ont été arrêtés. Ils sont ainsi devenus, à leur corps défendant, les symboles de l’inquiétante dérive judiciaire actuelle. Le procès d’« Ergenekon » a initialement été salué comme un progrès démocratique majeur dans la mesure où pour la première fois, des militaires étaient mis en cause par le pouvoir civil. Mais alors que l’enquête semble piétiner, un éventail toujours plus large de « suspects » est arrêté, donnant des arguments à ceux qui redoutent la politisation et l’instrumentalisation de l’affaire.

Alors que les combats avec les rebelles du PKK s’intensifient, la question kurde reste un abcès de fixation, comme en témoigne l’arrestation, fin octobre 2011, du journaliste et directeur des éditions Belge, Ragip Zarakolu. Sur la base de la Loi antiterroriste n°3713, plus d’une quinzaine de journalistes sont accusés de faire la « propagande d’une organisation illégale », voire d’y appartenir, pour avoir couvert les événements en cours dans l’est du pays ou interviewé des dirigeants du PKK. Nombre d’entre eux sont emprisonnés durant des mois, voire des années, avant même que leur procès ne commence.

Les lignes rouges n’ont pas disparu, mais leur tracé s’est modifié. Des sujets tels que la religion ou la personne du Premier ministre, sont de plus en plus intouchables. La critique des institutions militaires et policières est mieux tolérée qu’auparavant, mais la couverture des affaires judiciaires est devenue extrêmement difficile. La grande majorité des procès ouverts contre des journalistes concerne actuellement le « violation du secret de l’enquête » ou la « tentative d’influencer le cours du procès ». Alors qu’avec les grands procès politiques, les tribunaux sont sous le feu des projecteurs, la justice protège jalousement son pré carré, sans considération pour le droit à l’information.

Le procès hautement symbolique des assassins du journaliste turc-arménien Hrant Dink arrive à son terme, dans la précipitation. Si le tireur et un certain nombre de complices présumés ont été condamnés, la lumière est loin d’avoir été faite sur les responsabilités au sein de l’appareil d’Etat. Des fonctionnaires de la gendarmerie de Trabzon, qui avaient connaissance du projet d’assassinat mais n’ont rien fait pour l’empêcher, ont certes été condamnés à des peines administratives pour « négligence ». Mais une enquête portant sur trente officiels de haut rang semble avoir été enterrée. Les registres des communications téléphoniques passées autour du lieu du crime n’ont toujours pas été remis à la justice. Certains enregistrements de vidéosurveillance ont été détruits « accidentellement » par les forces de l’ordre. En septembre 2010, la CEDH a condamné les autorités turques pour n’avoir pas pris les mesures nécessaires afin de prévenir le projet d’assassinat dont elles étaient informées.

La Turquie fait partie des pays placés « sous surveillance » par Reporters sans frontières du fait de leur propension à censurer le Net. Si YouTube a été débloqué, plusieurs milliers de sites sont toujours inaccessibles dans le pays. En 2011, devant la mobilisation de la société civile, les autorités de régulation ont dû suspendre la mise en œuvre de deux initiatives liberticides, notamment un projet de filtrage par mots-clés et l’obligation d’installer un filtre sur chaque ordinateur. Le sommet de l’ubuesque semble atteint avec la mise en examen d’un internaute, en octobre, pour avoir « insulté le Premier ministre » et d’autres figures politiques dans des messages rédigés sur le réseau social Facebook. Le procureur a requis une peine de prison.

Les évolutions paradoxales de la liberté de l’information sont cruciales pour l’avenir de la démocratie turque. Si elles veulent pouvoir être crédibles lorsqu’elles revendiquent un rôle de modèle démocratique régional, les autorités doivent de toute urgence prouver leur capacité à garantir les libertés dans leur propre pays.


Télécharger la version complète

Critères pour l’établissement du classement 2011-2012




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TÉLÉCHARGER :
 Classement de la liberté de la presse 2011/2012



Source/Lien : Reporters Sans Frontières



   
 
   
 
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