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Khojalu : 20 ans de mensonge d'Etat
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Publié le 24 février 2012

Info Collectif VAN - www.collectifvan.org - Khojalu, Khojaly, Khojalou, Khodjalu, Hocali, Xocali : les orthographes varient selon les langues utilis√©es mais il s'agit toujours du m√™me lieu. Ce nom rappelle, depuis les 25 et 26 f√©vrier 1992, le lieu d'une trag√©die survenue durant le conflit opposant la petite R√©publique arm√©nienne du Haut-Karabakh (RHK), √† son puissant voisin azerba√Įdjanais. Malgr√© les pr√©cautions prises par les forces arm√©es de la RHK pour √©pargner les civils du camp adverse avec la mise en place d'un corridor humanitaire, certains habitants turcs az√©ris se sont retrouv√©s pi√©g√©s au milieu des combats, h√©las sacrifi√©s par des manŇďuvres politiciennes de leur propre bord, comme le confirment des t√©moignages azerba√Įdjanais, et particuli√®rement, celui du pr√©sident de l'√©poque, Ayaz Mutalibov. Destin√©es √† l'origine √† d√©stabiliser le pouvoir en place √† Bakou, ces intrigues internes au pouvoir az√©ri laissent entrevoir - la description des faits en t√©moigne - de sordides calculs. Depuis 20 ans, le but poursuivi par l'Azerba√Įdjan est devenu clair : accuser les Arm√©niens de g√©nocide √† Khojalu et obtenir leur condamnation sur la sc√®ne internationale.

Aliev n'a visiblement pas de mal √† trouver des alli√©s, y compris chez les parlementaires fran√ßais, telle la s√©natrice Mme Nathalie Goulet, qui ne manque jamais une occasion d'afficher un parti pris inqui√©tant. Elle a ainsi d√©clar√© le jeudi 23 f√©vrier 2012, lors des Questions d'actualit√© : "La France occupe un poste de copr√©sident du Groupe de Minsk, charg√© du r√®glement du conflit arm√© entre l'Arm√©nie et l'Azerba√Įdjan qui a fait √† ce jour plus de 30 000 victimes plus d'un million de d√©plac√©s. Nous c√©l√©brons cette ann√©e la comm√©moration du vingti√®me anniversaire du massacre de Khodjali, ville martyre, sorte d'Oradour-sur-Glane o√Ļ les Arm√©niens ont assassin√© des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants. Ce conflit perdure malgr√© des r√©solutions du Conseil de s√©curit√© des Nations unies. Le texte sur le g√©nocide arm√©nien a inqui√©t√© √† Bakou. Pouvez-vous confirmer que la position de la France n'a pas vari√© sur le sujet ?"...*

Pourquoi Mme Goulet se gênerait-elle ? Plus la ficelle est grosse, et mieux ça marche.

D√©cid√©ment, les effets ¬ę b√©n√©fiques ¬Ľ de ce "g√©nocide-miroir" sont multiples : en finir avec l'accusation du Turc ¬ę √©ternel ¬Ľ g√©nocidaire, faire sombrer dans l'oubli les victimes arm√©niennes des terribles pogroms de Soumga√Įt (1988), Kirovabad (1989), Bakou (1990) et Maragha (1992) qui ont jet√© sur les routes de l'exil 500 000 Arm√©niens de la R√©publique Socialiste Sovi√©tique d'Azerba√Įdjan ("d√©tails" que Mme Goulet se garde bien de mentionner), venir en aide au grand fr√®re turc qui, pr√®s de 100 ans apr√®s le g√©nocide arm√©nien de 1915, n'a toujours pas r√©ussi √† effacer la ¬ę question arm√©nienne ¬Ľ de son agenda, discr√©diter les revendications l√©gitimes de la population arm√©nienne du Haut-Karabagh et de mani√®re plus g√©n√©rale, les revendications arm√©niennes concernant le g√©nocide de 1915.

La propagande mise en place par le clan Aliev au pouvoir est chaque ann√©e un peu plus virulente. Et c'est ainsi que Khojalu, petit village situ√© sur le territoire du Haut-Karabakh - et dont le nombre d'habitants a √©t√© artificiellement gonfl√© par les autorit√©s de la RSS d'Azerba√Įdjan en 1988-1990 avec le transfert de Turcs Meskhets venus de la vall√©e de Ferghana en Ouzb√©kistan -, est devenu le symbole d'un g√©nocide fabriqu√© de toutes pi√®ces.

Ce qui est bien r√©el en revanche, c'est la haine que ces manipulations indignes distillent dans le cŇďur de la jeunesse turque et az√©rie.

Bakou, Ankara ou Paris, les slogans de gamins embrigad√©s d√©signent les ¬ę Arm√©niens ¬Ľ comme cibles de la haine. Les √©poques changent, mais les m√©thodes restent les m√™mes : pour justifier l'extermination de la population arm√©nienne de Turquie en 1915, les autorit√©s de l'√©poque faisaient √©tat de pr√©tendus massacres perp√©tr√©s par des ¬ę milices ¬Ľ arm√©niennes.

La complaisance des nations, lorsqu'elle s'accouple à la realpolitik, n'enfante que des monstres. Quelles sont les horreurs à venir que compte justifier le faux génocide de Khojalu ?

Collectif VAN


* R√©ponse de M. Henri de Raincourt, ministre aupr√®s du ministre d'√Čtat, ministre des affaires √©trang√®res et europ√©ennes, charg√© de la coop√©ration, √† Madame Nathalie Goulet :
- Depuis 1997, la France copr√©side le Groupe de Minsk ; nous nous effor√ßons, avec les √Čtats-Unis et la Russie, √† favoriser le retour de la paix dans le Haut-Karabakh. Les principes de l'accord de 2007 √† Madrid ont √©t√© r√©affirm√©s avec force par MM. Obama, Medvedev et Sarkozy en 2011 : retour sous contr√īle azerba√Įdjanais des territoires du Karabakh, corridor, statut juridique final, retour des populations d√©plac√©es. M. Sarkozy a √©t√© clair lors du G8 de Deauville de mars 2011. Et le pr√©sident de la R√©publique a rappel√© tout ceci aux dirigeants de la r√©gion lors de son voyage √† Erevan et Bakou en octobre 2011.

Malgr√© cela, les difficult√©s persistent. La France, qui veut jouer un r√īle actif dans la r√©solution du conflit, maintient strictement la position qui a toujours √©t√© la sienne, une stricte neutralit√© ! Nous ferons tout pour le retour de la paix, avec la Russie et les √Čtats-Unis.
(Applaudissements sur les bancs UMP)

Compte-rendu des débats au Sénat


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Le Collectif VAN vous rappelle le programme des manifestations parisiennes √† la m√©moire des victimes des pogroms anti-arm√©niens de Soumga√Įt et vous propose plus bas la traduction d'une documentation pr√©par√©e par le D√©partement d'information du Minist√®re des Affaires √©trang√®res de la R√©publique du Karabagh.

Voir également en téléchargement à la fin de l'article, le pdf de l'affiche collée dans les rames et les stations du métro d'Istanbul en ce mois de février 2012 : "Ne vous laissez pas tromper par les mensonges arméniens". Le texte accuse les Arméniens d'avoir commis un génocide à Hocali et annonce une manifestation le 26 février à 14:00 à Taksim (Istanbul - Turquie)...


26 février, à 10h30 - messe en la Cathédrale apostolique arménienne Saint-Jean-Baptiste - Adresse : 15, rue Jean-Goujon - 75008 Paris

26 f√©vrier, √† 13h30 - d√©p√īt de gerbe au monument de Komitas
Place du Canada (Jardin d'Erevan), Cours Albert 1er - 75008 Paris (Pont des Invalides, Rive droite).

27 février, à 20h00 - Meeting à la Mairie du 9ème arrondissement de Paris, en présence de Mme Nariné Aghabalyan, ministre de la Culture de la République du Haut-Karabagh - Adresse : 6, rue Drouot - 75009 Paris

29 f√©vrier, √† 19h00 - Rencontre-D√©bat ¬ę V√©rit√© et falsifications ¬Ľ
à l'Assemblée nationale dans le cadre des manifestations Paix au Karabagh
Adresse : 128, rue de l'Université - 75007 Paris (carton d'invitation obligatoire)
Contact : Téléphone : 01 53 75 17 40
Courriel : contrexenophobieetviolence@gmail.com


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¬ę Khojalu ¬Ľ est un capital politique sp√©culatif pour Bakou

Nor Khosq

L'Azerba√Įdjan a commenc√© sa campagne anti-arm√©nienne traditionnelle li√©e aux √©v√©nements de 1992 survenus sur le site de Khojalu - un village situ√© sur le territoire du Haut-Karabakh, et qui en 1988-1990 a √©t√© fortement peupl√© par les autorit√©s de la RSS d'Azerba√Įdjan, surtout de Turcs Meskhets de la vall√©e de Ferghana, Ouzb√©kistan, afin de lui donner un statut de ville. La propagande officielle ne recule devant aucun moyen pour rendre la partie arm√©nienne coupable de la trag√©die et injecter une nouvelle dose de haine envers les Arm√©niens dans la conscience de l'opinion internationale et la pens√©e de son propre peuple.

Les 25 et 26 f√©vrier 1992, les autorit√©s de la R√©publique du Haut-Karabakh ont organis√© une op√©ration militaire pour lever le blocus de l'a√©roport situ√© pr√®s du site de Khojalu et pour neutraliser les tirs de l'ennemi dans Khojalu, o√Ļ, depuis le printemps 1991, les implantations du RKH √©taient p√©riodiquement attaqu√©es par des groupes de l'OMON azerba√Įdjanais (D√©tachements de la milice √† vocation particuli√®re - Ndt : nom g√©n√©rique pour d√©signer les forces sp√©ciales du minist√®re de l'int√©rieur russe) et syst√©matiquement bombard√©es par des roquettes Alazan, Cristal et Grad. Pendant cette p√©riode et jusqu'√† la neutralisation des tirs sur Khojalu, plus de 20 civils arm√©niens ont √©t√© tu√©s et des centaines kidnapp√©s : des milliers de t√™tes de b√©tail ont √©t√© chass√©es des fermes collectives et priv√©es voisines.

En raison du blocus persistant, du grand nombre de r√©fugi√©s, du manque de carburant, de l'arr√™t forc√© des entreprises, du si√®ge des routes interr√©gionales et des autres routes, la situation dans la RHK, et particuli√®rement dans sa capitale Stepanakert, a empir√© au fil du temps. Les produits alimentaires, les m√©dicaments et le carburant manquaient. Par cons√©quent, lever le blocus de l'a√©roport et neutraliser les tirs ennemis dans Khojalu √©tait devenu une √©tape extr√™mement importante pour la survie physique de la population du Karabakh, que l'Azerba√Įdjan tentait de soumettre √† la mort.

La n√©cessit√© de neutraliser la base militaire de Khojalu a √©t√© d√©cid√©e en raison de la concentration de soldats et d'armes stationn√©s l√†. Les autorit√©s azerba√Įdjanaises ont d√©ploy√© de nombreuses unit√©s OMON dans Khojalu ; de plus, les combattants du Front populaire azerba√Įdjanais s'√©taient install√©s dans Khojalu. Le commandement du Karabagh devait emp√™cher l'op√©ration pr√©vue par les forces arm√©es az√©ries, visant l'attaque de la r√©gion arm√©nienne d'Askeran et ensuite de Stepanakert.

L'op√©ration militaire pour lib√©rer Khojalu et l'a√©roport a commenc√© le 25 f√©vrier 1992, √† 23h30 et s'est termin√©e le 26 f√©vrier √† 3h00. Les unit√©s des forces d'autod√©fense de la RHK avaient mis en place un couloir humanitaire pour que les civils puissent quitter sans risque la zone d'op√©ration militaire, et elles en avaient inform√© √† l'avance le c√īt√© azerba√Įdjanais. Le couloir s'√©tendait de la banlieue est de Khojalu au nord-est, le long de la rivi√®re Karkar, et de la banlieue nord de l'implantation vers le nord-est. Or, les autorit√©s azerba√Įdjanaises n'ont fait rien pour faire partir la population civile de la zone d'op√©ration militaire.

Lors de l'op√©ration militaire dans Khojalu, les forces d'autod√©fense du Karabagh ont lib√©r√© 13 otages arm√©niens, y compris un enfant et six femmes, ils ont pris comme troph√©es deux roquettes Grad MM-21, quatre Alazan, un obusier de 100 millim√®tres et trois unit√©s d'√©quipement de blind√©. Le service de secours du Karabagh a d√©couvert 11 corps de civils dans Khojalu et sa banlieue. Le territoire, o√Ļ les photos avec les nombreux corps de civils tu√©s ont √©t√© prises plus tard, est situ√© √† trois kilom√®tres de la ville d'Aghdam et √† 11 kilom√®tres de Khojalu. Ce territoire est rest√© sous le contr√īle permanent des unit√©s azerba√Įdjanaises jusqu'√† la chute d'Aghdam pendant l'√©t√© 1993, ce qui exclut tout acc√®s √† ce territoire aux unit√©s de l'Arm√©e du Karabakh.

Les autorit√©s du Karabagh avaient inform√© le c√īt√© azerba√Įdjanais de l'op√©ration pr√©vue de neutralisation des tirs sur Khojalu deux mois avant son d√©but, ce qui a √©t√© confirm√© √† plusieurs reprises par les officiels azerba√Įdjanais, particuli√®rement, par le pr√©sident de l'√©poque, Ayaz Mutalibov. Mais, la colonne des civils, comme il a √©t√© dit ci-dessus, a √©t√© prise pour cible aux abords de la r√©gion d'Aghdam, ce qui a √©t√© confirm√© ult√©rieurement par Mutalibov, qui a interpr√©t√© cet acte criminel comme une tentative de l'opposition pour le d√©mettre de son poste, en le rendant responsable de ce tout ce qu'il s'√©tait pass√©.

Plus tard, les photos faites par le cameraman azerba√Įdjanais Chingiz Mustafaev, qui a eu l'autorisation d'acc√©der √† l'endroit du lieu d'√©change des corps des Arm√©niens et des Azerba√Įdjanais d√©c√©d√©s, ont √©t√© divulgu√©es. On sait que Mustafaev a fait le film en deux fois, avec une pause de deux jours entre les deux.

Le film t√©moigne du fait que certains cadavres avaient √©t√© d√©figur√©s lorsque le deuxi√®me tournage a eu lieu. Pendant la seconde visite dans la zone des massacres, le 2 mars 1992, les journalistes ont not√© que la position des corps sur le terrain et le degr√© des blessures avaient chang√© de fa√ßon saisissante. Et cela se passait sur un territoire enti√®rement contr√īl√© par le Front populaire azerba√Įdjanais jusqu'√† l'√©t√© 1993. Ce fait est compl√®tement occult√© par les propagandistes azerba√Įdjanais. Il est tout √† fait √©vident que la position des corps a √©t√© chang√©e afin d'attribuer toute la responsabilit√© des √©v√©nements aux Arm√©niens, et pour faire croire que ce sont les Arm√©niens qui ont tir√© sur les habitants de Khojalu.

Mustafaev a trouv√© ce fait si choquant, qu'il l'a rapport√© au pr√©sident Mutalibov, qui avait alors √©videmment devin√© les raisons de la trag√©die. Mutalibov a r√©pondu par des mots vraiment proph√©tiques : ¬ę Chingiz, ne parlez √† personne de ce que vous avez remarqu√©. Ou vous serez tu√© ¬Ľ. N'√©tant pas s√Ľr que les Arm√©niens avaient commis cela, Mustafaev a commenc√© sa propre enqu√™te ind√©pendante. Mais, apr√®s que ses informations ont √©t√© publi√©es dans l'agence de presse de Moscou, DR-Press, sur la participation possible de la partie azerba√Įdjanaise dans les crimes contre les habitants de Khojalu, le journaliste a √©t√© tu√© non loin d'Aghdam, dans des circonstances peu claires.

√Ä ce propos, le commandant sur le terrain, Ala Yakub, a subi le m√™me sort. Il avait n√©gligemment d√©clar√© que : ¬ę ... Il pourrait faire toute la lumi√®re sur le massacre commis pr√®s de Nakhijevanik (un village arm√©nien pr√®s de Khojalu), ainsi que donner des d√©tails suffisants sur la chute r√©cente de l'h√©licopt√®re sur le Karabagh, avec √† son bord des personnages d'√Čtat ¬Ľ. √Ä cause de ces propos, le Front populaire azerba√Įdjanais, en arrivant au pouvoir l'√©t√© 1992, l'a arr√™t√© et l'a tu√© en prison...

La journaliste tch√®que, Yana Mazalova, qui, en raison d'une erreur des Azerba√Įdjanais, avait √©t√© incluse dans les deux groupes de repr√©sentants des m√©dias, √† qui on a montr√© ¬ę les corps d√©figur√©s par les Arm√©niens ¬Ľ, a remarqu√© une diff√©rence consid√©rable dans la condition des corps. S'√©tant rendue sur place imm√©diatement apr√®s les √©v√©nements, Mazalova n'avait pas vu de traces de barbarie sur les corps. Et deux jours plus tard, on montrait √† la journaliste les corps d√©figur√©s d√©j√† ¬ę pr√©par√©s ¬Ľ pour le tournage.

Certains d√©tails de l'op√©ration militaire sur la neutralisation des tirs ennemis dans Khojalu sont toujours vagues, ce dont Bakou profite activement pour atteindre ses buts politiques. Le sujet de 'Khojalu' est toujours l'une des pierres angulaires des informations int√©rieures et √©trang√®res az√©ries, ou plut√īt, sa politique de d√©sinformation dans le contexte de la question du Karabagh. Cependant, les d√©clarations et les estimations concernant les √©v√©nements de Khojalu faites par certains officiels az√©ris de haut rang, des militants des droits de l'homme, des journalistes et les habitants de Khojalu, r√©futent compl√®tement les fausses th√®ses de Bakou.

Ainsi, le militant des droits de l'homme azerba√Įdjanais, Arif Yunusov, √©crit : ¬ę La ville et ses citoyens ont √©t√© d√©lib√©r√©ment sacrifi√©s dans un but politique. ¬Ľ (Zercalo, journal azerba√Įdjanais, juillet 1992).

Ci-apr√®s, le t√©moignage de Tamerlan Karaev, √† l'√©poque pr√©sident du Soviet Supr√™me de la R√©publique d'Azerba√Įdjan : ¬ę La trag√©die a √©t√© commise par les autorit√©s azerba√Įdjanaises, sp√©cifiquement par un haut fonctionnaire. ¬Ľ (Mukhalifat journal azerba√Įdjanais, 28 avril 1992).

M√™me Heydar Aliev a admis que ¬ę L'ancien commandement de l'Azerba√Įdjan est √©galement coupable ¬Ľ des √©v√©nements de Khojalu. Selon l'agence Bilik-Dunyasi, en avril 1992, il avait cependant exprim√© une id√©e extr√™mement cynique, ¬ę Le carnage nous sera b√©n√©fique. Nous ne devrions pas interf√©rer dans le cours des √©v√©nements ¬Ľ.

Plus tard, quand les repr√©sentants du Front populaire sont arriv√©s au pouvoir, l'ancien ministre azerba√Įdjanais de la s√©curit√© nationale, Vagif Guseynov, a bri√®vement d√©clar√© avant son arrestation que ¬ę Les √©v√©nements de janvier 1990 √† Bakou et les √©v√©nements de Khojalu sont le fait des m√™mes personnes ¬Ľ, en faisant allusion √† certains personnages politiques du Front populaire azerba√Įdjanais.

Les faits mentionn√©s ci-dessus t√©moignent sans aucune ambig√ľit√© que le c√īt√© azerba√Įdjanais est coupable de la mort des civils de Khojalu, ayant commis un crime monstrueux contre son propre peuple pour des intrigues politiques et une lutte de pouvoir.

Il faut noter ici que le nombre de victimes annonc√© par l'Azerba√Įdjan augmente d'ann√©e en ann√©e. Quelques jours apr√®s la neutralisation des tirs dans Khojalu, le nombre de pertes humaines annonc√© par les officiels azerba√Įdjanais √©tait de 100, augmentant en une semaine √† 1234 ; selon "la pr√©cision" de la commission parlementaire, le nombre est de 450 et dans le d√©cret de Heydar Aliev ¬ę sur le g√©nocide azerba√Įdjanais ¬Ľ, les pertes humaines ont √©t√© √©valu√©es √† des milliers.

Cependant, au d√©but de l'op√©ration militaire dans Khojalu, le site ne comprenait pas un tel nombre de civils, ce qui est d'ailleurs confirm√© aussi par les sources officielles azerba√Įdjanaises. La majorit√© des quelque 2000-2500 habitants de Khojalu, ou ceux qui vivaient r√©ellement l√† et qui n'avaient pas √©t√© simplement recens√©s lors de sa construction intensive visant √† lui donner un statut de ville, avait d√©j√† quitt√© le village.

Ainsi, fin avril 1993, √† la conf√©rence de l'OSCE √† Prague, le Minist√®re des Affaires √©trang√®res de la R√©publique d'Azerba√Įdjan a divulgu√© le document 249 intitul√© : ¬ę La liste des villages mixtes et peupl√©s d'Azerba√Įdjanais occup√©s par les forces arm√©es arm√©niennes ¬Ľ. Dans ce document, le chiffre 855 a √©t√© appos√© dans la colonne 'population' en face du nom de 'Khojalu'.

D√©but mars 1992, les journalistes azerba√Įdjanais Ilya Balakhanov et Vugar Khalilov avaient apport√© au bureau du centre M√©morial des droits de l'homme, une vid√©ocassette avec l'enregistrement de l'endroit des tueries des habitants de Khojalu, faite par des journalistes de la TV de Bakou, √† bord d'un h√©licopt√®re militaire sur place.

De fait, tous les participants ont admis que le nombre de victimes n'excédait pas plus de 50 à 60 personnes.

Il devrait √™tre aussi not√© que le Minist√®re des Affaires √©trang√®res du Karabagh a montr√© la fausse photo post√©e sur quelques sites Internet az√©ris, y compris la page Internet de l'honorable Fonds Heydar Aliev, qui t√©moigne pr√©tendument des massacres d'Azerba√Įdjanais dans Khojalu. En fait, la photo a une relation directe avec les √©v√©nements du Kosovo. La propagande azerba√Įdjanaise utilise aussi d'autres faux documents, particuli√®rement les photos des victimes des pogroms kurdes en Turquie, pour induire en erreur ceux qui ne sont pas inform√©s.

Un mois apr√®s sa d√©mission, Mutalibov a donn√© une interview √† la journaliste tch√®que Dana Mazalova, qui a √©t√© publi√©e dans Nezavisimaya Gazeta. En parlant de Khojalu, Mutalibov a expliqu√© : ¬ę Selon les habitants de Khojalu qui se sont √©chapp√©s, tout cela a √©t√© organis√© pour me faire d√©mettre de mes fonctions. Certaines forces ont agi pour discr√©diter le Pr√©sident. Je ne pense pas que les Arm√©niens, g√©rant strictement et professionnellement des situations semblables, pourraient laisser les Azerba√Įdjanais obtenir tout document les montrant en train de commettre des actes fascistes... L'analyse g√©n√©rale des faits est qu'un couloir, pour que les gens puissent s'√©chapper, a vraiment √©t√© cr√©√© par les Arm√©niens. Pourquoi alors auraient-ils tir√© ? En particulier dans la zone pr√®s d'Aghdam, o√Ļ des forces suffisantes √©taient disponibles pour aider les gens ¬Ľ.

Environ 10 ans plus tard, l'ex-pr√©sident de l'Azerba√Įdjan a confirm√© son id√©e dans l'interview au magazine Novoye Vremya, ¬ę Le massacre des habitants de Khojalu a √©t√© √©videmment organis√© par quelqu'un pour faire du tort au pouvoir en Azerba√Įdjan ¬Ľ.

En f√©vrier 2005, le journaliste azerba√Įdjanais Eynulla Fatullaev du magazine ind√©pendant Monitoring a pass√© dix jours au Karabagh, et il a d√©crit sa visite dans ses articles et interviews.

Il a aussi os√© douter de la v√©racit√© de la version officielle de Bakou sur le d√©c√®s de certains habitants de Khojalu ¬ę ...Un jour, il y a dix ans, j'ai rencontr√© les r√©fugi√©s de Khojalu vivant temporairement √† Naftalan, et ils m'ont franchement dit... que quelques jours avant l'attaque, les Arm√©niens, √† l'aide de haut-parleurs, n'ont pas cess√© d'avertir la population de l'op√©ration pr√©vue, sugg√©rant aux civils de quitter le site et de fuir l'encerclement via un couloir humanitaire, le long de la rivi√®re Karkar.
Et selon les habitants de Khojalu, ils ont profit√© de ce couloir et les soldats arm√©niens de l'autre c√īt√© du couloir ne leur ont pas tir√© dessus. Connaissant la zone g√©ographique, je peux dire avec assurance que les inventions sur l'absence d'un couloir arm√©nien n'ont aucun fondement. Le couloir a vraiment exist√© ; autrement, les gens de Khojalu, enti√®rement encercl√©s et isol√©s du monde ext√©rieur, n'auraient pas pu s'√©chapper de l'encerclement. Mais, dans la zone de la rivi√®re Karkar, les r√©fugi√©s se sont divis√©s en groupes et, pour une raison inconnue, une partie d'entre eux est partie vers Nakhijevanik. Apparemment, les bataillons APF cherchaient √† faire couler plus de sang pour d√©mettre Mutalibov et non √† lib√©rer les habitants de Khojalu ¬Ľ.


Quelques jours après la publication du premier article d'Eynulla Fatullaev du Karabagh, dans le Monitor, l'éditeur du magazine, Elmar Guseynov, a été tué par un étranger le 2 mars 2005, dans l'entrée dans sa maison à Bakou. Et Eynulla Fatullaev a été reconnu coupable d'une série d'accusations, y compris de haute trahison...

L'ex-ministre de la D√©fense de la R√©publique d'Azerba√Įdjan, Ragim Gaziev, a √©galement confirm√© que : ¬ę Un pi√®ge a √©t√© pr√©par√© pour Mutalibov √† Khojalu ¬Ľ.
De cette façon, les organisateurs du massacre des habitants de Khojalu ont atteint rapidement deux objectifs : écarter Mutalibov du pouvoir, devenu inutile après la chute de l'URSS, et avoir une raison de commencer une campagne bruyante en accusant les Arméniens de méthodes de guerre inhumaines.

Le fait que depuis le 13 f√©vrier, l'arm√©e azerba√Įdjanaise avait syst√©matiquement d√©truit la ville de Stepanakert [55 000 habitants], et d'autres implantations arm√©niennes proches de l'installation des Grad, est rel√©gu√© au second plan.

Une femme de Khojalu a dit dans son interview au journal Helsinki Watch le 28 avril 1992 : ¬ę Les Arm√©niens ont lanc√© un ultimatum¬Ö que c'√©tait pr√©f√©rable pour les habitants de Khojalu de quitter la ville avec un drapeau blanc. Alif Gajiev (le leader de la d√©fense de Khojalu) nous en a inform√©s le 15 f√©vrier (10 jours avant l'attaque), mais ceci ne m'a pas effray√© ni les autres. Nous n'avons pas du tout cru qu'ils pourraient prendre Khojalu ¬Ľ.

Cependant, suite √† ces avertissements, la majorit√© de la population civile de Khojalu, √©tant inform√©e de l'op√©ration pr√©vue, s'est d√©plac√©e dans un lieu s√Ľr avant l'op√©ration. La migration massive de la population de Khojalu a √©t√© largement couverte par la t√©l√© et la radio azerba√Įdjanaise. Les m√©dias az√©ris ont d√©lib√©r√©ment cr√©√© une attitude n√©gative envers ceux qui quittaient Khojalu et ils les ont constamment discr√©dit√©s.

Notons ici que ceux qui ont d'abord quitt√© Khojalu, ce site qui a √©t√© transform√© en ville, √©taient les gens qui avaient √©t√© d√©plac√©s ici de force, principalement des Turcs Meskhets, bien qu'on les ait constamment emp√™ch√© de le faire. De plus, l'administration municipale de Khojalu, qui avait √©t√© avertie par le c√īt√© arm√©nien, a demand√© de l'aide pour l'√©vacuation de la population, mais en vain.

Le maire de Khojalu a d√©clar√© dans son interview au journal de Moscou Megapolis-Express que ¬ę Apr√®s avoir obtenu des informations sur l'op√©ration pr√©vue de la prise de la ville, j'ai demand√© √† Aghdam d'envoyer des h√©licopt√®res pour l'√©vacuation des vieillards, des femmes et des enfants. Nous avons √©t√© assur√©s qu'une op√©ration de d√©blocage avait √©t√© pr√©par√©e. Mais, aucune aide ne nous a √©t√© fournie ¬Ľ. Et le membre du conseil du Front populaire azerbaidjanais, de la branche d'Aghdam, R. Gajuev a expliqu√© : ¬ę Nous pouvions aider les gens de Khojalu, ayant les forces correspondantes et les capacit√©s. Mais, les leaders r√©publicains ont voulu d√©montrer aux gens qu'ils n'avaient aucune force, et souhaitaient faire appel √† l'Arm√©e de la CEI pour les aider √† supprimer l'opposition aussi gr√Ęce √† son soutien ¬Ľ.

Comme nous le voyons, on a tout simplement laiss√© tomber les habitants de Khojalu ; de plus, ils √©taient destin√©s √† devenir les victimes d'une lutte de pouvoir. Cependant, au d√©but de l'op√©ration militaire, une partie de la population civile de Khojalu avait quitt√© le site et fin f√©vrier 1992, selon des sources diff√©rentes, environ 1000 √† 2500 personnes √©taient rest√©es l√†, la majorit√© d'entre elles devenant soldats pour les forces arm√©es azerba√Įdjanaises. En examinant les destructions dans Khojalu, les observateurs de Centre Memorial des droits de l'homme ont confirm√© le fait qu'il y avait eu des bombardements d'artillerie et non des combats de rue persistants, qui auraient pu faire de nombreuses victimes. Il faut aussi souligner que l'ordre, r√©glementant le comportement des forces d'autod√©fense du Karabagh, interdisait strictement l'usage de la violence sur les civils de l'ennemi.

Tous les civils qui √©taient rest√©s √† Khojalu ont √©t√© d√©plac√©s √† Stepanakert et quelques jours plus tard, selon leur souhait et sans aucune condition, on les a fait passer du c√īt√© azerba√Įdjanais. Apr√®s une enqu√™te minutieuse, le fait du transfert volontaire des citoyens de Khojalu en Azerba√Įdjan a √©t√© confirm√© dans la conclusion du Centre des droits de l'homme de Moscou, et attest√© aussi dans le film documentaire de la journaliste de Petersburg, Svetlana Kulchitskaya.

Apr√®s l'op√©ration, les √©quipes du Service r√©publicain de secours de l'Artsakh, en plus des membres des d√©tachements arm√©s v√™tus d'uniformes militaires, ont trouv√© les corps de 11 civils, y compris un enfant et quatre femmes, dans Khojalu et sa banlieue. Ainsi, l'all√©gation du c√īt√© azerba√Įdjanais de massacre pr√©sum√© des civils azerba√Įdjanais dans Khojalu est expos√©e. Ceci est √©galement confirm√© par les interceptions des messages radios des militaires azerba√Įdjanais √† Aghdam, publi√©s plus tard m√™me dans les m√©dias azerba√Įdjanais.

Il est not√© dans le rapport du Centre des droits de l'homme de Moscou, qu'un examen gouvernemental m√©dico-l√©gal de 181 corps (130 hommes et 51 femmes, y compris 13 enfants) a √©t√© effectu√© √† Aghdam, o√Ļ tous les r√©fugi√©s √©taient venus. La conclusion des experts montre que pour 151 personnes le d√©c√®s a √©t√© caus√© par des blessures par balle, pour 20 par des blessures de missile, et pour 10 par un coup avec un objet contondant. Les institutions officielles du Karabagh ont inform√© les observateurs qu'ils avaient transf√©r√© √† Aghdam environ 130 corps (ceux tu√©s dans Khojalu et pr√®s de Nakhijevanik), et 96 d'entre eux ont √©t√© enterr√©s √† Aghdam. Les corps restant ont √©t√© r√©cup√©r√©s par les familles.

La comparaison des informations √©manant de sources diff√©rentes, y compris azerba√Įdjanaises, d√©montre de fa√ßon convaincante que les forces d'autod√©fense de la RHK n'ont pas planifi√© et surtout n'ont pas engag√© des actions pour massacrer des civils sur le site de Khojalu. Il faut aussi noter que le 26 f√©vrier, 47 Arm√©niens ont √©t√© pris comme otages √† Khojalu, mais seuls 13 ont √©t√© laiss√©s sur place apr√®s l'op√©ration (incluant 6 femmes et un enfant) ; les autres, soit 34 otages, ont emmen√©s par les Azerba√Įdjanais dans une direction inconnue et nous n'avons aucune information confirmant leur emprisonnement en Azerba√Įdjan.

Pour r√©capituler l'expos√© ci-dessus, nous pouvons d√©clarer que les habitants de Khojalu sont devenus les otages des jeux malhonn√™tes des autorit√©s de Bakou, qui ont transform√© plus tard cette trag√©die en capital politique sp√©culatif. Bakou essaye de pr√©senter la trahison des autorit√©s azerba√Įdjanaises vis-√†-vis des habitants de Khojalu comme la vengeance des Arm√©niens pour le carnage sanglant dans Sumga√Įt. La propagande dans sa totalit√© est r√©alis√©e avec des insinuations expressives et aggrave l'intol√©rance ethnique et la haine envers les Arm√©niens

En relan√ßant r√©guli√®rement la question de 'Khojalu', Bakou essaie de d√©tourner l'attention de la communaut√© internationale des massacres des Arm√©niens commis √† Sumga√Įt, Bakou, Kirovabad, Khanlar et d'autres sites d'Azerba√Įdjan. En r√©alit√©, sur tout le territoire, une extermination ouverte des Arm√©niens a √©t√© commise ; elle a aussi eu lieu dans des endroits situ√©s sur la ligne de d√©marcation du Karabagh, particuli√®rement √† Maragha, le village o√Ļ en avril 1992, des sous-unit√©s d'invasion de l'arm√©e r√©guli√®re azerba√Įdjanaise ont sauvagement tu√© environ 100 civils.

Malheureusement, les crimes commis par l'Azerba√Įdjan ne sont pas √©valu√©s √† leur juste valeur par la communaut√© internationale.

Département d'information du Ministère des Affaires étrangères de la République du Karabagh.


©Traduction de l'anglais C.Gardon pour le Collectif VAN - 24 février 2012 - 07:20 - www.collectifvan.org

Vous pouvez trouver d'autres informations à propos de ces événements sur le site web www.xocali.net

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Source/Lien : Nor Khosq



   
 
   
 
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