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Bryza : ’La vérité est des deux côtés, spécialement du côté turc’
Publié le :

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - "Suite aux bévues politiques successives de l’Administration Obama, Matthew Bryza a été contraint d’abandonner son poste d’ambassadeur des Etats-Unis en Azerbaïdjan début janvier. Le président Obama a ignoré les avertissements répétés lui indiquant que le candidat qu'il proposait comme ambassadeur en Azerbaïdjan en mai 2010 présentait de sérieux défauts. Les membres de la Commission des Relations étrangères du Sénat ont accusé Bryza d'avoir un parti-pris pro-azerbaïdjanais et des liens douteux avec les officiels azéris. Les sénateurs ont été troublés par des rapports montrant que des officiels étrangers avaient fait des cadeaux de mariage prodigues à Bryza et qu’à son mariage à Istanbul, le ministre des Affaires étrangères de l'Azerbaïdjan était son garçon d’honneur. De plus, la femme turque du candidat, Zeyno Baran, a été accusée de conflits d'intérêts, car elle travaillait sur des questions d'énergie en mer Caspienne, dans un groupe de réflexion basé à Washington. Elle avait aussi mécontenté la communauté arméno-américaine en allant témoigner contre la reconnaissance du génocide arménien à une audience d’une sous-commission du Sénat. Lors de l’audition de Bryza par la Commission des Affaires étrangères en juillet, plusieurs sénateurs lui ont posé des questions peu équivoques sur ses déclarations et ses activités lorsqu’il était négociateur pour le Haut-Karabagh. Ils ont également évoqué les sérieuses préoccupations sur les conflits d’intérêts possibles impliquant sa femme et les cadeaux que des responsables azéris auraient offerts au couple à l’occasion de son mariage." Ce rappel de l'éditorial de Harut Sassounian du 12 janvier 2012, s'impose avant de mettre en ligne ci-dessous la traduction de Gilbert Béguian pour le site Armenews, faite à partir d'une interview de Matt Bryza donnée le 11 février 2012 dans le Hurriyet Daily News.


NAM

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Commentaires du traducteur Gilbert BĂ©guian pour le site Armenews

La rancœur du diplomate déchu, Matthew Bryza, transparaît au travers de son analyse partisane des relations entre l’Arménie, la Turquie et l’Azerbaïdjan. Selon lui, les mêmes Arméniens qui ont mis sa fonction en échec rendent impossible le dialogue entre Arménie et Turquie, qui est au point mort. ’La vérité est des deux côtés, spécialement du côté turc’, ose-t-il dire. Il y a quelques jours, l’Ambassadeur de France à Ankara essayait de faire endosser aux Arméniens la responsabilité du massacre de 2,5 millions de Turcs aux Balkans et dans le Caucase. Dans cet entretien, Bryza veut leur faire endosser les “multiples atrocités“ commises contre les Turcs et les Musulmans à l’Est de l’Anatolie ; quelles atrocités et à quel moment de la guerre ?

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La démocratie de la Turquie est un avantage crucial dit l’ex-envoyé des USA

Istanbul - Hurriyet Daily News
Barçın Yinanç

11 février 2012

La Turquie a une importance stratégique parce que c’est une démocratie laïque avec une population en majorité musulmane, dit Matt Bryza, ancien membre de l’administration des USA, ajoutant que toute régression de la démocratie mettrait fin à l’importance stratégique d’Ankara. Les USA sont tout aussi attentifs au sort des journalistes arrêtés.

Matt Bryza dit prévoir de retourner aux USA après un certain temps, afin de s’engager dans la vie diplomatique et politique. “Je continuerai ce que j’ai fait jusqu’à présent à titre privé sur le plan universitaire et comme conseiller personnel, aussi bien dans le secteur gouvernemental que dans le secteur privé, sur des projets d’investissement majeurs’, dit Bryza. “Vous ne pouvez imaginer à quel point je suis heureux d’être à Istanbul. C’est le moment d’apprécier la vie familiale“, a-t-il ajouté. (photo Daily News)
Ce qui rend la Turquie aussi importante stratégiquement pour les Etats-Unis, c’est qu’elle reste une démocratie laïque, a dit Matt Bryza, un diplomate de carrière qui était jusqu’à récemment ambassadeur des USA à Bakou.
Suite à l’échec du Sénat pour approuver sa nomination du fait du groupe de pression arménien, il a quitté Bakou le mois précédent pour s’installer à Istanbul. “Washington devrait se concentrer sur le conflit du Haut-Karabagh pour le sortir de l’impasse actuelle, ce qui aura pour conséquence la réconciliation entre la Turquie et l’Arménie“, a-t-il dit dans le premier entretien depuis qu’il a quitté ses fonctions aux affaires étrangères des USA.

Q : Doit-on comprendre de l’échec au Sénat de votre approbation à Bakou que les relations entre les USA et Ankara et Bakou seront toujours otages de la question arménienne ?

R :
Bien sûr que non. Voyez ce que le Président Obama a fait l’an passé ; il a employé tous les pouvoirs que lui donne la Constitution pour contourner ce blocage. Il a compris l’intérêt stratégique de l’Azerbaïdjan et a fait pression. Cette fois, sa décision pourrait être fondée sur des considérations qui dépassent Bakou. Nous sommes dans une année électorale. C’est clair.

Q : Que devons-nous attendre cette année à Washington le 24 avril [jour où les Arméniens commémorent le “génocide“] ?

R
: J’étais profondément impliqué avec cette question chaque année lorsque j’étais dans l’équipe de Bush. On peut s’attendre à une forte tension autour de cette question, particulièrement parce que nous approchons de 2015 dans cette année d’élection. Les organisations qui m’ont bloqué garderont leur position sur la question pour toujours. Mais il ne revient pas aux gouvernements mais aux peuples de se déterminer sur la façon de le caractériser. La prédiction commode consiste à dire que la situation actuelle sera maintenue.

Q : Que doit attendre la Turquie Ă  lÂ’approche de 2015 ?

R :
Un centième anniversaire, c’est une référence. Mais la Turquie a les moyens d’influer fortement sur ce débat. Il peut y avoir une discussion vraiment ouverte avec des participants crédibles issus de tous les éléments de la société turque pour examiner les faits historiques. Les radicaux qui m’ont bloqué ont cela en horreur, ils ne veulent pas d’un débat ouvert ; un dialogue ouvert est leur ennemi. Je crois aussi que c’est une grosse erreur de dire qu’il n’y a aucun lien entre la normalisation des relations entre la Turquie et l’Arménie et une solution au Haut-Karabagh. J’ai toujours pensé que les deux questions s’aideront respectivement ; s’il y a un progrès sur le front Turquie-Arménie, cela aidera à faire des progrès sur le Haut-Karabagh et les progrès sur la question du Haut-Karabagh aideront à normaliser les relations entre la Turquie et l’Arménie. Mais si nous affirmons de façon artificielle qu’il n’y a aucun rapport, nous sacrifions finalement la possibilité d’une solution au Haut-Karabagh parce que nous rendons impossible tout compromis avec les dirigeants arméniens, parce qu’on leur donnerait un gros avantage (l’ouverture de la frontière) sans contrepartie. Il nous faut donc gérer les deux processus ensemble. Nous avons constaté que si l’Azerbaïdjan ne se sent pas soutenu par la Turquie sur ses problèmes avec l’Arménie, les responsables politiques azerbaïdjanais peuvent rendre impossible la normalisation avec l’Arménie.

Q : Pensez-vous qu’il y ait une évolution de la Turquie quant au “génocide“ arménien ?

A :
Il y a eu une évolution. Une discussion ouverte sur ce qui s’est produit [est mieux acceptée]. Je pense que le meurtre de Hrant Dink a été un énorme réveil pour des millions de Turcs. Ce n’est pas seulement le gouvernement, c’est la société qui a avancé en considérant que des terribles tueries par les troupes ottomanes ont eu lieu. Mais ce qui n’a pas changé, pour des raisons légitimes, c’est la vision turque que cela ne devrait pas être reconnu comme un génocide politiquement ; ce n’est l’affaire d’aucun responsable politique d’aucun pays de caractériser ces événements de génocide ou non. Cela revient aux sociétés, à personne d’autre, de décider sur la base d’un calendrier politique. Ce serait pour moi malhonnête [autrement].

Q : Comment la Turquie devrait-elle contrer les efforts du groupe de pression arménien ?

A
: La vérité est des deux côtés, spécialement du côté turc. Le débat sur cette question est vraiment polarisé actuellement. Quiconque parle d’un point de vue différent est accusé d’être négateur de génocide, ce qui signifie immédiatement que vous êtes contre les droits de l’homme. Si vous pensez qu’un génocide a été commis, vous pouvez également soutenir avec une définition étroite du mot, qu’un génocide a été commis sur beaucoup d’autres, contre les Turcs ou les Musulmans, en Anatolie de l’Est. Ayons un dialogue sur les multiples atrocités qui [ont été commises] contre beaucoup de groupes.

Q : Qu’est-ce qui n’a pas marché dans la réconciliation Turquie Arménie ? Est-ce parce que la dimension du Haut-Karabagh a été négligée dans les protocoles ?
A :
Les dirigeants turcs ont réalisé avec l’ouverture de la frontière avec l’Arménie en dehors de tout contexte du Haut-Karabagh, que la Turquie prenait une autre direction parce que la Turquie avait fermé la frontière dans le contexte du conflit du Haut-Karabagh. Les Azerbaïdjanais n’oublieront jamais cela. Les Azerbaïdjanais ont une influence considérable en Turquie. Aucun pays n’est autant aimé que la Turquie en Azerbaïdjan. C’est de loin le pays le plus populaire en Azerbaïdjan. Il a toujours été douloureux à mes yeux de voir les opinions favorables à 20 ou 30%, alors que la Turquie est dans les 90. Ainsi, quand quelqu’un prend une position qui ne convient pas à l’Azerbaïdjan, cette décision ne sera jamais adoptée en Turquie. C’est impossible.

Q : Sur la base de cette expérience, comment avancer ? Il semble qu’on ait mis la charrue avant les bœufs.

A :
C’est le problème. Mettre les bœufs devant la charrue. Les étapes étaient les bonnes mais dans le désordre. Le sujet le plus important pour Erevan et Bakou est le Haut-Karabagh. Pas la réconciliation. Pour l’Arménie, il est beaucoup plus important d’éliminer le risque de guerre et d’arriver à un accord durable que d’avoir des relations commerciales avec la Turquie. Ce que j’ai défendu, c’est l’obtention d’un progrès sur le Haut-Karabagh. Si on l’obtient, la réconciliation turco-arménienne en est la conséquence.

Q : Que conseillez-vous à Washington vis-à-vis du triangle Arménie-Azerbaïdjan-Turquie ?

A :
Comme je l’ai dit au secrétaire d’état, se concentrer sur une avancée sur le Haut-Karabagh, l’avancée ne devrait pas porter sur une paix définitive mais sur le seul cadre d’un accord. Une fois que vous avez travaillé à l’accord cadre, montrez que vous ferez tout pour transformer l’accord cadre en accord de paix final. Et ce processus étant engagé, retourner aux négociations Arménie-Turquie.
mardi 14 février 2012,

Jean Eckian ©armenews.com
Traduction Gilbert BĂ©guian pour Armenews

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Article en anglais

Democracy of Turkey crucial asset: Ex-US envoy


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Lire aussi :

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Source/Lien : NAM



   
 
   
 
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