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Minorités de Turquie : un Juif d’Istanbul parle
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Ishak Alaton, éminent d’homme d’affaires juif, très respecté et ayant une grande influence en Turquie, connu notamment pour son franc-parler, a donné une interview très importante, publiée dans le journal turc Radikal et sur CNN-Türk. Auparavant, Ishak Alaton avait écrit : « Il faut se confronter avec la question arménienne. Quand j’y pense, j’ai la sensation d’étouffer ». Il avait également donné une conférence sur l’antisémitisme, à la Fondation du journalisme et des écrivains. Si Alaton ne prend pas le risque de tomber sous l’Article 301 du Code pénal turc et évite l’emploi du mot « génocide », ses propos concernant l’élimination des Arméniens, et son analyse de la politique turque envers les minorités, sont intéressants à plus d’un titre. En fait, en 2012, le gouvernement AKP continue d’insinuer, « qu’il y a de mauvaises herbes dans le jardin d’Atatürk »…

Il est bon d’expliquer dans cette introduction pourquoi Ishak Alaton parle ici de Lefter Küçükandonyadis (Lefteris Antoniadis). Lefter a été un très grand joueur de football en Turquie : c’était un Grec de Turquie (Rum) qui a vécu les événements tragiques des 6 et 7 septembre 1955. Des journalistes turcs avaient voulu l’interviewer à ce sujet, mais Lefter n’avait pas voulu témoigner en direct devant les caméras. Il avait demandé à interrompre le tournage et raconté hors caméra les terribles pogroms anti-Grecs, anti-Arméniens et anti-Juifs de 1955, à Istanbul. Lefter est mort en janvier 2012 et la Turquie lui a fait des funérailles dignes d’un chef d’Etat, son cercueil enveloppé dans le drapeau turc (tout le monde n’est pas digne, en Turquie, de mériter le drapeau turc, et surtout pas un membre d’une minorité autochtone). Voir le compte-rendu de Guillaume Perrier sur Lefter: la légende grecque du football turc. Le Collectif VAN vous propose la traduction de l’interview de Ishak Alaton, parue sur Radikal et CNN Türk.




Radikal et CNN TĂĽrk

EZGİ BAŞARAN - ezgi.basaran @ radikal.com.tr

23/01/2012

Après les 6-7 septembre 1955, mon frère a effacé la Turquie de sa mémoire ainsi que moi-même, son frère !

Ishak Alaton est un très grand homme d’affaires en Turquie et en même temps, un éminent intellectuel dans sa façon de penser ; c’est le fondateur du TESEV (Fondation d’Etudes économiques et sociales). La semaine dernière, après la parution d’un article de Eyup Can dans le journal Radikal « Où va-t-on avec notre politique d’assimilation ? », il a écrit au TESEV : « Il faut se confronter avec la question arménienne. Quand j’y pense, j’ai la sensation d’étouffer ». Et le lendemain, il a donné une conférence sur l’antisémitisme à la Fondation du journalisme et des écrivains.

J’ai rencontré Monsieur Alaton pour discuter de ces sujets et j’ai appris avec stupeur l’existence d’un frère et de son histoire.

La Turquie a effrayé toutes les minorités et les a « emprisonnées ». Cela veut dire que la Turquie a créé des personnes avec deux identités, une sorte de schizophrénie.

Des personnes qui veulent faire semblant de croire que tout va bien, mais qui vivent au plus profond d’eux-mêmes avec un malaise, l’inquiétude « qu’à chaque instant il pourrait leur arriver un malheur, une catastrophe … Mon père a vécu dans cet état d’esprit. Je comprends très bien pourquoi Lefter avait fait couper les caméras. Moi, personnellement, je suis conscient d’être différent : tout en étant non musulman, je dis ce que je pense sans avoir peur. La constatation chez moi d’un comportement différent, bien que je sois membre d’une minorité, est une exception qui confirme la règle dans ce pays. La doctrine des minorités est « il faut vivre caché si on veut vivre tranquille » : que voulez-vous de plus ?

Comment cela se fait-il que vous vous comportiez différemment par rapport aux autres membres des minorités?

Quand j’avais 23 ans, je suis allé en Suède pour faire des études. Et un médecin suédois m’a dit : « Tu réussiras et tu seras très riche un jour, mais ta richesse sera une cage dorée pour toi ». Et j’ai choisi cette vie « en cage », plus difficile à vivre. Je comprends très bien le traumatisme de Lefter ; lui et sa famille ont beaucoup souffert pendant les événements du 6-7 septembre [Nota CVAN : pogroms contre les minorités grecque, arménienne et juive en 1955 à Istanbul]. Et j’ai vu aussi le même traumatisme chez une personne très proche !

De qui parlez-vous ?

Je vais vous raconter quelque chose dont je n’ai jamais parlé. J’ai mon jeune frère qui est parti en octobre 1955 en Suède et qui n’est jamais revenu.

Pourquoi ?

C’était un brillant assistant à l’Université Technique d’Istanbul. Le 6 septembre, il va à Taksim [Nota CVAN : quartier d’Istanbul] pour acheter un livre. D’un coup, il voit une émeute, et plein de gens qui commencent à casser les vitrines des commerces. Il se cache dans l’entrée d’un immeuble et y reste pendant des heures. Il y vit en direct la destruction de Beyoglu [Nota CVAN : Beyoglu est un quartier chic d’Istanbul où il n’y avait que des beaux magasins (magasins d’étoffes, bijouteries, etc.), appartenant pour la plupart aux minorités. De fait, seuls les magasins appartenant à des non musulmans ont été pillés et détruits, les casseurs ayant reçu des renseignements préalables. On peut trouver sur Internet les photos et l’histoire des événements des 6-7 septembre 1955].
Il est rentré vers minuit à la maison et il a dit : «Je ne veux plus vivre dans ce pays ».

OĂą Ă©tiez-vous ce jour-lĂ  ?

Je venais de créer la société Alarko et j’étais dans une autre ville pour l’installation de la société. Le lendemain, je suis allé faire la demande de visa pour mon frère et il est parti au bout d’un mois en Suède. Il s’est marié, il a deux enfants et vit à Stockholm. Ils n’ont aucun lien avec la Turquie, ils sont devenus des Suédois. Mon frère a eu un traumatisme beaucoup plus grand que Lefter. Même nous, il nous a oubliés et reniés.

Pour quelle raison ?

Parce que je suis Turc. Il veut ĂŞtre loin de tout ce qui est turc. Par exemple, quand il y a des touristes turcs Ă  Stockholm, il refuse de parler en turc avec eux. Nous lÂ’avons perdu Ă  jamais. Ou alors, il va voir notre sÂśur Ă  Tel Aviv mais il ne vient pas nous voir.

Après le Varlik Vergisi*, votre père vous a dit : « Si un citoyen trahit l’Etat, la peine est définie par la loi. Mais dis-moi, Ishak, si l’Etat trahit ses citoyens, quelle doit être sa sanction ? » Qu’en pensez-vous ?

Je ne pourrais pas répondre. Parce que mon père aimait son pays et son gouvernement, il faisait partie du CHP. Du jour au lendemain, les minorités ont eu des impôts à payer tels que beaucoup ont été obligés de vendre tous leurs biens, et malgré cela, ils n’ont pas pu payer ces impôts. Les hommes ont été envoyés en Anatolie de l’Est, pour des travaux forcés, et mon père, cet homme respectable, faisait partie de ces hommes. Quand il est revenu, il n’a jamais pu oublier tout ce qu’il avait subi et il a sombré dans la dépression. Il a terminé sa vie comme un légume, sans joie de vivre. Après la mort d’Atatürk, il s’est rendu compte qu’il y avait des anomalies dans la politique menée par Inönü.

Quand vous pensez à ce que votre père a subi et au départ de votre frère, ressentez-vous de la colère ?

Quand je faisais mes études en Suède, j’ai vu ce qu’étaient un pays démocratique et un peuple paisible, et tout ceci m’a donné une seconde personnalité très forte. A 28 ans, j’ai décidé de me venger à ma façon de tout ce qui était arrivé à ma famille, en réussissant dans ma vie professionnelle, en devenant indispensable à ce pays. Pour qu’ils se disent un jour : « Si nous n’avions pas fait fuir tous les non musulmans, combien d’Alaton aurions-nous eu aujourd’hui dans notre pays ? »

L’Allemagne a-t-elle été consciente de ce phénomène ?

Oh oui, après 1945, ils se sont demandé : « Combien de personnes comme Itzhak Perlman, comme Yehudi Menuhin ou Rostropovitch, aurions-nous eues s’il n’y avait pas eu ces massacres ? » Je souhaite que la Turquie se pose la même question : combien de personnes de grande valeur notre pays a-t-il perdues en éliminant tant d’Arméniens, de Grecs et de Juifs ?

La politique appliquée aux minorités est-elle due au complexe d’être ce qui reste de l’Empire ottoman ?

Non ! Les responsables de cette affaire sont bien connus : les Juifs dönme [Nota CVAN : convertis à l’Islam] de Salonique. Car les membres les plus virulents du Parti Union et Progrès étaient de ceux-là. Par exemple, Munis Tekinalp, l’homme qui a créé la philosophie de la turquisation et de l’assimilation de ceux qui ne sont pas Turcs. C'est-à-dire que l’architecte du projet pour ces actions contre les non-musulmans est un juif. Quel scandale ! [Nota CVAN : c’est malheureusement une constante que l’on retrouve chez nombre de convertis de toute nature. Etre plus fanatiques que les croyants qu’ils rejoignent semble être un gage de leur conversion au dogme qu’ils adoptent].

Les relations conciliantes des Juifs envers les Turcs proviennent du fait que l’Empire ottoman avait sauvé des Juifs d’Espagne ou que la Turquie a accueilli en son sein ceux qui fuyaient les nazis d’Allemagne. Est-ce que ce sont des exemples fondés ?

D’une certaine façon, oui. En 1492, le sultan a envoyé des bateaux en Espagne et a pris des gens cultivés et des Juifs avec leurs biens pour les introduire dans l’Empire ottoman. C’était très intelligent. Et en ce qui concerne les Juifs allemands, Atatürk avait besoin de gens cultivés car les universités étaient en déliquescence en Turquie [Nota CVAN : il faut rappeler que la plupart des facultés avaient été fondées par les chrétiens sur ordre des sultans ottomans. Après 1915, les intellectuels arméniens ont été déportés et les Grecs, chassés peu de temps après. Il fallait à la Turquie des médecins, des juristes, des ingénieurs, etc., pour enseigner dans des facultés vidées de leur corps enseignant.]

Il a accueilli des cerveaux formés afin d’élever le niveau des universités.

C’est un superbe cadeau. Grâce à ça, la vie des Juifs a été sauvée. Nous sommes très reconnaissants mais la motivation réelle était toujours la même : s’accaparer les richesses existantes ailleurs. Tous ces exemples ne sont pas l’indice d’une tolérance. De toutes les façons, je n’aime pas du tout le mot tolérance. Ah bon, tu me tolères ? Quel mot affreux, je refuse ça.

La semaine dernière vous avez écrit au Tesev « confrontons-nous avec la question arménienne, je veux dorénavant la respectabilité » quelle est l’idée derrière cette déclaration ?

Dans ce pays, il y a des milliers de personnes qui sont blessées dans leur âme. Il y a une seule thérapie : il faut discuter du passé avec franchise et sérénité, et discuter de tout, mettre tout à plat. Au sujet de la question arménienne, nous sommes sur ce point-là. En tant que société ouverte, nous allons organiser une campagne.

Quel type de campagne ?

Nous allons parler des pays qui ont demandé pardon : par exemple Willy Brandt s’est agenouillé en Pologne au nom du peuple allemand ou bien l’excuse de la Russie à Katin concernant le massacre de 40 000 officiers polonais, l’attitude des Australiens suite à ce qu’ils ont fait subir aux Aborigènes, et de la Suède aux Sami [Nota CVAN : peuple autochtone du nord de la Suède]… Regarde : en 1979, Anthony Quinn était venu en Turquie. A ce moment-là, il y avait le film Midnight Express. Anthony Quinn avait dit : « Nous les Américains, nous faisons des films qui critiquent la politique américaine, mais vous vous ne faites que des éloges. Si vous faisiez votre propre autocritique, alors, ce film n’aurait pas été tourné. Ou même si ça avait été fait, on n’en aurait pas tant parlé. » Il faut que nous nous rendions compte de nos erreurs. Mais la Turquie ne veut pas admettre les erreurs du passé. Il faut qu’on voie nos handicaps. Ce n’est pas encore entré dans notre mentalité. Ce qui est ancré dans notre mentalité, c’est de ne pas voir nos erreurs.

Quand il y a eu le procès Hrant Dink, le président Gül, en voulant exprimer de bons sentiments, a déclaré que tout le monde était égal devant la justice, même les étrangers [Nota CVAN : la plus haute autorité du pays, le Président turc, considère donc les citoyens turcs issus des minorités autochtones comme des étrangers]. Et ça m’a rappelé ce que j’ai vécu il y a 15 ans de cela. Une loi est parue au Journal Officiel et les journalistes me l’ont montrée. A cette période-là, il y avait eu quelques sabotages ; cette loi recensait les saboteurs potentiels et les précautions qu’il fallait prendre concernant « les membres des missions étrangères, le personnel qui travaillait dans les consulats, les touristes ». Et le dernier article mentionnait les étrangers autochtones et, entre parenthèses, « même ceux qui ont la nationalité turque ». Les journalistes m’ont demandé : « On n’a pas compris : à qui s’adresse ce dernier article ? »

Qu’avez-vous répondu ?

« C’est comme si on parlait de moi. C’est une honte. » Les journalistes ont rapporté mes propos au ministre de la Justice. Le ministre a répondu : « Si Ishak Alaton se sent visé, qu’il se pose la question, pourquoi ? » Et moi je lui ai répondu : « Ce genre d’avis ne peut qu’insinuer qu’il y a de mauvaises herbes dans le jardin d’Atatürk. » Celui qui a préparé cette loi, c’est Cemil Ciçek [Nota CVAN : Cemil Ciçek était à l’époque ministre d'Etat de mars à juin 1996, avant d’être ministre de la Justice de 2002 à 2007, Vice-Premier ministre de la Turquie de 2007 à 2011, et actuel Président de la Grande assemblée nationale de Turquie depuis 2011]. J’avais créé une association de droit avec Ayden Aybar, j’étais en procès contre la loi. Et nous avons gagné. Cet article a été supprimé. Mais on ne peut pas combattre contre cette mentalité au cas par cas.

Des années auparavant, quand le parti kurde a gagné dans les municipalités de l’Est, un de nos ministres a dit : « Notre ennemi s’est uni à l’Arménie et il est venu se mettre à la frontière. » Il voit les Kurdes et les Arméniens comme des ennemis.

La semaine dernière, vous avez donné une conférence à la Fondation des écrivains et des journalistes et vous avez dit : « Il n’y a pas d’antisémitisme » [en Turquie]. Est-ce vrai ?

Non, je n’ai pas dit qu’il n’y en avait pas. J’ai dit que le régime a tout fait pour, mais qu’il n’a pas réussi à l’introduire dans la vie quotidienne. Mais en réalité, depuis 90 ans, le régime a été xénophobe (haine de l’étranger) et antisémite (haine du Juif).

Quand jÂ’ai dit ça, on mÂ’a posĂ© une question : « Suivant des recherches, 60% de notre population ne dĂ©sire pas avoir un voisin juif, comment cela se fait-il ? ». A mon avis, cÂ’est parce que ces 60% nÂ’ont jamais Ă©tĂ© en contact avec les Juifs et que le rĂ©gime les a endoctrinĂ©s contre les minoritĂ©s non musulmanes. Dans notre grand pays, il y a seulement 21.500 Juifs, 19.500 Ă  Istanbul et 2.000 autres Ă  IzmirÂ… A une Ă©poque, nous Ă©tions 300.000. Maintenant, ils ne nous voient plus, ils ne nous reconnaissent pas. La raison, cÂ’est ça. Ecoute ce dont je me rappelle. Pendant le Varlık Vergisi*, quand les huissiers sont venus pour saisir nos biens, ma mère voulait absolument sauver son violon. Elle lÂ’a laissĂ© Ă  son voisin musulman. Quand les huissiers sont partis, le violon a Ă©tĂ© rendu Ă  ma mère rĂ©parĂ© et accordĂ©. Et moi, je garde cet Ă©vĂ©nement au fond de mon cÂśur.

*Nota CVAN : le Varlık Vergisi est un impĂ´t sur la fortune dĂ©cidĂ© par la Turquie en 1942. Cette taxation repose sur une base discriminatoire, le montant prĂ©levĂ© sur les non musulmans s'avĂ©rant bien supĂ©rieur Ă  celui prĂ©levĂ© sur les musulmans. 87% de ceux qui devaient payer des impĂ´ts Ă©taient des non musulmans. Les industriels et commerçants armĂ©niens Ă©taient taxĂ©s avec le plus fort pourcentage : 232% de leur capital. Les industriels juifs Ă  179%, les Grecs Ă  156% et les industriels musulmans sur la base de seulement 4,94%. Les membres des minoritĂ©s non musulmanes qui nÂ’ont pas pu payer leurs impĂ´ts ont Ă©tĂ© envoyĂ©s dans les camps de travaux forcĂ©s dÂ’Askale, Sivrihisar, Karanlikdere. Et pendant cette tragĂ©die, qui a durĂ© jusquÂ’en mars 1944, certains ont perdu la vie, certains leurs biens, dÂ’autres leur honneur et leur confiance envers leur pays, la Turquie. Source : http://www.taraf.com.tr/ayse-hur/makale-cumhuriyet-in-azinlik-raporu.htm)Bildi%C4%9Fin.


©Traduction du turc : A.G. et relu par S.C. pour le Collectif VAN – 31 janvier 2012 – 07:10 - www.collectifvan.org


Sources:

Radikal et CNN TĂĽrk




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